Jozef Siroka

Archive de la catégorie ‘Horreur’

Lundi 14 novembre 2016 | Mise en ligne à 15h00 | Commenter Commentaires (5)

Air Force One, vu par Neill Blomkamp

Avec deux courts totalisant quelque 20 secondes, le réalisateur sud-africain nous présente son meilleur travail depuis District 9 (2009). Les deux mini-films ont été mis en ligne il y a trois jours sur son compte Instagram, sous les mots-clic #trump, #murica et #oatsstudios, qui désigne sa boîte de production.

Blomkamp a modifié numériquement des images d’archives de l’avion présidentiel afin d’illustrer le choc de mardi dernier, quand dans l’esprit de beaucoup de gens la dystopie a rejoint la réalité. Si la première vidéo rappelle l’univers de Mad Max, la seconde évoque plutôt celui de Hunger Games (ou de Death Race 2000).

Rappelons que Air Force One (1997) est le film politique préféré du président élu…

The Escape

En attendant le feu vert pour Alien 5 – projet que James Cameron, réalisateur d’Aliens (1986), a qualifié d’ «extraordinaire» cet été – Blomkamp a mis en scène un court métrage pour le compte de BMW. La compagnie automobile a ravivé sa campagne The Hire, toujours avec Clive Owen dans le rôle du protagoniste, 15 ans après l’avoir démarrée.

Les films précédents de la série ont notamment été réalisés par Wong Kar-wai, Guy Ritchie, Alejandro G. Iñárritu, John Woo et Tony Scott (auquel j’ai consacré un post ici).

Tous les courts sont disponibles sur cette playlist.

À lire aussi :

> Le bon, la brute et… le Trump
> Alien et Prometheus : un mariage reporté?
> Neill Blomkamp dit finalement oui à Alien 5

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Samedi 29 octobre 2016 | Mise en ligne à 15h46 | Commenter Commentaires (2)

Le court du week-end : Lights Out, et cie.

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David F. Sandberg fait partie de ce type de réalisateur que l’on découvre de plus en plus souvent, le pur inconnu qui devient le cinéaste le plus hot à Hollywood du jour au lendemain. Ce Suédois mi-trentenaire n’avait jamais dirigé une équipe de tournage avant son premier long métrage, Lights Out. Le film d’horreur sorti en juillet a été l’une des grandes surprises de la saison estivale, amassant 400% de son budget initial lors de son premier week-end d’exploitation, et des critiques positives en moyenne. Une suite au film est en pré-production.

Lights Out était initialement un court métrage fait pour 0$ par le couple Sandberg / Lotta Losten. Le film a d’abord été diffusé par Who’s There, festival de films britannique spécialisé dans l’horreur. Et puis ce fut la folie en ligne : plus de 20 millions de vues. Peu de temps après, le couple était inondé de courriels provenant d’Hollywood. Sandberg a été approché par James Wan, le créateur de la franchise Saw et parrain de la nouvelle vague de cinéma d’horreur à budget moyen, préconisant une esthétique relativement dépouillée (il a notamment produit et/ou réalisé les séries Insidious et The Conjuring).

Les courts rappelleront certains joyeux souvenirs à la génération qui a découvert les premières caméras vidéo maison abordables. On y retrouve un esprit bricoleur et ludique caractéristiques des films faits dans les proverbiaux sous-sols des parents, ou ruelles près de l’école. Mais aussi un souci de la mise en scène qui, aussi minimaliste soit-elle, a certainement contribué à rassurer les bonzes des studios quand est venu le temps de sortir le chéquier…

> Lights Out (2013)

> Coffer (2014)

> Attic Panic (2015)

> Closet Space (2016)

> Pour en savoir plus sur David F. Sandberg, consultez ces deux entrevues qu’il a accordées à : Slashfilm et The Creators Project

> La page Vimeo de Sandberg (qui inclus des making-of de ses courts)

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Jeudi 6 octobre 2016 | Mise en ligne à 16h00 | Commenter Commentaires (26)

Star Wars : le retour de Mr. Plinkett

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L’attente a valu la peine. Dix mois après la sortie en salles de Star Wars : The Force Awakens, nous avons enfin droit à l’analyse épique de Mr. Plinkett. Ce centenaire psychopathe amateur de Pizza Rolls est l’une des figures les plus passionnantes de la critique alternative. Sa voix, décrite comme un mélange entre celles de Dan Aykroyd dans The Blues Brothers et de Buffalo Bill dans The Silence of the Lambs, ainsi que les clips de ses activités débauchées ou violentes dans son sous-sol crade, en rebutent plus d’un. Mais en ce qui concerne la finesse de ses dissertations starwarsiennes, il n’a pas son pareil.

