Jozef Siroka

Archive de la catégorie ‘PTA’

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Megan Ellison, le nouvel ange bienfaiteur du cinéma indépendant, a mis hier sur son compte Twitter un premier aperçu du très attendu nouveau film de Paul Thomas Anderson, The Master. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que l’attente a valu la peine!

Le clip de 100 secondes est une version raccourcie d’un montage d’environ quatre minutes qui a été montré à Cannes dans le cadre d’une soirée promotionnelle tenue par Harvey Weinstein, qui a également dévoilé un avant-goût de Django Unchained de Quentin Tarantino et de The Silver Linings Playbook de David O. Russell (comptes-rendus de l’évènement ici et ici).

PTA demeure manifestement dans l’esthétique géométrique et atmosphérique de There Will Be Blood (2007), semble avoir laissé derrière lui les influences altmaniennes et scorsesiennes qui ont marqué la première phase de son oeuvre (Boogie Nights, Magnolia). Le nom de Stanley Kubrick m’est immédiatement apparu à l’esprit: on a parfois l’impression d’être dans la salle d’entrevue au début de The Shining, ou dans le cerveau de HAL 9000 dans 2001 : A Space Odyssey. La qualité de la lumière rappelle définitivement Full Metal Jacket… Enfin, à la lecture des nombreux commentaires sur différents blogues, je constate que je suis loin d’être seul à dénoter ces parallèles.

Il y a ensuite le visage déstabilisant de Joaquin Phoenix. On ne l’a tout simplement jamais vu ainsi. Ce que je retiens surtout est le positionnement de son menton, élevé, lui donnant un air arrogant et dangereux. Phoenix a presque toujours gardé le menton bas dans ses performances – je pense en particulier à son travail remarquable avec James Gray – indiquant un état d’esprit troublé, une mélancolie introvertie; la menace est persistante, mais demeure toujours d’ordre interne. Pas cette fois-ci. Son Freddie Quell pourrait exploser à n’importe quel moment, laissant d’importants dommages dans son sillon. Il fait franchement peur.

Phoenix joue l’éventuel bras droit d’un gourou charismatique nommé Lancaster Dodd (Philip Seymour Hoffman) qui établit une religion ou un culte dans les années 1950 en Californie. Selon les journalistes qui ont assisté à l’évènement Weinstein, le personnage de Dodd est clairement basé sur la vie de L. Ron Hubbard, le fondateur de la Scientologie. Les deux hommes se ressemblent physiquement et se décrivent comme «écrivain, docteur et physicien théorique». Mais les similitudes ne s’arrêtent pas là. Un article du New York Times publié en avril dernier indique :

Les deux partagent un amour des bateaux, et une suspicion quasi-paranoïaque de l’Association Médicale Américaine. Les disciples de Hubbard espèrent devenir «clairs»; les disciples du Master visent «l’optimum». L’exploration psychologique par et avec chacun des deux implique une interrogation impitoyable. Tous les deux ont écrit leurs ultimes secrets dans un livre censé tuer ses lecteurs, ou les rendre fous. Ils sont obsédés par les motos. Leurs crises de colère sont monumentales. Chacun a une femme qui s’appelle Mary Sue.

On sait que le tournage de The Master a été suspendu début 2010, et l’on craignait même un certain temps que le projet n’aboutisse jamais. Certains parlaient de pressions de la part de l’Église de Scientologie, organisation puissante friande de poursuites. On ne sait toujours pas aujourd’hui quelle a été la réaction de la secte par rapport au film, ou si elle a entamé des démarches pour influencer la production de quelque manière que ce soit. Ce que je crains par contre est que le thème de la Scientologie ne vienne porter ombrage à une oeuvre qui s’annonce tout à fait exceptionnelle. En même temps, ce genre de publicité ne nuira certainement pas à la promotion d’un film qui ne porte pas l’étiquette «grand public»… À l’affiche le 12 octobre.

