Jozef Siroka

Archive de la catégorie ‘Werner Herzog’

Lundi 25 janvier 2016 | Mise en ligne à 16h40 | Commenter Commentaires (3)

Les rêveries numériques de Werner Herzog

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Après avoir exploré pendant des années les recoins les plus hostiles à l’homme avec ses «films de jungle» (Aguirre, la colère de Dieu, Fitzcarraldo, Little Dieter Needs to Fly, etc.), Werner Herzog pose son regard singulier sur une autre sorte de jungle, moins palpable celle-là mais peut-être tout aussi dangereuse : celle de l’Internet. Son long métrage documentaire Lo and Behold: Reveries of the Connected World a eu sa première mondiale samedi au Festival de Sundance.

Divisé en dix chapitres, le film aborde de manière parcellaire divers sujets relatifs à notre monde «interconnecté». On y rencontre un excentrique pionnier de l’Internet, le directeur de SpaceX Elon Musk, des chercheurs en robotique à l’université Carnegie-Mellon, des parents victimes de cyberintimidation suite à la mort violente de leur fille adolescente… Au-delà des changements que la révolution numérique apporte dans notre société, Herzog se pose une question d’ordre plus poétique : «Est-ce que l’Internet rêve de lui-même?».

Le «légendaire cinéaste» allemand, comme prennent bien soin de l’indiquer les deux bandes-annonces du film, a dans un premier temps été approché par la compagnie NetScout Systems. On lui a proposé de faire une série de courts abordant l’Internet qui seraient mis en ligne sur YouTube, à la manière de son film contre les textos au volant. Mais dès le deuxième jour du tournage, Herzog a compris que le projet était bien plus ambitieux et qu’il devrait adopter le format du long métrage.

Ce qui est ironique avec Lo and Behold est que Herzog est en quelque sorte un luddite technologique. Il possède un téléphone cellulaire, mais «seulement pour les urgences» – il ne s’en est pas servi depuis un an. Il ne navigue pas sur Internet non plus, ou si peu. Mais ce manque de compétence constitue selon lui un avantage. «En raison de cette distance, je vois les contours [de la technologie et comment elle nous affecte] beaucoup plus clairement», affirme-t-il en entrevue à Vanity Fair.

Les premières critiques de Lo and BeholdThe Guardian, Hollywood Reporter, Variety, Indiewire, The Playlist – sont toutes positives ou très positives. Ce qui est intrigant est qu’il n’y a pas de consensus par rapport aux conclusions du film. Adopte-il un point de vue optimiste ou pessimiste quant à notre futur numérique. Herzog lui-même refuse d’y répondre, tout en assurant à VF qu’il propose une vision très subjective du sujet :

Je ne suis jamais impartial… cela n’existe pas. La seule caméra impartiale est la caméra qui se trouve dans votre banque. Ce genre de caméra a depuis des décennies espéré l’arrivée d’un voleur, mais ce dernier ne s’est jamais matérialisé. Il s’agit d’une forme très triste de cinéma.

Lo and Behold a été présenté dans le cadre du Sundance New Frontier, qui cette année se penche sur les possibilités narratives de la réalité virtuelle. Herzog a parlé de ce nouveau média il y a deux semaines avec The New Yorker. Sa réponse à la question : «Est-ce que la RV est du cinéma?» :

Non, je suis convaincu que cela ne va pas devenir une extension de cinéma ou de cinéma 3D ou des jeux vidéo. C’est quelque chose de nouveau, de différent, et pas encore connu. La chose étrange ici est que, normalement, dans l’histoire de la culture, nous avons de nouvelles histoires et récits, et puis nous commençons à développer un outil pour les raconter. Ou nous avons des visions de merveilleuses nouvelles architectures comme, disons, le musée de Bilbao, ou l’opéra de Sydney – et la technologie permet de remplir ces rêves. Donc, vous avez le contenu d’abord, puis la technologie qui s’ensuit.Mais dans le cas de la réalité virtuelle, nous avons une technologie, mais on n’a pas une idée claire sur comment la remplir avec du contenu.

