Jozef Siroka

Archive de la catégorie ‘Martin Scorsese’

Mardi 25 février 2014 | Mise en ligne à 17h35 | Commenter Commentaires (32)

Boogie Nights c. Taxi Driver : un hommage de luxe

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Le titre de mon post se veut à double sens; un hommage très senti à Taxi Driver contenu dans Boogie Nights, ainsi qu’une brève mais fort élégante démonstration dudit hommage, conçue par une vedette montante de la communauté cinéphile en ligne.

Avant d’entrer dans le vif du sujet, voici une déclaration d’amour de la part de Paul Thomas Anderson à Martin Scorsese, énoncée lors d’un forum sur The Wolf of Wall Street animé par les deux hommes il y a quelques semaines, et que j’ai mis en ligne à la fin de ce post:

Je pense que vous avez dépassé le besoin d’avoir à défendre vos propres films. Tout ce que vous faites pour nous, pour moi, pour ma génération qui a grandi avec vous, vous étiez toujours le plus grand [The Man]. Il y avait vous, et puis il y avait d’autres personnes. Nous avons toujours pensé, j’ai toujours pensé: comment diable s’y prend-il? Comment fait-il pour bouger la caméra de cette façon? Comme vous pouvez le voir, il y a des gens, à gauche, à droite, qui essaient de vous imiter, de vous copier. Aucun de nous n’a réussi à vraiment y arriver.

Voici donc la vidéo-hommage de l’hommage, si on veut. Elle a été montée par Ali Shirazi (que j’ai déjà cité à quelques reprises ici, notamment ce billet sur la relation entre les maths et le cinéma). On remarque que la scène de la beignerie dans Boogie Nights dépasse le simple calque de celle du dépanneur dans Taxi Driver; PTA reprend son essence-même, établit par osmose un véritable dialogue cinématographique entre l’ancien et le nouveau. Il reconnaît la dette qu’il doit à son prédécesseur, sans pour autant compromettre son authenticité.

La relation entre Boogie Nights et le cinéma de Scorsese ne se limite pas qu’à Taxi Driver. La référence la plus explicite survient à la toute fin du film de PTA, quand Dirk Diggler répète sobrement les répliques d’une scène à venir, avant de lancer «I’m a star, I’m a star, I’m a star. I’m a star. I’m a star, I’m a big bright shining star». Idem pour Jake La Motta, dans la dernière scène de Raging Bull, qui s’écrie «I’m da boss, I’m da boss, I’m da boss, I’m da boss, I’m da boss…», après avoir répété le texte d’un numéro de music hall qu’il s’apprête à performer. Ce texte, soit dit en passant, est tiré d’une scène de On the Waterfront d’Elia Kazan, un des films préférés de Scorsese. La boucle est donc bouclée.

Mais de tous les films du grand maître, c’est GoodFellas qui a déteint le plus sur l’identité de Boogie Nights, que ce soit du point de vue de l’utilisation de la musique, de la caméra, du montage, de la structure narrative, du développement des personnages, de la dynamique entre les protagonistes, etc. Une analyse pertinente à ce sujet du côté de Rewind Reviews, qui agrémente ses arguments de plusieurs extraits à fins de comparaison, dont :

On insiste beaucoup sur les similitudes entre les héros respectifs des deux films, Henry Hill et Dirk Diggler, qui connaissent sensiblement le même parcours à l’intérieur de milieux interlopes glamourisés (accueil chaleureux par une «famille» adoptive, les années de gloire, conflit avec le mentor, chute brutale, rédemption). De mon côté, je vois également un parallèle avec The Godfather, en particulier un rapprochement entre Vito Corleone (Marlon Brando) et Jack Horner (Burt Reynolds), deux leaders fiers et puissants qui résistent à la modernité; le premier refuse d’entrer dans le marché de la drogue, qu’il juge peu honorable, tandis que le second ne veut rien savoir de tourner des films de cul en vidéo – il insiste pour continuer à faire de l’«art», qui ne peut selon lui être accompli que grâce à la pellicule.

***

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Au gré de sa filmographie, Paul Thomas Anderson a considérablement modifié son esthétique, tempérant ses obsessions scorsesiennes/altmanesques chemin faisant, jusqu’à une cassure définitive avec There Will Be Blood. Ce n’est pas dire qu’il a abandonné son approche cinéphile de la mise en scène, mais qu’il a choisi de se laisser guider par d’autres maîtres, comme John Huston et surtout Stanley Kubrick (j’en parle plus en détail dans ma critique de TWBB).

L’hommage à Huston est encore plus manifeste dans le dernier PTA, The Master, alors qu’il réplique des cadrages, et cite textuellement des passages du documentaire de guerre Let There Be Light (1946). On peut en voir des exemples vers la fin de cette compilation qui a été mise en ligne par Cigarettes & Red Vines, le site de référence du cinéma d’Anderson.

