
Avec une performance phénoménale au box-office et un impact culturel encore plus significatif, on s’étonne que Top Gun (1986) a pris autant de temps avant d’être pris en charge par les recycleurs d’Hollywood. Il a fallu attendre jusqu’à il y a deux semaines, comme le rapporte Vulture, pour que Paramount fasse une offre aux producteur et réalisateur du film original, Jerry Bruckheimer et Tony Scott.
Alors pourquoi une suite un quart de siècle plus tard? Peut-être que l’armée américaine d’aujourd’hui, comme durant l’après-Vietnam, éprouve une crise de recrutement? Ou bien est-ce Ray-Ban qui n’arrive plus à vendre ses lunettes fumées?
En fait, l’instigateur du projet serait un jeune homme du nom de David Ellison, fils de l’homme d’affaires et sixième individu le plus riche au monde Larry Ellison. Ayant passé son enfance à regarder Top Gun sur VHS et à fantasmer sur Maverick, David est devenu pilote acrobatique, puis acteur et maintenant producteur, notamment de Mission : Impossible IV… avec Tom Cruise.
Si la participation de Cruise n’est pas encore confirmée, celle de son personnage mythique l’est. Le scénariste du film, Christopher McQuarrie (The Usual Suspects, Valkyrie, Wolverine 2), a écrit hier à Vulture : «Il n’y a pas de Top Gun 2 dans lequel Maverick n’a pas le premier rôle».
Cette information entre cependant en contradiction avec la volonté de Scott et de Bruckheimer d’adopter une approche complètement nouvelle. Le réalisateur qui, comme son frère Ridley avec ses Alien, semble pris d’un élan de nostalgie pour un succès de jeunesse, a récemment déclaré au Wall Street Journal :
Le monde de Top Gun d’aujourd’hui est très différent. Il s’agit en réalité de geeks informatiques assis [dans des remorques] au Nevada qui jouent à des jeux de guerre. C’est la fin d’une époque pour les pilotes de chasse, mais ces derniers deviennent des pilotes d’essai, et les avions de combat sont des drones, mais pendant qu’ils les améliorent, il les volent.
> Pour en savoir plus sur la nouvelle génération des pilotes de l’armée, lisez cet article du Atlantic.
Ce changement de perspective représente tout un défi pour un film d’action. Voir des avions téléguidés bombarder des civils terroristes afghans ou pakistanais est bien moins satisfaisant que voir des F-14 poursuivre et détruire des communistes athées sur fond de rock quétaine. D’ailleurs, comment reproduire l’intense camaraderie qui a lieu dans un cockpit (et après, dans les douches) quand l’essentiel du récit se passe dans des remorques en tôle au milieu de nulle part?
En attendant de nouveaux développements, je vous (re)suggère la critique définitive de Top Gun, gracieuseté de Ruthless Reviews.
Enfin, un des grands moments de la culture pop des années 1980, ainsi qu’un morceau de choix pour les fétichistes militaires :
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