Jozef Siroka

Archive de la catégorie ‘Science-Fiction’

Lundi 20 juin 2016 | Mise en ligne à 16h05 | Commenter Commentaires (21)

Le bonheur chinois de Warcraft

China Warcraft

Le seul moyen d’être diverti par «l’absurdité plutôt amusante» qu’est Warcraft, selon la critique du New York Times Manohla Dargis, est de fumer un gros joint au préalable. Dans cette perspective, on doit en conclure que l’Empire du Milieu en a du bon! L’adaptation du populaire jeu vidéo World of Warcraft a fracassé des records en Chine, dépassant les recettes nationales de blockbusters monstres comme Star Wars : The Force Awakens et Iron Man 3.

Et dans son Amérique du Nord natale? On évoque un flop à la John Carter ou Jack the Giant Slayer (j’en ai parlé ici). 25 millions $ «seulement» lors de son week-end d’ouverture. En deuxième position au box-office derrière The Conjuring 2 qui, avec son budget de 40 millions $, a coûté exactement quatre fois moins cher que Warcraft (sans compter les coûts de marketing astronomiques). En d’autres mots, le genre de désastre qui met fin aux aspirations et carrières d’un paquet de monde ambitieux. Mais heureusement que l’argent n’a pas de couleur. Grâce à la Chine, et ses 156 millions $ dans les cinq premiers jours d’exploitation, on parle déjà d’une suite. Les droits de diffusion du film en VOD y ont d’ailleurs été vendus pour la somme record de 18 millions $.

D’après l’analyse de Forbes, Warcraft pourrait très bien devenir la sortie hollywoodienne majeure dont le pourcentage de ventes à domicile est le plus bas par rapport à son cumul global. Des données – si ce n’est déjà fait – qui vont radicalement chambouler les critères quant aux publics-cibles. En effet, certains projets dits «de niche» comme Warcraft – basé d’après un jeu de stratégie qui met en scène des orcs et des humains – pourraient être immunisés non seulement contre les mauvaises critiques (32 % chez Metacritic) mais aussi contre une demande timide dans le marché nord-américain.

Le Los Angeles Times et Variety se sont chacun penchés en détail sur ce phénomène. Voici un résumé de certaines de leurs observations sur ce nouvel emblème de la tournure de plus en plus mondiale de l’industrie du cinéma :

> Le film est produit par Legendary Entertainment, studio qui a été acquis cette année par le conglomérat immobilier chinois Wanda Group. Vingt-six compagnies chinoises ont sponsorisé le film – un risque financier, considérant que la Chine entretient un quota serré de films étrangers, et ne diffuse pas les dates de sortie à l’avance. Mais disons que la saveur chinoise de Warcraft a certainement été un boni, et les censeurs lui ont offert comme porte d’entrée la fête des bateaux-dragons, c’est-à-dire cinq jours de congé et de férié d’affilée.

> De nombreuses bandes-annonces (bien plus qu’en Amérique du Nord) ont été diffusées dans divers médias chinois, et comprenaient des douzaines de séquences spécifiques à l’imagerie chinoise.

> Le film a été projeté sur près de deux tiers des écrans chinois, avec un record de 120 000 projections lors de sa première journée d’exploitation.

> Les spectateurs avaient l’option d’arriver dans les salles déguisés en orcs ou en humains, et de s’assoir dans des sections réservées d’avance à leur équipe. Ce n’est qu’un exemple parmi tant d’autres de ce que le Times qualifie de «marketing 2.0», qui a été élaboré par des équipes massives réparties sur trois continents au cours des dix dernières années.

***

L’exportation du cinéma hollywoodien dans divers territoires est un processus particulièrement complexe. Un long papier du Los Angeles Times publié en avril examine tout le raffinement nécessaire afin de performer à l’étranger. «La distribution et la commercialisation de films américains dans d’autres pays consiste en l’habileté de déchiffrer l’esthétique propre à chaque culture». Dans cette optique, on peut dire que l’équipe de Warcraft à réussi une quinte flush royale en Chine. L’article poursuit :

L’Europe préfère le sexe aux fusillades, tandis que l’Asie et le Moyen-Orient s’extasient devant l’action et la violence. Les Italiens sont rebutés par la science-fiction, les Argentins tendent vers l’intellectuel, les Russes adorent Minions mais sont refroidis par les histoires d’amour interracial. Un distributeur décrit les drames américains comme «le gros mot dans notre industrie».

