Jozef Siroka

Archive de la catégorie ‘Science-Fiction’

Mercredi 16 novembre 2016 | Mise en ligne à 15h35 | Commenter Commentaires (20)

Valerian et Ghost in the Shell : le duel de la BD SF

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Deux adaptations ambitieuses de bandes dessinées de science-fiction non affiliées à Marvel/DC Comics prendront l’affiche l’année prochaine, à moins de quatre mois d’intervalle. D’abord Ghost in the Shell de Rupert Sanders, le 31 mars, et ensuite Valerian and the City of a Thousand Planets de Luc Besson, le 27 juillet. Les premières bandes-annonces pour les deux films, elles, ont été diffusées au courant de la dernière semaine.

Basé d’après le mythique manga du même nom, Ghost in the Shell a été secoué par des accusations de blanchissage au printemps. On reprochait à la production le casting d’une actrice d’origine dano-polonaise pour incarner la protagoniste, un cyborg japonais nommé Motoko Kusanagi (rebaptisé The Major pour le film). Inversement, l’adaptation de la BD française Valérian et Laureline n’a pas subi de critiques semblables, malgré le fait que les personnages-titres sont incarnés par un Américain et une Britannique, respectivement…

Le producteur de Ghost in the Shell, Ari Arad, a défendu le choix de Scarlett Johansson en entrevue au magazine néo-zélandais Stuff. Il a pris l’approche diplomatique, insistant sur la notion d’un «format» différent, dont le casting ne représente «qu’un élément». Il n’a pas osé se montrer aussi catégorique que le directeur de Kōdansha, la maison d’édition qui a publié le manga original, qui a admis être «surpris» par toute cette commotion, et vanté l’«aspect cyberpunk bien senti» de Johansson.

Arad a préféré discuter du look particulier de son film, inspiré notamment par The Man Who Fell to Earth (1976) – où David Bowie joue un gentil extra-terrestre – et par l’esthétique des années 1980. Mais il assure cependant que l’oeuvre ne sera pas purement rétro : «Le danger d’un film futuriste est l’uniformité».

Le père d’Ari Arad, également producteur de Ghost in the Shell, a été approché par Collider pour un long entretien abordant un paquet de sujets. Il explique que l’aspect visuel a été soigneusement étudié. On apprend par exemple que le directeur photo Jess Hall a programmé la palette de couleurs du film d’animation Ghost in the Shell 2: Innocence (2004) à l’intérieur de son tableau d’éclairage LED, afin d’assurer une continuité avec les oeuvres source.

Avi Arad parle aussi du défi qu’a posé l’apparence du cyborg, qui paraît dénudé dans les manga et les films d’animation japonais. À propos de son emblématique costume thermoptique – qui, dans la -b-a, semble franchement répliquer l’accoutrement de Marilyn Manson sur la couverture de l’album Mechanical Animals – le producteur affirme que «l’on ne prétend pas qu’elle est nue. Le costume émule quelques idées des rainures. Quand vous voyez le film, vous n’êtes pas censés penser qu’elle est nue».

Un utilisateur de YouTube, un certain «Flynns», a fait une comparaison visuelle entre le Ghost in the Shell de 1995 et celui de 2017. Les parallèles sont frappants.

Ghost in the Shell, comme tout film à grand déploiement qui se respecte de nos jours, contient un casting multiculturel et éclectique. Le Danois Pilou Asbaek et la Française Juliette Binoche partageront l’écran avec l’icône du cinéma japonais Takeshi Kitano. À noter que Johansson se trouve en terrain relativement connu, elle qui a incarné une extra-terrestre humanoïde dans Under the Skin (2013) et qui a fameusement exploré Tokyo dans Lost in Translation (2003).

Une soirée promo a été organisée dans la capitale japonaise le week-end dernier, avec les membres principaux de la production. 300 personnes ont pu assister à l’évènement, qui présentait des extraits inédits du film, ainsi qu’un mini-concert du thème principal du long métrage d’animation de 1995 par Kenji Kawai en personne (voir ici). D’ailleurs, on apprenait au même moment que c’est l’excellent Clint Mansell (Black Swan, Moon) qui assurera la bande originale du nouveau Ghost in the Shell.

