Jozef Siroka

Archive de la catégorie ‘Terrence Malick’

Mardi 10 février 2015 | Mise en ligne à 16h30 | Commenter Commentaires (3)

Berlin : plus d’amour pour Malick que pour Herzog

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Les deux films les plus attendus de la 65e Berlinale ont été réalisés par deux légendaires septuagénaires aux personnalités distinctes. D’un côté, Terrence Malick, l’Américain mystico-panthéiste muet, et de l’autre, Werner Herzog, l’Allemand romantico-fataliste loquace. Malgré ces différences, les deux cinéastes ont en commun une fascination pour la nature avec un grand N, tentant chacun à leur manière de sonder ses frontières film après film, avant de gracieusement abdiquer devant tant d’immensité, de danger et de beauté.

Présenté en première mondiale dimanche, Knight of Cups de Malick a obtenu un accueil généralement positif; en somme moins extatique que pour le palmé The Tree of Life, mais certainement plus chaleureux que pour l’expérimental To the Wonder. Si l’on se fie à cette analyse du Los Angeles Times, les trois titres cités constitueraient une trilogie thématique, dans laquelle on retrouve des hommes prospères dans la quarantaine las de leurs milieux contraignants, aux prises avec des questions spirituelles et métaphysiques.

«Rick commence une quête, il cherche quelque chose, mais on ne sait pas quoi», a expliqué Christian Bale en conférence de presse à Berlin à propos de son personnage, qui est «un esclave du système de Hollywood». On apprend dans le nouveau synopsis du film qu’il est aussi «accro au succès, mais désespère simultanément de la vacuité de sa vie. Il est à l’aise dans un monde d’illusions, mais cherche la vraie vie. Comme la carte de tarot du titre, Rick s’ennuie facilement et a besoin de stimulation extérieure.»

Les critiques français ont, comme on dit chez nos cousins, pigé le film (pour la plupart).

> Libération :

Enfin, c’est surtout le statut des images grandioses de Knight of Cups qui intrigue. Elles sont contradictoires : superbes, New Age ou «Born again Christian», convenues et grandioses, évoquent l’Evangile comme une pub Apple. Malick s’affirme ici comme un baroque épuré, grâce à une direction de la photographie assurée par le Mexicain Emmanuel Lubezki, qui avait travaillé sur Gravity. Comme un signe d’un mouvement cosmique du cinéma américain, d’une «gravité» qui le pousserait à s’élever encore et toujours plus haut, à atteindre une réflexion hors sol, et qui serait, dans l’esprit de ces démiurges hollywoodiens, la seule à même d’y voir clair dans le Pandémonium quotidien d’images.

> Le Monde :

Knight of Cups est un film totalement « malickien ». Et si, par instants, il flirte du côté du cliché, c’est pour signifier quelque chose dont Malick n’a pas forcément l’habitude. Une « party » hollywoodienne ? Il réquisitionne une splendide maison de stars, y entasse des centaines de figurants et demande à Antonio Banderas de faire son cabot. Corrosif et hilarant !

Dûment chapitré – « La lune », « Le pendu », « L’ermite », « Le jugement », « La tour », « Mort », « Liberté »… – Knight of Cups explore un certain nombre de lieux typiques de Los Angeles (Sunset boulevard et ses boîtes de strip-tease, Hollywood et ses studios, Venice, Santa Monica) et de Las Vegas. Comme si Malick, non content d’avoir fait du Malick, avait voulu ajouter une petite touche documentaire teintée de Fellini.

> Les Inrocks :

Tout n’est que collage d’instants fugitifs, micro sensations montées en mosaïques, poussière d’existence balayée aux quatre vents d’un montage plus symphonique que jamais. C’est comme si le compte instagram de toute une vie se trouvait pris dans un shaker…

Il y a un certain plaisir sensible, presque foetal, à se laisser bercer par le film, ses voix-off chuchotantes, son lit de grande musique, ses surfaces visuelles ondoyantes et son ballet de lumière. De ce point de vue, le film est nettement plus puissant que le précédent, le vraiment peu abouti A la merveille. Le film produit ses petites extases plastiques, fascine par sa radicalité têtue, sa façon opiniâtre de tout désancrer. Le revers de ce fantasme de cinéma labile, liquide, est de ne pouvoir que glisser.

