
Aussi désirable et nécessaire soit-il, le Progrès traîne parfois avec lui son lot de désenchantement. On parle ainsi du déclin et de l’éventuelle disparition du club vidéo, institution de plus en plus désuète à l’ère de l’internet haute vitesse, de la télé à la carte et de Netflix.
Selon une étude menée par la société d’analyse marketing IBISWorld, les profits des établissements de location de films diminueront drastiquement dans les années à venir. On calcule que les clubs vidéo ont engrangé 1,6 milliards $ à l’échelle internationale en 2008-2009, et que cette somme sera réduite de près moitié en 2016-2017, soit 858 millions $. Un analyste prédit l’extinction de l’industrie d’ici 10 ans si elle ne se «diversifie» pas.
Au pays, la sonnette d’alarme a été tirée à l’automne 2011 avec la fermeture de tous les magasins Blockbuster du Canada. Si la mort expéditive du géant de la location a semé un vent de panique dans l’industrie, elle a cependant validé – en partie – le modèle d’affaires des clubs indépendants, ou de répertoire.
Je me rappelle il y a quelques années lorsqu’une succursale Blockbuster s’est installée en face de la Boîte Noire, à l’angle St-Denis et Mont-Royal. Je craignais la disparition imminente d’une de mes adresses préférées en ville, pour finalement constater avec joie que les rangées de nouveautés en quantité industrielle ont cédé leur place aux grils d’A&W.
Si David a remporté une bataille contre Goliath, la guerre est loin d’être gagnée. En effet, on apprenait avec tristesse ce mois-ci que la Boîte Noire Laurier fermait boutique après 15 ans d’activités (un article à ce propos dans Le Devoir). Dans son communiqué, le président de la Boîte Noire blâme en grande partie les nouvelles règles municipales pour la faillite, mais force est d’admettre que le maire Ferrandez n’est pas l’unique responsable de ce dénouement déplorable…
Traitez moi de rétrograde tant que vous voulez, mais l’idée de la disparition définitive des clubs vidéo me désole profondément. Suis-je le seul qui éprouve autant de difficultés à accepter le «progrès»?
(Image gracieuseté de @PierreLuc)
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