Jozef Siroka

Archive de la catégorie ‘Michael Bay’

Mardi 18 novembre 2014 | Mise en ligne à 18h00 | Commenter Commentaires (2)

Michael Bay à Benghazi, ou contre l’ambiguïté

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Selon toute vraisemblance, le douzième long métrage de Michael Bay s’intitulera 13 Hours. Il s’agit de l’adaptation du livre du même nom de Mitchell Zuckoff, qui relate l’attentat contre le consulat des États-Unis à Benghazi, en Libye, le 11 septembre 2012. Le scénario se penchera sur «six membres d’une équipe de sécurité qui se sont battus vaillamment pour défendre les nombreux Américains» visés par des manifestants en furie, peut-on lire dans la dépêche du Hollywood Reporter.

Avec un budget estimé entre 30 et 40 millions $, 13 Hours ferait partie des «petits films» de Bay, comme sa comédie sur la testostérone (au sens propre et figuré) Pain & Gain, qui a coûté un maigre 26 millions $. En d’autres mots, à peu près dix fois moins cher que son dernier chapitre de la franchise Transformers, mais aussi dix fois plus intéressant. Ce qui est de bon augure en ce qui concerne son nouveau projet.

Mais un réalisateur comme Michael Bay a-t-il ce qu’il faut pour s’attaquer à un sujet aussi sérieux? Ça dépend de l’angle qu’il compte adopter. Le livre de Zuckoff est décrit comme «un compte-rendu passionnant de ce qui s’est produit cette nuit-là», et qui évite en grande partie les questions politiques liées à l’attentat. En gros, un prétexte pour un film militaire intense de type Black Hawk Down ou Lone Survivor. Et aussi une occasion pour prouver au monde «qu’il peut encore y avoir de la grandeur en lui», pour reprendre les mots de Bilge Ebiri de Vulture :

The Rock est toujours l’un des meilleurs films d’action de ces dernières décennies, et doit autant son succès au travail solide sur la caractérisation qu’à la direction des scènes d’action. Malgré toutes les sottises tournant autour de la menace de faire sauter San Francisco, il s’agit essentiellement d’un film sur deux gars infiltrant une petite forteresse bien gardée. Cela est dû en partie, bien sûr, à un excellent scénario, écrit par David Weisberg, Douglas Cook, et Mark Rosner, mais également traité par de nombreux scénaristes non crédités, y compris Aaron Sorkin, Jonathan Hensleigh, et Quentin Tarantino. Bay filme le va-et-vient entre Nicolas Cage et Sean Connery avec énergie et un timing comique formidable. Pendant ce temps, sa mise en scène de leurs efforts pour entrer dans Alcatraz est efficace et emballante – et rarement confuse, comme c’est le cas dans la plupart de ses autres films.

Et comment oublier LA scène de The Rock : la tragique fusillade précédée d’une des répliques les plus mémorables jamais dites au cinéma, I will not give that order! Même si j’ai vu le film une bonne vingtaine de fois, cet extrait ne manque jamais de me donner des frissons.

Bien évidemment, la gravité de l’affaire Benghazi va forcer Bay à se départir de l’aspect humoristique présent à divers degrés dans sa filmographie. Mais son fétichisme flamboyant de l’armée, lui, risque certainement d’avoir un rôle prépondérant dans 13 Hours. Il reste à voir quelle tournure prendra le discours politique de son film, mais il faut faire attention de ne pas associer son patriotisme maximaliste, voire son chauvinisme, à une déclaration de sympathie pour les conservateurs américains qui accusent l’administration Obama de meurtre par négligence, et qui perçoivent Bay comme l’un des leurs.

En même temps, si 13 Hours devenait une extension cinématographique d’un bulletin de nouvelles de Fox News, il aurait au moins le mérite d’être plus honnête qu’une commande de propagande à la Zero Dark Thirty, qui camoufle ses réelles intentions sous des prétentions d’ambiguïté morale.

Il en va de même, d’après ce que j’ai lu, pour le biopic à venir de Clint Eastwood sur Chris Kyle, un tireur d’élite qui détient le record du plus grand nombre d’ennemis abattus dans l’histoire militaire des États-Unis. Il en revendique 255, tandis que le Pentagone en a confirmé 160. Celui que les insurgés irakiens surnommaient «Le diable de Ramadi» est mort le 2 février 2013 dans son Texas natal, abattu par un ancien Marine dans un champ de tir.

American Sniper, qui a eu sa première la semaine dernière lors du AFI Fest, est décrit comme un film «apolitique» qui mise sur la psychologie nuancée d’un gars ordinaire doté d’un talent extraordinaire qui est confronté à des situations extrêmes jour après jour. Rien, ou presque, sur le fait que Kyle voyait l’invasion de l’Irak comme une nécessité divine, traitait ceux qui ne pensent pas comme lui de «traîtres gauchistes», aurait voulu tirer sur tous ceux qui «portent le Coran», avait du «fun» à abattre autant de «sauvages», et regrettait de ne pas avoir réussi à «en tuer plus».

