L'auto blogue

Mardi 9 décembre 2014 | Mise en ligne à 21h57 | Commenter Commentaires (3)

Jean Béliveau, George et la Citroën Bleu-Blanc-Rouge

Une DS bleu-blanc-rouge pour un dieu bleu-blanc-rouge

La Citroën DS 21 donnée au dieu Bleu-Blanc-Rouge

DENIS ARCAND -

Au printemps 2009, George Dyke et d’autres membres de l’Auto-Club Citroën du Canada participaient à une sortie de ce club d’irréductibles propriétaires de Citroën, quand quelqu’un lui montra cette surprenante affiche publicitaire. “Les collectionneurs d’autos accumulent toujours toutes sortes d’artéfacts pas possibles liés à leurs autos, alors je vois passer plein de brochures, d’articles de magazines, d’objets promotionnels” a dit à La Presse M. Dyke, le président du club. “Mais ça, c’était vraiment particulier”. Elle réunissait deux de ses passions : “J’adore la DS 21 et j’ai toujours été un fan de Jean Béliveau”, dit ce montréalais d’origine qui habite maintenant l’Ontario.

Cette affiche a vraiment piqué sa curiosité, mais moins pour l’auto que pour le Numéro 4 (qu’on voit en train de déjouer un gardien gaucher des Red Wings, sans doute Roger Crozier)  : “Quand j’étais petit, en 1962 ou en 1963, à Montréal, je m’étais retrouvé face à face avec Jean Béliveau, par hasard, dans la salle d’attente d’un ophtalmologiste. J’attendais de voir le docteur quand tout à coup, ce grand type est entré dans la pièce. Je l’ai reconnu tout de suite, je n’en croyais pas mes yeux. Il a vu que je le regardais alors, il s’est tout naturellement avancé vers moi et m’a serré la main. Puis il a pris le temps de me parler, il était calme, intéressé, vraiment gentil, ça m’a fait une impression énorme.”

Et 46 ans plus tard, cette curieuse affiche, avec une DS 21 1971 incroyablement peinturée en bleu-blanc-rouge, avec l’écusson du Canadien sur les portes, un C sur le capot et le numéro 4 sur les montants arrière. Après quelques appels à Montréal, M. Dyke a retracé un ancien employé de Citroën, resté au Québec en 1972 quand Citroën a commencé à abandonner le marché nord-américain. “Il m’a confirmé que l’affiche n’était pas un photo-montage et que la voiture avait bel et bien été peinte bleu-blanc-rouge par Citroën Canada,  mais il n’en savait pas plus”, a dit M. Dyke, qui a fini par appeler à la Fondation Jean-Béliveau.

George Dyke a aussi posté une photocopie, en se disant qu’un relationniste lui écrirait probablement un petit mot.

“Trois ou quatre mois plus tard, le téléphone sonne à mon bureau. Je répond et au bout du fil, une voix dit :

– George ?

– Euh, oui, c’est moi.

– C’est Jean Béliveau.

– ….

“C’était Jean Béliveau qui prenait le temps de me rappeler lui-même et qui m’a parlé durant 45 minutes, dit Dyke. On a parlé de hockey, de Montréal, du Forum, je lui ai raconté que je l’avais déjà croisé chez le docteur, et tout ça.”

Cette DS-là aurait été plus discrète.

Cette DS-là aurait été plus discrète.

“Puis, il m’a expliqué qu’on lui avait remis la voiture dans le cadre d’un contrat publicitaire entre Citroën et le Canadien. Il l’avait à sa disposition à temps complet.”

Pas l’idéal pour aller faire le marché à Longueuil

Jean Béliveau, c’est bien connu, n’était pas intéressé par l’automobile : “C’était clair que les détails mécaniques n’étaient pas sa tasse de thé, mais il m’a dit combien il l’avait trouvé merveilleusement confortable et formidable à conduire”, dit Dyke.

