Sébastien Templier
«Conducteurs agressifs, cyclistes craintifs.» C’est sous ce titre que mon collègue Bruno Bisson révélait il y a deux semaines les résultats d’un sondage sur l’agressivité au volant et le manque de courtoisie des automobilistes. Encore une fois, l’opinion public montrait du doigt le comportement de ceux assis derrière un volant.
Un cycliste sur deux affirmaient se sentir «peu» ou «pas du tout» en sécurité en raison de «la conduite des conducteurs qu’ils côtoient sur la route». Pas surprenant.
Pas moins de 37% mentionnaient que les automobilistes ne font pas attention aux vélos. Pas totalement faux.
Et 29% disaient que les automobilistes conduisent trop vite. Pas vraiment discutable.
Le nirvana de la critique a été atteint l’an dernier lorsque, lors d’une enquête semblable, 34% des cyclistes estimaient que «les conducteurs conduisaient mal».
Quand bien même le comportement de beaucoup d’automobilistes, de taxis et d’autobus est condamnable, particulièrement en ville, il n’en demeure pas moins que la sécurité des usagers de la route et de la rue est «l’affaire de tous». Et à ce jeu, tout le monde ne respecte pas les règles.
À Montréal, les dos d’âne, les limitations à 30 km/h et la surveillance policière ont sanctionné certains fautifs. Mais quelles mesures ont été prises pour sanctionner les fautifs sur «deux-roues à pédales» ? Certes, les piétons se sont fait rappelés à l’ordre lors de campagnes policières. Campagnes ponctuelles qui épinglaient à l’occasion un piéton trop pressé de traverser une rue. Mais cela suffit-il ? A-t-on sensibilisé les cyclistes ? Et si oui (on peut en douter), de quelle façon ? Pour quels résultats ?
Si l’on interrogeait un automobiliste sur la question, il répondrait qu’aujourd’hui, à Montréal, il doit avoir des yeux dans le dos. Qu’il doit s’y prendre à deux fois avant de s’engager dans une rue où une intersection est partagée avec une piste cyclable. Qu’il ne compte plus le nombre de cyclistes qui, à un feu rouge, s’engagent malgré tout et grillent la politesse au code de la route. Qu’il s’étonne des largesses que s’accordent certains deux-roues. Qu’il peste à l’idée que ce même deux-roues pense qu’il n’a vu que lui.
Il faut ne jamais avoir mis les mains sur un volant au quotidien en ville pour ne pas donner ces réponses.
J’invite les fans du deux-roues à tenter l’expérience le temps d’une semaine. Et on pourra s’intérroger sur la part de responsabilité d’un cycliste ou d’un piéton lors d’une collision avec un véhicule motorisé. Quels sont les chiffres vérifiés à ce sujet d’ailleurs ?
L’ironie des résultats du sondage d’il y a deux semaines est que 96% des personnes interrogées s’estimaient être «très» ou «assez» courtoises au volant…
C’est pas moi, c’est l’autre…
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