Jozef Siroka

Archive de la catégorie ‘Michael Bay’

Mercredi 20 janvier 2016 | Mise en ligne à 17h00 | Commenter Commentaires (17)

13 Hours, ou le mensonge du film apolitique

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Ainsi, Michael Bay, le symbole hollywoodien du cinéma d’action juvénile à grand déploiement, a abordé un sujet aux consonances politiques extrêmement délicates. Son nouveau long métrage, 13 Hours, relate l’attentat contre le consulat des États-Unis à Benghazi, en Libye, le 11 septembre 2012. L’intrigue porte sur «six membres d’une équipe de sécurité qui se sont battus vaillamment pour défendre les nombreux Américains» visés par des manifestants en furie. Un évènement qui continue d’alimenter de vives rancœurs partisanes entre démocrates et républicains au Congrès.

Pourtant, du côté du distributeur Paramount, on assure que le film «n’est pas politique» une miette. Une déclaration qui, selon la critique du Washington Post Ann Hornaday, n’est rien de moins qu’un «énorme mensonge» (whopper). Et ce, «même de la part d’une industrie qui a si brillamment perfectionné l’art de pisser sur ses clients tout en leur disant qu’il pleut».

Pour brièvement résumer la polémique entourant «l’affaire Benghazi» : selon bon nombre de républicains, la mort de l’ambassadeur des États-Unis en Libye, Christopher Stevens, et de trois autres Américains cette soirée-là, a directement été causée par Hillary Clinton, Secrétaire d’État à l’époque, qui aurait sciemment refusé de procurer des renforts avant et pendant l’attaque meurtrière. Les démocrates, de leur côté, clament que l’acharnement des républicains dans cette affaire est motivée purement par des raisons partisanes en cette période électorale.

Dans ce contexte, un film qui traite de ce sujet explosif à quelques jours des premières primaires de la présidentielle 2016 peut-il sincèrement se prétendre au-dessus de tout ça? Bien sûr que non. Et il n’est pas question ici de facteurs intangibles comme les «intentions créatives». Un reportage du Hollywood Reporter démontre qu’il y a toute une différence entre ce que Paramount dit et ce que Paramount fait. 13 Hours a été agressivement promu dans les États et les médias conservateurs pour la simple et bonne raison que leur produit épouse le point de vue républicain de l’affaire Benghazi.

Fox News est ainsi devenu un allié naturel de 13 Hours. Une bande-annonce y a été diffusée après le dernier discours sur l’état de l’Union de Barack Obama. La populaire émission The Kelly File a obtenu en primeur des images du making of, ainsi qu’un accès à trois des vrai héros de Benghazi personnifiés dans le film. L’animatrice Megyn Kelly a ouvert son segment sur un ton alarmiste : «Un reportage exclusif sur le nouveau film passionnant qui pourrait menacer les espoirs de Hillary Clinton dans sa course à la Maison-Blanche».

Paramount s’est également assuré d’inviter des journalistes conservateurs à ses projections de presse. Stephen Hayes, le biographe officiel de Dick Cheney, a écrit dans le Weekly Standard que «le film ne mentionne jamais Hillary Clinton ou Barack Obama. Mais il expose de manière subtile leur faiblesse et leur malhonnêteté». National Review, de son côté, a publié un billet «commandité par notre partenaire, Paramount Pictures». L’auteur parle d’un film «awesome», et dit qu’il meurt d’envie de le revoir «avec ses amis et ses fils».

Mais le «critique» le plus efficace de 13 Hours a probablement été le candidat à la présidence – et bon deuxième derrière Donald Trump dans les sondages – Ted Cruz. Lors du débat républicain jeudi dernier, le sénateur du Texas a conclu sa soirée en disant : «Demain matin prendra l’affiche un film sur l’incroyable courage des hommes qui se sont battus pour leur vie à Benghazi. Et sur les politiciens qui les ont abandonnés».