Toujours pas de date de sortie en salle pour Lo and Behold: Reveries of the Connected World.

À lire aussi :

> Berlin : plus d’amour pour Malick que pour Herzog
> Le rêve américain selon Werner Herzog
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Mardi 10 février 2015 | Mise en ligne à 16h30 | Commenter Commentaires (4)

Berlin : plus d’amour pour Malick que pour Herzog

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Les deux films les plus attendus de la 65e Berlinale ont été réalisés par deux légendaires septuagénaires aux personnalités distinctes. D’un côté, Terrence Malick, l’Américain mystico-panthéiste muet, et de l’autre, Werner Herzog, l’Allemand romantico-fataliste loquace. Malgré ces différences, les deux cinéastes ont en commun une fascination pour la nature avec un grand N, tentant chacun à leur manière de sonder ses frontières film après film, avant de gracieusement abdiquer devant tant d’immensité, de danger et de beauté.

Présenté en première mondiale dimanche, Knight of Cups de Malick a obtenu un accueil généralement positif; en somme moins extatique que pour le palmé The Tree of Life, mais certainement plus chaleureux que pour l’expérimental To the Wonder. Si l’on se fie à cette analyse du Los Angeles Times, les trois titres cités constitueraient une trilogie thématique, dans laquelle on retrouve des hommes prospères dans la quarantaine las de leurs milieux contraignants, aux prises avec des questions spirituelles et métaphysiques.

«Rick commence une quête, il cherche quelque chose, mais on ne sait pas quoi», a expliqué Christian Bale en conférence de presse à Berlin à propos de son personnage, qui est «un esclave du système de Hollywood». On apprend dans le nouveau synopsis du film qu’il est aussi «accro au succès, mais désespère simultanément de la vacuité de sa vie. Il est à l’aise dans un monde d’illusions, mais cherche la vraie vie. Comme la carte de tarot du titre, Rick s’ennuie facilement et a besoin de stimulation extérieure.»

Les critiques français ont, comme on dit chez nos cousins, pigé le film (pour la plupart).

> Libération :

Enfin, c’est surtout le statut des images grandioses de Knight of Cups qui intrigue. Elles sont contradictoires : superbes, New Age ou «Born again Christian», convenues et grandioses, évoquent l’Evangile comme une pub Apple. Malick s’affirme ici comme un baroque épuré, grâce à une direction de la photographie assurée par le Mexicain Emmanuel Lubezki, qui avait travaillé sur Gravity. Comme un signe d’un mouvement cosmique du cinéma américain, d’une «gravité» qui le pousserait à s’élever encore et toujours plus haut, à atteindre une réflexion hors sol, et qui serait, dans l’esprit de ces démiurges hollywoodiens, la seule à même d’y voir clair dans le Pandémonium quotidien d’images.

> Le Monde :

Knight of Cups est un film totalement « malickien ». Et si, par instants, il flirte du côté du cliché, c’est pour signifier quelque chose dont Malick n’a pas forcément l’habitude. Une « party » hollywoodienne ? Il réquisitionne une splendide maison de stars, y entasse des centaines de figurants et demande à Antonio Banderas de faire son cabot. Corrosif et hilarant !

Dûment chapitré – « La lune », « Le pendu », « L’ermite », « Le jugement », « La tour », « Mort », « Liberté »… – Knight of Cups explore un certain nombre de lieux typiques de Los Angeles (Sunset boulevard et ses boîtes de strip-tease, Hollywood et ses studios, Venice, Santa Monica) et de Las Vegas. Comme si Malick, non content d’avoir fait du Malick, avait voulu ajouter une petite touche documentaire teintée de Fellini.

