Jozef Siroka

Archive de la catégorie ‘Projet de film’

Mardi 27 octobre 2015 | Mise en ligne à 22h15 | Commenter Commentaires (2)

Claire Denis dans l’espace

Deep_Space

Une des figures majeures du cinéma d’art et d’essai à l’échelle mondiale est en train de préparer le projet le plus intrigant de son illustre carrière. Claire Denis, cinéaste française de 70 ans, connue pour ses drames intimistes et ambigus (Beau Travail, Vendredi soir, White Material), prendra la direction de l’espace intersidéral, avec comme compagnons de route quelques vedettes hollywoodiennes.

Le projet, qui n’a toujours pas de titre, a été révélé par Screen Daily en juin dernier. Il a d’abord été décrit comme un film de science-fiction qui se déroule «à l’extérieur du système solaire, dans un futur qui semble être le présent». L’idée vient de Denis et de son collaborateur régulier Jean-Pol Fargeau.

Le scénario a été confié à la jeune romancière britannique Zadie Smith (White Teeth, On Beauty), qui s’est fait connaître de ce côté-ci de l’Atlantique grâce à ses écrits dans le prestigieux hebdomadaire The New Yorker. Elle coécrira le film avec son mari Nick Laird, un poète nord-irlandais.

Screen Daily rapportait ensuite en août que Robert Pattinson assurera le rôle principal. L’acteur révélé par la série pour ados Twilight est devenu la muse improbable du cinéma d’auteur : au cours des dernières années, il a prêté ses talents et sa notoriété aux films de Werner Herzog (Queen of the Desert), David Michôd (The Rover) et David Cronenberg (Cosmopolis, Maps to the Stars). ll tourne actuellement Lost City of Z avec James Gray (The Immigrant), et rejoindra ensuite Harmony Korine (Spring Breakers) pour The Trap.

Enfin, Screen Daily rapportait lundi que Patricia Arquette, lauréate cette année de l’Oscar de la meilleure actrice pour sa prestation dans Boyhood, s’est également joint au casting. La publication en a aussi appris un peu plus sur l’intrigue, qui évoque davantage la sensibilité d’un John Carpenter que celle d’une auteure habituée aux grands festivals européens : «Un groupe de criminels chevronné, dans une tentative d’échapper à leurs longues peines ou à la peine capitale, acceptent une mission du gouvernement probablement fatale visant à trouver des sources d’énergie alternatives dans l’espace».

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Deadline, de son côté, rapportait vendredi que Mia Goth, mannequin britannique révélée au grand écran dans Nymphomaniac de Lars Von Trier (photo), fera aussi partie de l’aventure. Le site fournit d’autres détails sur l’intrigue : nos criminels seraient en fait des cobayes pour «une expérience sur la reproduction humaine. Ils se trouvent dans une situation inimaginable après qu’une tempête de rayons cosmiques eut frappé leur navire».

Le film bénéficiera par ailleurs de la collaboration de l’artiste contemporain dano-islandais Olafur Eliasson, qui a marqué le milieu avec son installation The Weather Project (2003). «Un écran semi-circulaire est suspendu à 7,70 mètres du fond de la salle. Ce dernier est rétroéclairé par environ 200 ampoules à monofréquence. Des cadres en aluminium sont suspendus sur un plafond tendus d’un film miroir, donnant l’impression que le volume est deux fois plus important.

«Derrière cette installation les visiteurs peuvent découvrir la mise en œuvre de ce dispositif, de même que la partie supérieure du miroir, qui est visible depuis l’étage supérieur du musée. Les visiteurs sont plongés dans un brouillard artificiel, grâce à la présence d’humidificateurs, ce qui permet de renforcer le jeu d’illusion et de désillusion instauré par l’artiste. Plus de deux millions de visiteurs ont pu participer à l’expérience.»

À la manière de Christopher Nolan, qui a demandé à l’éminent astrophysicien Kip Thorne de participer au scénario de son Interstellar, Denis a retenu les services d’un scientifique de renom, Aurélien Barrau, qui est «spécialisé dans la physique des astroparticules, des trous noirs et la cosmologie». Selon Wikipedia, «Il est également actif en philosophie et épistémologie, et il aime se frotter avec les artistes d’avant-garde».