Trump, qui n’allait certainement pas se laisser bousculer sur le flanc cinématographique, a annoncé le lendemain qu’il avait loué une salle dans une ville de l’Iowa (où se tiendra le caucus qui lance officiellement la saison électorale) et payé les billets pour «les Américains qui veulent savoir ce qui s’est vraiment passé à Benghazi».

Parlant de vérité… Selon divers reportages, le film fait «la promotion des pires théories de la conspiration» entourant l’affaire Benghazi. Des théories qui ont été discréditées par bon nombre de comités officiels (dont certains bipartites). Les papiers les plus complets sur les faussetés dans 13 hours ont été publiés par Vox et Vanity Fair. En gros, le principal méchant du film est un certain Bob (incarné par le pauvre assistant Gale de Breaking Bad). Ce dernier représente le «stupid chief», c’est-à-dire le bureaucrate incompétent, efféminé, qui ne cesse de mettre des bâtons dans les roues aux soldats patriotiques et virils qui ne désirent rien de plus qu’honorer leur drapeau et de retrouver leur famille à la maison.

Malheureusement pour Paramount, leur campagne de marketing n’a pas été couronnée de succès. Les recettes du long week-end sont estimées à 19 millions $. Ce qui n’est pas si mal pour une production de 50 millions $. Mais on n’a pas su répliquer la magie d’American Sniper et de Lone Survivor, deux autres films pro-armée qui sont sortis à la même période les années précédentes, et qui ont dépassé les attentes au box-office, avec un total de 147 millions $ lors de leurs premiers week-end d’exploitation.

Ce rendement commercial plutôt moyen, de surcroît pour un film réalisé par le roi du blockbuster, est analysé dans ce papier de Scott Mendelson de Forbes, qui évoque un
Catch 22 :

13 Hours a été un peu pris au piège par ses origines intrinsèquement politiques. Je dirais que le pitch agressif fait aux institutions conservatrices était à la fois une action nécessaire (au cas où personne ne se pointerait aux guichets) et préjudiciable (car cela a sans doute effrayé une bonne part de ceux qui avaient simplement accepté les titres Lone Survivor et American Sniper au pied de la lettre). [...]

Et bien que 13 Hours n’est pas le premier film à avoir été quelque peu vendu sous la table aux conservateurs et aux évangéliques, il n’y avait pas moyen de contourner la nature de ce film qui est, par défaut, une invitation à ceux embrassant un certain point de vue qui est peut-être de mauvais goût pour d’autres segments de la population. Bref, le film n’aurait sans doute pas existé si ce n’était des controverses entourant l’attaque terroriste de 2012, mais c’est l’existence de ces mêmes controverses qui a empêché le film de tendre la main aux non-convertis.

Est-ce à dire que Michael Bay est un «réalisateur conservateur», comme le clame par exemple Mother Jones? Je ne le pense pas. Pas plus que Kathryn Bigelow et son controversé Zero Dark Thirty. Je crois plutôt que ces deux cinéastes sont davantage fidèles à un modèle dramatique particulier qu’à une idéologie politique. En d’autres mots, ils savent que, pour créer du suspense dans un thriller complexe, un seul ennemi ne suffit pas. Le mal doit non seulement venir de l’extérieur (les méchants arabes) mais aussi de l’intérieur (les agences gouvernementales inaptes et/ou corrompues). Le ou les héros sont ainsi plus isolés, s’exposent à davantage de risques, et leur victoire finale n’en est donc que plus exaltante.

Le problème pour Bay et Bigelow est que ledit modèle, lorsqu’appliqué à des récits basés sur des faits réels dont les interprétations sont vicieusement manipulées par une société politiquement hystérique, ne peut pas uniquement être pris en compte dans un contexte de divertissement bénin. Qu’ils le veuillent ou non, les créateurs doivent accepter dans ces cas-ci une responsabilité qui dépasse les enjeux purement artistiques. Au moins, Bay a eu la décence de ne pas se prétendre journaliste. Il a plutôt accepté un gros jouet brillant, mais a omis de lire la consigne de sécurité qui indiquait en grosses lettres rouges : DANGER.