Le plus gros blockbuster européen

La série de BD Valérian et Laureline, parue à partir de 1967, a été vendue à dix millions d’exemplaires et traduite dans 21 langues. Son adaptation, dotée d’un budget de 197 millions d’euros, représente le long métrage le plus dispendieux de l’histoire du Vieux Continent. On peut dire que Luc Besson était prédestiné à traduire cet univers au grand écran, lui qui a collaboré avec le cocréateur de la BD, Jean-Claude Mézières, sur The Fifth Element (1997).

Il aurait aimé tourner le film plus tôt, mais la technologie n’était pas encore au rendez-vous. «C’est James Cameron qui a repoussé toutes les limites avec son Avatar», a-t-il noté dans une intervention sur la page Facebook du film.

Besson a parlé de la complexité du tournage en entrevue à RTL en juin dernier :

«Je vis au 28e siècle depuis le 3 janvier 2016. C’est assez déroutant. Une partie du film se passe dans deux mondes parallèles en même temps. On a le monde A, le monde B. J’ai pris tous les élèves (de la Cité du cinéma) et on a fait ces 25 minutes de tournage, qui ont été montées, bruitées, mises en musique… On a tourné dans le sens de l’importance des effets à livrer à l’entreprise qui va fabriquer les effets spéciaux».

Les effets spéciaux requièrent «encore beaucoup de travail» à ce stade-ci. Valerian en comporte 2734, dont seulement «400 à 500 ont été validés à ce jour», indique-t-on dans ce papier.

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«Je suis assez dur avec moi-même», poursuit Besson. «J’avais deux parrains, qui sont Pierre Christin et Jean-Claude Mézières, les papas de Valérian, et j’avoue que je vivais plutôt à travers leurs yeux émerveillés la qualité du film. A priori, je ne dois être pas trop mal.»

Pas trop mal en effet, selon M. Mézières lui-même, qui ne cache pas son enthousiasme. «J’avais l’impression de marcher sur mes dessins», a confié le bédéiste de 78 ans en entrevue au Figaro.

«Avant toute chose, je tiens à préciser que le film s’est davantage inspiré de L’Ambassadeur des ombres que de L’Empire des mille planètes. Pour ma part, cela fait quelques mois déjà que je m’habitue à l’idée que ma bande dessinée puisse être adaptée au cinéma. J’avais signé un premier contrat d’adaptation il y a dix ans. Mais j’ai cru que cela n’arriverait jamais. Maintenant, la réalité rejoint enfin la fiction. Dans le fond, j’ai toujours rêvé de voir Valérian prendre son envol au cinéma. Je peux dire que je suis très heureux aujourd’hui.»

Le synopsis :

En 2740, Valérian et Laureline sont deux agents spatio-temporels. À bord de leur vaisseau, l’Intruder, ils sillonnent l’espace et le temps afin d’accomplir les différentes missions que leur confie le Pouvoir Central. Cette nouvelle aventure les mène sur la station orbitale Alpha qui abrite 17 millions d’individus venant des quatre coins de l’univers. Près de 8000 espèces y échangent leurs connaissances, leurs technologies et leurs pouvoirs. Le pire endroit pour mener une enquête…

Valerian and the City of a Thousand Planets met en vedette Dane DeHaan, qu’on a découvert dans le film de science-fiction à petit budget – et succès inattendu – Chronicle (2012). Il a aussi incarné le méchant Harry Osborn dans The Amazing Spider-Man 2 (2014), et a tenu la vedette cette année dans Two Lovers and a Bear du Québécois Kim Nguyen. Il a comme partenaire la mannequin bad girl Cara Delevingne, qu’on a pu voir cet été dans Suicide Squad.

Ils sont joints par des vétérans de classiques SF dont Ethan Hawke (Gattaca), Clive Owen (Children of Men) et Rutger Hauer (Blade Runner). L’univers musical est représenté par le légendaire jazzman Herbie Hancock, dont la nature du rôle est encore inconnue, et la star de la pop Rihanna, qui tentera de nous faire oublier Battleship avec un «rôle important», aux dires de Besson lui-même via son compte Instagram.

