
- Photo : Vanity Fair
Dans ce paysage saturé de remakes, reboots et suites qu’est Hollywood, aucun univers ne semble plus adéquat à revisiter que celui de Wall Street (1987) d’Oliver Stone. En effet, le fameux adage Greed is good lancé par Gordon Gekko (Michael Douglas) il y a plus de 20 ans a été appliqué à la lettre par les cowboys de la finance, avec les résultats désastreux qu’on ne connaît que trop bien aujourd’hui.
Dans Wall Street : Money Never Sleeps, qui réunit de nouveau le réalisateur et la star de l’original, Gekko sort de prison après une longue sentence et tente de se rapprocher de sa fille (Carey Mulligan). Pour ce faire, il s’associe avec le fiancé de cette dernière, un ambitieux opérateur de fonds alternatifs (Shia LaBeouf), qui finira par le considérer comme une figure paternelle. Mais Gekko devra faire gaffe à un conseiller en fusions-acquisitions sans remords (Josh Brolin), un type qui lui rappelle immanquablement lui-même dans sa propre jeunesse…
Le monde a bien changé et Gekko, qui n’a rien perdu de sa touche après une si longue absence, se voit forcé de modifier son refrain au goût du jour : «Someone reminded me I once said “greed is good.” Now, it seems it’s legal.». Essaiera-t-il cette fois-ci de réparer ses erreurs du passé pour faire avancer le «bien commun» ou répondra-t-il de nouveau à son infâme instinct reptilien?
Pas de pitié pour les porcs
Écrit par Allan Loeb, un courtier en bourse licencié, Wall Street 2 promet d’être un film bien ancré dans l’actualité, plus encore que le premier; la Réserve fédérale y tiendra un rôle essentiel et on verra des caméos de la part de l’homme d’affaires le plus célèbre de la planète, Donald Trump, ainsi que du gourou controversé des médias financiers, Jim Cramer. Stone promet également, sans surprise, d’inclure de la «politique contemporaine» dans son film. Connaissant sa déception vis-à-vis la première année d’Obama, on a bien hâte de décortiquer son éditorial cinématographique.
Fils d’un courtier financier, Stone a dû se faire convaincre (par Douglas et le producteur du film de 1987) pour retourner sur Wall Street. Le cinéaste de 63 ans, qui croyait que tout cet excès allait prendre fin durant les années 1980, est abasourdi et fasciné par la «richesse superficielle» amassée aujourd’hui. Il déclare en entrevue à USA Today : «Je dirais que le krash, qui a eu lieu entre-temps, a rendu le projet plus intéressant. Mais je ne veux rien faire pour glorifier les porcs. Parce qu’il on été des porcs, et nous le savons».
Le film prend l’affiche le 23 avril. En attendant, voici le premier teaser :
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