Mise à jour : La réaction mitigée de Tom Cruise

À lire aussi :

> Jonny Greenwood et PTA, prise 2

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Jeudi 29 mars 2012 | Mise en ligne à 12h15 | Commenter Commentaires (2)

12 octobre 2012

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À inscrire dans le calendrier. La date du très, très, attendu nouveau film de Paul Thomas Anderson, provisoirement intitulé The Master, a officiellement été dévoilée cette semaine.

Le sixième long métrage de PTA (There Will Be Blood, Magnolia) se penche sur l’essor d’une religion – La Cause – prêchée par un intellectuel charismatique et son jeune apprenti dans le sud des États-Unis durant les années 1950.

Le rôle-titre est interprété par le fidèle allié du cinéaste de 41 ans, Philip Seymour Hoffman, qui a joué dans quatre de ses films. Amy Adams, Joaquin Phoenix et Laura Dern font également partie de la distribution. Le guitariste de Radiohead, Jonny Greenwood, assure la bande originale.

Pour un résumé de l’aventure The Master, je vous propose mon post de mai dernier.

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Vendredi 9 décembre 2011 | Mise en ligne à 17h30 | Commenter Commentaires (6)

Jonny Greenwood et PTA, prise 2

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Le guitariste de Radiohead, Jonny Greenwood, composera la musique du prochain long-métrage de Paul Thomas Anderson, provisoirement intitulé The Master. Les deux hommes avaient collaboré sur le précédent film du cinéaste, There Will Be Blood (2007). Cette bande originale, rappelant les mélodies lugubres et mélancoliques de compositeurs contemporains tels Arvo Pärt et Krzysztof Penderecki, a été très bien accueillie par la critique. Malheureusement, l’œuvre de Greenwood a été jugée inéligible à la course aux Oscars en raison d’une technicité, ce qui avait causé une petite commotion à l’époque…

Voici le premier morceau de l’album, Open Spaces :

Inspiré librement par l’histoire de l’Église de scientologie, The Master se penche sur l’essor d’une religion – La Cause – prêchée par un intellectuel charismatique et son jeune apprenti dans le sud des États-Unis durant les années 1950. Le rôle-titre est assuré par Philip Seymour Hoffman, qui a joué dans quatre des cinq longs-métrages de PTA. Il sera notamment épaulé par Amy Adams, Laura Dern et Joaquin Phoenix, qui remplace Jeremy Renner. (Voir des images «backstage» du tournage ici).

Du rock au cinéma

Ces dernières années ont été très riches en ce qui concerne les bandes originales de films. Je suis en particulier fasciné par le travail de musiciens issus de la scène rock ou alternative qui font le saut dans l’univers du cinéma. Il y a le vétéran Cliff Martinez, ancien batteur des Red Hot Chili Peppers (1983-1986), qui est devenu le compositeur attitré de Steven Soderbergh (l’album de Contagion, sa 10e et plus récente association avec le prolifique réalisateur, est un pur délice). Martinez a probablement signé son chef d’oeuvre avec la BOF de Drive de Nicolas Winding Refn. Les deux hommes collaborent de nouveau sur le prochain film du cinéaste danois, Only God Forgives.

Il y a également Trent Reznor, de Nine Inch Nails, qui a remporté un Oscar pour sa sublime BOF de The Social Network, musique électro-atmosphérique tantôt minimaliste, tantôt turbulente, parfois agréablement angoissante, que j’écoute en boucle depuis sa sortie. David Fincher n’a pas hésité pour faire appel de nouveau au compositeur pour The Girl With the Dragon Tattoo. L’album, séparé en trois tomes contenant un total de 39 titres, est disponible pour le téléchargement à partir d’aujourd’hui via le site du label Null Corporation.

De nombreux morceaux de la BOF ont d’ailleurs été mis en ligne sur le web. Voici Please Take Your Hand Away :

- Via The Playlist

À lire aussi :

> Paul Thomas Anderson obtient enfin le feu vert
> PTA adapte Pynchon

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