Jozef Siroka

Archive de la catégorie ‘Science-Fiction’

Lundi 15 avril 2013 | Mise en ligne à 19h15 | Commenter Commentaires (43)

Les effets spéciaux sont-ils toujours… spéciaux?

Jurassic Park

Les effets spéciaux vous impressionnent-ils toujours? Ou, plutôt, vous n’y prêtez plus trop attention, tant ils sont devenus omniprésents? Imaginez un peu : toutes ces ressources financières et créatives, ces centaines d’heures caféinées à bûcher sur un logiciel dernier cri pour transposer à l’écran des images et des actions hors de ce monde; tout ça pour provoquer, au mieux, un «Pas si pire» de la part d’un spectateur qui, une fois rentré chez lui, s’extasie infiniment plus devant une vidéo de chat qui joue au piano…

L’effet engendré par la technologie cinématographique a atteint un degré de saturation. C’est le constat de Dennis Muren, directeur de la Création chez Industrial Light & Magic, et une légende dans le domaine des effets visuels au CV intimidant : Star Wars, Close Encounters of the Third Kind, E.T., Jurassic Parc et Hulk, entre autres. «Dans un sens, je crois que les effets spéciaux ne sont plus spéciaux», a-t-il déclaré en entrevue à Hollywood.com.

Pour Murren, l’industrie doit trouver un moyen de renouveler son approche afin de ramener la magie en salle. Il compare la situation actuelle à la période à la fin des années 1980, quand on cherchait à se débarrasser de la vieille «boîte à outils» et à épouser une nouvelle technologie. Quand on essayait de retrouver l’impact qu’ont eus Star Wars ou 2001 : A Space Odyssey à leurs époques respectives.

Une étape innovatrice cruciale a été la scène de morphing dans Willow, technique conçue par Murren qu’il a perfectionnée dans Terminator II qui, deux décennies plus tard, n’a pas pris un pli.

Aussi impressionnant fut-il, le morphing cinématographique original a vite «fait son temps», selon Murren. «Après trois ou quatre ans, il a perdu de son lustre. On le voyait de mois en moins, ce qui est très bien pour moi!». Les effets spéciaux doivent être en mode de constante réinvention, sinon on risque de blaser le public.

Les images de synthèse dominent l’industrie des effets spéciaux depuis environ 25 ans. Pour Murren, plusieurs cinéastes ont fait l’erreur de grossir cette «boîte à outils» au lieu de la repenser. Ce qui amène à parfois faire des choix aussi coûteux que superflus. «N’ayez pas une armée de 20 000 centaures, ou autre, si l’histoire est meilleure avec sept centaures. Ils ont perdu la perspective, en faisant les choses de plus en plus grosses, moins personnelles».

Pour Murren, l’espoir réside dans une savante combinaison d’anciennes techniques, à savoir les effets spéciaux physiques, qui seraient intégrées à l’imagerie par ordinateur. Un bon exemple récent est Looper, film de science-fiction avec Bruce Willis et Joseph Gordon-Levitt, mettant en scène des véhicules et décors futuristes construits à l’aide de matériaux tangibles. L’illusion a beaucoup bénéficié de ce poids, permettant du coup de solidifier l’implication du spectateur.

murren

Pour en savoir plus sur ILM, mythique société d’effets spéciaux fondée par George Lucas en 1975, voici la première partie du documentaire fait pour la télé Industrial Light & Magic: Creating the Impossible (2010). Dennis Muren, qu’on voit ci-dessus mesurer la lumière du Death Star avec un posemètre, apparait à 04:15.

> Pour voir les 5 autres parties, consulter cette playlist.

Lire les commentaires (43)  |  Commenter cet article






Jeudi 11 avril 2013 | Mise en ligne à 1h00 | Commenter Commentaires (45)

Elysium : un film de science-fiction pour les 99%

elysium-poster

Un blockbuster qui fait réfléchir : c’est le pari que s’est donné Neill Blomkamp avec son nouveau film, Elysium. Le réalisateur sud-africain de 33 ans poursuit sur la voie tracée par son premier long métrage, District 9 (2009), une parabole dystopique de l’histoire ségrégationniste de l’Afrique du Sud enrobée par un solide récit de science-fiction (à moins que ce ne soit l’inverse).

Elysium se déroule en 2159 dans un monde séparé en deux : les riches se la coulent douce dans une station spatiale baptisée Elysium, tandis que les pauvres croupissent sur une Terre surpeuplée et délabrée qui aurait besoin d’un solide coup de main de la part de WALL-E. Le héros, Max (Matt Damon), est un ancien voleur de voitures qui subit un grave accident dans son usine. Il doit se rendre sur Elysium afin de se soigner, et tentera d’échapper aux griffes d’un agent double (Sharlto Copley, protagoniste de District 9) qui a été engagé par la boss d’Elysium (Jodie Foster).

Avec un propos abordant l’immigration, les soins de santé, la disparité des classes sociales et l’environnement, Elysium, avec son budget de 120 millions $, s’annonce comme le film engagé le plus ambitieux de notre époque. Blomkamp, qui était en tournage à l’automne 2011 alors que le mouvement Occupy Wall Street battait son plein, décrit sa vision comme un «point de vue de science-fiction sur les nantis et les démunis». Comme le dit Kyle Buchanan de Vulture, il s’agit d’un film d’action pour les 99%.

En entrevue à IndieWire, Blomkamp précise sa démarche concernant l’alliage du cinéma de genre et de l’activisme social.