À la musique, Denis retrouve Stuart Staples, chanteur du groupe alternatif britannique Tindersticks, qui a composé cinq de ses longs métrages, dont le sublime 35 rhums (2008). Voici la séquence d’ouverture (suivie de toutes les autres collaborations Denis/Staples) :

Le tournage devrait s’entamer début 2016. Je suis extrêmement curieux de voir le résultat final. En ce qui me concerne, le fait que l’histoire se déroule dans l’espace est très à propos pour le genre de cinéma que Claire Denis pratique. En effet, je classerais son oeuvre dans la catégorie des «films qui laissent de l’espace au spectateur», qui nous font confiance et qui nous permettent de participer activement à ce qui est présenté, et du coup de créer notre propre film en parallèle dans notre esprit.

L’approche de Claire Denis est très difficile à articuler en mots puisqu’elle mise justement sur l’indicible, sur des portraits impressionnistes de personnages énigmatiques. Au-delà de sa direction d’acteurs, c’est sa direction sensuelle de l’environnement (urbain comme naturel), son oeil incomparable pour capter les diverses textures, températures et teintes du monde qui nous entoure, qui en font une artiste visuelle si singulière.

Elle a parfaitement résumé son style lorsqu’elle a déclaré : «J’ai choisi le camp des cinéastes qui font confiance à l’image». Un propos relayé par sa fidèle directrice photo Agnès Godard, qui a affirmé en entrevue au Devoir il y a quelques années : «Claire est une sculptrice. Elle est la réalisatrice qui compte le plus sur l’image pour raconter une histoire. Ce qui l’intéresse, c’est le langage même du cinéma. Claire aborde le mystère de l’existence de l’autre, traité avec respect, ce qui m’apporte une vraie perspective photographique.»

Pour en savoir plus sur cette réalisatrice cruellement méconnue, je vous suggère de lire cet avant-propos de Wim Wenders pour le livre The Films of Claire Denis: Intimacy at the Border. Le cinéaste allemand y évoque le soutien inestimable que cette «femme frêle» avec «des yeux curieux, éveillés» lui a apporté pendant les tournages de deux de ses classiques, Paris, Texas (1984) et Les Ailes du désir (1987).

Et voici une présentation vidéo de L’intrus (2004), que je considère comme le film-somme de Claire Denis, concoctée par l’équipe de Reverse Shot, de véritables passionnés de la cinéaste française, qui offrent ici une analyse exhaustive de son oeuvre.

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Lundi 8 septembre 2014 | Mise en ligne à 18h15 | Commenter Commentaires (2)

Le calvaire se poursuit pour Paul Schrader

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Ça va de mal en pis pour Paul Schrader. Le vénérable réalisateur (Mishima, Affliction), scénariste (Taxi Driver, Raging Bull) et essayiste (Notes on Film Noir, Cannon Fodder) s’est encore une fois fait jouer un vilain tour par les studios.

On a récemment appris que The Dying of the Light, thriller policier très prometteur mettant en vedette Nicolas Cage, a été remonté par une filiale de Lions Gate, qui a également rajouté une nouvelle bande originale au film. Il s’agit de la troisième fois au cours de la dernière décennie que le cinéaste s’est fait saboter un de ses projets.

Fin 2010, il avait fini d’écrire un récit de vengeance intitulé The Jesuit, qu’il se préparait à mettre en scène. Mais à la veille du tournage, on lui a brusquement annoncé que ses services ne seraient plus requis. Le film a été repris par le jeune Alfonso Pineda Ulloa, et est aujourd’hui à l’étape de la post-production.

Cet épisode avait profondément ébranlé le cinéaste de 68 ans, qui craignait de replonger en dépression. Pour se remettre d’humeur, il a commencé à donner des cours à la Columbia University, sur l’influence de la technologie sur l’histoire du cinéma; une expérience qu’il relate dans les pages de Film Comment (la première partie de son essai, sur D.W. Griffith, a été publiée dans l’édition Juillet/Août de cette année, mais n’est malheureusement pas disponible en ligne.)

