Jozef Siroka

Archive de la catégorie ‘Spike Lee’

Samedi 8 novembre 2014 | Mise en ligne à 15h00 | Commenter Aucun commentaire

Le court du week-end : I Throw Like A Girl de Spike Lee

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Mo’ne Davis est une success story comme seuls les Américains savent les faire. Une jeune ado noire venant d’un quartier pauvre de Philadelphie qui, au gré de son talent et de ses efforts, est devenue une héroïne sportive à l’échelle nationale.

Voici une description du moment qui a scellé sa gloire :

Le 15 août 2014 au stade Howard J. Lamade de South Williamsport, en Pennsylvanie, Davis devient la première joueuse en séries de la Little League Baseball à réussir un blanchissage alors qu’elle lance le match complet dans la victoire de 4-0 de son équipe sur celle de Nashville. Elle réussit 8 retraits sur des prises aux dépens de l’équipe adverse, composée uniquement de joueurs masculins, et n’accorde que deux coups sûrs et aucun but-sur-balles. Elle est la 18e fille en 68 ans, et la 4e Américaine, à participer à cette compétition, et sa présence, avec celle d’Emma March de l’équipe du Canada, fait de ce tournoi le premier depuis sa création en 1947 à mettre en vedette deux filles.

S’en sont suivis quantité d’honneurs et de reconnaissances: la Une historique du magazine Sports Illustrated, des félicitations de la part d’icônes féminines comme Ellen DeGeneres, Rachel Maddow, Billie Jean King et Michelle Obama, une place dans le Top 25 des adolescents les plus influents de 2014 selon Time, un topo à l’émission Sports Science d’ESPN, enfin, le chandail porté lors de son fameux blanchissage sera exposé dans le musée du Temple de la renommée du baseball.

Dans I Throw Like A Girl, un documentaire de 16 minutes réalisé par Spike Lee pour le compte de Chevrolet, le réalisateur de Do the Right Thing et de Malcolm X enjambe l’imposante façade médiatique afin de découvrir la personne derrière le phénomène Mo’ne Davis; ses relations familiales, son rapport avec son entraîneur, son impact dans la communauté, ses plans d’avenir… Difficile d’y croire, mais il semblerait que le baseball ne soit même pas son principal talent sportif malgré tout!

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Lundi 29 juillet 2013 | Mise en ligne à 16h00 | Commenter Commentaires (103)

Spike Lee fait appel à la «bonté de votre coeur»

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On l’a dit et répété et rabâché: quand un talent de la trempe de Spike Lee doit se mettre à genoux pour quémander leur monnaie aux studios pour ses projets personnels, c’est qu’il y a quelque chose qui ne tourne pas rond dans une industrie du cinéma de plus en plus schizo. Las de cette triste situation, le réalisateur de chefs-d’œuvre comme Do the Right Thing et The 25th Hour a décidé d’outrepasser le mode de financement traditionnel pour son prochain «Joint». Jeudi dernier, il s’est inscrit au fameux site de crowdfunding Kickstarter et demande à ses fans de «contribuer à la cause».

Dans une lettre adressée à ses «fidèles», dans laquelle il fait appel à la «bonté de votre coeur», Lee explique sa démarche, affirmant notamment :

Avec le climat actuel qui règne dans le Studio System à Hollywood, ce n’est pas une vision encourageante pour les Cinéastes Indépendants. Je ne dénigre pas, j’indique simplement les faits. Les Super Héros, les BD, les Effets Spéciaiux 3D, Faire Sauter la Planète Neuf Fois et Voler dans les Airs tout en se Transformant, ce n’est pas mon Truc. Pour moi, ce n’est pas juste que ces films soient faits, mais il semble que ce sont les seuls films qui se font. Pour Les Studios, il semble que chaque Film doit être un Coup de Circuit à l’échelle Mondiale, une Enterprise de Tent Pole, capable de se dériver en Suite après Suite après Suite après Suite après Suite après Suite.