Le docu de Huston est disponible sur le Blu-ray de The Master, ainsi que sur YouTube.

PS.: La date de sortie du nouveau PTA vient d’être annoncée. Inherent Vice prendra l’affiche le 12 décembre. Joyeux Noël à l’avance.

À lire aussi :

> Les nouveaux Fincher et PTA: un bref récapitulatif
> L’évolution du plan-séquence chez PTA
> Les quatre auteurs contradictoires de Taxi Driver
> The Master ou le cinéaste comme objet de culte
> À propos de la fin de GoodFellas

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Jeudi 9 janvier 2014 | Mise en ligne à 13h00 | Commenter Commentaires (34)

Non, Scorsese ne s’est pas fait berner par le loup

THE WOLF OF WALL STREET

Vers la fin de Goodfellas, un malfrat menotté se retourne vers ses capteurs en uniforme et fulmine : «Why don’t you boys go down to Wall Street and find some real crooks?». Faut arrêter les cols blancs de la finance, ces escrocs socialement acceptables! Près d’un quart de siècle plus tard, Martin Scorsese a accepté la proposition en nous offrant avec The Wolf of Wall Street un exposé épique, satirique, grotesque, éprouvant, hilarant de l’avarice à grande échelle. Avec comme résultat un transfert de l’indignation vertueuse: cette fois-ci, c’est un groupe de critiques qui reproche au cinéaste d’avoir échoué à punir son protagoniste.

La voix emblématique de l’opposition, Richard Corliss de Time, vénérable critique de l’establishment s’il en est un, s’exprime au nom de plusieurs de ses collègues et autres membres furieux de l’Académie, lorsqu’il conclut dans son long texte : «Si un film persiste à nager dans l’amoralité jusqu’à ce qu’il se noie, il peut sembler non seulement complice mais, pire encore, ignorant des conséquences financières et éthiques. C’est l’échec final de The Wolf of Wall Street. En adhérant à l’idée que les frasques de son personnage central étaient faits pour du drame et de la comédie envoûtante, Scorsese, Winter [le scénariste] et DiCaprio se révèlent être des dupes – les derniers d’une longue lignée de gens intelligents escroqués par Jordan Belfort.»

De la critique de Time, et d’autres dans la même veine, émane une aversion certaine envers l’approche subjective sans complexes que préconise Scorsese pour représenter le personnage immoral qu’est Jordan Belfort. L’esthétisation du mal, oui ça peut aller, mais en poussant le concept jusqu’à sa logique extrême, on finit par franchir une limite éthique, semblent clamer Corliss et cie. (j’ai soulevé la question plus en profondeur il y a quelque temps dans mon analyse de The Act of Killing). Pour démontrer sans ambiguïté que les créateurs de The Wolf of Wall Street ne sanctionnent pas les actes de leur protagoniste, il aurait fallu lui faire explicitement prendre conscience de ses torts. Mais ce n’est pas la méthode Scorsese, comme on peut le constater dans cet extrait d’un entretien qu’il a accordé au Nouvel Observateur :

D’habitude, vos personnages connaissent une ascension, un paradis momentané, une chute, puis une rédemption. Mais ici, il n’y a pas de rédemption. Vous n’y croyez plus?
J’ai bien peur qu’il n’y ait pas de rédemption possible pour les loups. Ce qui pousse les personnages, ici, c’est l’appât du gain. Faire des deals, conclure des achats, gagner, quelle jouissance! Ca ne peut pas s’oublier ni s’effacer. Donc, pas de rédemption possible.

Votre foi catholique vous fait donc défaut?
Ce que je vois autour de moi me désespère.

Où est passé le Scorsese de “Raging Bull”?
Il a disparu avec les valeurs de l’époque. Celles-ci ont changé. Aujourd’hui, tout ce qu’on enseigne aux jeunes, c’est l’idée qu’il faut devenir riche.

Absent une manifestation de rédemption à l’écran, les anti-Wolf auraient au moins souhaité une intervention concrète de la part du réalisateur dans la construction de son récit afin de prouver qu’il ne s’est pas fait naïvement séduire par un voyou sans remords, qu’il est du «bon côté» de l’humanité (remontrances, soit dit en passant, qui remontent à l’époque de Mean Streets et de Taxi Driver). Mais encore une fois, ce n’est pas comme ça que Scorsese voit les choses. Dans une entrevue accordée à Deadline, il affirme qu’un quelconque Happy End aurait transformé son oeuvre en télé-film sans conséquence, et précise :

Au cours des 30 dernières années, j’ai vu un changement dans le pays, ce que les valeurs étaient et où elles sont allées. En toute honnêteté, les valeurs ne reposent désormais que sur ​​ce qui fait de l’argent. Présenter des personnages de ce genre sur l’écran, leur faire atteindre une sorte de crise émotionnelle, et de les voir punis pour ce qu’ils ont fait, tout ce que ça fait c’est de nous faire sentir mieux. Et c’est nous qui sommes les victimes, les gens qui regardent l’écran. Donc, pour faire quelque chose qui a un message moral évident, où deux personnages s’assoient pour en discuter point par point, ou placer un carton à la fin du film qui expliquerait ce qui est juste, le public s’y attend. Il en est désensibilisé.