Le personnage de Mr. Plinkett est une création de Mike Stoklasa, fondateur du site Red Letter Media. Il a retenu l’attention de la communauté cinéphile en ligne fin 2009, avec son analyse gargantuesque de Star Wars Episode I: The Phantom Menace, qui a obtenu des dizaines de millions de vues sur YouTube. La vidéo de quelque 70 minutes a reçu l’approbation enthousiaste d’icônes de la culture geek comme Simon Pegg et Damon Lindelof. Ce dernier ayant écrit sur Twitter : «Your life is about to change. This is astounding film making. Watch ALL of it

RLM a par la suite mis en ligne les analyses de Attack of the Clones (90 minutes) et de Revenge of the Sith (100 minutes). Les vidéos utilisent typiquement les images du film, des extraits des special features (souvent à fins humoristiques) et mettent parfois en scène des vignettes gore et trash, sorte de déformation professionnelle de la part de Stoklasa, qui réalise des courts d’horreur à très petit budget. Enfin, Plinkett parle en voix off pratiquement sans interruption; le contraste entre l’intelligence du propos et le dégoût qu’inspire le personnage donne une saveur unique à l’exercice.

Les amateurs d’humour noir ou carrément déviant seront d’ailleurs comblés. Et il faut être alerte : malgré la longueur de la nouvelle vidéo (105 minutes) on peut facilement manquer un gag en clignant des yeux. Je pense par exemple à sa suggestion de «prequel à Yoda», qui a failli me faire mourir de rire.

Avec la qualité exceptionnelle des analyses des prequels, la barre était très haute pour celle de The Force Awakens. Cette «suite» réalisée par Plinkett aurait pu être l’équivalent d’un Ghostbusters 2 ou d’un Speed 2. On a finalement eu droit à un The Godfather: Part II… On constate aussi que le discours de sa critique a pris de l’ampleur. Plinkett ne se penche pas uniquement sur le film en particulier, comme ce fut le cas par le passé, mais sur l’évolution du phénomène Star Wars dans la culture populaire. En fait, la critique en tant que telle ne commence qu’à la 66e minute.

Beaucoup de temps est consacré à décortiquer un article de 20 000 mots intitulé Ring Theory, qui vise à démontrer «l’art caché» contenu dans les prequels. L’auteur du texte, Mike Klimo, a passé deux ans à l’écrire, apprend-on dans cette entrevue qu’il a accordée à Vice. Ses arguments sont de plus en plus intégrés dans le mainstream, surtout par la génération plus jeune qui n’a pas de lien affectif avec les Star Wars originaux. Même s’il respecte la démarche de Kilmo, Plinkett rejette en grande partie la théorie de l’anneau, expliquant essentiellement que l’art ne peut être mesuré ou compris à travers des grilles d’analyses quantitatives, aussi élaborées et convaincantes soient-elles.

Précisons que ce n’est pas la première fois que Mike Stoklasa se prononce sur The Force Awakens. En décembre, il a fait une critique plus classique du film en compagnie de ses fidèles compagnons Jay et Rich dans le segment Half in the Bag. Le verdict fut plutôt positif, à ma grande surprise. En même temps, j’oubliais que Plinkett, grand fan de Star Trek (2009), a suggéré il y a sept ans que J. J. Abrams serait un choix idéal pour mettre en scène le nouveau Star Wars.

Plinkett admet cependant qu’avec le temps il a refroidi ses ardeurs. Sa principale complainte est que, avec un tel mammouth cinématographique destiné à charmer les 7-77 ans sur tous les continents de la planète, l’oeuvre est forcément diluée. Plus particulièrement, il en a contre la stérilité des rapports humains entre des personnages plus asexués les uns que les autres. Il discute également des (nombreuses) similitudes entre A New Hope et The Force Awakens, et en profite pour scruter la notion de «soft reboot», une approche relativement nouvelle dans le monde du blockbuster qui explique entre autres le choc des visions entre George Lucas et les «esclavagistes blancs» à qui il a «vendu ses enfants».

À lire aussi :

> Requiem pour les fins
> Le sabre-laser : trop c’est comme pas assez…
> Star Wars : les «effets pratiques» contre-attaquent

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P. S. : Dans le cadre du Festival du nouveau cinéma, je co-anime dimanche à partir de 17h un quiz pour cinéphiles avertis. Pas de frais d’admission. Simplement se présenter en équipe (6 personnes max), pas loin de la station Place-des-Arts. Détails sur Facebook ou sur le site du FNC.

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