Les ventes de billet à l’international ont atteint la somme record de 38,3 milliards $ en 2015. Plus de 70% du box-office hollywoodien est généré à l’extérieur des États-Unis et du Canada. Le LA Times : «Puiser dans les fascinations des publics de Pékin à Bruxelles constitue une alchimie à enjeux élevés combinant langage, allure, censure, style d’une bande-annonce, couleur de fond d’une affiche, et potentiel commercial d’une vedette, comme Nicolas Cage, qui, malgré une carrière en déclin, est toujours un bon pari en Asie». (Ça me rappelle une discussion que j’ai eue avec une Japonaise au bar Champs, pendant la Coupe du monde en 2006, qui me disait adorer la manière que Cage a… de respirer).

À propos des affiches, l’article fait état d’une «forme d’art surréelle» que les équipes marketing dans certains territoires doivent maîtriser, et qui est souvent «révélatrice de préjudices raciaux». Par exemple, l’affiche chinoise de Star Wars : The Force Awakens a réduit le visage de John Boyega, un noir britannique et personnage de premier plan dans le film. Il en va de même avec Chiwetel Ejiofor, l’acteur principal de 12 Years a Slave, qui fut éclipsé par les acteurs blancs du film, Michael Fassbender et Brad Pitt, sur des affiches italiennes.

Le thriller militaire Eye in the Sky, qui porte sur le rôle des drones occidentaux dans les guerres au Moyen-Orient, a dû changer son titre en Amérique Latine, où la population majoritairement catholique aurait pu l’interpréter comme une allusion au regard de Dieu. Le film a été retitré Ennemi invisible. À noter que ce type de modifications prend souvent une allure comique, pour ne pas dire absurde, surtout en Asie. Voici quelques exemples notables, par écrit et en vidéo :

> The Shawshank Redemption – 1995: Fantastique (Taïwan) / Excitation 1995 (Chine)

> Annie Hall – Marié névrosé, mariée nerveuse (Brésil)

> Leaving Las Vegas – Je suis saoul et tu es une prostituée (Japon)

> Grease – Vaseline (Argentine)

> Nixon – Grand menteur (Chine)

> Knocked Up – Une nuit, gros bedon (Chine)

> Die Hard With a Vengeance – Die Hard : Mega Hard (Danemark)

> Pretty Woman – Je vais marier une prostituée pour sauver de l’argent (Chine)

> Silver Linings Playbook – Mon copain est un psychopathe (Russie)

> Top Gun – L’amour dans les airs (Israël)

> Boogie Nights – Son grand appareil le rend célèbre (Chine)

> Risky Business – Envoyez-le simplement à l’université sans qualifications (Chine)

> Free Willy – Une baleine très puissante court au paradis (Chine)

> Cloudy With A Chance of Meatballs – Il pleut des falafels (Israël)

> Fargo – Meurtre mystérieux dans de la crème de neige (Chine)

> G.I. Jane – Femme soldat de Satan (Chine)

> Army of Darkness – Le capitaine du supermarché (Japon)

> Austin Powers: The Spy Who Shagged Me – Austin Powers: L’espion qui se comportait très bien avec moi (Malaisie)

La palme revient à :

> The Sixth Sense – Il est un fantôme! (Chine)

À lire aussi :

> Jeux vidéo au cinéma : vers une nouvelle ère?

