Jozef Siroka

Archive de la catégorie ‘Regard sur le court’

Mardi 18 mars 2014 | Mise en ligne à 16h05 | Commenter Un commentaire

REGARD, une minute à la fois

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Le rideau est tombé dimanche sur la 18e édition du Festival REGARD sur le court métrage au Saguenay. Je n’ai pu assister à la remise de prix, mais vous pouvez en lire un compte rendu dans cet article de François Lévesque du Devoir. Le palmarès :

Grand Prix international (5000 $) : The Mass of Men, de Gabriel Gauchet; Royaume-Uni. «Richard, un chômeur de 55 ans, arrive trois minutes en retard pour son rendez-vous au centre d’emploi. Sa conseillère n’a pas d’autre choix que de le pénaliser. Pour éviter de sombrer dans la misère, Richard prend des mesures désespérées.» Extrait :

Grand Prix national (1000 $) / Prix du public (1000 $) : Quelqu’un d’extraordinaire de Monia Chokri, avec Magalie Lépine Blondeau, Sophie Cadieux, Evelyne Brochu, Laurence Leboeuf, Marilyn Castonguay et Anne Dorval.

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«Un matin de janvier après un énorme blackout, Sarah, 30 ans, se réveille dans une maison inconnue. De cet incident naîtra l’envie de se reconstruire. Pour y arriver, elle devra d’abord détruire tout ce qui l’entoure.»

Prix de la meilleure réalisation (1000 $, 4000 $ en services) : La coupe de Geneviève Dulude-De Celles, «l’histoire d’un père et de sa fille, entre proximité et détachement, le temps d’une coupe de cheveux». Bande-annonce :

Prix du meilleur scénario (1000 $) : Mémorable moi de Jean-François Asselin, avec Émile Proulx-Cloutier. «Mathieu cherche par tous les moyens, à attirer l’attention sur lui. C’est une question de survie: tu penses à moi donc je suis.» Bande-annonce :

***

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Prix du meilleur documentaire (1000 $) : Jack, vétéran du Vietnam de François Pesant, projet multimédia réalisé pour La Presse qu’on peut voir en prélude à cette chronique de Richard Hétu.

Prix Tourner à tout prix! (1000 $, 15 000 $ en services) : Lespouère de Moïse Marcoux-Chabot :

«Un portrait du militant écologiste Bilbo Cyr, poète et slameur gaspésien, qui parle de sa région comme il l’habite: avec passion et poésie, mais aussi avec colère. Son territoire subit les assauts incessants d’une tonne d’industries voraces. Il le défend par la parole, son arme de prédilection, et sème du rêve dans la terre et les esprits.»

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Meilleur film d’animation : Supervénus de Frédéric Doazan; France. «Un chirurgien plastique se prépare à opérer un modèle d’anatomie féminine classique.» Extrait à visionner ici.

Le jury a décerné une mention spéciale à Noah de Walter Woodman et Patrick Cederberg, une «étude de comportements (et de l’amour) à l’ère numérique» qui, exceptionnellement, se savoure encore mieux devant son écran d’ordi que dans une salle de cinéma.

Voilà pour les films.

Maintenant, pour ce qui est de la faune de REGARD, La Fabrique culturelle, toute nouvelle plateforme web hébergée par Télé-Québec, a eu l’heureuse initiative de s’entretenir avec près d’une quarantaine de cinéastes, d’acteurs, de programmateurs, et de festivaliers de tout genre, qui nous racontent en environ une minute une anecdote marquante de leur vie de cinéphile.

À titre d’exemple, Claude Robinson, jury et invité-vedette cette année, se remémore ses deux principaux coups de foudre pour le cinéma : une expédition au Labrador avec le cinéaste québécois Jacques Leduc, et la découverte, à l’adolescence, de Fellini. À consulter ici.

> Pour un paquet d’autres infos, et de photos, rendez vous sur la page Facebook de REGARD.

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Jeudi 13 mars 2014 | Mise en ligne à 10h15 | Commenter Un commentaire

En route vers le Saguenay! (5)

REGARDS

Je prends la route jeudi midi en direction de Chicoutimi, à destination de mon rendez-vous (et party) cinématographique annuel incontournable. De retour en ville dimanche, et lundi ou mardi sur ce blog. Je vous laisse avec une version longue agrémentée d’hyperliens de mon entrevue avec le porte-parole et la directrice de la programmation de REGARD, publiée jeudi dans La Presse et dimanche dans La Presse +.