Ce n’est pas la première fois que Bay est accusé de souiller un évènement historique grave. Il l’avait fait en 2001 avec l’attaque de Pearl Harbor, dans le film du même nom, où les évènements tragiques du 7 décembre 1941 tenaient lieu de toile de fond luxuriante à un conflit nettement plus important : la lutte entre deux beaux mecs pour le coeur d’une infirmière sexy. L’amour, en effet, est plus fort que les bombes… Pearl Harbor a d’ailleurs été la plus récente victime de Screen Junkies.

À lire aussi :

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Jeudi 22 janvier 2015 | Mise en ligne à 14h30 | Commenter Commentaires (2)

Les lampadaires de Bay, le coupe-boulons de Herzog

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Quand il avait 13 ans, Michael Bay a fait sauter son train électrique avec des pétards, et a filmé l’explosion à l’aide de la caméra 8 mm de sa mère. Une bravade qui a eu pour conséquence de mettre le feu à sa maison, et qui lui a valu une réprimande sévère de ses parents, qui l’ont privé de sortie pendant deux semaines. Quelque 35 ans plus tard, Bay continue de se livrer à sa passion pour la pyrotechnie – avec des pétards un peu plus puissants, on s’entend – quoiqu’il ne récolte plus de punitions pour ses excès destructeurs, mais plutôt des dizaines de millions de dollars.

Je ne risque pas de surprendre beaucoup de gens en disant que son cinéma n’est pas exactement ma tasse de thé. Par contre, je n’ai rien contre ses films. Dans le sens que je ne sens pas le besoin de crier haut et fort ma désapprobation, et je ne vois pas l’intérêt de pondre des dissertations alarmistes comparant Bay à l’Antéchrist du 7e art, comme le font bien des critiques. En fait, même si ses films m’indiffèrent au plus haut point (sauf le jouissif The Rock), j’ai un immense respect pour Michael Bay l’artisan, à défaut d’aimer Michael Bay l’artiste.

Dans l’industrie, Bay est admiré bien plus qu’on ne le pense. Christopher Nolan est un grand fan. James Cameron dit qu’il a étudié ses films et a tenté de les «désarticuler» (reverse engineer). Steven Spielberg, qui a produit ses Transformers, a affirmé qu’«il a le meilleur œil pour de multiples niveaux d’adrénaline visuelle pure». Sa prof Jeanine Basinger, qui lui a présenté ce qui allait devenir son film préféré, West Side Story, a expliqué que le classique de Robert Wise lui a fait réaliser qu’«il n’a pas besoin d’être lié à la réalité s’il ne veut pas l’être. Son travail porte sur la couleur et sur le mouvement et sur une sorte d’abstraction et d’irréalité qu’on retrouve dans les comédies musicales.»

Dans une analyse vidéo publiée l’été dernier, Tony Zhou, un de nos plus précieux professeurs en ligne, décortique l’approche visuelle frénétique du cinéaste, qu’il qualifie de «Bayhem» (un alliage entre le nom du réalisateur et mayhem, qui veut dire destruction). Il présente plusieurs exemples, dont ses fameux ralentis-360 degrés, que ses imitateurs ne peuvent cependant égaler. Zhou recense également les astuces que Bay emploie pour dynamiser les compositions de ses plans, dont son usage très fréquent de lampadaires à l’avant-plan…

En coulisses

Le site dédié à Michael Bay a récemment mis en ligne deux vidéos sur le making-of de Transformers: Age of Extinction, le quatrième chapitre de sa série de blockbusters qui a engrangé un total ridicule de 3,8 milliards $. Une excursion assez captivante dans les coulisses d’une production hollywoodienne monstre. Bien sûr, le portrait de Bay est ici calibré afin de le montrer sous son meilleur jour. Il semblerait toutefois qu’il possède un caractère de tyran. Shia LaBeouf a comparé son réalisateur à la ville de New York, disant : «Si vous pouvez vous en sortir sur un plateau de tournage de Bay, vous pourrez vous en sortir sur n’importe quel plateau».