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Mardi 15 décembre 2015 | Mise en ligne à 15h00 | Commenter Commentaires (15)

Blade Runner, un film «co-réalisé» par Stanley Kubrick

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Il ne s’agit pas d’une nouvelle révélation, quoique la fascinante anecdote concernant deux des films les plus populaires des années 1980 n’a pas encore été fermement implantée dans la culture populaire. Ridley Scott a récemment reparlé de l’implication de Stanley Kubrick dans son classique de science-fiction Blade Runner. Lors d’une table ronde de réalisateurs organisée par le Hollywood Reporter jeudi dernier, le cinéaste britannique a rappelé qu’il a demandé un coup de pouce à un certain collègue pour le sortir du pétrin (traduction via Première) :

Je venais de finir Blade Runner et c’était un désastre. Mes producteurs me disaient : «Tu ne peux pas terminer sur un origami, un coup d’oeil à la fille, un ascenseur et bingo, c’est fini». Je leur répondais : «Mais c’est un film noir!», et il rétorquaient : «C’est quoi un film noir?». Bref, on avait un problème. L’un d’eux m’a conseillé de terminer plutôt sur des images en plein air, où le couple serait dans la nature. Je ne voyais pas l’intérêt. Pourquoi les faire sortir dans une nature luxuriante alors qu’ils vivent dans ce monde dystopique? J’en ai parlé plusieurs fois à Stanley. Je lui ai dit : «Je sais que tu as tourné des tonnes de plans en extérieur pour The Shining, notamment en hélicoptère, tu pourrais m’en donner?» Et voilà comment la fin de Blade Runner a été tournée par Stanley Kubrick.

Ce qui est particulièrement ironique dans cette histoire est que ce sont des images d’un des films d’horreur les plus marquants de l’histoire qui ont été utilisées pour la version «happy-end» de Blade Runner, celle qui a été projetée lors de sa première sortie en salles, avant que le film ne connaisse plusieurs autres mutations (les 7 versions sont décrites ici).

Comme on le sait, un nouveau Blade Runner, réalisé par Denis Villeneuve, est présentement en développement. Le tournage devrait s’entamer à l’été 2016. Harrison Ford reprendra son rôle de Rick Deckard, tandis que Ryan Gosling en sera la vedette. Les détails de l’intrigue n’ont pas encore été révélés, mais Scott, qui supervise la production (et qui aura droit au final cut), a décrit la séquence d’ouverture le mois dernier lors de l’AFI Film Fest. Il en a étonné plus d’un avec sa référence à The Grapes of Wrath (1940), l’adaptation oscarisée du roman de John Steinbeck par John Ford, qui raconte les mésaventures d’une famille plongée au coeur de la Grande Dépression.

Nous avons décidé de commencer le film avec le bloc de départ du premier Blade Runner. Nous avons toujours aimé l’idée d’un univers dystopique, et nous commençons dans ce que je décrirais comme une «ferme industrielle» – ce qui serait un terrain agricole plat. Au Wyoming. Vous pouvez regarder 20 miles à la ronde. Pas de clôtures, juste de la boue labourée, sèche. En se retournant, vous voyez un arbre massif, qui vient de mourir, mais l’arbre est soutenu et maintenu en vie par des fils qui le retiennent. C’est un peu comme The Grapes of Wrath : il y a de la poussière, mais l’arbre est toujours debout. Près de cet arbre, il y a une petite maison blanche avec un porche. Derrière elle, à deux miles de distance, dans le crépuscule, on voit une moissonneuse batteuse massive qui est en train de fertiliser le terrain. Vous avez 16 lampes Klieg qui y sont installées, et cette moissonneuse est quatre fois plus grande que la petite maison. Et tout d’un coup un spinner [une voiture volante] fait son entrée, créant de la poussière. Elle est bien sûr poursuivie par un chien qui aboie, comme le veut la tradition; les portes s’ouvrent, et un gars sort du véhicule : Rick Deckard. Il marche vers la petite maison, ouvre la porte, s’assied, sent un ragoût, et attend l’arrivée du gars avec la moissonneuse, qui a trois étages de plus haut que la petite maison. L’homme descend d’une échelle – un grand homme. Il fait un pas sur le perron et il se place à côté de Harrison. Le petite maison craque; le gars doit faire 350 livres. Et je ne vais pas dire autre chose – vous devez aller voir le film.