Parlons-en de ce carton hypothétique. Dans une chronique se portant à la défense de The Wolf of Wall Street, David Cohen de Variety établit un parallèle entre ceux qui s’offusquent de la soi-disant immoralité du film, et les censeurs de l’industrie des années 1930 qui ont imposé au Scarface de Howard Hawks l’avertissement qui suit :

This picture is an indictment of gang rule in America and of the callous indifference of the government to this constantly increasing menace to our safety and our liberty.

Every incident in this picture is the reproduction of an actual occurrence, and the purpose of this picture is to demand of the government: “What are you going to do about it?

The government is your government. What are YOU going to do about it?

Cohen, dans son article, a simplement remplacé «gang rule in America» par «Wall Street» pour prouver son point. La raison pour laquelle Scorsese a refusé de procéder de la sorte (de manière littérale ou autre)? Peut-être parce qu’il respecte l’intelligence des spectateurs, et ne considère pas que son rôle est d’agir comme un berger paternaliste cherchant à protéger à tout prix les agneaux-spectateurs du grand méchant loup.

Il poursuit, chez Deadline, en adoptant un ton amer peu caractéristique :

Je ne voulais pas que le public puisse penser que le problème est résolu, qu’on peut l’oublier. Je voulais qu’ils se sentent comme s’ils avaient été giflés en reconnaissant que ce comportement a été encouragé dans ce pays, et que cela affecte les entreprises et le monde, jusqu’à nos enfants et comment ils vont vivre, et leurs valeurs dans le futur. C’est presque en train de devenir comme à Hollywood ces jours-ci : les gens se conduisent mal, ils ont des problèmes dans leur vie, la drogue, l’alcool, ils vont en cure de désintoxication et en ressortent. Et cela signifie que c’est correct, c’est un rituel attendu à travers duquel vous passez.

Quand on fait un film qui ne fait que pointer et dénoncer la terrible réalité du monde de la finance et de la philosophie financière et de la religion financière en Amérique, on le fait d’une certaine manière et ça nous fait sentir bien. On a fait notre devoir, on a vu le film, on lui a donné quelques prix et il s’en va et on l’oublie. Par ailleurs, Jordan et un tas de gars sont allés en prison, et même s’ils ont purgé des peines dans des prisons confortables, la réalité est que la prison n’est pas agréable et une peine légère reste une peine. La réalité persistante est que, si vous regardez la dernière catastrophe que ce monde a créée, qui est allé en prison? Personne.

THE WOLF OF WALL STREET

Ceci étant dit, Scorsese pose bel et bien un regard moral sur Belfort et sa bande de dépravés, seulement, pas de la manière que certains critiques sceptiques trouvent adéquate – à moins qu’ils n’aient tout simplement pas pris la peine de le relever, ayant formé leur opinion bien avant le générique. En effet, le «message» du film survient à la toute fin, durant un épilogue empreint d’une allure maussade de fin de party. Après trois heures d’excès de toutes sortes, nos sens sont soudainement saisis d’une violente décharge de sobriété, si l’on peut dire ainsi. J’ai pensé à ce moment à ces quelques symphonies exubérantes, comme la 8e de Chostakovitch ou la 9e de Mahler, qui se concluent par une paisible lamentation, au lieu de la finale triomphale à laquelle on s’attend, question de nous ramener encore plus intensément à soi.

Et il ya ce plan final, des plus médusants, qui demeure incrusté dans mon esprit. Cette masse de visages austères plus vrais que vrais, semblant tout droits sortis d’un drame néo-réaliste italien, en rupture totale avec les figures hollywoodiennes lustrées, voire rassurantes, auxquelles on a fini par s’habituer tout ce temps. Ces prolétaires anonymes cherchent désespérément à être instruits par Belfort qui, malgré son passé criminel, représente tout de même un modèle auquel ils aspirent. Suffit maintenant de réussir un exercice en apparence simple : convaincre le loup d’acheter le crayon qu’il leur tend, telle une baguette magique qui ferait disparaître tous leurs maux.