Professeur Schrader est vite revenu à sa passion première avec The Canyons, un thriller érotique crowdsourcé, basé d’après un scénario de Bret Easton Ellis (American Psycho), et mettant en vedette la reine des tabloïds Lindsay Lohan et la star du X «pour elle» James Deen. L’objectif était de prouver que, grâce aux nouvelles technologies – équipements de moins en moins coûteux, vibrants réseaux sociaux de cinéphiles bienfaiteurs, plateformes de distribution en ligne – il était possible de faire un film de qualité sans interférence aucune de la part des studios. L’expérience s’est en fin de compte avérée un désastre: Schrader a subi l’humiliation de se voir refuser l’entrée dans deux festivals, a été l’objet d’un long reportage aussi gênant que divertissant sur les déboires de son tournage, avant de voir son film être descendu en flammes par la critique, qui normalement le tient en haute estime.

dominion_prequel_to_the_exorcistMais reculons un peu en arrière. En 2005, Schrader avait remplacé le vétéran du cinéma d’action John Frankenheimer pour réaliser Dominion, un prequel à The Exorcist. Une fois complété, le film a été tabletté par Morgan Creek Productions, qui ne le jugeait pas suffisamment commercial (trop psychologique, pas assez violent). Le projet a été repris à partir de zéro, ou presque, sous la direction de Renny Harlin (Die Hard 2, Deep Blue Sea), qui a recyclé certains éléments de la version originale, dont l’acteur principal, Stellan Skarsgård, et le directeur photo, le légendaire Vittorio Storaro (Apocalypse Now). Sauf que le studio a perdu son pari, puisque leur désormais titré Exorcist: The Beginning a été rejeté en masse lors des projections-tests. Schrader, dont le travail avait été salué par William Peter Blatty, l’auteur original de The Exorcist, a finalement obtenu comme prix de consolation 35 000$ pour compléter Dominion ainsi qu’une distribution restreinte en salle, neuf mois après la sortie du film de Harlin.

Ce qui nous amène à la toute dernière offense perpétrée par les studios envers Schrader. Les informations ne sont pas encore tout à fait claires, mais selon ce que rapporte Variety, les problèmes relatifs à la production du film ont fait surface lors de la publication d’une «mystérieuse» page Facebook intitulée «Save Paul Schrader’s Dying of the Light», qui déclare dans un anglais approximatif (que je traduis textuellement) :

La vérité sur Dying of the Light… Le film a été enlevé des mains de Paul Schrader! Le film est maintenant remonté et le contrôle du film a été retiré à M. Schrader il y a deux mois. Comme il s’agissait d’un projet que M. Schrader a conçu, écrit et réalisé, nous demandons aux Producteurs, Grindstone Pictures, Lionsgate Films et Red Granite Film de s’assurer que la version de Schrader et Cage soit vue du public comme le réalisateur l’a prévu! Le destin du film repose maintenant entre les mains de Grindstone / Lionsgate et Red Granite. Le nom de tous ceux qui aiment cette page sera ajouté à la pétition.

La page Facebook, qui a été retirée la semaine dernière, serait l’initiative d’utilisateurs provenant de Bucarest, en Roumanie, où le film a été tourné en partie. La mention à Grindstone Entertainment Group est l’élément le plus curieux du message. En effet, il s’agit d’une boîte de production spécialisée en direct-to-video, qui compte parmi ses accomplissements The Prince avec Bruce Willis et A Good Man avec Steven Seagal. On se demande bien ce que Schrader est allé faire dans cette galère, et si c’est bien cette association douteuse qui lui a coûté le contrôle de son projet.

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Ce que l’on sait, cependant, c’est que The Dying of the Light devait être projeté le mois prochain au Festival international du film de Rome, où Schrader devait obtenir une récompense honorifique, mais «l’invitation a été retirée lorsque le festival a appris que la version qui leur était offerte [...] n’était pas celle de Schrader», précise Variety. Le film devait aussi faire partie de la programmation du New York Film Festival, qui s’entame à la fin du mois, mais lorsque son directeur, Kent Jones, a contacté Lions Gate, on ne s’est pas montré très accommodant.

