L'auto blogue

Samedi 18 avril 2015 | Mise en ligne à 20h42 | Commenter Commentaires (9)

Bolt & Volt : combo punch électrique de GM ?

Certains pensent que Bolt n'est pas un nom idéal pour la nouvelle auto électrique de GM.

Certains pensent que Bolt n'est pas un nom idéal pour la nouvelle auto électrique de GM.

DENIS ARCAND -

General Motors vient de confirmer que sa future compacte tout électrique sera nommée Chevrolet Bolt. GM a certainement choisi « Bolt » parce que ce nom ressemble à celui d’une autre Chevrolet, la Volt, l’hybride essence-électricité lancée en 2010.

Un tandem Volt & Bolt, ce sera facile à annoncer et facile à reconnaître par la clientèle intéressée aux voitures électriques, non ?

Le prix de la Bolt devrait être autour de 35 000 $ avant le rabais gouvernemental.

Le prix de la Bolt devrait être autour de 35 000 $ canadiens avant le rabais gouvernemental.

En théorie, oui, mais en pratique, ce n’est pas si évident, pense un expert montréalais. Cette sonorité presque identique a des désavantages et les publicitaires de GM vont trouver que la côte est à pic, prédit François Marticotte, professeur de marketing à l’UQAM et féru d’automobile.

Mais commençons par les avantages. En anglais, Volt et Bolt ont la même sonorité, « une synergie phonétique intéressante du point de vue marketing quand on a deux produits similaires », dit M. Marticotte. Pas de problème jusque là. De plus, « lighting bolt » veut dire éclair, dans un orage électrique. Et « to bolt » est un verbe qui se traduit par « bondir en avant » ou partir au grand galop en parlant d’un cheval: Volt, le choc électrique, Bolt, la réaction : c’est comme un lien de cause à effet : « le nom infère une caractéristique, c’est bien », dit M. Marticotte. Et la combo « Volt and Bolt » a du punch, c’est indéniable, convient le professeur.

Mais c’est là que ça se gâte.

La Volt a-t-elle assez de notoriété pour aider la Bolt ?

La Volt a-t-elle assez de notoriété pour aider la Bolt ?

En théorie, l’effet souhaité est que la notoriété de la Volt aide la Bolt, puis que la publicité de chaque auto profite à l’autre. « Le problème, en pratique, c’est que Chevrolet Volt n’est pas un nom de marque fort en dehors des gens qui suivent l’industrie automobile et les véhicules verts, dit M. Marticotte. Ça n’a rien de comparable à la Prius (l’hybride lancée en 1997 par Toyota et vendue à 3,5 millions d’unités depuis), qui a une notoriété de marque très forte dans le grand public. »

Pour que la synergie Volt et Bolt fonctionne, il faudrait que le nom hôte, Volt, ait une notoriété très grande, dit M. Marticotte. « Mais comme la marque Volt n’est pas assez notoire, ça risque de créer de la confusion entre la Volt et la Bolt chez le consommateur. »

Ce n’est pas une cause perdue, note le professeur. Si on a le budget, une bonne stratégie et de la patience, tout se fait en marketing. Mais ce faisant, GM va probablement finir par mettre beaucoup d’énergie à créer une personnalité à chaque voiture avant de profiter d’une éventuelle synergie, dit M. Marticotte.

Car & Driver trouve que Bolt est un nom qui porte à confusion.

Car & Driver trouve que Bolt est un nom qui porte à confusion.

Aux Etats-Unis, le magazine Car & Driver a écrit que Bolt est un nom confondant, « curieux et un peu bizarre », compte tenu que Chevrolet vend déjà la Volt. Quand GM a présenté le prototype Bolt au dernier Salon de l’auto de Detroit, plusieurs magazines automobiles ont suggéré à GM de lui trouver un autre nom.

En production dès l’automne 2016

Après avoir consulté les concessionnaires et sondé les consommateurs, durant l’hiver, GM a confirmé la semaine dernière au quotiden Detroit News que Bolt serait bel et bien de la nouvelle auto. La Bolt sera construite à l’usine de petites voitures GM-Orion, à 57 km au Nord de Detroit, où est assemblée la berline compacte haut de gamme Buick Verano et la sous-compacte Chevrolet Sonic. La Bolt sera construite sur la même plateforme que la Sonic, une voiture à essence que GM veut offrir en version électrique en 2017, la même année-modèle prévue pour la lancement de la Bolt. La production devrait commencer à la fin de 2016 en vue d’un lancement  nord-américain en 2017, estime la firme d’analyse LMC Automotive, cité par le Detroit News.