AMBASSADEUR D’UN FESTIVAL DE COURTS MAJEUR

En se rendant à son premier festival REGARD sur le court métrage au Saguenay, il y a sept ans, Sébastien Huberdeau admet s’être aventuré en terrain inconnu. «Je n’en savais rien, ni de mémoire ni de réputation. Quand je suis arrivé là, j’étais drôlement surpris de constater à quel point c’était bien rodé, vraiment professionnel», a confié l’acteur lors d’un entretien avec La Presse.

«J’avais adoré l’ambiance, la programmation. Et bon, le vieux cliché, les gens chaleureux du Saguenay… C’est une région que je ne connaissais pas trop, reconnaît le Montréalais de souche. Disons que je connais mieux Paris que Chicoutimi!»

Succédant notamment à Simon Olivier Fecteau, Sophie Cadieux, et Luc Picard, Le nouveau porte-parole de REGARD, reconnu pour ses prestations dans des films primés tels Polytechnique et Les invasions barbares, a toujours été un partisan du format cinématographique qui sera défendu à Saguenay du 12 au 16 mars.

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«C’est un autre média, une autre façon de travailler, une autre façon d’exprimer une idée. Ce n’est pas vrai que le court métrage n’est qu’un tremplin pour le “vrai cinéma”», insiste Huberdeau, qui a participé à plus de vingt courts en carrière, dont une demi-douzaine en 2013 seulement.

«Le cinéma, au départ, c’est de la photo, et la photo, c’est de l’instantané, une parcelle de seconde; tu peux donc faire un bon film, percutant – peu importe les qualificatifs que je pourrais donner – en deux minutes, en 30 secondes, en 12 minutes, tout dépendant.»

Rayonnement international accru

La 18e édition du festival célèbre sa majorité avec une sélection plus diversifiée que jamais. On parle de 200 films provenant de plus de 40 pays. Il reste que, malgré sa portée internationale en constante expansion, REGARD demeure un événement essentiellement national. Des 70 films inscrits en compétition officielle, les deux tiers sont des productions canadiennes (dont la plupart issues du Québec).

Regard_sur_le_court_metrage_71692.JPGAux yeux de la directrice de la programmation Mélissa Bouchard, deux programmes en particulier sont à surveiller en fin de semaine. Je retranscris ici son message envoyé par courriel :

«À chaque année, j’aime bien essayer de déceler, nommer ou d’investiguer une tendance ou un genre particulier. Je pense au programme HIT THE ROAD il y a deux ans, regroupant des films fait sur la route.

«Cette année, mes programmes préférés sont FILMS PHOTOGRAPHIQUES : LES CHASSEURS D’IMAGES. Chaque film propose une façon différente d’utiliser ou d’aborder la photo dans le fond ou dans la forme. On y retrouve des films de fiction comme Butter Lamp (magnifique, un de mes coups de coeur de l’année), du photojournalisme, et du documentaire comme le superbe Derby & Groma de la cinéaste Kara Blake (The Delian Mode).

«Nous présenterons aussi en primeur une exposition photo de François Pesant, intitulée Vétérans, en complément du film Jack le vétéran qui sera présenté dans ce programme.

«Un autre programme que j’aime beaucoup est BORDER LINES : LE CINÉMA LIMITE. Un programme qui va au-delà de la question de la santé mentale, sans toutefois l’exclure. Obsessions, impulsions, perte de contrôle, diverses variations sur l’équilibre, la fragilité, la vulnérabilité.

«Pour les films en compétition, on y retrouve les incontournables de l’année comme Nous avions, Noah, Mémorable moi, Quelqu’un d’extraordinaire, Cochemare, Subconscious Password, Whale Valley. Mais aussi beaucoup de nouveautés, de primeurs mondiales comme Thomas, Bec de lièvre, Jutra, Anatomie.