Dans ce cas-ci et dans District 9, la science proprement dite a un peu été jetée à travers la fenêtre en faveur de la métaphore et de l’intrigue. Construire une station spatiale en marbre et en ardoise n’était pas la meilleure idée [la production a eu le rare privilège de se payer les services du designer de Blade Runner Syd Mead]. Mais la métaphore de Bel Air [quartier cossu de L.A.] dans l’espace est correcte. Alors, mon approche est de commencer avec quelque chose de ridicule et ensuite essayer d’utiliser la représentation la plus réaliste du ridicule que l’on peut. Je peins donc des idées ridicules avec un pinceau réaliste.

Mais le jeune cinéaste ne se fait pas d’illusions quant à l’impact réel que Elysium aura sur les mentalités, ou à son potentiel transformateur. Son but premier est le divertissement.

Je pense que dans le domaine du cinéma pop-corn commercial, la quantité de messages ou le trafic d’idées qu’on peut véhiculer sont très limités. Si vous pensez que vous allez réellement faire une différence ou changer quoi que ce soit, vous êtes sur un terrain glissant assez dangereux. Mais on peut tout de même placer quelques idées qui représentent des vrais problèmes dans le monde. [...] Personnellement, pour m’investir dans un film, il doit contenir plein de trucs de genre. Une fois que c’est dedans, je veux aussi avoir des trucs qui m’intéressent et que je veux explorer et dont je veux discuter. Pas juste : «Ce gars doit tirer sur l’autre gars parce qu’il a un fusil».

Elysium prend l’affiche le 9 août.

À lire aussi :

> District 9 : un très beau prix de consolation

Lire les commentaires (45)  |  Commenter cet article






Jeudi 13 décembre 2012 | Mise en ligne à 17h30 | Commenter Commentaires (18)

Pacific Rim : l’hommage de Guillermo del Toro aux Kaiju

Pacific-Rim-SDCC-Poster1-610x905

Cela fait presque cinq ans qu’on n’a pas eu droit à un long métrage de Guillermo Del Toro: depuis Hellboy II, qui est sorti en juillet 2008, pour être précis. Et ce n’est pas pour cause de paresse ou d’hésitation de la part du cinéaste mexicain adulé par les fanboys; on parle plutôt de malchance.

Del Toro a passé près de deux ans, entre avril 2008 et mai 2010, à développer The Hobbit, la majeure partie du temps en Nouvelle-Zélande, avant de se faire poliment montrer la porte et de passer le flambeau à Peter Jackson (j’en parle plus en détails ici).

Il s’est ensuite appliqué à mettre en oeuvre son projet le plus précieux, qu’il cultive de manière «obsessive» depuis 35 ans; l’adaptation de la nouvelle d’horreur de H.P. Lovecraft At the Mountains of Madness. Tom Cruise a été engagé pour en tenir la vedette, et James Cameron allait produire. Mais à la veille de la pré-production, en juin 2011, Universal s’est rétracté, alléguant qu’investir 150 millions $ dans un film coté R comportait un trop grand risque.

Pacific Rim lui a ensuite été offert comme prix de consolation par Warner Bros. Il s’agit d’un épique de science-fition qui rend hommage aux films de monstres japonais, appelés Kaijū, dont Godzilla est le plus fameux spécimen. Le film a été tourné avec une caméra numérique haut de gamme EPIC – Red et a été converti en 3D. Technique à laquelle Del Toro a initialement résisté. Il a expliqué en entrevue à Collider en juillet dernier :

Je ne voulais pas faire le film en 3D parce que quand les choses sont si grandes… ce qui se produit naturellement est que, on regarde deux bâtiments, disons à 300 pieds de distance, mais si l’on bouge, il n’y a pas de parallaxe. Ils sont si grands que, en 3D, on remarque à peine quoi que ce soit, peu importe la vitesse avec laquelle on bouge. En forçant des effets 3D sur des robots et des monstres qui sont censés être immenses, on finit par créer une perspective miniaturisée, les ramenant à l’échelle humaine.

Mais Del Toro a en fin de compte changé son fusil d’épaule, affirmant deux mois plus tard : «Que voulez-vous que je vous dise? J’ai changé d’avis. Je peux faire un Romney». On assume évidemment des pressions de la part de Warner. Mais qui peut le blâmer d’avoir «cédé»? Après s’être fait tourmenter si longtemps par les studios, on comprend le bonhomme d’être fatigué de se justifier.

Une première vidéo promotionnelle «virale» est parue sur le web il y a deux semaines.

Le synopsis :

Pour combattre les Kaijus, des créatures monstrueuses sorties du fond des mers, un nouveau genre d’arme a été conçu : des robots géants, appelés les Jaegers, qui sont contrôlés en simultané par deux pilotes dont les esprits sont reliés par un pont neurologique. À la veille de la défaite, les forces qui défendent l’humanité n’ont pas d’autre choix que de se tourner vers deux héros improbables : un ancien pilote (Charlie Hunnam) fini et une recrue (Rinko Kikuchi) qui n’est jamais allée sur le terrain…

La bande-annonce a été mise en ligne hier soir. Sortie : 12 juillet. Avec Charlie Hunnam, Rinko Kikuchi, Ron Perlman et Idris Elba dans le rôle principal d’un commandant, qui devait à la base être assuré par Tom Cruise (la super-vedette a finalement choisi de jouer WALL-E). À noter qu’une suite à Pacific Rim est déjà en cours.

À lire aussi :

> Guillermo Del Toro, «plus Bosch que Hitchcock»

Lire les commentaires (18)  |  Commenter cet article






publicité

  • Catégories

  • publicité

  • Calendrier

    janvier 2013
    L Ma Me J V S D
    « déc   fév »
     123456
    78910111213
    14151617181920
    21222324252627
    28293031  
  • Archives