> Les Inrocks :

Tout n’est que collage d’instants fugitifs, micro sensations montées en mosaïques, poussière d’existence balayée aux quatre vents d’un montage plus symphonique que jamais. C’est comme si le compte instagram de toute une vie se trouvait pris dans un shaker…

Il y a un certain plaisir sensible, presque foetal, à se laisser bercer par le film, ses voix-off chuchotantes, son lit de grande musique, ses surfaces visuelles ondoyantes et son ballet de lumière. De ce point de vue, le film est nettement plus puissant que le précédent, le vraiment peu abouti A la merveille. Le film produit ses petites extases plastiques, fascine par sa radicalité têtue, sa façon opiniâtre de tout désancrer. Le revers de ce fantasme de cinéma labile, liquide, est de ne pouvoir que glisser.

> Télérama :

Alors, oui, par moments, c’est magnifique, porté par de la musique romantique excellement choisie (de Grieg à Ralph Vaughan Williams, je me passerais la playlist non stop), toujours en quête de la combinaison image + son qui transcenderait l’humain, le grandirait, redirait le caractère sacré du monde et de ceux qui l’habitent; mais dans le même geste guetté par le pompier, le new age, le « reborn chrétien » avec cette vision récurrente de l’eau de mer qui, comme celle du baptême, régénère les personnages…

Et bien sûr la caméra d’Emmanuel Lubezki entoure les personnages, danse autour d’eux pour bien montrer que l’air n’est pas du vide, qu’il est le réceptacle de la vie humaine, que quelque chose de plus est là, invisible. L’ego du cinéaste ? Le problème c’est que cette imagerie-là, et la façon dont la mise en scène la crée, a été dévoyée par le clip et la pub, et que le plus grand cinéaste du monde, malgré tous les outils qu’il s’offre (films 35 et 65 mm, petite et grande caméras numériques) bute sur ce déjà vu…

Du côté des anglos, c’est assez tiède, avec une moyenne de 58% sur l’agrégat Metacritic, note basée d’après huit critiques. D’autres réactions à consulter sur CriticWire, avec en boni une compilation de tweets enthousiastes.

Feu vert pour le Voyage

En attendant de voir si Malick va décrocher son deuxième Ours d’or, après le triomphe de The Thin Red Line à Berlin en 1999, on peut se réjouir d’une récente victoire bien plus significative dans le camp du cinéaste : après des années d’ennuis financiers et judiciaires (j’en parle ici et ici), son documentaire Voyage of Time a finalement obtenu l’appui de nouveaux producteurs qui garantiront la finalisation et la distribution de son film.

Variety rapportait mardi dernier que le projet mûri depuis quelque trois décennies, qui est décrit comme «une célébration de l’univers, exposant l’ensemble du temps, à partir de son début jusqu’à son effondrement final», sera séparé en deux versions. La première prendra la forme d’un film IMAX de 40 minutes narré par Brad Pitt, et la seconde sera un long métrage en 35 mm narré par Cate Blanchett.

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N’ayant jamais entretenu une relation particulièrement chaleureuse avec l’industrie et les médias de son pays d’origine, Herzog a attendu 36 ans avant de revenir à la Berlinale. Présenté vendredi, son biopic Queen of the Desert est loin d’avoir fait figure d’un retour triomphal. Au contraire, d’après les premiers échos, il pourrait s’agir du premier véritable navet réalisé par le prodige bavarois.

Seul quotidien francophone à avoir daigné pondre une quelconque critique du film, Le Monde n’a fait aucun effort pour cacher sa déception.

Quelle mouche du désert arabo-persan a bien pu piquer le « père » d’Aguirre, de Kaspar Hauser, de Nosferatu et autre Fitzcarraldo pour s’être laissé entraîner dans une pareille histoire ? Une histoire qui, ne serait-ce qu’à cause du sujet – la vie de l’aventurière, photographe et espionne Gertrude Bell (1868-1926) – le confronte inévitablement au célébrissime Lawrence d’Arabie de David Lean.

Se débrouillant comme il peut d’un casting digne d’une superproduction hollywoodienne (Nicole Kidman, James Franco, Damian Lewis ou Robert Pattinson, impayable en T. E. Lawrence), Werner Herzog s’en tient à un académisme de bonne facture. Quant à Nicole Kidman, gageons qu’elle ne rejoindra pas Aguirre et les autres au chapitre des grands marginaux solitaires de Werner Herzog.