«Des univers très esthétiques, comme y2o, Supervenus, Der Untermensch, des thématiques très contemporaines comme This is the Way, Noah, et des propositions complètement inusitées comme Koït dessur la neige, Mémorable moi, Le courant faible de la rivière, The Chaperonne 3D

Près de 40 000$ en argent ou en services seront attribués dimanche. Les lauréats, répartis en huit catégories, seront désignés par un jury éclectique qui comprend le dessinateur devenu héros populaire Claude Robinson, le renommé designer graphique Frédéric Metz, le directeur photo Michel La Veaux (Le démantèlement, Ce qu’il faut pour vivre), le réalisateur et producteur Franck Dion (Edmond était un âne – à voir sur le site de l’ONF) et Magali Simard, programmatrice de films au TIFF.

Classe de maître

Qui dit REGARD, dit bien sûr soirées mouvementées; la réputation festive du festival n’est plus à faire. Les festivaliers de caractère plus diurne ne seront cependant pas en reste, puisqu’ils pourront profiter d’une foule d’activités culturelles, dont des expositions, vernissages et ateliers de tout acabit.

À ce titre, Sébastien Huberdeau compte démontrer son côté pédagogue lors de son passage à Saguenay. «Je vais rencontrer des élèves là-bas dans le cadre de matinées scolaires, affirme-t-il. J’aimerais aussi faire une classe de maître avec trois ou quatre autres acteurs, donner une conférence sur le jeu, y apporter mon grain de sel. Ces masterclass-là c’est souvent donné par des réalisateurs, mais rarement par des acteurs.

«C’est cool de travailler avec de jeunes cinéastes, qui commencent à faire leurs classes dans le cinéma, et d’embarquer avec eux dans ce trip, d’être dans leur premier élan cinématographique.»

«Moi je peux être quelqu’un d’assez effacé. C’est sûr que, au niveau de l’animation, je ne suis pas un grand improvisateur, à part peut-être sur un plateau. C’est plus d’accompagner le festival, d’être présent, sans trop prendre de place pour moi. Les gens du festival sont bien ouverts à ma vision des choses. C’est cool, parce qu’à chaque année ils s’adaptent à leurs porte-parole.»

***

P.S.: Pour ceux qui restent à Montréal, je vous conseille fort chaleureusement de faire l’expérience sur grand écran de Gun Crazy (1950), présenté dans une copie restaurée au Cinéma du Parc pour une semaine seulement (14-20 mars). J’y serai fort probablement pour la séance de lundi, 18h45.

L’occasion est belle pour (re)découvrir ce film de gangsters noir de série B au pulpe cru, qui est devenu contre toute attente une des grandes oeuvres cultes du genre. Je suis par ailleurs revenu sur une fameuse scène de Gun Crazy dans un post de février 2012.

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Jeudi 14 mars 2013 | Mise en ligne à 15h15 | Commenter Commentaires (13)

En route vers le Saguenay! (4)

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En route vers le Saguenay, littéralement; je vous écris depuis l’autobus me menant vers Québec, ma première escale avant de prendre le chemin de Chicoutimi. J’espère arriver à temps pour profiter un peu du 5 à 7 d’ouverture, qui aura lieu à la Salle François-Brassard, au cégep de Jonquière. Y sera diffusé à partir de 19h30 le Programme 1, qui comprend notamment Chef de meute, comédie de moeurs pince-sans-rire de Chloé Robichaud, qui s’est retrouvée en lice pour la Palme d’or au dernier Festival de Cannes (mon entrevue avec la jeune cinéaste ici), ainsi que Buzkashi Boys, un portrait de la jeunesse en Afghanistan cité aux Oscars cette année.

La 17e édition de Regard sur le court métrage présente cette année 166 oeuvres provenant de près de 30 pays. Le volet compétitif compte 29 films en compétition internationale et 35 en compétition nationale. Les prix, d’une valeur totale de 30 000$, seront décernés par un jury professionnel composé de l’acteur et animateur Gaston Lepage, du dramaturge et scénariste Michel Marc Bouchard, du cinéaste Francis Leclerc (Mémoires affectives, Un été sans point ni coup sûr), de la directrice des programmes courts métrages à TV5MONDE et membre de l’Académie des César Angèle Paulino, et de l’acteur Norman Daneau (Unité 9, 30 vies). C’est Luc Picard qui agit à titre de porte-parole, succédant ainsi à Sophie Cadieux.

