Lucie Lavigne

Lucie Lavigne - Auteur
  • Lucie Lavigne

    Mordue d'architecture contemporaine et de design d'objets, Lucie Lavigne observe et commente l'univers de l'habitation: des solutions architecturales à l'aménagement intérieur en passant par les meubles et les créations inusitées. Dans la foulée, elle porte (parfois) un regard sur les grands courants en matière de mode.
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    Archive de la catégorie ‘Milan’

    Lundi 27 avril 2009 | Mise en ligne à 13h38 | Commenter Commentaires (16)

    Nudité et design: c’est quoi le rapport?

    antonio2.jpgDernier jour du Salon du meuble  de Milan.

    Hier, après une épuisante mais fructueuse chasse aux designers et aux nouveautés à Milan, j’ai feuilleté le petit guide du réputé magazine Abitare. J’étais dans l’avion en direction de Montréal. Tout à coup j’ai écarquillé les yeux en découvrant la publicité d’Antonio Lupi. J’essaie encore de comprendre pourquoi l’entreprise familiale de Toscane, qui lance un tout nouveau foyer, a mis en avant-plan la poitrine nue d’une femme à la tête penchée et coupée (!) au montage dans sa publicité? Excusez, mais quel est le rapport? Je n’ai absolument rien contre la volupté et la sensualité. Je connais aussi les différences culturelles en matière de pub entre l’Amérique et l’Europe. Mais cette compagnie qui, dit-on, est avant-gardiste et même artistique en matière de sanitaires et d’accessoires pour la salle de bains, aurait pu trouver mieux pour promouvoir sa cheminée. L’art d’éteindre la curiosité…

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    Samedi 25 avril 2009 | Mise en ligne à 15h19 | Commenter Aucun commentaire

    Fauteuil en bouse de vache

    Parmi les innombrables nouveautés présentées à Milan, il y a des pièces bizarroïdes. En voici quatre!

    Jour 5 – vendredi 24 avril

    bouse-de-vache-low.jpg

    Fauteuil en bouse de vache
    Parmi les 21 finissants en design les plus talentueux d’Europe sélectionnés par la visionnaire Li Edelkoort, d’Eindhoven, en Hollande, il y a Karin Frankenstein (c’est bien son nom !). En quoi consistent ses créations? Ce sont des pièces de mobilier réalisées avec de la bouse de vache cuite… Sur la photo, vous voyez un  imposant fauteuil (inodore en passant) aux formes inusitées et dotées de roulettes. Cette pièces est exposée à la galerie hyper cotée Spazio Rossana Orlandi, à Milan.

    radiateur-chevreuil-low.jpg

    Chaud le chevreuil !
    Ce cerf métallique est en réalité un radiateur à eau chaude ! Cette (grosse) pièce a été conçue par le finissant en design Guus van Leeuwen et est présentée à la galerie Spazio Rossana Orlandi.
    animaux-gonflables-low.jpg

    Animaux de compagnie gonflables…
    Je l’ai essayé et ça fonctionne : il suffit de s’asseoir sur ce canapé en silicone pour gonfler de petits animaux qui sont rattachés au mobilier par un tuyau. Dès que vous vous levez, hop ! les bestioles se dégonflent. Bon, c’est une idée… et c’est Nacho Carbonell qui l’a eue. Cette nouveauté loge à la galerie Spazio Rossana Orlandi.

    can-can-marcel-wanders-low.jpg

    Regardez sous les jupes

    Ces suspensions en forme de jupe (avec crinoline en tissu) ont été imaginées par Marcel Wanders pour Flos. Leur nom ? Can Can. Présentées au Salon du meuble de Milan (Fiera), elles ont piqué la curiosité.

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    Jour 4 – jeudi 24 avril

    philippe-malouin-low.jpg

    Il y a une galerie spécialisée en design qu’il faut absolument visiter, m’ont dit en cœur mes amis fous braques de design. Laquelle ? Spazio Rossana Orlandi. Véritable pépinière de talents émergents, l’endroit possède un joli jardin où il fait bon manger et se faire voir. Attention, cet espace n’a pas d’enseigne et, surtout, il se cache derrière de grosses portes en bois. En temps normal, il faut sonner avant d’entrer (voyez, le genre branché…)