Les amateurs des Beatles reconnaîtront Because qui joue pendant la bande-annonce. Il s’agit de la première fois que le groupe mythique cède les droits d’exploitation de la bande maîtresse d’une de leurs chansons pour la promo d’un film. Besson a expliqué à CinemaBlend qu’il a simplement contacté Paul McCartney, qui lui a demandé «C’est quoi le film?», avant de dire «oui». Selon le cinéaste, le musicien a apprécié l’aspect «innovateur et rafraîchissant» de son projet. Il évoque aussi un sentiment de confrérie européenne.

À lire aussi :

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Lundi 14 novembre 2016 | Mise en ligne à 15h00 | Commenter Commentaires (5)

Air Force One, vu par Neill Blomkamp

Avec deux courts totalisant quelque 20 secondes, le réalisateur sud-africain nous présente son meilleur travail depuis District 9 (2009). Les deux mini-films ont été mis en ligne il y a trois jours sur son compte Instagram, sous les mots-clic #trump, #murica et #oatsstudios, qui désigne sa boîte de production.

Blomkamp a modifié numériquement des images d’archives de l’avion présidentiel afin d’illustrer le choc de mardi dernier, quand dans l’esprit de beaucoup de gens la dystopie a rejoint la réalité. Si la première vidéo rappelle l’univers de Mad Max, la seconde évoque plutôt celui de Hunger Games (ou de Death Race 2000).

Rappelons que Air Force One (1997) est le film politique préféré du président élu…

The Escape

En attendant le feu vert pour Alien 5 – projet que James Cameron, réalisateur d’Aliens (1986), a qualifié d’ «extraordinaire» cet été – Blomkamp a mis en scène un court métrage pour le compte de BMW. La compagnie automobile a ravivé sa campagne The Hire, toujours avec Clive Owen dans le rôle du protagoniste, 15 ans après l’avoir démarrée.

Les films précédents de la série ont notamment été réalisés par Wong Kar-wai, Guy Ritchie, Alejandro G. Iñárritu, John Woo et Tony Scott (auquel j’ai consacré un post ici).

Tous les courts sont disponibles sur cette playlist.

À lire aussi :

> Le bon, la brute et… le Trump
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Mardi 9 août 2016 | Mise en ligne à 15h30 | Commenter Commentaires (9)

Arrival : Denis Villeneuve goûte à la science-fiction

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Le premier film de science-fiction du cinéaste québécois ne sera pas son dernier. Pour bien des fans du genre, Arrival est perçu comme un avant-goût d’un des films les plus intrigants de la décennie : la suite tant attendue de Blade Runner, qui prendra l’affiche à l’automne 2017. Mais chaque chose en son temps.

Arrival, dont le premier teaser a été mis en ligne aujourd’hui, et dont les premières images ont été publiées hier, est décrit comme de la SF intime; plus philosophie que pyrotechnie. En entrevue à USA Today, Jeremy Renner, qui se dit heureux de jouer pour une première fois en carrière «un nerd rusé», dit que le film est davantage un «mélange de Kubrick et de Spielberg» qu’un «gros film d’extra-terrestres de Michael Bay».

En effet, l’espèce de structure ovale mystérieuse qu’on voit dans le teaser pourrait être un cousin plus ou moins éloigné du monolithe de 2001. Et le cadre réaliste à travers duquel émerge un phénomème paranormal évoque la sensibilité de Close Encounters of the Third Kind. Et, comme dans le classique de Spielberg, la famille occupe une place de choix dans le récit. «Si vous êtes un parent, ça va vous anéantir», ajoute Renner.

Arrival est basé d’après une nouvelle prisée de Ted Chiang, intitulée Story of Your Life (il s’agissait jusqu’à tout récemment du titre de l’adaptation cinématographique). L’oeuvre publiée en 1998 a remporté le Nebula Award ainsi que le Sturgeon Award. L’intrigue suit une linguiste (Amy Adams) qui est engagée par l’armée afin de déterminer les intentions d’extra-terrestres «radicalement symétriques» débarqués sur Terre.