L’usine GM-Orion ne tourne pas à plein régime et y assembler la Bolt améliorerait son taux d’utilisation. Les ventes de la Verano sont modestes (environ 50 000 par année au Canada et aux Etats-Unis) et celles de la Sonic sont pas mal, mais inférieures aux espoirs de GM (environ 100 000 par année). Si GM ajoutait entre 25 000 et 30 000 Bolt électriques par année, l’usine GM-Orion serait moins sous-utilisée.

Cette estimation de production comprend aussi une Bolt destinée au marché européen qui serait exportée avec un écusson Opel (filiale allemande de GM) sur le capot, a indiqué l’agence de presse Reuters en février dernier.

GM devrait peut-être offrir un contrat de porte-parole à ce gars-là.

GM devrait peut-être offrir un contrat de porte-parole à ce gars-là.

Contrairement à la Bolt tout électrique, la Verano et la Sonic actuelles sont des voitures à essence, mais GM-Orion fut une des premières usines « flexibles » construites par GM ; dès les années 90, sa chaîne de montage pouvait assembler plusieurs modèles différents.

Les autos électriques ont des accélérations extrêmement vives : les experts en marketing de GM doivent être bien tentés de faire une offre au sprinter et champion olympique Usain Bolt.

Un nom Tata ? Ça dépend du pays.

Le choix du nom Bolt a sûrement été longuement soupesé par les avocats de General Motors.

Car il y a déjà une Bolt fabriquée par Tata Motors, le constructeur automobile indien qui vend la Nano et d’autres petites voitures en Asie. Tata a dévoilé sa sous-compacte à essence Tata Bolt au Salon de l’auto de New Delhi en février 2014.

Cette petite auto à essence s'appelle Bolt aussi.

Cette petite auto à essence s'appelle Bolt aussi.

Curieusement, Tata a attendu sept mois pour déposer le nom de marque « Bolt » en Inde, le 10 septembre 2014, selon le registre indien des marques et brevets, que La Presse a consulté. Tata a aussi revendiqué ce nom en Turquie, en Espagne, en Pologne et au Mexique à l’automne 2014, selon TMView, l’engin de recherche de marques déposée.

Mais GM avait inscrit Bolt et Chevrolet Bolt au Brésil en 2013, puis le 5 août 2014 aux Etats-Unis et au Canada et deux jours plus tard au Mexique. Et sûrement ailleurs aussi.

Chicane en perspective ? On dirait que non. Tata a une forte présence en Occident avec ses marques Rover et Jaguar, a déjà indiqué au magazine Car & Driver qu’il n’y aura pas de guerre juridique au sujet du nom Bolt : les deux voitures sont différentes et visent des marchés nationaux différents a dit Tata .

En tout cas, ce n’est pas un sujet que GM a l’air de vouloir commenter. La Presse a demandé à GM-Canada des éclaircissements sur les pays où le nom Bolt a été inscrit comme marque déposée et s’il y a un contentieux avec Tata Motors à ce sujet, mais le constructeur de Detroit n’a pas répondu.

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Lundi 22 décembre 2014 | Mise en ligne à 16h58 | Commenter Commentaires (9)

Cinq minutes de mélancolie payante

DENIS ARCAND -

La redécouverte en France d’une “collection oubliée” durant 40 ans est une histoire apparue sur internet au début du mois. On vous la présente quand même pour plusieurs raison.

D’abord, la vidéo est est très réussie. Le vidéaste consacre beaucoup d’images aux voitures vraiment ravagées par le temps et les intempéries, ce qui donne l’impression d’une “trouvaille de grange”, le fantasme de tous les collectionneurs. La musique donne au tout une impression de mélancolie. Si vous ne l’avez pas vue, cliquez sur l’image en haut, ça vaut le coup.

La Ferrari 250 California a l'air vraie, mais la photo a l'air d'une mise en scène.

La photo a l'air d'une mise en scène. Mais qui sait ?

L’autre raison de revenir là dessus, c’est que la vidéo de cinq minutes est surtout un fichu bon coup de marketing. Elle est devenue virale dès sa mise en ligne le 5 décembre par la maison d’encan française Artcurial. Pour quelques milliers de dollars, elle attire une attention mondiale sur 60 voitures qui seront mises aux enchères le 6 février. Il y a dans le lot une Ferrari 250 California (à 2:30 de la vidéo) qui devrait rapporter gros lorsqu’elle passera sous le marteau le 6 février, et une Maserati A6G Gran Sport Frua (il en existerait seulement trois). La préférée sentimentale de l’auteur de ces lignes est la Facel Vega Excellence qu’on peut voir à 1:48. Certaines des voitures en vente sont en très bon état, d’autres moins. Même les tas de rouille qui ont vraiment besoin d’amour devraient trouver preneur.

La maison d’encan Artcurial décrit cette collection (il y a 85 voitures en tout) comme un “trésor oublié” et une “découverte”. Certains médias ont même parlé d’une “collection secrète”, une allusion peut-être au fait que son propriétaire aujourd’hui décédé, Roger Baillon, a fait une retentissante faillite en 1978. Cela donne l’impression que les voitures auraient peut-être échappé au syndic lors de la liquidation des biens du failli.