Cela dit, tyran ou pas, ce que je retire de ces vidéos est non pas l’image d’un cinéaste grandiloquent exultant une confiance arrogante, mais plutôt l’impression d’une certaine naïveté désarmante de la part d’un homme approchant la cinquantaine qui, si on regarde bien le scintillement dans ses yeux, est toujours resté ce garçon de 13 ans qui ne demande rien de mieux que de faire sauter son train électrique avec des pétards.

> À consulter : L’histoire orale de Michael Bay parue dans GQ en 2011

***

Le caméo de Werner Herzog qu’on voit au tout début de l’analyse de Tony Zhou m’a rappelé la parution sur le web des 24 conseils que le légendaire cinéaste allemand a fourni aux réalisateurs en herbe, et qui ont été généreusement partagés au courant de la dernière semaine. Cette liste provient d’une nouvelle édition des entretiens d’Herzog avec Paul Cronin, qui a été publiée en septembre. Il s’agit d’une sorte de variation des 12 règles à suivre dans son Rogue Film School.

Quelques perles :

«Il n’y a rien de mal à passer une nuit en prison si cela vous permet de tourner le plan que vous avez besoin» ; «Demandez pardon, pas la permission» ; «Apprenez à lire l’essence intérieure d’un paysage» ; «Il n’y a jamais d’excuses pour ne pas terminer un film» ; «Habituez-vous à l’ours derrière vous» et enfin, «Transportez des coupe-boulons partout», un conseil qui laisse beaucoup de place à l’imagination, pour le meilleur et pour le pire!

À lire aussi :

> Michael Bay à Benghazi, ou contre l’ambiguïté
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Mardi 18 novembre 2014 | Mise en ligne à 18h00 | Commenter Commentaires (2)

Michael Bay à Benghazi, ou contre l’ambiguïté

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Selon toute vraisemblance, le douzième long métrage de Michael Bay s’intitulera 13 Hours. Il s’agit de l’adaptation du livre du même nom de Mitchell Zuckoff, qui relate l’attentat contre le consulat des États-Unis à Benghazi, en Libye, le 11 septembre 2012. Le scénario se penchera sur «six membres d’une équipe de sécurité qui se sont battus vaillamment pour défendre les nombreux Américains» visés par des manifestants en furie, peut-on lire dans la dépêche du Hollywood Reporter.

Avec un budget estimé entre 30 et 40 millions $, 13 Hours ferait partie des «petits films» de Bay, comme sa comédie sur la testostérone (au sens propre et figuré) Pain & Gain, qui a coûté un maigre 26 millions $. En d’autres mots, à peu près dix fois moins cher que son dernier chapitre de la franchise Transformers, mais aussi dix fois plus intéressant. Ce qui est de bon augure en ce qui concerne son nouveau projet.

Mais un réalisateur comme Michael Bay a-t-il ce qu’il faut pour s’attaquer à un sujet aussi sérieux? Ça dépend de l’angle qu’il compte adopter. Le livre de Zuckoff est décrit comme «un compte-rendu passionnant de ce qui s’est produit cette nuit-là», et qui évite en grande partie les questions politiques liées à l’attentat. En gros, un prétexte pour un film militaire intense de type Black Hawk Down ou Lone Survivor. Et aussi une occasion pour prouver au monde «qu’il peut encore y avoir de la grandeur en lui», pour reprendre les mots de Bilge Ebiri de Vulture :

