Jozef Siroka

Archive de la catégorie ‘Quentin Tarantino’

Mardi 25 août 2015 | Mise en ligne à 16h30 | Commenter Commentaires (24)

Dans la tête de Tarantino

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Le New York Magazine a publié cette semaine une des entrevues les plus fascinantes que vous lirez d’ici la fin de l’année. Ce qui la rend si merveilleuse est que le journaliste, Lane Brown, a su comment canaliser l’énergie de son volubile interlocuteur. Presque chacun des sujets abordés aurait pu faire l’objet d’une seule, et longue, conversation. Au final, on se retrouve plutôt avec un appétissant buffet rempli de délicieuses bouchées cinéphiliques. J’en traduis quelques unes ici :

> À propos des sombres prévisions quant à l’avenir du cinéma. En particulier les propos de Spielberg et Lucas.

«Les gens disent ça à chaque six ans. Nous sommes tous d’accord que les années 1970 – ou 1930, ça dépend de votre humeur – sont probablement la meilleure décennie de l’histoire du cinéma, en ce qui concerne le cinéma à Hollywood. Je pense que les années 1990 ne sont pas loin aussi. Mais les gens ont dit ce que Spielberg déplore tout au long des années 1990, et même pendant les années 1970.

«Si vous sortez voir beaucoup de films dans une année donnée, c’est vraiment dur d’établir un Top 10, parce que vous avez vu beaucoup de choses que vous avez aimées. Un top 20 est plus facile. On obtient probablement un chef-d’œuvre par an, et je ne crois pas qu’on devrait s’attendre à plus qu’un chef-d’œuvre par an, sauf dans une très grande année.»

> Ses films préférés en 2015

«Je n’ai presque rien vu cette année. Je travaille sur mon film depuis si longtemps. Mais j’ai aimé Kingsman. J’ai beaucoup aimé It Follows. C’était la meilleure prémisse que j’ai vue dans un film d’horreur depuis très, très, très longtemps. C’est un de ces films qui est si bon que l’on regrette qu’il n’a su être un grand film. Il aurait dû conserver sa mythologie intacte. Il a cassé sa mythologie à gauche, à droite et au centre». (QT en parle plus en détail dans cette entrevue-boni).

> Il admire l’oeuvre de David O. Russell, et croit par exemple qu’on parlera encore de The Fighter dans 30 ans.

«Son talent a toujours été là, mais s’est vraiment cristallisé dans ce film. Je pense qu’il est le meilleur directeur d’acteurs, avec moi-même, qui travaille dans l’industrie en ce moment. Et The Fighter avait un casting impeccable. À titre d’exemple, j’ai vraiment aimé The Town, qui est également sorti en 2010. C’était un bon film policier. Cependant, il ne pouvait pas se mesurer à The Fighter parce que tout le monde dans The Town était trop beau. Ben Affleck est le seul qui s’en sort, parce que son accent de Boston est si bon. Mais l’escroc est absolument magnifique. Le caissier est absolument magnifique. Le gars du FBI est absolument magnifique. La pute du village, Blake Lively, est absolument magnifique. Jeremy Renner est le gars le moins magnifique, mais il est quand même très beau. Ensuite, si vous voyez The Fighter, et voyez ces sœurs, elles sont tellement parfaites. Quand vous avez David O. Russell qui choisit ces sœurs, et vous avez Ben Affleck qui choisit Blake Lively, vous ne pouvez plus comparer ces deux films. L’un montre à quel point l’autre est faux.»

> Est-ce qu’il se sent en concurrence avec d’autres cinéastes, du genre Paul Thomas Anderson?

«Non, c’est très amical. Ça peut sembler égotiste, mais je ne me sens vraiment plus en compétition avec les autres; je suis en compétition avec moi-même. David O. Russell peut avoir le plus gros hit de l’année, et ça ne m’enlève rien. Je ne pouvais être plus heureux que de voir Richard Linklater aux Oscars cette année.