“Et là, il a ri et m’a dit qu’il ne l’avait pas conduite souvent, parce qu’elle était tellement voyante. Il l’avait prise une fois pour aller magasiner et ça avait causé un tel attroupement dans le stationnement qu’il avait mis un temps fou juste à se rendre dans le centre commercial ! Il aimait parler aux gens, mais il y avait les courses à faire, j’imagine”, dit Dyke en riant. “Par contre, j’ai compris qu’il aimait bien la faire partir, l’hiver, et se servir de la suspension ajustable pour taper la neige avec le dessous de l’auto.”

En fait, Citroën a peut-être remis une DS moins criarde à Béliveau pour son usage quotidien. M. Dyke a envoyé à La Presse trois photos, dont une photo publicitaire en noir et blanc montrant quelqu’un de chez Citroën remettant au joueur vedette les clefs d’une DS 21 normale, qu’on imagine plus en accord avec sa modestie et sa dignité naturelles. Quoi qu’il en soit, la DS, peu importe sa couleur, n’a pas servi souvent, dit M. Dyke : “Il m’a dit qu’après un an, un an et demie, il a rapporté les clefs au Canadien”, qui a présumément remis la DS 21 à Citroën “avec très peu de millage à l’odomètre, il l’avait prise quelques fois pour faire l’aller-retour à Québec”.

La DS 21 Bleu-Blanc-Rouge exposée avec une Renault 10

La DS 21 Bleu-Blanc-Rouge exposée avec une Renault 10

M. Dyke ne sait pas où est cette étonnante Citroën Bleu-Blanc-Rouge aujourd’hui : “Compte tenu des pratiques de l’époque, Citroën l’a probablement repeinte et confiée à un concessionnaire pour être revendue comme usagée, dit-il. Il doit rester une centaine de DS au Canada, peut-être qu’en grattant un peu de peinture, quelqu’un trouverait l’auto bleu-blanc-rouge de Jean Béliveau !”

“Parler avec lui faisait du bien”

Somme toute, M. Dyke dit que l’histoire de l’auto est amusante, mais il en retient surtout l’incroyable “présence” de Jean Béliveau. “De nos deux conversations, celle qui résonne vraiment le plus en moi, c’est la fois où il est venu me parler dans la salle d’attente, chez le docteur. C’est un souvenir gravé dans mon esprit pour toujours. Et ce qui m’a frappé 45 ans après, au téléphone, c’était la même personnalité, la même nature, qui semblait inchangée : il était calme, intéressé, vraiment gentil.”

“Cette voix était tellement chaleureuse, douce et posée… C’était comme parler au Père Noël. C’est bête à dire, je ne saurais pas comment vous l’expliquer, mais parler avec lui faisait du bien.”

NDLR : George Dyke est l’éditeur du bulletin internet Citroënvie, dans lequel il a raconté cette histoire pour la première fois en 2009. Les trois photos ont été fournies par lui.

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Lundi 1 décembre 2014 | Mise en ligne à 19h00 | Commenter Commentaires (17)

Une appli géniale qui comprend les panneaux de parking

Même Stephen Hawking aurait de la misère.

Même Stephen Hawking aurait de la misère.

DENIS ARCAND -

Comprendre quand et où on peut stationner dans certaines rues montréalaises requiert un quotient intellectuel d’au moins 145 ou beaucoup d’application et d’intuition.

Einstein aurait-il su stationner à Montréal ?

Ce Prix Nobel aurait-il su stationner sans ticket à Montréal ?

Même quand il y a un parcomètre, c’est loin d’être toujours clair.

Mais plus besoin d’être un génie pour éviter les contraventions. La nouvelle version de lappli « P$ Service mobile » promet de décrypter même la signalisation la plus alambiquée imaginée par la Ville de Montréal sur ses panneaux.

Lapplication gratuite compatible sur iPhone, BlackBerry et Android « a pour but de faciliter la compréhension du stationnement pour lautomobiliste », a annoncé Stationnement de Montréal, la pieuvre administrative créée pour encaisser largent du parking dans la ville aux 100 000 parcomètres.