Denis Villeneuve, de son côté, s’est gardé de trop en dévoiler à propos de son nouveau long métrage. Il a cependant affirmé lors du TIFF, en septembre, qu’une des grandes questions entourant la mythologie Blade Runner sera répondue dans son film : Deckard est-il un replicant ou un humain? (quoique Scott a fourni la réponse l’an dernier). Le réalisateur québécois a en même temps voulu se faire rassurant, disant aux fans du Blade Runner original qu’il va «prendre soin de son mystère».

Le prochain film que Scott mettra en scène est le prequel à son propre Alien, ou plutôt la suite à son Prometheus, intitulé Alien : Covenant. Le tournage s’entamera au mois de mars, en Australie. Covenant est le nom d’un vaisseau spatial à la recherche d’une nouvelle planète censée être un paradis, rapporte Screen Daily. Les membres de l’équipage finissent par atterrir sur une autre planète par erreur, et y découvrent son seul habitant, David, l’androïde de Prometheus incarné par Michael Fassbender… En salle le 6 octobre 2017.

Pour revenir à The Shining, je vous suggère cette énième analyse du «film le plus incompris et le plus personnel» de Kubrick. Ce docu d’une demi-heure se pose comme un complément intéressant à Room 237 (2012), le film de Rodney Ascher qui met en scène des théories de la conspiration toutes plus extravagantes et élaborées les unes que les autres.

À lire aussi :

> Alien et Prometheus : un mariage reporté?
> The Shining : une affiche conçue dans la douleur
> Room 237 : le miroir déformant de la critique

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Mardi 27 octobre 2015 | Mise en ligne à 22h15 | Commenter Commentaires (2)

Claire Denis dans l’espace

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Une des figures majeures du cinéma d’art et d’essai à l’échelle mondiale est en train de préparer le projet le plus intrigant de son illustre carrière. Claire Denis, cinéaste française de 70 ans, connue pour ses drames intimistes et ambigus (Beau Travail, Vendredi soir, White Material), prendra la direction de l’espace intersidéral, avec comme compagnons de route quelques vedettes hollywoodiennes.

Le projet, qui n’a toujours pas de titre, a été révélé par Screen Daily en juin dernier. Il a d’abord été décrit comme un film de science-fiction qui se déroule «à l’extérieur du système solaire, dans un futur qui semble être le présent». L’idée vient de Denis et de son collaborateur régulier Jean-Pol Fargeau.

Le scénario a été confié à la jeune romancière britannique Zadie Smith (White Teeth, On Beauty), qui s’est fait connaître de ce côté-ci de l’Atlantique grâce à ses écrits dans le prestigieux hebdomadaire The New Yorker. Elle coécrira le film avec son mari Nick Laird, un poète nord-irlandais.

Screen Daily rapportait ensuite en août que Robert Pattinson assurera le rôle principal. L’acteur révélé par la série pour ados Twilight est devenu la muse improbable du cinéma d’auteur : au cours des dernières années, il a prêté ses talents et sa notoriété aux films de Werner Herzog (Queen of the Desert), David Michôd (The Rover) et David Cronenberg (Cosmopolis, Maps to the Stars). ll tourne actuellement Lost City of Z avec James Gray (The Immigrant), et rejoindra ensuite Harmony Korine (Spring Breakers) pour The Trap.

Enfin, Screen Daily rapportait lundi que Patricia Arquette, lauréate cette année de l’Oscar de la meilleure actrice pour sa prestation dans Boyhood, s’est également joint au casting. La publication en a aussi appris un peu plus sur l’intrigue, qui évoque davantage la sensibilité d’un John Carpenter que celle d’une auteure habituée aux grands festivals européens : «Un groupe de criminels chevronné, dans une tentative d’échapper à leurs longues peines ou à la peine capitale, acceptent une mission du gouvernement probablement fatale visant à trouver des sources d’énergie alternatives dans l’espace».