Un premier extrait :

Et ce n’est guère plus encourageant de la part des médias anglophones. En consultant CriticWire, l’on est consterné de tomber sur des termes résolument anti-herzogiens – qui donnent l’impression d’appartenir à la critique d’un mauvais Merchant-Ivory – comme «travelogue», «vieux jeu», «mélodramatique», «respectable», «conventionnel», «Downton Abbey dans les dunes»…

Il semblerait que, depuis la fin de sa relation avec Klaus Kinski, la fiction ne sied pas très bien à Herzog. Il est en effet bien plus poignant et innovant dans le format documentaire. Même son meilleur film de fiction des 25 dernières années, The Bad Lieutenant (2009), s’apprécie encore davantage quand on le considère pour ce qu’il est réellement : un documentaire sur la folie créative de Nicolas Cage.

Nouvelle plongée dans un volcan

Qu’on le veuille ou non, Herzog compte poursuivre sur le chemin de la fiction pour le moment. Screen Daily rapportait dimanche que le cinéaste de 72 ans entamera en avril le tournage de Salt And Fire dans le Salar d’Uyuni. Le thriller romantique met en vedette l’actrice allemande Veronica Ferres dans le rôle d’une «scientifique en Amérique du Sud qui se bute à un patron d’une corporation responsable d’un désastre écologique.» On semble fouler ici le terrain de Where the Green Ants Dream (1984), et ce n’est pas un bon signe…

L’élément central de l’intrigue de Salt And Fire concerne la potentielle éruption d’un «supervolcan» qui pourrait causer une «catastrophe mondiale». Cette prémisse n’est pas sans rappeler celle de La Soufrière (1977), superbe court métrage documentaire de Herzog dans lequel il se rend en Guadeloupe, aux abords du volcan éponyme en pleine ébullition (voir le film ici).

On se demande si Salt And Fire viendra empiéter sur un autre projet similaire qui avait été annoncé par le même Screen Daily, en mars 2012. Il s’agit d’un documentaire qui serait réalisé en collaboration avec le volcanologue Clive Oppenheimer, qui a écrit un livre sur le sujet: Eruptions that Shook the World. «Le film serait une combinaison de nature et de spectacle, et leurs potentiels effets dévastateurs sur l’humanité», a décrit le producteur de Herzog à l’époque.

Eruptions est également pressenti comme une expérience IMAX. Dans un monde idéal, ce film serait présenté dans un programme double aux côtés de Voyage of Time. On peut toujours rêver!

À lire aussi :

> To the Wonder : danser son amour dans le pré
> The Tree of Life : entre extase et désespoir
> Le rêve américain selon Werner Herzog
> Le court du week-end : La Soufrière

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Jeudi 22 janvier 2015 | Mise en ligne à 14h30 | Commenter Commentaires (2)

Les lampadaires de Bay, le coupe-boulons de Herzog

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Quand il avait 13 ans, Michael Bay a fait sauter son train électrique avec des pétards, et a filmé l’explosion à l’aide de la caméra 8 mm de sa mère. Une bravade qui a eu pour conséquence de mettre le feu à sa maison, et qui lui a valu une réprimande sévère de ses parents, qui l’ont privé de sortie pendant deux semaines. Quelque 35 ans plus tard, Bay continue de se livrer à sa passion pour la pyrotechnie – avec des pétards un peu plus puissants, on s’entend – quoiqu’il ne récolte plus de punitions pour ses excès destructeurs, mais plutôt des dizaines de millions de dollars.

Je ne risque pas de surprendre beaucoup de gens en disant que son cinéma n’est pas exactement ma tasse de thé. Par contre, je n’ai rien contre ses films. Dans le sens que je ne sens pas le besoin de crier haut et fort ma désapprobation, et je ne vois pas l’intérêt de pondre des dissertations alarmistes comparant Bay à l’Antéchrist du 7e art, comme le font bien des critiques. En fait, même si ses films m’indiffèrent au plus haut point (sauf le jouissif The Rock), j’ai un immense respect pour Michael Bay l’artisan, à défaut d’aimer Michael Bay l’artiste.

