Sébastien Templier
Lorsque l’administration Obama a imposé au printemps dernier une réduction drastique de la consommation moyenne du parc automobile américain, peu nombreux ont été les opposants. Chrysler et GM ont même salué la mesure pendant que certains observateurs qualifiaient ce virage de «révolution». Mais voilà que dans un rapport de l’EPA, filtrent des données qui soulèvent le scepticisme quant à l’échéance visée.
D’ici 2016, les constructeurs devront offrir des voitures qui satisfont à une consommation moyenne de 6,6 L./100km et des pick-ups qui devront atteindre 7,8 L./100km. La consommation moyenne du parc américain est de 9,4 L./100km pour les derniers modèles de 2009 – 8,7 L./100km pour les voitures, 10,2 L./100km pour les pick-ups. Soit, grosso modo, respectivement deux et deux litres et demi au-dessus de la norme ciblée.
De quoi s’interroger quand on sait qu’entre 1987 et 2004, aucun progrès n’a été réalisé dans ce domaine aux États-Unis. C’est ce que montre l’Agence américaine pour la protection de l’environnement (EPA) dans son rapport Light-Duty Automotive Technology, Carbon Dioxide Emissions, and Fuel Economy Trends. L’année modèle 1987 affichait une consommation moyenne ajustée de 9,8 L. /100 km pour une voiture, l’année modèle 2004 9,6 L. /100 km… Toutes catégories de véhicules légers confondues, cette moyenne était de 10,7 L. /100 km pour l’année modèle 1987 et sera apparemment de… 11,2 L. /100 km pour l’année modèle 2009.
Selon le Programme de consommation de carburant de Transports Canada, l’efficacité énergétique moyenne des véhicules de l’année modèle 2006 n’est pas beaucoup plus élevée que celle des véhicules de l’année modèle 1986 ! La consommation moyenne de la flotte de voitures au Canada est passée de 8,2 L./100 km en 1986 à 7,4 L./100 km en 2006. Pour les camions légers, cette consommation est passée de 11,4 L./100 km en 1990 à 9,4 L./100 km en 2008.
Au cours des 20 dernières années, on a préféré la puissance à l’efficacité énergétique. La technologie fut au service de la première, au détriment de la seconde.
Malgré le coup de barre donné par les constructeurs depuis trois ans, on a du mal à s’imaginer que ceux-ci vont respecter l’échéance de 2016; 2016, c’est déjà demain.
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