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Deadline, de son côté, rapportait vendredi que Mia Goth, mannequin britannique révélée au grand écran dans Nymphomaniac de Lars Von Trier (photo), fera aussi partie de l’aventure. Le site fournit d’autres détails sur l’intrigue : nos criminels seraient en fait des cobayes pour «une expérience sur la reproduction humaine. Ils se trouvent dans une situation inimaginable après qu’une tempête de rayons cosmiques eut frappé leur navire».

Le film bénéficiera par ailleurs de la collaboration de l’artiste contemporain dano-islandais Olafur Eliasson, qui a marqué le milieu avec son installation The Weather Project (2003). «Un écran semi-circulaire est suspendu à 7,70 mètres du fond de la salle. Ce dernier est rétroéclairé par environ 200 ampoules à monofréquence. Des cadres en aluminium sont suspendus sur un plafond tendus d’un film miroir, donnant l’impression que le volume est deux fois plus important.

«Derrière cette installation les visiteurs peuvent découvrir la mise en œuvre de ce dispositif, de même que la partie supérieure du miroir, qui est visible depuis l’étage supérieur du musée. Les visiteurs sont plongés dans un brouillard artificiel, grâce à la présence d’humidificateurs, ce qui permet de renforcer le jeu d’illusion et de désillusion instauré par l’artiste. Plus de deux millions de visiteurs ont pu participer à l’expérience.»

À la manière de Christopher Nolan, qui a demandé à l’éminent astrophysicien Kip Thorne de participer au scénario de son Interstellar, Denis a retenu les services d’un scientifique de renom, Aurélien Barrau, qui est «spécialisé dans la physique des astroparticules, des trous noirs et la cosmologie». Selon Wikipedia, «Il est également actif en philosophie et épistémologie, et il aime se frotter avec les artistes d’avant-garde».

À la musique, Denis retrouve Stuart Staples, chanteur du groupe alternatif britannique Tindersticks, qui a composé cinq de ses longs métrages, dont le sublime 35 rhums (2008). Voici la séquence d’ouverture (suivie de toutes les autres collaborations Denis/Staples) :

Le tournage devrait s’entamer début 2016. Je suis extrêmement curieux de voir le résultat final. En ce qui me concerne, le fait que l’histoire se déroule dans l’espace est très à propos pour le genre de cinéma que Claire Denis pratique. En effet, je classerais son oeuvre dans la catégorie des «films qui laissent de l’espace au spectateur», qui nous font confiance et qui nous permettent de participer activement à ce qui est présenté, et du coup de créer notre propre film en parallèle dans notre esprit.

L’approche de Claire Denis est très difficile à articuler en mots puisqu’elle mise justement sur l’indicible, sur des portraits impressionnistes de personnages énigmatiques. Au-delà de sa direction d’acteurs, c’est sa direction sensuelle de l’environnement (urbain comme naturel), son oeil incomparable pour capter les diverses textures, températures et teintes du monde qui nous entoure, qui en font une artiste visuelle si singulière.

Elle a parfaitement résumé son style lorsqu’elle a déclaré : «J’ai choisi le camp des cinéastes qui font confiance à l’image». Un propos relayé par sa fidèle directrice photo Agnès Godard, qui a affirmé en entrevue au Devoir il y a quelques années : «Claire est une sculptrice. Elle est la réalisatrice qui compte le plus sur l’image pour raconter une histoire. Ce qui l’intéresse, c’est le langage même du cinéma. Claire aborde le mystère de l’existence de l’autre, traité avec respect, ce qui m’apporte une vraie perspective photographique.»

Pour en savoir plus sur cette réalisatrice cruellement méconnue, je vous suggère de lire cet avant-propos de Wim Wenders pour le livre The Films of Claire Denis: Intimacy at the Border. Le cinéaste allemand y évoque le soutien inestimable que cette «femme frêle» avec «des yeux curieux, éveillés» lui a apporté pendant les tournages de deux de ses classiques, Paris, Texas (1984) et Les Ailes du désir (1987).

Et voici une présentation vidéo de L’intrus (2004), que je considère comme le film-somme de Claire Denis, concoctée par l’équipe de Reverse Shot, de véritables passionnés de la cinéaste française, qui offrent ici une analyse exhaustive de son oeuvre.

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