Jozef Siroka

Archive de la catégorie ‘Horreur’

Vendredi 13 septembre 2013 | Mise en ligne à 14h00 | Commenter Commentaires (20)

Deux Alien au Parc

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Dans une salle de cinéma, tout le monde peut vous entendre crier…

Le Cinéma du Parc nous gâte ce week-end, et jusqu’à mercredi, avec la projection de deux «nouvelles copies restaurées» des deux premiers chapitres de la saga Alien. Une séance par soir pour chacun des films : 19h pour celui de Ridley Scott; 21h15 pour celui de James Cameron (détails ici et ici, respectivement).

Pris comme un bloc, Alien (1979) et Aliens (1986) sont au genre de la science-fiction ce que les deux premiers Godfather sont à celui du film de gangsters: des références insurpassables. Et, comme pour les épiques de Coppola, ces jalons cinématographiques continuent d’alimenter les débats, à savoir lequel des deux est le supérieur. Perso, je ne parviens toujours pas à trancher. Après les avoir vus coup sur coup, je dirais définitivement le premier qui, même s’il a sept ans de plus, montre beaucoup moins son âge.

Pour vous mettre en appétit, je vous propose pas moins de cinq heures de making-of fascinants, remplis de détails savoureux sur les productions des films en question (anecdote : saviez-vous que le sang de l’androïde Bishop était conçu à partir d’un mélange de yogourt et de lait, et que l’acteur en est tombé malade?).

> La seconde partie ici.

> L’histoire fascinante de l’écriture du scénario d’Aliens, et de la rude bataille qu’a menée Cameron pour obtenir le feu vert.

À lire aussi :

> Prometheus : somptueux série B, pour le meilleur et pour le pire

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Jeudi 12 septembre 2013 | Mise en ligne à 13h30 | Commenter Commentaires (6)

L’oncle Disney a fait un cauchemar…

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… et il a été capturé par la caméra du jeune cinéaste Randy Moore, dont le premier long métrage, Escape From Tomorrow, prend la forme d’une traversée du miroir fort angoissante dans le «royaume magique» des parcs d’attraction de Disney, et cherche à subvertir l’idéologie de la béatitude absolue et affectée qui caractérise la marque du conglomérat aux grandes oreilles.

J’ai parlé du film en janvier dernier, alors qu’il venait de créer un solide buzz au Festival de Sundance. Au-delà des critiques positives, ce qui retenait l’attention était la production rebelle et très peu conventionnelle du projet. Escape From Tomorrow n’a pas obtenu de permis de tournage pour ses deux lieux principaux : Walt Disney World, à Orlando, et Disneyland, à Anaheim.

Le travail de mise en scène était extrêmement complexe, un «cauchemar» selon Moore, puisqu’il ne fallait jamais donner l’impression d’être une équipe de tournage. Les acteurs et les membres de l’équipe gardaient toujours une distance discrète, communiquant régulièrement par téléphone. Le fait de constamment tenir une caméra n’a cependant pas éveillé les soupçons, puisqu’il s’agit de «l’activité la plus naturelle qui soit» dans un tel endroit, a précisé le cinéaste.

Escape From Tomorrow est un «conte de fées postmoderne» qui raconte le dernier jour de vacances en famille d’un père qui vient d’apprendre qu’il a été licencié. Au cours de sa journée dans le parc d’attraction, il commence à avoir des visions surréalistes (façon Lisa qui hallucine à Duff Gardens) et devient convaincu qu’il est la proie d’une conspiration. Mais c’est encore plus bizarre que ça, comme a tenté de le résumer un journaliste du New York Times :

Papa est en extase devant deux filles mineures, pense que les figurines sont maléfiques et prennent vie, et prétend de se tirer dessus avec un faux fusil Frontierland. Il y a une épouvantable scène de vomissement, un obèse sinistre qui se promène en scooter et une séquence à Epcot dans lequel notre héros se fait taser. Il est ensuite conduit dans une pièce secrète en dessous de la sphère Spaceship Earth – qui est décrite dans le film comme «la testicule géante» – et s’y fait laver le cerveau. «On ne peut pas être heureux tout le temps», dit un personnage vers la fin, «ce n’est juste pas possible».

Selon un journaliste du Los Angeles Times, qui dit n’avoir jamais vu un film aussi étrange et provocant en huit ans de couverture à Sundance, Escape From Tomorrow est le «portrait d’un homme qui semble avoir perdu tout sens de l’optimisme dans un endroit qui en regorge». (Une entrevue vidéo avec le cinéaste à consulter ici).