«La dernière fois que j’ai ressenti de la compétition c’est quand je faisais Kill Bill et que je me mesurais à The Matrix Reloaded. C’était l’épée de Damoclès au-dessus de ma tête. J’ai vu Matrix Reloaded au Chinese Theatre le jour qu’il a pris l’affiche, et je suis sorti de la salle en chantant la chanson de Jay-Z : S-dot-Carter / Y’all must try harder / Competition is nada. Je me suis dit, amenez-en! Je m’inquiétais pour ça? Putain de merde…»

> Il n’est pas le plus grand fan de la série-culte True Detective

«J’ai essayé de regarder le premier épisode de la première saison, et je n’ai pas du tout réussi à embarquer. Je pensais que c’était vraiment ennuyeux. Et la deuxième saison semble affreuse. Juste la bande-annonce – tous ces beaux acteurs qui essaient de ne pas être beaux et qui se promènent comme si le poids du monde était sur leurs épaules. C’est tellement sérieux, et ils sont tellement torturés, essayant d’avoir l’air misérable avec leurs moustaches et leurs vêtements sales. Une série de HBO que j’aime est The Newsroom d’Aaron Sorkin. C’est la seule série que j’ai littéralement regardée à trois reprises.»

> Il est un très grand fan d’Almodóvar (propos tirés de l’entrevue-boni)

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«Quand les gens en Amérique parlent des grands auteurs, ils ne parlent pas assez de Pedro Almodóvar. Depuis 30 ans, il a éclipsé presque tous ses pairs américains. Il a connu une période un peu faible à l’époque de Kika et de Tout sur ma mère. Je n’ai pas trop compris Étreintes brisées, mais c’était tout de même correct. Par contre, ces sept dernières années il a été sur une magnifique lancée. Il est un réalisateur fantastique. Ses scénarios sont merveilleux, et il ne cesse de gagner le gros lot.

«Et il est tellement spécifique, mais contrairement à un grand nombre de ces réalisateurs de films artistiques dont vous allez vous fatiguer, comme Wong Kar-wai, vous ne vous lasserez jamais d’Almodóvar. Parce que, autant que les éléments de ses films sont reconnaissables, ils ne semblent jamais se répéter. [La piel que habito], c’était lui qui faisait un film d’horreur, et c’était incroyable. J’ai eu l’impression que – et je suis pas mal sûr d’avoir raison – Pedro a regardé The Human Centipede et a pensé, Tu sais, je pense que je sais comment faire ce genre de truc. Je pourrais en faire quelque chose de très spécial.»

- Photo : Pedro Almodóvar sur le plateau de son dernier film, Silencio

> Il n’en a rien à cirer des critiques sociales de ses films (pour bien comprendre ce qui distingue une «critique sociale» – tendance en vogue ces derniers temps – d’une critique de film traditionnelle, deux bons exemples maison, ici et ici.)

«Il est vraiment facile de les ignorer, parce que je crois en ce que je fais à 100 pour cent. Donc, tous ceux qui s’opposent à mes films en clamant parler au nom du bien public peuvent tout simplement aller se faire foutre. Ils peuvent être une entrave pendant un moment, mais lorsque ça passe, il finissent toujours par être de l’essence sur mon feu.»

> Il est enchanté par son pouvoir d’influence (situation pour le moins ironique considérant qu’il est également l’un des cinéastes-recycleurs les plus notoires).

«C’est génial. Ça veut dire que je fais mon boulot. Je suis un cinéaste légitime de ma génération qui est en tête du peloton. Hitchcock a vu ses techniques reprises par d’autres personnes, et tout ça était génial. Spielberg a vu ses techniques copiées – cela signifie simplement que vous avez eu un impact.

«Avant même d’avoir fait un seul film, mon objectif était de faire des films que, si les jeunes les voyaient, ça leur donnerait envie de faire des films. Il s’agit d’une chose que je peux définitivement dire que j’ai accomplie.

«[Mon imitateur préféré] est un réalisateur qui n’a plus rien fait depuis, C. M. Talkington, qui a réalisé Love and a .45. Et il y a aussi un film de Hong Kong qui est vraiment formidable qui s’appelle Too Many Ways to Be No. 1.

«Si vous voulez me donner du crédit, je l’accepte, mais je ne vais pas le prendre. Je ne suis pas aussi présomptueux. Il y a une petite partie de moi-même qui pense que tout est influencé par moi, mais c’est juste ma mégalomanie qui parle.»

> Le meilleur pour la fin. Le huitième long métrage de Tarantino, The Hateful Eight, est selon son auteur un western qui parle de notre époque, plus particulièrement des tensions raciales qui font les manchettes aux États-Unis depuis une bonne année.