    Enfin arrivée, je me dirige au fond, là où se trouve une future vedette : Philippe Malouin, un designer ayant grandi à Salaberry-de-Valleyfield et qui, après des études à l’Université de Montréal, s’est établi en Europe. Il a terminé ensuite sa formation à la Design Academy d’Eindhoven, aux Pays-Bas. Aujourd’hui, il vit à Londres et il présente cette semaine sa nouvelle création au Spazio Rossana Orlandi. Rien de moins ! «J’ai eu beaucoup de chance, dit-il, mais il faut travailler comme un fou pour se faire une place», s’empresse-t-il d’enchaîner. Ce qui distingue Philippe Malouin des innombrables autres jeunes designers qui espèrent briller ? Son génie à exploiter des objets banals et à leur donner un tout autre éclairage. Il s’est notamment fait connaître avec une chaise pliante faisant office de cintre. Aujourd’hui, il présente sa collection d’accessoires Standard (luminaires, support à plante, banquette etc.) qui s’accrochent à des montants d’étagères que l’on trouve dans toutes les quincailleries. Sa prochaine création sera dévoilée à la galerie parisienne NextLevel et elle détournera les tissus à billes sur lesquels aiment s’asseoir les chauffeurs de taxi !

    En passant, il est possible d’admirer plusieurs créations de Philippe Malouin jusqu’en juin à la galerie-boutique Commissaires, à Montréal.

    www.commissairesonline.com

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    Samedi 25 avril 2009 | Mise en ligne à 11h35 | Commenter Un commentaire

    Babiche, ceintures fléchées et tipis au cœur de Milan

    Jour 3 –  jeudi 23 avril

    Les trois designers québécois derrière Samare ainsi que Pierre Laramée, propriétaire de la galerie-boutique montréalaise Commissaires ont conçu une exposition au cœur de Milan : Tissé-métissé. Connue pour leur utilisation toute contemporaine de la babiche, la griffe Samare réunit quatre designers québécois. Pour la manifestation milanaise, ils se sont associés au designer coréen Kwangho Lee, réputé pour ses luminaires composés de fils électriques «tissés». Résultat ? Un métissage de traditions revues et corrigées grâce à deux tipis métalliques dans lesquels ont été installés des luminaires habilement tricotés. Voilà pour le concept ! En prime, Samare a présenté sa nouvelle version de babiche faite de nylon et ses jetés inspirés des ceintures fléchées.

    montrealais-milan.JPG

    Jeudi dernier, il y avait foule au vernissage de l’exposition Tissé-métissé qui se tenait dans un palais de la Renaissance, à la place des marchands (Piazza dei Mercanti), au cœur de Milan. Ça parlait fort et l’accent québécois était bien présent dans la petite salle blanche où s’étaient donné rendez-vous plusieurs designers montréalais de passage au Salon du meuble. J’en ai profité pour croquer tout ce beau monde sur le vif. Sur la photo, vous apercevez, de gauche à droite : André Caron, designer et enseignant au département de design de présentation au cégep du Vieux-Montréal, Lina Bonapace, originaire de l’Abitibi, elle est spécialisée en design stratégique et travaille à la fois à Milan et à Ottawa, Michel Dallaire, designer industriel montréalais très connu (notre grand nom du design), Nicolas Bellavance-Lecompte, un artiste québécois qui habite Milan et qui fait partie du trio Samare, Pierre Laramée, propriétaire de la galerie-boutique Commissaires, boulevard Saint-Laurent, à Montréal, et Pierre D’Anjou, designer styliste et fan (fini) du Salon du meuble de Milan qu’il ratisse depuis plus de 20 ans.

    samare-low.jpg

    Un trio de designers québécois se fait voir à Milan
    En plus de son exposition Tissé-métissé à la Place des marchands (Piazza dei Mercanti), au cœur de Milan, près du Duomo, Samare est également présent au Salon Satellite, à la prestigieuse foire du meuble qui se tient jusqu’au lundi 27  avril. De gauche à droite, Nicolas Bellavance-Lecompte, artiste possédant une formation en architecture, Laurie Bedikian, designer d’intérieur (spécialisée en marketing), et Patrick Meirim de Barros, qui possède également une formation en architecture. À sa droite, on aperçoit une pièce de mobilier faite de babiche de nylon jaune citron ainsi qu’un jeté inspiré de la ceinture fléchée.