> Télérama :

Alors, oui, par moments, c’est magnifique, porté par de la musique romantique excellement choisie (de Grieg à Ralph Vaughan Williams, je me passerais la playlist non stop), toujours en quête de la combinaison image + son qui transcenderait l’humain, le grandirait, redirait le caractère sacré du monde et de ceux qui l’habitent; mais dans le même geste guetté par le pompier, le new age, le « reborn chrétien » avec cette vision récurrente de l’eau de mer qui, comme celle du baptême, régénère les personnages…

Et bien sûr la caméra d’Emmanuel Lubezki entoure les personnages, danse autour d’eux pour bien montrer que l’air n’est pas du vide, qu’il est le réceptacle de la vie humaine, que quelque chose de plus est là, invisible. L’ego du cinéaste ? Le problème c’est que cette imagerie-là, et la façon dont la mise en scène la crée, a été dévoyée par le clip et la pub, et que le plus grand cinéaste du monde, malgré tous les outils qu’il s’offre (films 35 et 65 mm, petite et grande caméras numériques) bute sur ce déjà vu…

Du côté des anglos, c’est assez tiède, avec une moyenne de 58% sur l’agrégat Metacritic, note basée d’après huit critiques. D’autres réactions à consulter sur CriticWire, avec en boni une compilation de tweets enthousiastes.

Feu vert pour le Voyage

En attendant de voir si Malick va décrocher son deuxième Ours d’or, après le triomphe de The Thin Red Line à Berlin en 1999, on peut se réjouir d’une récente victoire bien plus significative dans le camp du cinéaste : après des années d’ennuis financiers et judiciaires (j’en parle ici et ici), son documentaire Voyage of Time a finalement obtenu l’appui de nouveaux producteurs qui garantiront la finalisation et la distribution de son film.

Variety rapportait mardi dernier que le projet mûri depuis quelque trois décennies, qui est décrit comme «une célébration de l’univers, exposant l’ensemble du temps, à partir de son début jusqu’à son effondrement final», sera séparé en deux versions. La première prendra la forme d’un film IMAX de 40 minutes narré par Brad Pitt, et la seconde sera un long métrage en 35 mm narré par Cate Blanchett.

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N’ayant jamais entretenu une relation particulièrement chaleureuse avec l’industrie et les médias de son pays d’origine, Herzog a attendu 36 ans avant de revenir à la Berlinale. Présenté vendredi, son biopic Queen of the Desert est loin d’avoir fait figure d’un retour triomphal. Au contraire, d’après les premiers échos, il pourrait s’agir du premier véritable navet réalisé par le prodige bavarois.

Seul quotidien francophone à avoir daigné pondre une quelconque critique du film, Le Monde n’a fait aucun effort pour cacher sa déception.

Quelle mouche du désert arabo-persan a bien pu piquer le « père » d’Aguirre, de Kaspar Hauser, de Nosferatu et autre Fitzcarraldo pour s’être laissé entraîner dans une pareille histoire ? Une histoire qui, ne serait-ce qu’à cause du sujet – la vie de l’aventurière, photographe et espionne Gertrude Bell (1868-1926) – le confronte inévitablement au célébrissime Lawrence d’Arabie de David Lean.

Se débrouillant comme il peut d’un casting digne d’une superproduction hollywoodienne (Nicole Kidman, James Franco, Damian Lewis ou Robert Pattinson, impayable en T. E. Lawrence), Werner Herzog s’en tient à un académisme de bonne facture. Quant à Nicole Kidman, gageons qu’elle ne rejoindra pas Aguirre et les autres au chapitre des grands marginaux solitaires de Werner Herzog.

Un premier extrait :

Et ce n’est guère plus encourageant de la part des médias anglophones. En consultant CriticWire, l’on est consterné de tomber sur des termes résolument anti-herzogiens – qui donnent l’impression d’appartenir à la critique d’un mauvais Merchant-Ivory – comme «travelogue», «vieux jeu», «mélodramatique», «respectable», «conventionnel», «Downton Abbey dans les dunes»…

Il semblerait que, depuis la fin de sa relation avec Klaus Kinski, la fiction ne sied pas très bien à Herzog. Il est en effet bien plus poignant et innovant dans le format documentaire. Même son meilleur film de fiction des 25 dernières années, The Bad Lieutenant (2009), s’apprécie encore davantage quand on le considère pour ce qu’il est réellement : un documentaire sur la folie créative de Nicolas Cage.

Nouvelle plongée dans un volcan

Qu’on le veuille ou non, Herzog compte poursuivre sur le chemin de la fiction pour le moment. Screen Daily rapportait dimanche que le cinéaste de 72 ans entamera en avril le tournage de Salt And Fire dans le Salar d’Uyuni. Le thriller romantique met en vedette l’actrice allemande Veronica Ferres dans le rôle d’une «scientifique en Amérique du Sud qui se bute à un patron d’une corporation responsable d’un désastre écologique.» On semble fouler ici le terrain de Where the Green Ants Dream (1984), et ce n’est pas un bon signe…

L’élément central de l’intrigue de Salt And Fire concerne la potentielle éruption d’un «supervolcan» qui pourrait causer une «catastrophe mondiale». Cette prémisse n’est pas sans rappeler celle de La Soufrière (1977), superbe court métrage documentaire de Herzog dans lequel il se rend en Guadeloupe, aux abords du volcan éponyme en pleine ébullition (voir le film ici).

