Jozef Siroka

Archive de la catégorie ‘Oliver Stone’

Jeudi 28 janvier 2010 | Mise en ligne à 16h45 | Commenter Commentaires (22)

Wall Street 2 : la rédemption?

wall-street-6001
- Photo : Vanity Fair

Dans ce paysage saturé de remakes, reboots et suites qu’est Hollywood, aucun univers ne semble plus adéquat à revisiter que celui de Wall Street (1987) d’Oliver Stone. En effet, le fameux adage Greed is good lancé par Gordon Gekko (Michael Douglas) il y a plus de 20 ans a été appliqué à la lettre par les cowboys de la finance, avec les résultats désastreux qu’on ne connaît que trop bien aujourd’hui.

Dans Wall Street : Money Never Sleeps, qui réunit de nouveau le réalisateur et la star de l’original, Gekko sort de prison après une longue sentence et tente de se rapprocher de sa fille (Carey Mulligan). Pour ce faire, il s’associe avec le fiancé de cette dernière, un ambitieux opérateur de fonds alternatifs (Shia LaBeouf), qui finira par le considérer comme une figure paternelle. Mais Gekko devra faire gaffe à un conseiller en fusions-acquisitions sans remords (Josh Brolin), un type qui lui rappelle immanquablement lui-même dans sa propre jeunesse…

Le monde a bien changé et Gekko, qui n’a rien perdu de sa touche après une si longue absence, se voit forcé de modifier son refrain au goût du jour : «Someone reminded me I once said “greed is good.” Now, it seems it’s legal.». Essaiera-t-il cette fois-ci de réparer ses erreurs du passé pour faire avancer le «bien commun» ou répondra-t-il de nouveau à son infâme instinct reptilien?

Pas de pitié pour les porcs

Écrit par Allan Loeb, un courtier en bourse licencié, Wall Street 2 promet d’être un film bien ancré dans l’actualité, plus encore que le premier; la Réserve fédérale y tiendra un rôle essentiel et on verra des caméos de la part de l’homme d’affaires le plus célèbre de la planète, Donald Trump, ainsi que du gourou controversé des médias financiers, Jim Cramer. Stone promet également, sans surprise, d’inclure de la «politique contemporaine» dans son film. Connaissant sa déception vis-à-vis la première année d’Obama, on a bien hâte de décortiquer son éditorial cinématographique.

Fils d’un courtier financier, Stone a dû se faire convaincre (par Douglas et le producteur du film de 1987) pour retourner sur Wall Street. Le cinéaste de 63 ans, qui croyait que tout cet excès allait prendre fin durant les années 1980, est abasourdi et fasciné par la «richesse superficielle» amassée aujourd’hui. Il déclare en entrevue à USA Today : «Je dirais que le krash, qui a eu lieu entre-temps, a rendu le projet plus intéressant. Mais je ne veux rien faire pour glorifier les porcs. Parce qu’il on été des porcs, et nous le savons».

Le film prend l’affiche le 23 avril. En attendant, voici le premier teaser :

> W. ne nous apprend rien. Et alors?

Lire les commentaires (22)  |  Commenter cet article






Jeudi 23 octobre 2008 | Mise en ligne à 7h30 | Commenter Commentaires (6)

W. ne nous apprend rien. Et alors?

w

Je suis allé voir W. avec en tête un passage de la chronique de Marc Cassivi :

W. n’est pas tant une oeuvre cinématographique qu’une démonstration, lourde, empesée, laborieuse, des ratés de la présidence Bush fils. Pour peu qu’on s’intéresse à la politique américaine, on n’y apprend rien ou presque.

Je ne suis pas certain si cette dernière partie est un reproche ou une simple constatation, il reste que cette notion d’apprentissage me laisse perplexe. J’ai depuis lu de nombreuses critiques de W., tant les positives que les négatives, pour y retrouver toutes les variantes possibles du «on n’y apprend rien ou presque».

Quand je vais au cinéma, je ne recherche pas la même expérience que lorsque je lis le New Yorker ou que je regarde Bill Moyers. J’y vais plutôt avec l’attente d’être ému, surpris, séduit. Pas pour être instruit. Pour cela, je préfère faire un tour à la bibliothèque.

L’idée qu’un film soit considéré comme une source valable d’enseignement est à la limite inquiétante. Surtout lorsqu’on parle d’un film d’Oliver Stone!

Pour revenir à W., il s’agit sans doute du film le plus léger, retenu et simple que Stone ait jamais fait. Le ton du film, tantôt satirique, tantôt mélodramatique, contraste énormément avec la gravité des actions de George W. Bush, qu’on associe invariablement à tous les maux de la planète.

L’approche de Stone est judicieuse. Après huit années de misère, il sait que le public n’est pas disposé à voir sur grand écran une exploration pessimiste et approfondie de leur actuel président. Contrairement à ses épiques politiques JFK (1991) et Nixon (1995), W. est une oeuvre mineure, une oeuvre qui s’assume comme telle.

Privé de perspective historique, Stone raconte sobrement le récit classique d’un fils obsédé par le besoin de se prouver à son père. W. est avant tout un film de moeurs. Mis à part George Jr. (Josh Brolin), les personnages les plus développés sont issus de la famille Bush; le père (James Cromwell), la mère (Ellen Burstyn) et la femme (Elizabeth Banks). On pourrait aussi y inclure Karl Rove (Toby Jones), surnommé Bush’s Brain, le plus fidèle allié du président. Les membres du cabinet de guerre, qui pourraient chacun faire l’objet d’un long métrage, font quant à eux de brèves apparitions. Ils n’existent qu’à travers le regard de Bush et contribuent, par extension, à souligner les diverses facettes de sa personnalité.

Passionné de mythologie grecque, Stone a réalisé une sorte de tragi-comédie de chambre. L’action se déroule pour l’essentiel derrière des portes closes. Un peu à la manière de La chute, le controversé film allemand sur les derniers jours de Hitler. W. se montre cependant bien moins ambitieux. Stone considère que le temps n’est pas venu pour réfléchir sur la pleine signification du 43e président. À travers ce portrait impressionniste, il initie plutôt une tentative de réconciliation avec le douloureux passé immédiat de sa nation.

W. ne passera certainement pas à l’histoire. On peut même argumenter qu’il ne s’agit pas d’un très bon film. Je le vois davantage comme un prologue ou une esquisse qui annonce le Grand Film sur George W. Bush. Qui sait, peut-être sera-t-il réalisé par Oliver Stone lui-même?

Lire les commentaires (6)  |  Commenter cet article






Jeudi 25 septembre 2008 | Mise en ligne à 19h00 | Commenter Un commentaire

Créez votre propre bande-annonce de W.

w_bush-5.jpgOliver Stone lance un concours via YouTube qui
consiste à créer une bande-annonce composite
de son film W., qui sort en salles le 17 octobre
prochain.

Le créateur du meilleur mashup remportera un
MAC Pro, une copie de Final Cut Express et une
caméra vidéo.

***
Oliver Stone fournit les détails :

Participez ici.

Si jamais la création de bandes-annonces est un passe-temps qui vous
passionne, soumettez votre projet au 1er Festival des fausses bandes-
annonces
. Le prix ici est plus imposant : 30 000 €!

Pour en savoir plus sur W. :

> L’histoire des Bush : digne de Shakespeare

Un commentaire  |  Commenter cet article






publicité

  • Catégories

  • Blogues sur lapresse

    publicité

  • Calendrier

    avril 2014
    L Ma Me J V S D
    « mar   mai »
     123456
    78910111213
    14151617181920
    21222324252627
    282930  
  • Archives

  • publicité