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    Vendredi 24 avril 2009 | Mise en ligne à 8h45 | Commenter Commentaires (2)

    Potins et design en direct de Milan

    fiera-low.jpgAujourd’hui, mercredi, c’est le jour J. Raison ? Le Salon du meuble de Milan ouvre officiellement ses portes.

    Il est 9h. Je prends le métro, direction Rho, fieramilano. À la station Cadorna, un homme monte : jeans blanc, baskets immaculés et polo turquoise. Je le reconnais : c’est Jean-Marie Massaud, un designer français très convoité. Je surmonte ma timidité et lui demande une entrevue. «Bien sûr», répond-il, souriant.

    Ma chasse au designer réputé venait de commencer !

    Jour 2 – le mercredi 22 avril

    1, 2, 3 go !
    9h30 -  J’arrive à la Fiera de Milan. Tout le monde est sur son 31. Je fonce vers les pavillons 8 et 12, là où se trouvent les marques italiennes les plus avant-gardistes au monde. Ici, tous les meubles insolites sont permis!

    entrevue-front-low1.jpgQuatre Suédoises sur un canapé

    14h – Elles sont magnifiques, brillantes et très stylisées : les quatre designers suédoises derrière la marque hyper branchée Front m’attendent sur l’un des canapés qu’elles ont créé pour Moroso. Secrètement, je les admire depuis leurs débuts. Le cheval grandeur nature surmonté d’un abat-jour qu’elles ont conçu pour Moooi, il y a quelques années, m’avait scié. Un luminaire sai-si-ssant. «Lors du briefing, Marcel Wanders (directeur artistique de Moooi) nous avait demandé de dessiner une lampe que même sa grand-mère aimerait», confient-elles.creation-front-low.jpg

    Aujourd’hui, les designers prennent place sur un canapé dont l’imprimé reproduit fidèlement l’image d’un tissu drapé. Une sorte de satin qu’on aurait distraitement jeté sur le mobilier. «C’est une photo reproduite. Nous avons joué sur les illusions et les perceptions», disent-elles.

    L’effet est très réussi. Elles ont aussi réalisé un banc à impression de «bois massif» plus vrai que nature… Confidence : je l’ai tâté pour être (bien) sûre que c’était du tissu.

    entrevue-urquiola-low.jpgLa reine du design

    14h30 – Tornade blonde, Patricia Urquiola est l’exemple type de la femme énergique. Étudié, son style surprend et, surtout, séduit. Pas étonnant, tous les fabricants se  l’arrachent. Chez Moroso, elle agit comme directrice artistique et ne cache pas sa fierté. creation-urquiola-low.jpg

    «J’adore le design du stand, c’est le projet dont je suis le plus fière. Pour ce qui est des sièges Rift (à couches superposées), je suis contente, mais pour la collection de canapés Fergana, c’est encore à l’étape des prototypes. Il va falloir travailler encore plus…» Vous avez dit honnête ?

    entrevue-massaud-low.jpg

    Confidences sur l’oreiller

    16h40 – Le stand de l’entreprise MDF Italia est rempli de nouveautés signées Jean-Marie Massaud. Son canapé Yale est très invitant. Pourquoi ? Il est composé d’oreillers. «À mes yeux, l’idée du confort ultime, c’est l’oreiller», dit-il en tapotant le dossier. creation-massaud-low1.jpg«Oups, ici, ça manque un peu de plumes, mais c’est un prototype», s’excuse-t-il.

    Comment reconnaît-on les grands designers ? Tous des perfectionnistes!

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    Jeudi 23 avril 2009 | Mise en ligne à 14h46 | Commenter Commentaires (2)

    On s’en va à Milan!

     entrevue-starck-low.jpg

    Vous ne connaissez rien au design? Pas grave. Suivez-moi.

    Je suis présentement au Salone Internazionale del Mobile, LE salon du meuble le plus prestigieux et le plus couru au monde. En résumé, c’est ici que naissent les tendances des prochaines années. Il fait beau et tout le monde (designers vedettes, acheteurs, fabricants, copieurs et fans de design) court à la Fiera. La frénésie est à son paroxysme et les journalistes s’arrachent les designers.

    Jour 1- le mardi 21 avril

    Starck académie…

    14h. J’arrive enfin à l’hôtel. L’œil cerné (impossible de dormir dans l’avion), je saute dans la douche. Vite, un coup de peigne et beaucoup de fond de teint. Le salon du meuble ne commence que demain, mais déjà, plusieurs entrevues sont planifiées dont une avec Philippe Starck, qui malgré les années demeure le designer le plus connu au monde.