«Une chose qui a toujours été vraie est qu’il n’y a pas de genre qui reflète mieux les valeurs et les problèmes d’une décennie donnée que le western. Les westerns des années 50 reflètent l’Amérique d’Eisenhower mieux que tous les autres films de leur époque. Les westerns des années 30 reflètent les idéaux des années 30. Et les westerns des années 40 aussi, parce qu’il y avait toute une souche de westerns presque noirs qui, tout d’un coup, avaient des thèmes sombres.

«Les westerns des années 70 étaient des westerns anti-mythe – des westerns Watergate; tout portait sur les anti-héros, tout avait une mentalité de hippie ou une mentalité nihiliste. Jesse James y était un maniaque homicide. Dans Dirty Little Billy, Billy the Kid est dépeint comme un petit tueur punk mignon. Wyatt Earp est dépeint comme il l’était vraiment dans le film Doc, par Frank Perry. Dans les années 70, il était question de déchirer la croûte et montrer qui ces gens étaient réellement. Par conséquent, le gros western qui est sorti dans les années 80 était Silverado, qui essayait d’être tapageur à nouveau – c’était bel et bien un western Regan.

«Je n’essaie pas de rendre Hateful Eight contemporain d’aucune manière que ce soit. J’essaie juste de raconter mon histoire. Ça devient un peu lourd lorsque vous essayez de faire ainsi, lorsque vous essayez de faire un western hippie ou un western contre-culturel. The Good, the Bad and the Ugly n’aborde pas directement les conflits raciaux de la Guerre de Sécession; c’est juste un truc qui se passe. Mon film parle du pays qui est déchiré par ces conflits, et les conséquences raciales, six, sept, huit, dix ans plus tard.

«Enfin, la question de la suprématie blanche est discutée [dans les médias]. Et c’est de cela que parle mon film. [Les échos de Ferguson et Baltimore] étaient déjà dans le scénario. Je n’ai par contre pas essayé de le rendre contemporain, mais il arrive juste que le timing est opportun. J’aime le fait que les gens abordent le racisme institutionnel qui a existé et a été ignoré dans ce pays. Je sens que nous vivons un autre moment digne des années 60, où les gens eux-mêmes ont eu à exposer à quel point ils étaient laids avant que les choses puissent changer. Je suis plein d’espoir avec ce qui se passe en ce moment.»

Dernière chose, qui nous vient encore une fois de l’entrevue-boni publiée ce matin, on apprend officiellement que The Hateful Eight sera le premier film de QT a disposer d’une bande originale. Signée par nul autre qu’Ennio Morricone. Le mythique compositeur italien a réalisé une première musique pour un western depuis 1975. La réaction de Tarantino? «C’est horrible. Qu’attendez-vous à ce que je dise. Vous l’entendrez en temps et lieu. C’est absolument épouvantable».

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Mardi 14 octobre 2014 | Mise en ligne à 18h00 | Commenter Commentaires (25)

Pulp Fiction a 20 ans

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Quand Harvey Keitel est allé rendre visite à un aspirant réalisateur du nom de Quentin Tarantino, il lui a demandé s’il avait déjà vécu dans un quartier dur, ou si quelqu’un de sa famille avait déjà était lié avec des criminels. Le fameux acteur était curieux de savoir comment ce grand maigrichon, qui avait passé l’essentiel de sa vie adulte à travailler dans un club vidéo, et qui vivait dans un quartier plutôt paisible à L.A., en savait autant sur le monde interlope tel que décrit dans son scénario de Reservoir Dogs. «Non», lui a répondu le jeune homme de 28 ans, je n’en connais rien. Par contre, «je regarde des films».

Dans ce bref échange, relaté dans cette captivante «histoire orale» de Pulp Fiction publiée l’année dernière par Vanity Fair, se trouve le modus operandi de l’oeuvre tarantinesque. Que ses films parlent de gangsters, de Seconde Guerre mondiale, d’esclavage, de kung fu, ou de voitures à l’épreuve de la mort, il auront toujours comme sujet prédominant le cinéma lui-même.