Dans critique après critique du film, qu’elle soit positive ou négative, on insiste sur le fait que l’autobiographie du héros a été édulcorée. Que ses sentiments les plus controversés ont été atténués. Il est tellement plus commode, en effet, de faire le portrait d’un héros torturé que d’un héros qui appuie fièrement un système pratiquant la torture (quoique ces deux caractéristiques ne sont pas mutuellement exclusives).

Peut-être bien que Michael Bay, qu’on ne pourra jamais accuser de se complaire dans la subtilité, saura infuser d’une nouvelle forme de franchise vulgaire le cinéma de guerre hollywoodien contemporain. Et du coup infliger un camouflet au culte suspect de l’ambiguïté professé par ses ambassadeurs les plus sérieux et respectés.

À lire aussi :

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Mercredi 16 juin 2010 | Mise en ligne à 15h00 | Commenter Commentaires (16)

Transformers 3 : la transformation

La mannequin de Victoria's Secret Rosie Huntington Whiteley remplace Megan Fox.

La mannequin de Victoria's Secret Rosie Huntington Whiteley remplace Megan Fox.

Alors qu’on aime souvent se moquer de Michael Bay et de ses films aussi vides qu’excessifs, on apprend avec étonnement que le réalisateur à l’ego démesuré est capable d’accepter la critique. Un trait louable dans un milieu qui ne carbure pas à l’humilité, en particulier chez les plus grandes vedettes du box-office.

Dans une entrevue accordée à USA Today, Bay réagit aux plaintes du public et à la mauvaise presse qu’a suscité Transormers : Revenge of the Fallen et promet une approche différente :

Je prends une partie du blâme. C’était très difficile de créer une suite aussi vite après la grève des scénaristes. [...] Une chose dont on va se débarrasser est ce que j’appelle la comédie ringarde. Les jumeaux sont essentiellement partis. [...] Transformers 3 conduit vers un crescendo final. Ce ne sera pas trois fins différentes.

De plus, Bay admet ne pas avoir été trop ravi du dernier méchant, The Fallen, qu’il décrit comme un «shitty character». Le nouveau, Shockwave, un Decepticon qui se transforme en pistolet cybertronien, devrait être plus attrayant.

L’intrigue de Transformers 3 est teintée par une atmosphère de guerre froide et concerne le rôle secret des Transformers dans la course spatiale que se sont livrés les États-Unis et l’URSS. «Le film sera davantage un mystère» assure Bay.

Un des plus importants changements qu’on verra dans le nouveau volet de la saga robotique est l’entrée en scène de la mannequin britannique Rosie Huntington-Whiteley, qui reprend le rôle du female interest laissé vacant par le renvoi de Megan Fox le 20 mai dernier. On se rappelle que cette dernière s’était mis à dos pratiquement toute l’équipe de tournage en plus d’avoir eu l’indélicatesse de comparer son réalisateur à Hitler

Si Bay a eu son mot à dire quant au casting (qui comprend également les nouveaux venus John Malkovich et Frances McDormand), il a dû plier en ce qui concerne le must de l’heure à Hollywood : le 3D. Pas plus loin que l’année dernière, il parlait de cette technologie «révolutionnaire» comme d’une «gimmick»

Transformers 3, qui clora définitivement la trilogie («il pourrait y avoir un reboot», précise cependant Bay), prendra l’affiche le 1er juillet 2011.

L’audition de Sir Ben Kingsley

Les rumeurs concernant la remplaçante de Megan Fox avaient fait couler beaucoup d’encre chez les fanboys il y a quelques semaines. Une star de la télé-réalité qui voulait vraiment le rôle, Heidi Montag, a alors mis en ligne une vidéo d’audition ridicule qui n’a manifestement pas porté fruit.

Ben Kingsley, dans toute sa bonté, a réagi en montrant à l’aspirante actrice comment ça se déroule chez les vrais pros :

P.S.: Pour les nostalgiques de Megan Fox, je propose cette vidéo pour apprendre
à mieux connaître la nouvelle Mikaela…

À lire aussi :

> Michael Bay est un auteur
> Victoria’s Secret, façon Michael Bay

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Mercredi 9 décembre 2009 | Mise en ligne à 13h15 | Commenter Commentaires (13)

Victoria’s Secret, façon Michael Bay

Des belles filles semi-dénudées, du gros rock viril, et même une explosion en bonus; quoi de mieux pour nous réchauffer le coeur en ce jour de tempête!

- Via Movieline

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