Tout au long du récit, le personnage d’Adams est tourmenté par les souvenirs de sa fille. «D’un point de vue émotionnel, le voyage qu’elle entreprend a été dévastateur pour moi», confie l’actrice au USA Today. «Ne pas avoir à me transporter dans un univers peuplé de super-héros – ce qui est plaisant aussi – m’a vraiment aidé à construire fermement le personnage et l’expérience», dit celle qui reprend le rôle de Lois Lane dans Justice League, présentement en tournage à Londres.

Le casting d’Arrival compte également Forest Whitaker et Michael Stuhlbarg, l’anti-héros existentiel de A Serious Man des frères Coen. Le film a été tourné à Montréal et à Saint-Fabien, près de Rimouski. Villeneuve renoue avec le compositeur islandais Jóhann Jóhannsson, qui nous a franchement épaté grâce à ses cordes lugubres dans Sicario. À la direction photo, le réalisateur québécois fait équipe une première fois avec Bradford Young (Selma, A Most Violent Year, le malickien Ain’t Them Bodies Saints), jeune as de l’image qu’on désigne comme l’héritier du regretté Harris Savides.

Arrival aura sa première mondiale à la Mostra de Venise, début septembre, et sa première canadienne au Festival du film de Toronto quelques jours plus tard. À l’affiche en Amérique du Nord le 11 novembre.

Un Los Angeles «toxique»

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Villeneuve s’est exprimé à propos du nouveau Blade Runner (qui n’a toujours pas de titre) le mois dernier via Entertainment Weekly. C’est la première fois qu’il parlait de son ambitieux projet depuis près d’un an, quand il a tenté de rassurer les fans du film culte de Ridley Scott qu’il va «prendre soin de son mystère».

Il affirme à EW qu’il a vu Blade Runner «des milliers de fois». Il se rappelle vivement de la séquence d’ouverture : «Cette note de musique; voir Los Angeles en 2019; ce smog; cette noirceur. C’est vraiment le film qui a donné naissance à mon désir de devenir réalisateur».

La nature de l’intrigue n’a pas encore été dévoilée, si ce n’est des premières minutes décrites en détail par Ridley Scott en décembre. Villeneuve révèle cependant que le récit se déroule quelques décennies après l’original, et fournit une description de l’atmosphère qui règne dans ce nouveau Los Angeles du futur : «Le climat est devenu fou furieux – l’océan, la pluie, la neige, tout est toxique».

Il commente également le véhicule illustré dans l’esquisse ci-dessus. Il s’agit d’une sorte de souffleuse à neige qui flotte au-dessus des rues et qui détruit la neige. «Un wet dream canadien», s’esclaffe-t-il.

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Villeneuve ne cache pas qu’il était initialement intimidé par le projet, rappelant que la période de pré-production fut «terrifiante» pour lui. C’est le scénariste du film original, Hampton Fancher, qui l’a rassuré. «Il m’a dit que Blade Runner est un rêve. Nous n’avons qu’à rêver à nouveau et ne pas trop nous soucier de la logique. Ça m’a permis de retirer beaucoup de pression et m’a donné la clé pour avancer».

Le tournage s’est entamé début juillet à Budapest. Ryan Gosling incarne le héros et sera épaulé par Harrison Ford, qui reprend le rôle de Deckard.

Le reste de la distribution est fort éclectique. On y retrouve Robin Wright ; la Canadienne et graduée de l’université McGill Mackenzie Davis (qui fut dirigée par Ridley Scott dans The Martian) ; la beauté fatale cubaine Ana de Armas (le film d’horreur d’Eli Roth Knock Knock) ; le Somali-Américain Barkhad Abdi (nommé à l’Oscar pour Captain Phillips) ; l’ancien champion de la WWE Dave Bautista (Drax dans Guardians of the Galaxy) et la Suissesse Carla Juri, qui a été applaudie sur le circuit festivalier en 2014 grâce à sa performance téméraire dans la comédie allemande trash Wetlands.

À l’affiche le 6 octobre 2017.

À lire aussi :

> Sicario et le fétiche du mouvement
> Blade Runner, un film «co-réalisé» par Stanley Kubrick

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