Dans l’industrie, Bay est admiré bien plus qu’on ne le pense. Christopher Nolan est un grand fan. James Cameron dit qu’il a étudié ses films et a tenté de les «désarticuler» (reverse engineer). Steven Spielberg, qui a produit ses Transformers, a affirmé qu’«il a le meilleur œil pour de multiples niveaux d’adrénaline visuelle pure». Sa prof Jeanine Basinger, qui lui a présenté ce qui allait devenir son film préféré, West Side Story, a expliqué que le classique de Robert Wise lui a fait réaliser qu’«il n’a pas besoin d’être lié à la réalité s’il ne veut pas l’être. Son travail porte sur la couleur et sur le mouvement et sur une sorte d’abstraction et d’irréalité qu’on retrouve dans les comédies musicales.»

Dans une analyse vidéo publiée l’été dernier, Tony Zhou, un de nos plus précieux professeurs en ligne, décortique l’approche visuelle frénétique du cinéaste, qu’il qualifie de «Bayhem» (un alliage entre le nom du réalisateur et mayhem, qui veut dire destruction). Il présente plusieurs exemples, dont ses fameux ralentis-360 degrés, que ses imitateurs ne peuvent cependant égaler. Zhou recense également les astuces que Bay emploie pour dynamiser les compositions de ses plans, dont son usage très fréquent de lampadaires à l’avant-plan…

En coulisses

Le site dédié à Michael Bay a récemment mis en ligne deux vidéos sur le making-of de Transformers: Age of Extinction, le quatrième chapitre de sa série de blockbusters qui a engrangé un total ridicule de 3,8 milliards $. Une excursion assez captivante dans les coulisses d’une production hollywoodienne monstre. Bien sûr, le portrait de Bay est ici calibré afin de le montrer sous son meilleur jour. Il semblerait toutefois qu’il possède un caractère de tyran. Shia LaBeouf a comparé son réalisateur à la ville de New York, disant : «Si vous pouvez vous en sortir sur un plateau de tournage de Bay, vous pourrez vous en sortir sur n’importe quel plateau».

Cela dit, tyran ou pas, ce que je retire de ces vidéos est non pas l’image d’un cinéaste grandiloquent exultant une confiance arrogante, mais plutôt l’impression d’une certaine naïveté désarmante de la part d’un homme approchant la cinquantaine qui, si on regarde bien le scintillement dans ses yeux, est toujours resté ce garçon de 13 ans qui ne demande rien de mieux que de faire sauter son train électrique avec des pétards.

> À consulter : L’histoire orale de Michael Bay parue dans GQ en 2011

***

Le caméo de Werner Herzog qu’on voit au tout début de l’analyse de Tony Zhou m’a rappelé la parution sur le web des 24 conseils que le légendaire cinéaste allemand a fourni aux réalisateurs en herbe, et qui ont été généreusement partagés au courant de la dernière semaine. Cette liste provient d’une nouvelle édition des entretiens d’Herzog avec Paul Cronin, qui a été publiée en septembre. Il s’agit d’une sorte de variation des 12 règles à suivre dans son Rogue Film School.

Quelques perles :

«Il n’y a rien de mal à passer une nuit en prison si cela vous permet de tourner le plan que vous avez besoin» ; «Demandez pardon, pas la permission» ; «Apprenez à lire l’essence intérieure d’un paysage» ; «Il n’y a jamais d’excuses pour ne pas terminer un film» ; «Habituez-vous à l’ours derrière vous» et enfin, «Transportez des coupe-boulons partout», un conseil qui laisse beaucoup de place à l’imagination, pour le meilleur et pour le pire!

À lire aussi :

> Michael Bay à Benghazi, ou contre l’ambiguïté
> Le cinéma d’auteur «vulgaire», théorie fragile
> Frénésie du mouvement, cinéma du «chaos»
> Les excuses de Michael Bay

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