J’ai une vision différente de ce que le Cinéma peut être, une vision différente de ce que certains Spectateurs desservis pourraient vouloir voir. C’est pourquoi je suis ici sur KICKSTARTER, pour lever les Fonds pour Le Nouveau Spike Lee Joint, pour financer ce BAD BOY. Rien n’est Gratuit dans la Vie et si vous voulez quelque chose vous devez payer. Si vous avez aimé un de mes Films dans le passé, c’est le prix qu’il en coûte pour en voir un autre (qui peut être inférieur au coût d’un Billet de Cinéma).

La description du film est très sommaire : «Des humains qui sont accro au sang. Drôle, sexy et sanglant (et ce n’est pas Blacula).» Le seul collaborateur artistique qui a été dévoilé est le chanteur soul Raphael Saadiq. Spike Lee a un mois pour atteindre son objectif de campagne, qui se situe à 1,25 millions $. Il est bien parti avec $357,713 d’accumulés au moment que je tape cette ligne, et 22 jours devant lui.

Comme d’habitude avec Kickstarter, divers prix seront remis aux donateurs dépendamment de l’importance de leur contribution. Par exemple, pour 25$ vous recevrez une affiche de Red Hook Summer autographiée par son auteur; pour 500$, c’est une paire de Nike, autographiée encore, ayant appartenue à Lee qui vous parviendra par la poste; et pour ceux qui déboursent 10 000$ ou plus : une sortie au restaurant avec Spike lui-même, qui vous invitera par la suite à prendre le siège habituellement réservé à sa femme pour assister à un match des Knicks de New York.

Un des vainqueurs du grand prix est nul autre que le réalisateur récemment retraité Steven Soderbergh, qui explique son geste dans cette lettre. Extrait : «Certains cinéastes existent en dehors des paramètres traditionnels de la critique; leur point de vue et leur filmographie rendent les discussions à propos de leurs films individuels intéressantes, mais au bout du compte impertinentes parce que chaque projet est simplement un chapitre dans un très long livre qui doit (et sera) a reconnu et apprécié pour son ampleur, son ambition, et sa contribution à l’art du cinéma. Pour moi, Spike Lee est un de ces cinéastes.»

Cette campagne de levée de fonds a toutefois fait de nombreux mécontents qui regrettent qu’un artiste établi et multimillionaire parasite et dénature un site essentiellement mis à la disposition de «gens ordinaires». Des critiques similaires ont été faites à l’endroit des Kickstarter de Paul Schrader, de David Fincher, de l’équipe de Veronica Mars et du très irritant Zach Braff. Ce dernier, qui a récolté plus de 3 millions $ pour son film Wish I Was Here, a d’ailleurs déclenché une véritable avalanche d’attaques virulentes sur le web à son endroit, et a même inspiré une chronique à saveur éthique publiée par le New York Times.

Spike Lee, quant à lui, a tenté tant bien que mal de défendre ses intentions, en disant qu’il avait fait du Kickstarter avant même l’invention de Kickstarter, à l’époque de She’s Gotta Have It (1985), et que son projet donne de l’exposition au concept de financement collaboratif :

Films essentiels

Troquant son chapeau de réalisateur pour celui de professeur – il enseigne le cinéma à la New York University depuis 15 ans – Spike Lee a offert comme boni sur sa page de campagne sa «Liste des films et cinéastes essentiels». Force est d’admettre, une sélection pas mal élégante :

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À lire aussi :

> Oldboy de Spike Lee, un remake «plus sombre» que l’original
> 25th Hour : l’Histoire comme canevas poétique

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L’annonce il y a quelques années d’un remake du film culte sud-coréen Old Boy (2003) de Park Chan-wook en a importuné plus d’un. «Pas encore Hollywood qui va ruiner une oeuvre originale!», s’insurgait-on plus ou moins en ces termes. Un argument plutôt insensé à mon avis. Tout d’abord, le film original ne va pas disparaître; les puristes autoproclamés n’auront qu’à ignorer la nouvelle version. En second lieu, un remake n’est pas un concept néfaste en soi, et ne nous indique strictement rien sur la qualité potentielle du film.