Une des craintes des amateurs du film était la réaction de Disney, et les possibles poursuites engendrées par la corporation qui empêcheraient une distribution en salle, ou même en vidéo. Mais la production a protégé ses arrières en se prévalant d’une assurance de la responsabilité civile professionnelle (fouillez-moi ce que ça veut dire), a annoncé le mois dernier le LA Times.

Des experts juridiques doutent d’ailleurs de la solidité d’un éventuel recours en justice de la part de Disney, arguant entre autres qu’une telle action lui fournirait davantage de publicité négative qu’autre chose, et finirait immanquablement par rehausser le profil du film.

Escape From Tomorrow prendra donc le chemin des salles et de la VoD le 11 octobre aux États-Unis (toujours pas de date confirmée pour le territoire canadien). Mise en ligne hier, la bande-annonce est tout simplement splendide et, compte tenu que le film a été tourné de manière complètement clandestine, la qualité de son look dépasse les attentes. À noter en ouverture les premières notes de la musique de Trois couleurs : Bleu, une référence fort élégante.

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Si le requin constitue malheureusement une espèce en voie de disparition, la réalité est on ne peut plus encourageante pour son pendant fictif. En effet, la terreur des mers est plus présente et populaire que jamais dans l’industrie du divertissement. La recette du succès: plus le concept est outrancier, plus ça rapporte!

À titre d’exemple, le téléfilm Sharknado, une absurdité abyssale mettant en scène l’invasion de Los Angeles par une tornade de requins déchaînés. Diffusé par la chaîne SyFy le 11 juillet dernier, le long métrage à causé un véritable tourbillon – c’est le cas de le dire – de commentaires ironiques sur Twitter. Des célébrités comme Damon Lindelof, Mia Farrow et Cory Monteith, dont il s’agissait du dernier tweet avant sa mort, ont permis d’élever cette production Z au rang de phénomène pop incontournable.

À la suite de la pression populaire, Sharknado a été rediffusé par SyFy à deux reprises. L’audimat est monté en flèche, atteignant 2,1 millions de téléspectateurs lors de sa plus récente présentation, le 27 juillet, pour une augmentation de près de 50% par rapport à la première. Mais le public avait encore faim. Pour combler son appétit, la chaîne Regal Cinemas, le plus grand exploitant de salles aux États-Unis, a organisé une séance de minuit sur 200 de ses écrans à travers le pays, vendredi dernier. Une suite a récemment été annoncée, tandis que les fans ont été appelés à proposer un titre sur Twitter.

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Sharknado a été produit par The Asylum, petit studio futé qui se spécialise dans les mockbusters, des films à très petit budget plagiant des blockbusters récents ou à venir, et profitant de la promotion monstre de ces derniers. Quelques titres pour vous donner une idée : Titanic 2, The Terminators, Transmorphers, Snakes on a Train, Bikini Spring Break, Da Vinci Treasure, AVH: Alien vs. Hunter, Pirates of Treasure Island ou, mon coup de coeur, The 9/11 Commission Report, «Un thriller dans la tradition de Traffic, Syriana et United 93».

Malgré – ou devrait-on dire grâce à – la nature trash de son offre, The Asylum a toujours fait de l’argent avec sa quelque dizaine de films de requins, aux titres plus déjantés les uns que les autres – Mega Shark vs. Crocosaurus, Mega Shark vs. Giant Octopus, 2-Headed Shark Attack. Dotés d’un budget moyen de 500 000$, et diffusés sur des plateformes comme Netflix, Amazon ou encore SyFy, ces «shark-opus» enregistrent entre 20 et 50% de profit. Grâce notamment au succès retentissant de Sharknado, le bénéfice net de The Asylum devrait passer à 19 millions $ cette année, un bond impressionnant par rapport à 2009 et ses 5 millions $.

Mais ce n’est pas fini. La terrifiante tornade prédatrice s’apprête à dépasser les frontières nationales, pour atteindre les rives de l’Europe, de l’Asie et même de l’Océanie. Le buzz outre-mer est si fort que les dates de diffusion de Sharknado ont été devancées dans une dizaine de pays, dont l’Australie, la Nouvelle-Zélande, la Grande-Bretagne, les Philippines et Hong Kong. Il faudra cependant se montrer plus patient en France, en Allemagne et en Espagne, où on est en train de fignoler les pistes de doublage.

Le cinéma bon marché qui mord à pleines dents dans le marché traditionnel; avec l’implosion imminente du modèle hollywoodien, assiste-on à l’émergence d’une tendance lourde?

À lire aussi :

> J’ai donc vu Creature, le plus grand flop de tous les temps…

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