L'application anti-ticket P$ Service Mobile

L'application exégète P$ Service Mobile.

Désormais, avant de verser son tribut dans le gobe-sous, on peut inscrire le numéro de la place convoitée sur son téléphone, puis appuyer sur le lien « Tarification et réglementation » pour savoir tout ce quil faut pour éviter une contravention dans cette place de stationnement. Par exemple, sil est interdit dy stationner entre 15 h 30 et 21 h à tous les premiers vendredis du mois tombant sur une date impaire, de décembre à avril les soirs de pleine lune quand le Canadien joue à Boston, cette période sera ombragée en rouge et affichera l’indication « Stationnement  interdit ».

Si le stationnement est permis, l’appli P$ Service Mobile vous précisera à quel montant s’élève votre contribution au trou sans fond des finances publiques municipales, ainsi que la période autorisée, dont la fin correspond à l’instant où une Aubergine pourrait surgir de nulle part pour vous en coller une entre le pare-brise et l’essuie-glace.

Bote techno 1er dcembre - Application P$ Service Mobile.jpg

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Vendredi 28 novembre 2014 | Mise en ligne à 21h48 | Commenter Un commentaire

L’avenir dans le rétroviseur

Il L'avenir vole bas

L'avenir vintage ne vole pas, il lévite avec sérénité.

DENIS ARCAND -

Avez-vous remarqué que plus personne ne parle du prochain siècle comme on évoquait le 21e siècle durant les années précédant l’an 2000 ? Le ton a changé. On est plus raisonnable. Moins flyé.

Où es-tu, Mike Mercury ?

Reviens sur terre, Mike Mercury.

Il y a 20, 40 ou 50 ans, quon fut optimiste ou pessimiste, remettre le compteur à zéro du millénaire permettait dimaginer des objets, villes et mondes complètement originaux. Et des voitures volantes volontairement irréalistes et totalement différentes de celles qui rouleront encore longtemps sur nos routes.

De nos jours, on rêve l’avenir et l’auto de l’avenir avec moins de naïveté que dans les années 60, l’âge d’or du futurisme. L’auto de lavenir version 2014 ne traverse plus le ciel d’un trait, elle lévite. Elle se prend plus au sérieux, elle pose, elle est esthétique, a le nez en l’air –juste un peu– et est aussi rassurante qu’une auto vintage assurée pour un million de dollars dans votre garage. Et elle est parquée dans une galerie dart.

AstonMartin-DB5_Lres

Un avenir dystopique pour Michelin.

Regardez ces images numériquement composées par le photographe français Renaud Marion, exposées depuis vendredi dans une galerie d’art de Genève. Devant des bâtiments des années 60 et 70, des voitures des années 60 et 70 (juste sans roues). Si les  artistes flairent l’air du temps, voilà une science-fiction bien nostalgique.

JaguarTypeE_Lres

Une E-Type, même avec 4 roues, c'est déjà de l'art.

Renaud Marion ne voit pas les choses du même oeil. La galerie suisse M.A.D. (Mechanical Art Devices) présente “sa vision du transport futuriste au travers de voitures sans roues flottant dans les airs en toute sérénité” à 30 cm du sol au lieu de voler comme la voitures des Jetson ou toutes les autos du film Le Cinquième élément. La technologie est presque mûre, Marion a juste mis des carrosseries plus familières (et bien plus belles) autour.

En 59, la vraie El Camino était déjà de la science-fiction.

En 59, la vraie El Camino était déjà de la science-fiction.

« Quand j’étais enfant, j’imaginais le nouveau millénaire rempli de voitures volantes, de vaisseaux spatiaux, de mondes parallèles, d’extraterrestres cohabitant avec nous sur la Terre et de voyages dans le temps », explique le photographe, qui présente sa vision rétro-futuriste de l’avenir automobile comme de l’art, tout simplement.

Pour voir en haute résolution les images produites par Renaud Marion, cliquez ici.


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