Prenons seulement le titre de son premier long métrage, Reservoir Dogs, qui n’en dit pas tant sur la nature de l’intrigue, que sur la cinéphilie de son auteur. Il s’agit en effet de la transcription phonétique de sa prononciation fort maladroite du drame de guerre de Louis Malle Au revoir les enfants (1987). Et n’oublions pas le nom de sa maison de production, A Band Apart, qui est un hommage au joyau de la Nouvelle Vague Bande à part (1964) de Jean-Luc Godard.

Sorti en salle il y a vingt ans jour pour jour, le deuxième long métrage de Tarantino allait devenir le film indépendant le plus lucratif de l’histoire à l’époque, avec des recettes mondiales de 214 millions $ sur un budget de 8,5 millions $. Son impact culturel fut tel qu’il est pratiquement impossible de parler de l’oeuvre en tant que telle en la séparant du phénomène qu’elle a généré. Pulp Fiction est le À bout de souffle de sa génération: il a redéfini la mission du cinéma. Nous sommes aujourd’hui en l’an 20 ap. P.F. Et, malgré d’innombrables imitations qui se sont manifestées durant cette période comme autant de veaux d’or en quête désespérée d’idolâtrie, la suprématie du messie à la caméra n’a toujours pas été remise en question.

Quand on pense à Pulp Fiction, il surgit dans notre esprit une constellation de scènes, de musiques et de répliques savoureuses. Parmi celles-là, il y a la fameuse tirade du Royal With Cheese. Pour Tom Carson, qui signe en cette date anniversaire une analyse sophistiquée chez Grantland, ce moment «est le premier meurtre du film, en quelque sorte, parce que toutes sortes de règles hollywoodiennes sur la caractérisation et l’exposition venaient juste de prendre une raclée en plein visage».

J’ai vu Pulp Fiction quelques années après sa sortie, en VHS. C’est la scène juste après le Royal With Cheese qui m’a fait réaliser que je regardais un film pas comme les autres, qui bousculait avec panache les normes établies. Deux tueurs à gages se rendent sur les lieux d’une exécution particulièrement matinale. En chemin, ils discutent de massage de pied en long et en large. On peut croire qu’ils tentent de se distraire avant de commettre une tâche sanglante en abordant un sujet plutôt léger. Une fois rendus devant la porte derrière laquelle se trouvent leurs futures victimes, ils hésitent : «7:22 in the a.m. – It’s not quite time yet». Suite à quoi ils se retirent dans un couloir afin de poursuivre leur jasette apparemment insignifiante.

Et c’est là qu’on se rend compte que le «It’s not quite time yet» ne fait aucun sens en relation à l’intrigue (ils font irruption dans l’appartement moins d’une minute plus tard; ça m’étonnerait qu’ils aient pris rendez-vous à 7h23 précises), mais qu’il fait beaucoup de sens dans l’esprit d’un metteur en scène qui cherche à sublimer les attentes des spectateurs. Tarantino veut tellement nous démontrer que le trivial a préséance sur le dramatique, qu’il «arrête» carrément son film, afin d’ennoblir ce que tout exégète de scénarisation qualifierait de «superficiel». Dans l’univers de QT, le condiment goûte toujours mieux que le plat principal.

***

Parlant de trivial, pour les amateurs d’anecdotes :

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Jeudi 31 juillet 2014 | Mise en ligne à 18h00 | Commenter Commentaires (58)

Tarantino fera son western après tout

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Alors qu’on commençait à se remettre du deuil du très prometteur The Hateful Eight, abandonné dans la controverse en début d’année, voilà que Quentin Tarantino nous annonce qu’il a changé son revolver d’épaule: il fera bel et bien son western. Le tournage s’entamera début 2015, pour une sortie à la fin de cette année-là. Les choses bougent vite. Si vite, en fait, qu’une première affiche officielle du film a déjà fait son apparition, hier.

QT avait auparavant ravivé les espoirs, au mois d’avril, lorsqu’il a mis en scène et narré une lecture publique de son scénario, un huis clos tendu qui rappelle par sa forme son premier long métrage, Reservoir Dogs, et par son propos un mystère flirtant avec l’esprit des polars d’Agatha Christie.

