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| Haïti après le séisme, jour 2. Photo Ivanoh Demers, La Presse. |
Pourquoi de gros édifices comme le Palais national se sont-ils effondrés alors que d’autres constructions ont plus ou moins résisté au violent séisme en Haïti? J’ai posé cette question (et bien d’autres) à Pieter Sijpkes, professeur agrégé, spécialisé en structure, à l’École d’architecture de l’Université McGill.
Lucie Lavigne: M. Sijpkes, quels sont les constructions les plus «fragiles» lors d’un séisme?
Pieter Sijpkes: Règle générale, les édifices de moins de 12 étages sont construits afin de vaincre la gravité (la compression). Dans des constructions plus hautes, les forces latérales du vent gouvernent leur design. Le problème avec les tremblements de terre? Ils génèrent des tensions et des forces de cisaillement qui produisent des mouvements latéraux. Conséquence: l’immeuble veut suivre le mouvement du terrain. Ce qui peut entraîner un écroulement. Plus un immeuble est haut et lourd, plus il est dangereux. Un calcul des charges sismiques (selon la région où se trouve l’édifice) doit être minutieusement effectué. Quant aux petites habitations, les risques d’effondrement sont plutôt minimes, à moins qu’elles ne soient en mauvais état. Ou que les normes de construction n’aient pas été respectées.
Q. Quels sont les matériaux les plus résistants?
R. Il faut privilégier des matériaux de structure capables d’absorber les tensions. Le bois et l’acier ont plus d’élasticité que le béton. D’où l’importance d’opter pour un béton renforcé adéquatement avec de l’acier. Notez: la quantité d’acier d’un béton renforcé à l’épreuve des tremblements de terre sera plus élevée que celle qui résiste strictement à la gravité de la construction. Aussi: il est possible d’organiser une structure de béton en incluant des formes triangulaires parmi les carrées. Le triangle est une configuration plus stable que les autres. Enfin, les maisons montées en adobe présentent peu de résistance aux séismes.
Q. La clé se trouve donc dans la qualité des matériaux de l’ossature?
R. Oui, mais la précarité des joints entre les poutres et les poteaux de bois peut être un problème. Heureusement, il y a des technologies qui permettent de rendre les joints plus résistants grâce à de l’acier.
Q. Qu’arriverait-il si un séisme comparable à celui d’Haïti se produisait au Québec?
R. Ici, le poids des habitations est faible, car la structure est bien souvent en bois et très aérée. Sans compter que les toitures (en bardeaux d’asphalte, notamment) ne pèsent pas lourd, contrairement aux toitures composées de tuile ou même de pierre, comme au Japon. Le bois est plus élastique que le béton. L’ossature en bois composée de feuilles de contreplaqué rend nos maisons très stables. Ainsi, on peut comparer la structure de nos maisons à une boîte de carton: on peut la faire trembler et la déformer, mais elle ne cassera pas.
Q. La plupart des habitations du Québec se tiendraient alors debout?
R. De fait, ce serait la brique (cheminée,décoration de pierre, blocs de béton, etc.) qui se détacherait de la structure des immeubles d’habitation et qui ferait des victimes en tombant dans la rue.
La brique est un matériau très stable, mais elle ne supporte pas la tension et elle n’a pas beaucoup d’élasticité. Résultat: elle ne résiste pas à des mouvements latéraux causés par un séisme.










mattgilles
19 janvier 2010
13h45
Y’a aussi le code de la construction qui est différent…
packington
19 janvier 2010
13h48
Tout ça est vrai en autant que de méchants contracteurs ne faussent les normes en diluant le béton ou en remplaçant les agrégats de qualité par du sable.
C’est malheureusement souvent le cas.
De mauvais matériaux pour économiser et s’enrichir avec les vie des gens. Et il n’y a pas qu’en Haiti que la chose se produit. Les viaducs du Québec en sont la preuve.
gofrankiego
19 janvier 2010
13h59
Ouin, c’est bien intéressant et instructif tout ça…
rigobertoperez
19 janvier 2010
14h54
Mouais… Je crois que la vulnérabilité des infrastructures québécoises mériterait qu’on s’y attarde davantage. C’est bien beau de dire que la plupart de nos maisons vont tenir le coup, mais quand on a des viaducs qui s’effondrent sans crier gare et des blocs de béton qui se détachent spontanément de la façade des gratte-ciels pour tomber directement sur les trottoirs et les gens qui s’y trouvent, ça n’inspire pas très confiance.
On entend souvent parler de fissures dans les stations de métro, de rues fermées car un bâtiment risque de s’écrouler, de viaducs soudainement interdits aux véhicules lourds, de l’échangeur Turcot qui s’effrite à vue d’oeil… Si un jour ça tremble ici comme ça a tremblé à Port-au-Prince, ce ne sera vraiment pas beau à voir.
matelot2
19 janvier 2010
15h05
Je regarde souvent le genre de constructions baties au Québec ces 20 dernieres années et maintenant je me dis que sans doute, meme si une maison du genre que nous avons me tombait sur la tete lors d’un tremblement je survivrais.