The Rock est toujours l’un des meilleurs films d’action de ces dernières décennies, et doit autant son succès au travail solide sur la caractérisation qu’à la direction des scènes d’action. Malgré toutes les sottises tournant autour de la menace de faire sauter San Francisco, il s’agit essentiellement d’un film sur deux gars infiltrant une petite forteresse bien gardée. Cela est dû en partie, bien sûr, à un excellent scénario, écrit par David Weisberg, Douglas Cook, et Mark Rosner, mais également traité par de nombreux scénaristes non crédités, y compris Aaron Sorkin, Jonathan Hensleigh, et Quentin Tarantino. Bay filme le va-et-vient entre Nicolas Cage et Sean Connery avec énergie et un timing comique formidable. Pendant ce temps, sa mise en scène de leurs efforts pour entrer dans Alcatraz est efficace et emballante – et rarement confuse, comme c’est le cas dans la plupart de ses autres films.

Et comment oublier LA scène de The Rock : la tragique fusillade précédée d’une des répliques les plus mémorables jamais dites au cinéma, I will not give that order! Même si j’ai vu le film une bonne vingtaine de fois, cet extrait ne manque jamais de me donner des frissons.

Bien évidemment, la gravité de l’affaire Benghazi va forcer Bay à se départir de l’aspect humoristique présent à divers degrés dans sa filmographie. Mais son fétichisme flamboyant de l’armée, lui, risque certainement d’avoir un rôle prépondérant dans 13 Hours. Il reste à voir quelle tournure prendra le discours politique de son film, mais il faut faire attention de ne pas associer son patriotisme maximaliste, voire son chauvinisme, à une déclaration de sympathie pour les conservateurs américains qui accusent l’administration Obama de meurtre par négligence, et qui perçoivent Bay comme l’un des leurs.

En même temps, si 13 Hours devenait une extension cinématographique d’un bulletin de nouvelles de Fox News, il aurait au moins le mérite d’être plus honnête qu’une commande de propagande à la Zero Dark Thirty, qui camoufle ses réelles intentions sous des prétentions d’ambiguïté morale.

Il en va de même, d’après ce que j’ai lu, pour le biopic à venir de Clint Eastwood sur Chris Kyle, un tireur d’élite qui détient le record du plus grand nombre d’ennemis abattus dans l’histoire militaire des États-Unis. Il en revendique 255, tandis que le Pentagone en a confirmé 160. Celui que les insurgés irakiens surnommaient «Le diable de Ramadi» est mort le 2 février 2013 dans son Texas natal, abattu par un ancien Marine dans un champ de tir.

American Sniper, qui a eu sa première la semaine dernière lors du AFI Fest, est décrit comme un film «apolitique» qui mise sur la psychologie nuancée d’un gars ordinaire doté d’un talent extraordinaire qui est confronté à des situations extrêmes jour après jour. Rien, ou presque, sur le fait que Kyle voyait l’invasion de l’Irak comme une nécessité divine, traitait ceux qui ne pensent pas comme lui de «traîtres gauchistes», aurait voulu tirer sur tous ceux qui «portent le Coran», avait du «fun» à abattre autant de «sauvages», et regrettait de ne pas avoir réussi à «en tuer plus».

Dans critique après critique du film, qu’elle soit positive ou négative, on insiste sur le fait que l’autobiographie du héros a été édulcorée. Que ses sentiments les plus controversés ont été atténués. Il est tellement plus commode, en effet, de faire le portrait d’un héros torturé que d’un héros qui appuie fièrement un système pratiquant la torture (quoique ces deux caractéristiques ne sont pas mutuellement exclusives).

Peut-être bien que Michael Bay, qu’on ne pourra jamais accuser de se complaire dans la subtilité, saura infuser d’une nouvelle forme de franchise vulgaire le cinéma de guerre hollywoodien contemporain. Et du coup infliger un camouflet au culte suspect de l’ambiguïté professé par ses ambassadeurs les plus sérieux et respectés.

À lire aussi :

> Nouveau tour de piste pour les films politiques
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