Selon Jones, qui a vu une première ébauche de la version de Schrader, The Dying of the Light «est un film fait par un véritable cinéaste. Paul a toujours eu l’esprit commercial, mais il est aussi un gars avec une vision. Ses films sont la définition des films qui fonctionnent à deux niveaux en même temps. Ce film est un thriller, mais c’est aussi une enquête existentielle. Il étire un petit budget de façon ingénieuse. Ce que j’ai vu, c’est une étude de caractère assez convaincante et un film que j’avais hâte de voir dans sa version finale».

Schrader a écrit The Dying of the Light en 2010. Le scénario a ensuite été confié à un Nicolas Winding Refn pré-Drive, avec Harrison Ford comme acteur principal. Mais ce dernier s’est désisté puisqu’il refusait de voir son personnage mourir, une condition qui était non-négotiable pour le réalisateur et le scénariste. Finalement, Schrader a remplacé Refn – qui est demeuré lié au projet, à titre de producteur exécutif – et Cage a pris le relais de Ford, dans la peau d’un agent de la CIA vieillissant aux prises avec une démence du lobe frontal, qui pourchasse un terroriste de la trempe de Oussama ben Laden.

Jones encense la performance de Cage: «Je pense qu’il est incroyable. Il est extrêmement discipliné et concentré. Quand il s’allie avec un réalisateur qui travaille en étroite collaboration avec lui, il devient très puissant». Le film met aussi en vedette Anton Yelchin (qu’on voit à gauche sur la photo coiffant ce billet, aux côtés de Schrader et Cage) ainsi que la muse de Kieslowski, Irène Jacob, dont on n’a pas entendu parler depuis belle lurette.

Dans cette industrie où l’art est souvent pris d’assaut par le commerce, il est difficile de ne pas se laisser tenter par le cynisme. Mais, dans ce cas-ci – si les allégations sont confirmées – ça devient carrément impossible. Lions Gate et ses sbires de Grindstone donnent l’impression d’être des requins sadiques, qui n’ont aucune considération pour les épreuves passées de Schrader. Et ce n’est pas comme s’ils avaient engagé un réalisateur vert, qui peut se permettre de subir une leçon à la dure; ils se sont associés avec un cinéaste à la réputation (non commerciale) bien établie. En d’autres mots, ils savaient exactement dans quoi ils s’embarquaient. On est en droit de se demander s’ils n’ont pas consciemment choisi de répéter la stratégie de Morgan Creek dans l’affaire Dominion; oublions les requins, on parle plutôt ici du scorpion et de la grenouille…

Bien évidemment, ce n’est pas la fin de cette histoire mystérieuse. De nouvelles infos devraient apparaître sous peu, et je vais m’assurer de les relayer sur cette page aussi ponctuellement que possible. En cas de développement majeur, un nouveau post suivra.

À lire aussi :

> Les deux visages de Nicolas Cage
> The Canyons : Lindsay Lohan hardcore

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Zack Snyder est devenu l’homme de la situation dans le département des super-héros chez Warner Bros. Après Watchmen et Man of Steel, le studio lui a confié en juillet dernier les rênes de Batman vs. Superman, à l’affiche en mai 2016. Une première photo de Ben Affleck portant le costume du chevalier noir a été diffusée aujourd’hui, au lendemain d’un tweet du réalisateur dévoilant en partie la Batmobile.

Mais ces films ne sont qu’un prélude à la véritable mission de Snyder : répéter le succès des Avengers du compétiteur Disney/Marvel grâce à l’adaptation cinématographique de Justice League. Le mégaprojet compte réunir les plus fameuses figures de l’univers DC Comics, à savoir Batman (Affleck), Superman (Henry Cavill), Wonder Woman (Gal Gadot), et d’autres personnages qui ne sont pas encore associés à des acteurs, comme Cyborg, Aquaman, Flash et Green Lantern. Justice League est prévu pour 2018 au plus tôt, a rapporté le Wall Street Journal en avril.

S’ajustant tant bien que mal à la tendance lourde de «l’univers partagé», Warner a annoncé avoir neuf projets en développement en relation avec Justice League. L’identité de ces films solos n’a pas été dévoilée, mais parmi les possibilités on retrouverait : Suicide Squad, Lobo, Shazam, Green Arrow, Fables, le Sandman de Joseph Gordon-Levitt ou peut-être même le Justice League Dark de Guillermo Del Toro, en plus bien sûr des personnages cités dans le paragraphe précédent.