D’abord elle semble construites de carton,a peine un peu de bois pour la structure et de panneaux de boix gauffrees(Presswood) extremement légeres il a pas de quoi fouetter les chats…C’est la solution extreme afin de répondre aux besoins en habitation a Haiti.Pas chere a part ca. !
ColisSuspect
19 janvier 2010
19h59
Dommage, aucune question concernant les tours à condos… J’habite au 19ième étage, près de l’eau, et je fais des cauchemars à propos de la liquéfaction depuis que j’ai vu Grand Reportages hier à R-C !
omni-tag
19 janvier 2010
21h33
Et qu’arriverait-il à ma Place Ville-Marie chérie ? On me dit qu’elle est prévue pour 8-Richter… Est-ce possible ?
@ M. Sijpkes (au fait ça se prononce comment?) : Il est très loin d’y avoir que des bâtiments à ossature de claire-voie et à ossature de bois au Québec, il y a aussi une multitude de bâtiments de moyenne et grande hauteur… Et des bestioles hors catégories comme le Château Frontenac, et des trucs bizarres comme le Château Montebello !!!
gl000001
20 janvier 2010
10h12
@Packington
En général, les contraceurs ne font pas leurs bétons. Ils le commandent. Et ça serait irresponsable aux fournisseurs de béton de livrer un produit qui ne répond pas aux normes. Si un solage se fissure après quelques années, il y a des analyses de fait et ça peut être désastreux pour le fournisseur. Personne ne se risquerait de faire ça.
Les contracteurs ne sauveraient pas beaucoup d’argent en ne mettant pas de sable. De toute façon, ils peuvent sauver bien plus d’argent ailleurs au-dessus du solage. Les fournisseurs de béton sont au courant également des normes et ne permettraient pas d’avoir des solages pas assez épais non plus.
Et juste pour votre information, le béton est composé de : ciment, sable, agrégat, eau et air. Pas de sable, il ne tiendrait pas longtemps.
Enlevez l’agrégat, ça devient du mortier. Enlevez l’agrégat et le sable, ca devient du crépi. Chacun a son utilité.
gl000001
20 janvier 2010
10h34
Il y a eu un très gros tremblement de terre dans les années 1993 et 1925.
On est pas à l’abri.
http://www.cgq-qgc.ca/tous/geotour/tremble2.htm
“Ce qui est particulier aux tremblements de terre de l’Est du Canada, c’est que les roches cristallines du Bouclier canadien transmettent les ondes sismiques très efficacement. Elles s’atténuent beaucoup moins rapidement que les ondes des séismes de la Côte ouest par exemple. On peut donc constater des dommages et ressentir les vibrations à des distances beaucoup plus grandes de l’épicentre.”
alex0451
20 janvier 2010
11h21
Pauvre stade olympique. Pas certain qu’il tiendrait
Yumi
20 janvier 2010
12h33
Mlle. Lavigne
Si M.Sijpkes avait voulu bien vous informer, il vous aurait référé à un ingénieur en structure. Les départements de génie civil de l’Université McGill et de l’École Polytechnique sont des leaders dans la recherche portant sur la conception parasismique des structures.
kiwi04
20 janvier 2010
13h57
@ G1000001
Et on dis quoi lorsqu’on voit les fondations de 300 maisons neuves qui doivent être démolies à cause de la qualité du béton. La même chose s’est produite en 2001.
gl000001
20 janvier 2010
15h36
1663 … pas 1993 !!!
Curley
20 janvier 2010
16h02
Désolé, moi je suis très sceptique. J’ai posé la question à savoir si le même séisme se produirait ici au Québec qu’en serait-il? Probablement que les dommages ne seraient pas aussi important, mais je suis convaincue que cela pourrait être plus important que ce que votre expert en pense. Que l’on pense aux Tours Jumelles,HUM! pas sûre
pasbelle
20 janvier 2010
22h32
En vacances dans le sud du Mexique il y a plusieurs années, j’ai été réveillée par une grosse et longue secousse. Je cours à la réception où le gérant, calme et souriant m’explique que l’immeuble(tres grand et haut) est contruit en fonction des possibles seismes. Et de m’expliquer que tout est articulé et que tout glisse au lieu de casser. Comme les explications étaient en espagnol, et que mon espagnol technique est rudimentaire, je n.ai pas très bien compris. Votre architecte connait-il ces techniques?
menoplz
21 janvier 2010
13h51
@gl000001 et Packington
Pour votre info et celle des autres: le béton au québec contient de 5 à 7 % d’air entraîné pour résister aux effets du gèl dégel, alors c’est encore pire!! on paye pour de l’air! hehehe! et pour économiser sur le ciment on met un superplastifiant; alors aulieu de mettre 500kg/m3 de ciment on en met uniquement 350kg/m3…et vive les gilets de sauvetage!!!
Jarretnoir
22 janvier 2010
11h34
Bonjour Lucie,
Contente de te relire.
Je crois que bien des personnes se sont demandées si elles étaient en sécurité dans leur maison. Moi la première. On a même discuté mon chum et moi de ce sujet et à savoir qu’et-ce qu’ on ferait en cas d’urgence. Où suis-je le plus en sécurité dans la maison?