En entrevue à Collider en décembre dernier, Josh Brolin, la star du Oldboy américain réalisé par Spike Lee, nous rappelle que chaque projet doit être considéré individuellement (et qu’il n’y a rien de plus rasant que les généralités) :

Il y a toute cette idée, que je n’aime pas et que je n’apprécie pas, je ne veux même pas en parler, «Hollywood est ci. Hollywood fait ça. Hollywood édulcore.» Ça dépend vraiment qui sont les cinéastes, qui sont les acteurs, quel contrôle ils détiennent, ou même pas le contrôle, quelle influence ils ont sur le final cut.

Avec Oldboy, regardez, c’est Spike Lee, c’est moi-même, il y a le directeur photo Sean Bobbitt [Hunger, Shame] qui est fucking incroyable, et moi parlant à Park Chan-wook et lui demandant «Ça t’ennuie si on fait ça?» et sa seule requête est de ne pas faire le même film. Structurellement, en tant qu’échafaudage, c’est le même film, mais ce que nous faisons est très différent. Le look est très différent.

En 2008, il fut rapporté que Steven Spielberg réaliserait le remake avec comme vedette principale Will Smith. Les deux hommes se sont finalement désistés l’année d’après, en partie en raison de problèmes légaux concernant les droits d’adaptation du manga éponyme, mais aussi de la difficulté à traduire l’esprit sauvage et l’imagerie provocante de l’oeuvre originale pour un public plus large.

Spike Lee a ensuite été approché, en juillet 2011. Mais la production a connu certains ennuis et délais, notamment liés au casting de l’antagoniste. Christian Bale, Colin Firth et Clive Owen ont tous été pressentis à diverses étapes de développement, avant que l’acteur sud-africain Sharlto Copley (District 9) n’embarque. Ont suivi Elizabeth Olsen (Martha Marcy May Marlene), Michael Imperioli de The Sopranos, les vétérans de The Wire James Ransone et Lance Reddick, ainsi que Samuel L. Jackson, qui retrouve Spike Lee plus de 20 ans après leur dernière collaboration, Jungle Fever.

Oldboy est produit par Roy Lee, un Américain d’origine sud-coréenne spécialisé dans les remakes hollywoodiens de films asiatiques (The Ring, The Grudge, The Eye, The Departed). En entrevue à Collider en novembre dernier, il a comparé les deux versions, précisément la finale et la fameuse scène de la bataille dans le couloir :

La fin est quelque chose dont les spectateurs vont être… les fans de l’original en particulier vont être très satisfaits. En fait, certains pourraient la considérer encore plus sombre. [...] Il y a en quelque sorte une différente interprétation de la scène du couloir, qui portera la signature emblématique de Spike, et qu’on veut montrer d’une manière qui n’a jamais été vue dans un film d’action auparavant.

Le synopsis du nouveau Oldboy est plutôt similaire à celui de l’original, à la différence que le héros, dénommé Joe Doucett, est un directeur de pubs, tandis que Oh Dae-soo était un homme d’affaires. La durée de la séquestration a d’ailleurs été augmentée, passant de 15 à 20 ans. Sinon, il s’agit de la même histoire tordue: un homme est kidnappé, se fait enfermer dans une chambre d’hôtel pendant très longtemps, apprend que sa femme a été assassinée et qu’il est le principal suspect du meurtre. Une fois relâché, il entreprend de prendre sa revanche, mais doit se buter à un adversaire hautement sophistiqué et malicieux.

Oldboy prendra l’affiche le 25 octobre. Si cela vous intéresse, un post de JoBlo a recueilli le témoignage d’une source «fiable» qui a assisté à une projection préliminaire du film; sa réaction est largement positive. En ce qui me concerne, j’admets être pas mal vendu d’avance à tout ce que Spike Lee nous pond et, si cette rare «entreprise commerciale» de sa part saura se mesurer à son dernier gros film de studio, Inside Man (2006), on a raison d’être très optimnistes.

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