On se demande si Salt And Fire viendra empiéter sur un autre projet similaire qui avait été annoncé par le même Screen Daily, en mars 2012. Il s’agit d’un documentaire qui serait réalisé en collaboration avec le volcanologue Clive Oppenheimer, qui a écrit un livre sur le sujet: Eruptions that Shook the World. «Le film serait une combinaison de nature et de spectacle, et leurs potentiels effets dévastateurs sur l’humanité», a décrit le producteur de Herzog à l’époque.

Eruptions est également pressenti comme une expérience IMAX. Dans un monde idéal, ce film serait présenté dans un programme double aux côtés de Voyage of Time. On peut toujours rêver!

À lire aussi :

> To the Wonder : danser son amour dans le pré
> The Tree of Life : entre extase et désespoir
> Le rêve américain selon Werner Herzog
> Le court du week-end : La Soufrière

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Lundi 15 décembre 2014 | Mise en ligne à 15h30 | Commenter Commentaires (4)

Le nouveau Terrence Malick en compétition à la Berlinale

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Knight of Cups aura sa première mondiale au Festival international du film de Berlin, qui se tiendra du 5 au 15 février 2015, rapporte Variety ce matin. Avec son septième long métrage, Terrence Malick tentera de remporter un deuxième Ours d’or, quinze ans après le triomphe de son film de guerre The Thin Red Line dans la capitale allemande. Darren Aronofsky sera le président du jury de la 65e Berlinale.

Tourné à l’automne 2012, Knight of Cups met en vedette Christian Bale et Natalie Portman (qu’on peut voir dans l’image officielle qui coiffe ce post), ainsi que Cate Blanchett, Imogen Poots, Jason Clarke, Wes Bentley, Joel Kinnaman, Freida Pinto, Antonio Banderas, Isabel Lucas et Ryan O’Neal.

Selon l’accroche publiée sur IMDb, le film porte sur «un homme, des tentations, la célébrité et l’excès». L’intrigue est campée dans le milieu de l’industrie du cinéma à Los Angeles, ont affirmé les producteurs de Malick il y a quelques années. Plus récemment, un site italien a révélé que le personnage de Bale est un homme anxieux «à la recherche de son vrai soi».

> La b-a de Knight of Cups a été mise en ligne cet après-midi :

Deux autres longs métrages de Malick sont présentement à l’étape de la post-production. Il y a le documentaire IMAX Voyage of Time, «une exploration de la naissance et de la mort de notre univers», narré par Brad Pitt et Cate Blanchett, qui est embourbé dans un conflit judiciaire depuis l’année dernière.

Et il y a le mystérieux «Project V», anciennement intitulé Lawless, qui porte sur «deux triangles amoureux, l’obsession et la trahison». Le film se déroule dans le milieu de la scène musicale à Austin, au Texas, et contient un casting au moins aussi impressionnant que celui de Knight of Cups. On y retrouve également Bale, Blanchett et Portman, en plus de Ryan Gosling, Rooney Mara, Benicio Del Toro, Val Kilmer, Haley Bennett, l’ex Bond girl Bérénice Marlohe et peut-être même Matthew McConaughey.

Selon le même site italien, Gosling incarne un chanteur rock en herbe. Fassbender serait son agent. Mara est la copine de Gosling, mais «semble tisser une relation clandestine» avec Fassbender. Voilà pour le premier triangle amoureux. Le second impliquerait Portman et/ou Blanchett.

Le style de «Project V» serait similaire à celui de Knight of Cups, et le récit serait moins expérimental que celui de Tree of Life. Malick se montrerait aussi «mesuré par le monde du rock». Enfin, c’est ce que la traduction sommaire de Google laisse entendre. Si jamais il y a des Italiens dans la salle, le reportage original se trouve ici

À lire aussi :

> Poursuite contre Voyage of Time : la réplique de Malick
> To the Wonder : danser son amour dans le pré
> The Tree of Life : entre extase et désespoir
> The Thin Red Line : le beau cadeau de Criterion

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Mardi 24 septembre 2013 | Mise en ligne à 22h00 | Commenter Commentaires (6)

Poursuite contre Voyage of Time : la réplique de Malick

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Deux mois après avoir été la cible d’une poursuite par la société de production britannique Seven Seas Partnership (SSPL), le coin de Terrence Malick a répliqué lundi avec le dépôt d’une demande reconventionnelle en cour fédérale de New York. Les avocats du cinéaste américain allèguent que la compagnie de financement est coupable de bris de contrat, et non le contraire, comme le clame cette dernière.

