Jozef Siroka

Archive de la catégorie ‘Steven Spielberg’

Mercredi 14 décembre 2011 | Mise en ligne à 16h00 | Commenter Commentaires (12)

Le «Visage de Spielberg»

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Vous me pardonnerez de ramener notre ami Steven Spielberg une seconde fois la même semaine, mais il m’était impossible de résister! Un brillant essai vidéo sur l’oeuvre du cinéaste – dont on célèbre deux sorties en salle ce mois-ci – se penche sur la signification d’une de ses marques de commerce: le gros plan – souvent précédé d’un travelling avant, servi d’une plus ou moins légère contre-plongée – sur le visage émerveillé d’un ou des personnages. L’auteur de l’essai, Kevin B. Lee, s’est inspiré d’un article sur le même sujet paru un peu plus tôt sur le web.

Voici l’introduction :

S’il y a une image récurrente qui définit le cinéma de Steven Spielberg, c’est le «Visage de Spielberg». Yeux grand ouverts, bouche bée, fixant avec étonnement quelque chose dans un moment où le temps semble s’être arrêté. Mais, avant tout, une abdication enfantine vis-à-vis l’acte de regarder, autant celui du/des personnages que le nôtre. [...] Le visage indique qu’un événement monumental est en train de se produire; en cela, il nous indique également quoi ressentir. Si Spielberg mérite d’être considéré comme un maître de la manipulation du public, il s’agit donc de sa griffe cinématographique.

Beaucoup d’arguments dignes d’intérêt ci-dessous. J’ai particulièrement accroché sur l’«anti Visage de Spielberg», qu’on retrouve dans ses films post-11 Septembre, qui ne communiquent plus l’émerveillement mais qui témoignent plutôt d’une «innocence perdue» et d’«horreurs innommables»…

D’autres infos pêle-mêle à propos de Spielberg: son admiration pour le long-métrage-plan-séquence d’Alexandre Sokourov L’arche russe et du «cinéma intime», qu’il élabore dans cette entrevue; qui suit sa complainte à propos de la disparition de grands films contemporains; un premier aperçu de Daniel Day-Lewis en costume dans Lincoln; une analyse de Tintin par le formidable Michel Chion intitulée «La poétique de la surface de la 3D».

À lire aussi :

> Daniel-Day Lewis sera le Lincoln de Spielberg
> Jaws : retour sur le premier blockbuster
> Au lit avec Spielberg et Warhol

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Lundi 12 décembre 2011 | Mise en ligne à 16h15 | Commenter Commentaires (184)

E.T., meilleur film juif?

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E.T.: The Extra-Terrestrial (1982) a été voté meilleur film juif de tous les temps par le magazine en ligne The Tablet. Le conte de Steven Spielberg ne contient pas à première vue de discours sur l’expérience juive, comme le font par exemple de façon bien plus explicite Schindler’s List (1993) ou Munich (2005), du même cinéaste.

Mais la judéité de E.T. est bien présente lorsqu’on gratte la surface, affirme la publication culturelle. Voici un extrait qui fait référence à la «terreur existentielle juive» :

Dans la séquence d’ouverture, E.T. cueille des échantillons botaniques dans un bosquet de séquoias quand des Jeeps font une embardée et des agents qui apparaissent en contre-jour sillonnent la forêt. Pour le restant du film, E.T. est un réfugié, planqué dans un placard, traqué par un ennemi impitoyable. Les scènes les plus déchirantes du film surviennent lorsqu’on voit l’extra-terrestre étendu sur une dalle par des scientifiques militaires. Tout ce qui se dresse entre E.T. et la catastrophe est Elliott, le brave petit garçon qui escamote la créature en sûreté dans son panier de vélo (Et vous qui pensiez que Schindler’s List a été le premier film sur le Non-Juif Vertueux).

Si les rédacteurs de The Tablet louent E.T. comme une fascinante métaphore sur l’identité juive, ils digèrent moins bien un autre film de Spielberg qui aborde la question de front. Voici leur évaluation de Schindler’s List, épique en noir et blanc sur l’Holocauste qui a été inondé d’Oscars, classé bon dernier dans leur Top 100 :

Cela prendrait une thèse de doctorat pour élaborer à quel point l’incroyablement stupide mélodrame de Spielberg contient de problèmes. Quelques points saillants: la scène déconcertante avec les douches qui ne se révèlent rien de plus que des douches; la mièvre scène finale dans laquelle des acteurs et des vrais survivants marchent ensemble; l’utilisation excessive de l’iconographie chrétienne; et le fait que le film traite, réellement, d’un non-Juif aux accents christiques qui sauve une horde de Juifs infortunés incapables de le faire eux-mêmes.

Je suis loin d’être le plus grand amateur de Schindler’s List (j’y discerne deux films diamétralement opposés; de formidables scènes d’exposition et des sublimes vignettes sur l’horreur antisémite, malheureusement noyées par un récit principal justement trop sentimental et hollywoodien), mais je vois dans cette violente rebuffade davantage un règlement de comptes politico-religieux qu’une véritable analyse d’une oeuvre d’art.

Ceci dit, le Top 100 du Tablet est plutôt divertissant. On s’amuse des explications, parfois forcées, pour justifier la présence de certains titres. Par exemple, Citizen Kane (no. 19) et ses «extreme mother issues» ou A.I. Artificial Intelligence (Spielberg, encore!) et ses «old-fashioned Jewish mommy issues». On a également bien ri avec la position 75 : Every Jeff Goldblum Movie Ever!

Voici la première tranche. Le reste est à consulter ici.

No. 1: E.T.: The Extra-Terrestrial
No. 2: Sunset Boulevard
No. 3: A Night at the Opera
No. 4: Annie Hall
No. 5: The Jazz Singer
No. 6: To Be or Not to Be
No. 7: Blazing Saddles
No. 8: The Graduate
No. 9: The Apartment
No. 10: Eternal Sunshine of the Spotless Mind
No. 11: Miracle on 34th Street
No. 12: Casablanca
No. 13: Ghostbusters
No. 14: The Producers
No. 15: The Big Lebowski
No. 16: Meet the Parents
No. 17: Shoah
No. 18: Abie’s Irish Rose
No. 19: Citizen Kane
No. 20: A Serious Man
No. 21: Yentl
No. 22: Night and Fog
No. 23: Zelig
No. 24: Clueless
No. 25: Ordinary People

À lire aussi :

> ET-X: Extinction: la revanche!

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Jeudi 27 octobre 2011 | Mise en ligne à 0h00 | Commenter Commentaires (13)

La citation du jour

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«Je suis très satisfait du film. Je l’ai toujours été… Je comprends les gens qui n’ont pas aimé le MacGuffin, car je ne l’ai jamais aimé. George [Lucas] et moi en avions vivement discuté. Je ne voulais pas que ces choses soient des extraterrestres ou des êtres d’une autre dimension. Mais je suis loyal envers mon meilleur ami. Quand il écrit une histoire en laquelle il croit – même si je n’y crois pas – je tourne le film de la façon dont George l’a envisagée. J’y apporte mes propres touches, mon propre casting, je le réalise à ma manière, mais je vais toujours déférer à George en tant que concepteur de la série des Indiana Jones. Je ne me battrai jamais avec lui là-dessus.»

- Steven Spielberg, qui jette une (bonne) partie du blâme sur George Lucas pour les «ratés» créatifs de Indiana Jones and the Kingdom of the Crystal Skull, en entrevue à Empire.

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