Richard Brody, qui qualifie The Wolf of Wall Street de «premier film moderne sur le monde de la finance, car il situe l’argent dans l’économie dite libidinale», analyse minutieusement le plan ultime dans son remarquable essai publié vendredi sur le site du New Yorker :

C’est un moment avec mélange terrifiant, olympien, de compassion, de dédain, et d’angoisse; cela montre un manque fatal d’imagination combiné avec une gamme désespérée de désirs inassouvis. Le plan ne montre pas seulement un public, mais le public: Scorsese met les spectateurs du film face à face avec eux-mêmes, nous accuse de compenser notre manque d’imagination et d’ambition fatale à travers un contact avec les ruses d’un maître manipulateur. Tout comme le Belfort fictif (Leonardo DiCaprio) est présenté au séminaire par un hôte (qui, dans un caméo diabolique, est joué par le vrai Belfort ), nous-mêmes, le public du film, sommes introduits à Belfort par un autre impresario enthousiaste, à savoir Martin Scorsese, qui sait parfaitement qu’il nous donne quelque chose que nous voulons, dont nous avons besoin, et quelque chose qui fait appel à des rêves et à des ambitions qui sont à la fois au cœur de la vie, et complètement suspectes. […] La fin de The Wolf of Wall Street renonce à un monde d’horreurs tout en embrassant ses passions destructrices.

Martin Scorsese sur, entre autres, le «risque» de faire de son sujet une oeuvre divertissante :

À lire aussi :

> Les quatre auteurs contradictoires de Taxi Driver
> Shutter Island : Scorsese a-t-il abdiqué?
> À propos de la fin de Goodfellas

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Lundi 16 décembre 2013 | Mise en ligne à 16h00 | Commenter Commentaires (6)

Les critiques, ces êtres de chair et de sang…

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Initiative absolument délicieuse de la part de l’association nationale des critiques danois, qui se sont récemment amusés à parodier les affiches «orgasmiques» de Nymphomaniac, film-évènement de leur compatriote Lars Von Trier qui aura sa première mondiale au Danemark le jour de Noël.

Un concept ingénieux et gentiment provoquant pour faire la promo des Bodil, récompenses de cinéma décernées annuellement par un jury composé de journalistes de Copenhague, dont le prochain gala aura lieu le 1er février. Il y est aussi question de montrer le côté humain d’une profession de plus en plus méprisée par le public.

Voici la déclaration de l’association :

Certains peuvent penser que nous nous asseyons dans nos tours d’ivoire, regardant de haut le paysage cinématographique avec des yeux critiques, en n’ayant aucun plaisir. Mais comme tout le monde, nous pouvons aussi être excités par de grandes expériences de cinéma – et nous n’avons pas peur de partager cet enthousiasme avec vous!

L’affiche en meilleure résolution à voir ici.

À lire aussi :

> Nymphomaniac : en terrain inconnu…

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Parlant des critiques ayant un côté humain, difficile de trouver un meilleur exemple que Roger Ebert, qui a malheureusement perdu sa bataille contre le cancer en avril dernier à l’âge de 70 ans. Un documentaire basé sur ses mémoires, Life Itself, entamé 4 mois avant sa mort, est pratiquement terminé. Il manque cependant 150 000$ afin de combler certains frais de post-production, montant qui est recueilli à l’instant même via le site de financement collectif Indigogo. Pour une contribution de 25$ et plus, vous pourrez voir le film sur votre ordinateur simultanément à sa projection au Festival de Sundance, le 19 janvier.

Le documentaire a été réalisé par Steve James, auteur de Hoop Dreams (1994), que Ebert a couronné comme le meilleur film des années 1990 lors d’une émission spéciale co-animée par Martin Scorsese, qui est incidemment co-producteur de Life Itself.

Jeudi dernier, Steve James a profité d’une tribune sur The Daily Beast afin de présenter son projet, qui sera une biographie exhaustive du légendaire critique, cet homme «de chair et de sang, dont la vie était pleine d’humour, d’orgueil, et aussi de chagrin».

De ses jours à l’Université de l’Illinois ; à Chicago, où il a été le premier critique de cinéma à gagner un prix Pulitzer ; à la télévision, où il est devenu une star emblématique avec Gene Siskel ; et enfin à ce que Roger nous a dit qui était “son troisième acte” : comment il a surmonté un handicap provoqué par le cancer pour devenir une voix importante sur Internet et dans les médias sociaux.

Deux douzaines de personnes ont été interviewées pour le film, incluant ses amis, ses collègues, la femme de Siskel – qui brise le silence devant la caméra – et de nombreux cinéastes qu’Ebert a marqués, dont Errol Morris, Ramin Bahrani, Ava duVernay, Werner Herzog, Scorsese et Steven Zaillian, scénariste entre autres de Schindler’s List et de Gangs of New York, qui agit également à titre de producteur sur Life Itself.

Un mot de Steve James :

À lire aussi :

> Roger Ebert : sa dernière critique

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