    Dur, dur d’être simple

    16h. Je file d’abord vers le lieu d’exposition d’Established&Sons, un éditeur et fabricant londonien ultra coté. Les deux seuls designers de libres sont Edward Carpenter et André Klauser, deux Britanniques. Humm. Je ne les connais pas, mais je fonce quand même, micro à la main. C’est ma première entrevue et l’ambiance est un peu glaciale. Malgré tout, ils se laissent docilement photographier sous leur lampe à lattes d’aluminium. Leur inspiration ? «Les stores», disent-ils.

    Révélation : créer une lampe en apparence ultrasimple est très exigeant. «Nous avons travaillé pendant deux ans – de la conception à la production – pour réaliser ce luminaire.»

    Leçon de vie

    16h20. Jaime Hayon, designer de Barcelone ultra branché est seul devant son meuble de rangement rouge. Je pousse un «Mr Hayon ?» Il me répond en français : «Oui, bonjour.» Il me parle de tout : la vie, la création, Londres (qu’il habite depuis trois ans) et du style Tudor qui l’inspire actuellement. Les réalisations de Jaime Hayon ont beau être ébouriffantes et surréalistes, l’homme est simple et généreux. «Ma clé du succès? Je suis très passionné et j’aime profondément ce que je fais, malgré la folie et le stress de la vie d’aujourd’hui!»

    entrevue-bouroullec-low.jpg

    Un sofa peut être avant-gardiste et très confortable

    16h55. L’un des deux frères français Bouroullec (Ronan) est là, juste à côté. Je n’ai pas officiellement d’entrevue avec lui, mais je tente ma chance.

    -    Avez-vous cinq minutes ?
    -    Bien sûr, je vous attendais, dit-il, subtilement charmeur.

    Son nouveau canapé (Quilt) est étrange et boursouflé. Du jamais vu ! «Il y a un morceau de mousse à l’intérieur de chacune des poches», explique-t-il. Je m’assois sur la «chose». Wow ! Ce sofa est très confortable. Je lui pose une question indiscrète : combien gagne un designer de réputation internationale ? «Bien souvent, les redevances ne sont que de 3% du prix de gros de chaque pièce vendue. C’est pour ça que plusieurs designers font de l’architecture intérieure. Nous l’avons d’ailleurs déjà fait. Faut bien gagner sa vie !»

    Philippe Starck : «Je ne suis pas mort»

    17h45. J’ai rendez-vous avec Philippe Starck. Il se trouve chez Driade, une entreprise milanaise. En passant, j’ai l’air (faussement) décontract en vous parlant de Starck, mais j’ai mis des années pour amadouer ses attachés de presse. Sans compter mon accent québécois… qui a d’abord attiré l’attention du designer français.

    Il arrive avec sa femme Jasmine, son actuelle attachée de presse, une grande brune en robe fleurie. Je lui demande comment il va.

    «D’abord la bonne ou la mauvaise nouvelle est que je ne suis pas mort. Je suis toujours là», dit-il, un brin sarcastique. Il enchaîne : «Et je suis toujours amoureux de ma femme.» Il aborde le sujet de la crise économique. «C’est un moment terrible, mais c’est aussi un moment formidable parce que c’est un moment de remise en question des valeurs, comme le capitalisme…» Parmi ses nouveautés chez Driade, il y a le fauteuil au dossier très haut Out/in. «Derrière ce produit, il y a l’idée de la longévité. Il est fait dans une matière indestructible. Donc, au lieu de parler de recyclage ici, on vise davantage la transmission du mobilier d’une génération à une autre.»

    Le design en temps de crise

    19h. Marcel Wanders, de chez Moooi, une marque néerlandaise très hip, porte le collier de perle. «Histoire de mettre en contraste la féminité et la masculinité», se défend-il. D’entrée de jeu, je lui demande si la crise actuelle affecte son travail. «Oui, il arrive que des projets soient annulés. Nous avons d’ailleurs conçu un superbe hôtel à Las Vegas avec un design fantastique… mais il ne sera jamais construit. Nous avons été payés, mais c’est quand même terrible !» Devant nous se trouve l’une de ses créations pour Moooi : une sorte de tirelire à dorures intitulée : The killing of the piggy bank. «Je l’ai conçu expressément pour la crise», termine-t-il, mi-figue, mi-raisin.

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