Le directeur général de Regard, Ian Gailer, est de retour pour une septième édition de suite. Je vous invite à lire une entrevue que le sympathique bonhomme a accordée au blogue Bang Bang, dans laquelle il se penche entre autres sur l’«internationalisation» de son festival, qui figure parmi les plus importants en Amérique du Nord.

Le grand manitou du court métrage au Québec Danny Lennon, programmateur de Regard l’année dernière (il est succédé par Melissa Bouchard), m’a proposé plus tôt cette année de faire partie du jury des médias pour les prix Prends ça court!, qui ont été remis le mois dernier dans le cadre des RVCQ (on parle quand même d’une valeur en argent et services de 100 000$!). L’expérience m’a permis de regarder une cinquantaine de films, dont quelques uns seront présentés ce week-end. Un petit mot sur mes coups de coeur.

> Faillir : Lauréat du grand prix à PCC!, ce court raconte les derniers moments d’une jeune fille dans sa demeure familiale de Val d’Or, avant de quitter pour la métropole. La tension sexuelle qu’elle entretient avec son frère depuis un certain temps, on imagine, connaîtra un crescendo de plus en plus angoissant à mesure qu’approche l’heure du départ. Un suspense très bien mené, porté par des acteurs au jeu naturel bienvenu.

> Bydlo, de Patrick Bouchard, a remporté le prix du Meilleur court métrage d’animation au prestigieux festival de Clermont-Ferrand. Un bœuf puissant qui surgit de la terre est assailli par des petits humains voraces; imagerie dantesque qui fait penser à un tableau de Bosch en mouvement, musique tragique de Moussorgski, matériau d’animation terreux et organique (la plastiline), dont la transpiration de l’effort (tant celui dans la fiction que celui de la mise en scène) semble se frayer un chemin à l’extérieur de l’écran – un magnifique cauchemar.

> Les adieux de la Grise : Une fille de neuf ans habite sur une ferme qui élève des alpagas, son animal préféré. La tragédie frappe un soir dans l’enclos, une épreuve qui transforme l’enfant. Un regard lumineux, paisible et pudique sur la vie à la campagne, qui évite habilement le sentimentalisme au profit d’une approche lyrique basée sur l’observation.

> Gods, Weeds and Revolutions : De loin mon film préféré à PCC! Je vais en reparler davantage en profondeur lors d’un futur court du week-end. «Une jeune femme retourne en Tunisie et doit affronter les conséquences de la maladie de son grand-père et le lourd passé d’un pays sous dictature.» Une exploration impressionniste, quasi onirique, portée par une réflexion à la fois intime et universelle sur un monde figé dans le temps, à la recherche désespérée de renouveau.

> La boutique de forge : Un des rares courts tournés en pellicule, réalisé par un extra-terrestre du nom d’Olivier Godin. Les mots sont inutiles pour en faire une description le moindrement fidèle. Il faut le voir pour le croire. Justement, on a cette chance, puisque le film est disponible ici.

À noter que Regard c’est plus que des projections de films, beaucoup plus. Je pense aux diverses activités, ateliers et rencontres entre cinéastes, producteurs, distributeurs, etc. dans le cadre du Marché du court. Grosse prise cette année de la part du festival: Denis Côté, fraîchement débarqué de Berlin, offrira samedi après-midi une classe de maître lors d’une conférence «Rencontre du troisième type».

Comme il serait vulgaire de vous quitter ce week-end sans court métrage, alors que je vais baigner dedans, je propose un film très à propos : Jardin Dead End, une comédie absurde réalisée en 48 heures par Stéphane Lapointe (La vie secrète des gens heureux) lors de la 13e édition de Regard. Il sagit d’un des meilleurs films improvisés de l’histoire du festival, mariant a merveille les traditionnelles contraintes choisies par le public, qui étaient :

1. Un chien.
2. Un masque de lutteur mexicain.
3. Une banane.
4. Un solo d’opéra.
5. Quelqu’un devait dire la réplique: “Ferme-la et donne la fessée au p’tit singe”.
6. Quelqu’un devait manger du spaghetti avec les mains.
7. Nous devions aller tourner au Couvent des Soeurs du Bon-Conseil de Chicoutimi.

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