Quelle beauté, jadis, est descendue de cette beauté fanée ?

Quelle beauté, jadis, est descendue de cette beauté fanée ?

Le magazine internet français L’automobile ancienne a fait une très intéressante recherche sur la collection et a constaté que la collection n’est pas vraiment secrète, qu’il ne s’agit pas vraiment d’une découverte non plus : dans le patelin, tout le monde savait qu’il restait des autos chez M. Baillon, des photos ont même circulé sur internet il y a quelques années. Par ailleurs, l’article explique que la collection Baillon comptait 200 voitures en 1978 au moment de sa saisie par le syndic et que la majorité –les plus belles, sans doute– ont déjà été vendues aux enchères après la faillite. À l’époque, les voitures anciennes avaient peu de valeur. Peut-être les dernières ont-elles été oubliées.

Baillon - Bleue formes rondes, roues devantPeut-être les créanciers ont-il calculé que liquider le dernier lot en encan judiciaire, somme toute, coûterait plus cher que le produit de la vente. Quoi qu’il en soit, M. Baillon a conservé quelques belles autos et plusieurs tas de rouille  jusqu’à sa mort en 2000. Allons jusqu’à imaginer le failli au volant de la Ferrari 250 California que les créanciers n’ont pas vue. On le lui souhaite.

Mais l’histoire de la collection secrète et oubliée, c’est tellement plus vendeur, comme on dit.

Selon la maison d’encan Artcurial, la Ferrari a appartenu à l’acteur Alain Delon (c’est celle qui est couverte de livres, en haut à gauche). Une Talbot-Lago T26 Saoutchik (un châssis de T26 acheté nu et revêtu par le carrossier Jacques Saoutchik vers 1950) aurait été la proprité du roi Farouk d’Égypte, souverain déchu et exilé qui l’a peut-être achetée à Monaco après avoir été chassé de son trône par Nasser en 1952.

Les histoires d’autos anciennes sont toujours intéressantes et parfois vraies. On peut supposer qu’avant l’encan du 6 février, les acheteurs auront pu voir des documents prouvant la provenance de ces belles autos avant qu’on leur demande de faire un chèque.

L’automobile ancienne raconte aussi que M. Baillon, quand il a acheté ses autos, rêvait d’installer sa collection dans un musée de l’automobile. Ça n’a pas marché. Puis, il a eu des ennuis avec le ministère du Revenu français.

Ce n’est pas le genre de chose qui arriverait ici.

La maison et la cour de Roger Baillon.

La maison et la cour de Roger Baillon.

NDLR : Vous connaissez la musique de cette vidéo ? Écrivez son nom et son auteur dans les commentaires SVP.


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Mardi 9 décembre 2014 | Mise en ligne à 21h57 | Commenter Commentaires (4)

Jean Béliveau, George et la Citroën Bleu-Blanc-Rouge

Une DS bleu-blanc-rouge pour un dieu bleu-blanc-rouge

La Citroën DS 21 donnée au dieu Bleu-Blanc-Rouge

DENIS ARCAND -

Au printemps 2009, George Dyke et d’autres membres de l’Auto-Club Citroën du Canada participaient à une sortie de ce club d’irréductibles propriétaires de Citroën, quand quelqu’un lui montra cette surprenante affiche publicitaire. “Les collectionneurs d’autos accumulent toujours toutes sortes d’artéfacts pas possibles liés à leurs autos, alors je vois passer plein de brochures, d’articles de magazines, d’objets promotionnels” a dit à La Presse M. Dyke, le président du club. “Mais ça, c’était vraiment particulier”. Elle réunissait deux de ses passions : “J’adore la DS 21 et j’ai toujours été un fan de Jean Béliveau”, dit ce montréalais d’origine qui habite maintenant l’Ontario.

Cette affiche a vraiment piqué sa curiosité, mais moins pour l’auto que pour le Numéro 4 (qu’on voit en train de déjouer un gardien gaucher des Red Wings, sans doute Roger Crozier)  : “Quand j’étais petit, en 1962 ou en 1963, à Montréal, je m’étais retrouvé face à face avec Jean Béliveau, par hasard, dans la salle d’attente d’un ophtalmologiste. J’attendais de voir le docteur quand tout à coup, ce grand type est entré dans la pièce. Je l’ai reconnu tout de suite, je n’en croyais pas mes yeux. Il a vu que je le regardais alors, il s’est tout naturellement avancé vers moi et m’a serré la main. Puis il a pris le temps de me parler, il était calme, intéressé, vraiment gentil, ça m’a fait une impression énorme.”