Et on ne parle ici que de la lutte que se livrent deux studios majeurs, alors que c’est Hollywood au complet qui veut avoir sa part du supergâteau. Un article de fond publié par The Playlist en décembre, qui se désole de l’Avengerisation des blockbusters, liste des projets d’autres héros costumés qui ne sont pas issus de Disney ou Warner, dont X-Force, un reboot de Fantastic Four et une autre suite à Wolverine (20th Century Fox) et Venom et Sinister Six (Sony). Il y a trois semaines, on apprenait que Fox allait ressusciter Flash Gordon. Au moment de taper ces lignes, on apprend que Channing Tatum vient d’être confirmé pour incarner Gambit en prévision d’un film solo tiré de l’univers X-Men

Les membres de Justice League

Les membres de Justice League

Mais le souverain suprême des spin-offs demeure sans conteste Disney/Marvel, avec ses neuf films sortis depuis mai 2008 (le plus décevant du groupe, The Incredible Hulk, ayant engrangé un «maigre» 263 millions $ au box-office), et un second chapitre The Avengers à l’horizon (1er mai 2015). Age of Ultron présentera une flopée de nouveaux personnages, dont Quicksilver (Aaron Taylor-Johnson), The Scarlett Witch (Elisabeth Olsen) et Vision (Paul Bettany), qui pourraient chacun piloter des films solos. Le patron de Marvel, Kevin Feige, a déclaré à Bloomberg Businessweek en avril que «les possibilités sont infinies».

Une grande partie du succès de Marvel peut être attribuée à Feige. Il a une compréhension particulière de la bande dessinée, des fans, des super-héros, et du récit. Il concède que Marvel ne récupérera pas les droits cinématographiques de X-Men ou de Spider-Man de sitôt, mais dit Marvel a quelque chose de plus précieux: un univers composé de milliers de personnages qu’il contrôle entièrement.

Cela signifie que Feige peut produire un nombre illimité de films avec des intrigues entrelacées, créer un vaste public pour presque n’importe quel film de Marvel. Les gens pourraient aller voir The Avengers, y rencontrer Black Widow, et revenir pour son film, aussi.

Il y a une carte de films se rendant loin dans la prochaine décennie sur le mur du bureau de Feige. «C’est comme regarder à travers le télescope Hubble. Vous vous dites, “Qu’est-ce qui se passe là-bas? Je peux voir en quelque sorte”, dit-il en riant. Ils en ont imprimé une nouvelle récemment qui va jusqu’en 2028.»

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La stratégie des films solos à la pelletée n’est peut-être pas aussi infaillible que semble le croire M. Feige. Ce dernier aimerait répéter le succès des Avengers et de ses dérivés avec la franchise à venir Guardians of the Galaxy, avant-dernier jalon de la Phase II du Marvel Cinematic Universe. Mais, selon cette analyse du Hollywood Reporter, il s’agirait d’un pari particulièrement risqué. Des personnages comme Star-Lord, Gamora, Drax the Destroyer, Groot et Rocket Raccoon (oui, vous avez bien lu, un super-raton laveur, qui plus est, a été inspiré par une chanson des Beatles) n’ont pas eu le même impact dans la culture populaire que les Iron Man, The Hulk ou Captain America dans leurs moutures pré-cinématographiques. Le fameux «brand awareness» n’est pas aussi fort.

En même temps, si Marvel réussissait à remporter son pari, il se rendrait à un autre niveau. En effet, si Guardians of the Galaxy faisait exploser le box-office malgré le fait que sa mythologie est moins connue du grand public, il s’agirait d’un gage de la prééminence du sceau du studio. Le brand Marvel deviendrait autosuffisant. Et c’est à ce moment que les possibilités seront véritablement infinies, pour reprendre la déclaration de Feige. Qui sait, on aurait peut-être l’audace d’y aller avec un concept aussi absurde qu’un homme-fourmi! Ah oui, j’oubliais

À lire aussi :

> Man of Steel : contre le super-héros «réaliste»
> Batman ne porterait pas le carré rouge

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