Il avait réuni sur les planches du théâtre du Ace Hotel, à Los Angeles, quelques-uns de ses vétérans dont Michael Madsen, Samuel L. Jackson, Tim Roth et Kurt Russell, ainsi que des nouveaux venus dans sa troupe: Amber Tamblyn (qui a apparemment offert une solide performance dans le rôle d’une femme aussi raciste que vulgaire) et le vénérable character actor Bruce Dern, que QT avait en tête lorsqu’il était en train d’écrire The Hateful Eight.

Après cette représentation unique, des médias ont tranquillement annoncé que le long métrage aurait bel et bien lieu, avec tournage en hiver, mais le principal intéressé n’avait encore rien confirmé.

Et puis est venu le Comic-Con. Lundi dernier, Tarantino a participé à une session de questions-réponses lors de laquelle il a été confronté à l’inévitable, avant de lancer un succinct mais catégorique : «Oui, nous allons faire The Hateful Eight. Tout ça pour vous. Nous ne savions pas encore ce qu’il en était, mais je viens juste de décider à l’instant». Une déclaration un brin théâtrale, mais on s’entend que c’était dans l’esprit de l’évènement, un membre du public ayant fait semblant de s’évanouir en entendant la bonne nouvelle…

django-promoLe fameux cinéaste a profité du Comic-Con pour discuter d’autres projets, dont le crossover entre Django et Zorro, qui a été annoncé le mois dernier. QT s’est associé avec Dynamite Entertainment (une filiale de DC Comics) pour co-écrire une suite à son film sous forme de bande-dessinée. On y verra son esclave libéré/chasseur de primes joindre ses forces avec le fameux justicier masqué mexicain à l’aube de la guerre de Sécession. À noter que Django a déjà fait l’objet d’une adaptation en BD en six tomes peu après la sortie du film en question. Et c’est sans compter l’adaptation de Django Unchained en une mini-série télévisée de quatre heures qu’il a évoquée lors du dernier Festival de Cannes. Il semble bien qu’on assiste à la naissance d’une franchise tentaculaire.

Pour ce qui est de ses aventures cinématographiques post Hateful Eight, QT s’est dit intéressé à peut-être explorer un genre qu’il n’a jamais abordé par le passé : la science-fiction. «Si vous me l’aviez demandé il ya quelques années, j’aurais dit: “Non, pas vraiment, je ne sais pas.” Mais j’ai une petite idée en ce moment. C’est une petite fleur, vous savez, comme un germe de haricot, mais ceux qui ont tendance à croître dans les tiges. Ce ne sera pas un film SF de vaisseau spatial, il sera rattaché à la terre». Il a d’ailleurs dit que, s’il avait à rebooter une série, il aimerait bien faire sa propre version de Invasion of the Body Snatchers, mais du point de vue des extra-terrestres.

Kill-Bill-PosterEnfin, QT a promis au public de Comic-Con que Kill Bill: The Whole Bloody Affair prendra bel et bien l’affiche, et ce, d’ici un an. Le sanglant diptyque était conçu à la base comme un seul film, mais a finalement été séparé en deux en raison de sa durée trop imposante. Mais les fans ont toujours réclamé la version originale unie de 215 minutes qui a été présentée à Cannes en 2003. Elle comporte quelques modifications et scènes rallongées, notamment l’impressionnante séquence animée, qui passe de 8 à 35 minutes. Le film épique a d’ailleurs déjà été projeté, en mars-avril 2011, dans les salles du cinéma de répertoire appartenant à Tarantino, le New Beverly Cinema de Los Angeles. Un collaborateur de SlashFilm a eu l’occasion d’y assister; son compte-rendu ici.

Côté business, on a appris mardi, via le Wall Street Journal, que Tarantino a appliqué de la pression à son fidèle distributeur Harvey Weinstein afin qu’il s’engage à signer un «pacte» avec Kodak pour acheter «une certaine quantité de pellicule sans même savoir combien de leurs films seront tournés sur ce support au cours des prochaines années». Cette initiative a été reprise par d’autres cinéastes de renom, dont Christopher Nolan et J.J. Abrams, qui tenteront d’inciter leurs studios respectifs à garantir une alternative à la technologie numérique. Quoiqu’il advienne de cette mission de sauvetage, il est désormais acquis que The Hateful Eight sera filmé non seulement sur pellicule, mais «dans toute la splendeur impressionnante, spectaculaire» du CinemaScope 70 mm.

> Avis aux intéressés, vous pouvez maintenant me suivre sur Twitter

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