Et 46 ans plus tard, cette curieuse affiche, avec une DS 21 1971 incroyablement peinturée en bleu-blanc-rouge, avec l’écusson du Canadien sur les portes, un C sur le capot et le numéro 4 sur les montants arrière. Après quelques appels à Montréal, M. Dyke a retracé un ancien employé de Citroën, resté au Québec en 1972 quand Citroën a commencé à abandonner le marché nord-américain. “Il m’a confirmé que l’affiche n’était pas un photo-montage et que la voiture avait bel et bien été peinte bleu-blanc-rouge par Citroën Canada,  mais il n’en savait pas plus”, a dit M. Dyke, qui a fini par appeler à la Fondation Jean-Béliveau.

George Dyke a aussi posté une photocopie, en se disant qu’un relationniste lui écrirait probablement un petit mot.

“Trois ou quatre mois plus tard, le téléphone sonne à mon bureau. Je réponds et au bout du fil, une voix dit :

– George ?

– Euh, oui, c’est moi.

– C’est Jean Béliveau.

– ….

“C’était Jean Béliveau qui prenait le temps de me rappeler lui-même et qui m’a parlé durant 45 minutes, dit Dyke. On a parlé de hockey, de Montréal, du Forum, je lui ai raconté que je l’avais déjà croisé chez le docteur, et tout ça.”

Cette DS-là aurait été plus discrète.

Cette DS-là aurait été plus discrète.

“Puis, il m’a expliqué qu’on lui avait remis la voiture dans le cadre d’un contrat publicitaire entre Citroën et le Canadien. Il l’avait à sa disposition à temps complet.”

Pas l’idéal pour aller faire le marché à Longueuil

Jean Béliveau, c’est bien connu, n’était pas intéressé par l’automobile : “C’était clair que les détails mécaniques n’étaient pas sa tasse de thé, mais il m’a dit combien il l’avait trouvé merveilleusement confortable et formidable à conduire”, dit Dyke.

“Et là, il a ri et m’a dit qu’il ne l’avait pas conduite souvent, parce qu’elle était tellement voyante. Il l’avait prise une fois pour aller magasiner et ça avait causé un tel attroupement dans le stationnement qu’il avait mis un temps fou juste à se rendre dans le centre commercial ! Il aimait parler aux gens, mais il y avait les courses à faire, j’imagine”, dit Dyke en riant. “Par contre, j’ai compris qu’il aimait bien la faire partir, l’hiver, et se servir de la suspension ajustable pour taper la neige avec le dessous de l’auto.”

En fait, Citroën a peut-être remis une DS moins criarde à Béliveau pour son usage quotidien. M. Dyke a envoyé à La Presse trois photos, dont une photo publicitaire en noir et blanc montrant quelqu’un de chez Citroën remettant au joueur vedette les clefs d’une DS 21 normale, qu’on imagine plus en accord avec sa modestie et sa dignité naturelles. Quoi qu’il en soit, la DS, peu importe sa couleur, n’a pas servi souvent, dit M. Dyke : “Il m’a dit qu’après un an, un an et demie, il a rapporté les clefs au Canadien”, qui a présumément remis la DS 21 à Citroën “avec très peu de millage à l’odomètre, il l’avait prise quelques fois pour faire l’aller-retour à Québec”.

La DS 21 Bleu-Blanc-Rouge exposée avec une Renault 10

La DS 21 Bleu-Blanc-Rouge exposée avec une Renault 10

M. Dyke ne sait pas où est cette étonnante Citroën Bleu-Blanc-Rouge aujourd’hui : “Compte tenu des pratiques de l’époque, Citroën l’a probablement repeinte et confiée à un concessionnaire pour être revendue comme usagée, dit-il. Il doit rester une centaine de DS au Canada, peut-être qu’en grattant un peu de peinture, quelqu’un trouverait l’auto bleu-blanc-rouge de Jean Béliveau !”

“Parler avec lui faisait du bien”

Somme toute, M. Dyke dit que l’histoire de l’auto est amusante, mais il en retient surtout l’incroyable “présence” de Jean Béliveau. “De nos deux conversations, celle qui résonne vraiment le plus en moi, c’est la fois où il est venu me parler dans la salle d’attente, chez le docteur. C’est un souvenir gravé dans mon esprit pour toujours. Et ce qui m’a frappé 45 ans après, au téléphone, c’était la même personnalité, la même nature, qui semblait inchangée : il était calme, intéressé, vraiment gentil.”

“Cette voix était tellement chaleureuse, douce et posée… C’était comme parler au Père Noël. C’est bête à dire, je ne saurais pas comment vous l’expliquer, mais parler avec lui faisait du bien.”

NDLR : George Dyke est l’éditeur du bulletin internet Citroënvie, dans lequel il a raconté cette histoire pour la première fois en 2009. Les trois photos ont été fournies par lui.

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