Rappelons que SSPL accuse la maison de production de Malick, Sycamore Pictures LLC, d’avoir «dédié ses énergies sur quatre autres films dans les cinq dernières années» et d’avoir dépensé les 3,3 millions $ octroyés pour son documentaire «épique» Voyage of Time sans fournir de résultats tangibles. Ce à quoi l’équipe légale du réalisateur de Tree of Life a répondu :

[Le financier] a concocté l’histoire de sa plainte et a émis des réclamations montées de toutes pièces comme prétexte pour le fait qu’il est soit à court de, ou n’a jamais eu, les fonds nécessaires pour respecter ses obligations de financement en vertu de l’accord, ou a autrement décidé de ne pas poursuivre le financement de VOT en violation de ses obligations contractuelles.

Les avocats de Malick affirment par ailleurs que SSPL «tient en otage» le documentaire, projet sur lequel leur client «a travaillé pendant la majeure partie de sa vie professionnelle». Ils réclament la finalisation de l’accord entre les deux parties, ou le retour des droits d’auteur de Voyage of Time, ainsi que le retour des matériaux de production que détiennent SSPL.

D’après la poursuite initiale, Voyage of Time devait constituer un long métrage d’une durée entre 90 et 150 minutes, ainsi que deux films IMAX de 45 minutes chacun. Les investisseurs allèguent que, à l’approche de la date butoir en 2012, Malick leur avait demandé plus de temps et d’argent. On lui aurait alors réclamé une «garantie sans équivoque» qu’il se «concentre finalement» sur ces tournages. Une condition que le cinéaste à la méthode de travail notoirement intuitive et imprévisible aurait refusée.

Mais il semblerait que ce n’est pas que Malick qui s’est montré hésitant dans cette affaire, tant est qu’on croit la version du plaignant. Selon une lettre d’entente datant de 2010, résumée par Deadline, SSPL a accepté de verser 9,3 millions $ à la production mais, deux ans plus tard, n’avait fourni que le tiers de la somme promise, tout en exigeant que Malick s’engage «exclusivement» sur la réalisation du film, faisant fi de leur propre entente stipulant que le travail du cinéaste sur le docu était «non-exclusif».

Comme le disent si bien nos voisins du sud, j’ai bien peur que it’s going to get worse before it gets better

Selon IMDb, Voyage of Time, qui a pour narrateurs Brad Pitt et Emma Thompson, se trouve «en post-production», tout comme deux autres long métrages de fiction de Malick: Knight of Cups, avec notamment Natalie Portman, Christian Bale et Cate Blanchett, et un film sans titre qui se déroule dans le milieu de la scène musicale au Texas, réunissant un casting assez ridicule, comprenant les trois acteurs susmentionnés, en plus de Ryan Gosling, Michael Fassbender, Val Kilmer, Benicio Del Toro et Rooney Mara. J’en parle plus en détail ici.

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Pour revenir à notre documentaire, il tire sa source dans le mythique projet inabouti Q, qui devait être le troisième long métrage de Malick, et qui portait sur «les origines de la vie sur Terre». La séquence de la création de l’univers dans The Tree of Life en était un héritier, et Voyage of Time se présente comme une extension extrêmement ambitieuse de cette magnifique vignette du film palmé.

En mai 2011, le Los Angeles Times avait décrit le docu ainsi: «Voyage of Time va se pencher sur les premiers signes de vie, les bactéries, les cellules pionnières, le premier amour, la conscience, l’ascension de l’humanité, la vie, la mort et la fin de l’univers. [...] Le plan d’affaires, abondamment enrichi d’images de méduses, d’embryons de crocodiles, de nébuleuses, d’une fente du canyon de l’Utah, et du satellite de Jupiter, Ganymède, comprend des lettres de témoignage de Francis Ford Coppola, Martin Scorsese et Steven Spielberg, qui promet que Voyage of Time sera une combinaison mémorable d’art et de science qui saura autant inspirer qu’éduquer.»

Une autre genre de réplique…

Les Malick haters vont se délecter avec cette invective pas mal baveuse merci du légendaire William Friedkin (The French Connection, The Exorcist) à l’endroit du mal aimé To the Wonder.

À lire aussi :

> To the Wonder : danser son amour dans le pré
> Terrence Malick a tourné sa propre «nuit américaine»
> The Tree of Life : entre extase et désespoir
> The Thin Red Line : le beau cadeau de Criterion

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