Jozef Siroka

Archive de la catégorie ‘Frères Coen’

Jeudi 24 janvier 2013 | Mise en ligne à 13h00 | Commenter Commentaires (11)

Les frères Coen en mode folk

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Une décennie après O Brother, Where Art Thou?, Joel et Ethan Coen reviennent au film musical. Leur 16e long-métrage, intitulé Inside Llewyn Davis, explore la scène folk florissante de Greenwich Village, à New York, durant les années 1950 et 1960.

Le scénario est librement inspiré des mémoires posthumes de Dave van Ronk (1936-2002), personnage plus grand que nature, gauchiste engagé, musicien polyvalent et amuseur hors pair, qui fraya un chemin à des légendes en devenir comme Bob Dylan, Joan Baez ou Joni Mitchell.

Un extrait de WikiPedia :

On le remarque par sa stature imposante et son charisme dénotant un gentilhomme cultivé aux talents multiples. Il s’intéresse à tout: la cuisine, la science-fiction, l’histoire mondiale et la politique. Dans les années 1960, il soutient les causes de l’extrême-gauche, et a été un des membres de la Libertarian League. Il prend part, plutôt par hasard, aux célèbres émeutes de Stonewall (en juin 1969) où il est arrêté, violenté et brièvement incarcéré. En 1974, il se produit, avec son vieil ami Bob Dylan dans un concert au profit des réfugiés chiliens.

La bande-annonce du film est apparue aujourd’hui sur le web, et elle est sensationnelle. On est frappé par le souci du détail accordé à la direction artistique, par le ton mélancolique, accentué par la ballade de Dylan, et par la qualité de l’image, à la fois métallique et étrangement réconfortante. Il s’agit d’ailleurs de la première fois depuis Barton Fink (1991) – avec exception Burn After Reading (2008) – que les Coen ne collaborent pas avec Roger Deakins à la direction photo. Ils ont décidé de faire confiance au français Bruno Delbonnel (Le fabuleux destin d’Amélie Poulain, Across the Universe, Dark Shadows), et le pari semble avoir été payant.

Le rôle-titre a été confié a Oscaar Isaac, un relatif inconnu qu’on a pu voir dans Drive, dans la peau du mari qui sort de prison, qui retrouve sa «femme» Carey Mulligan, beaucoup moins docile cette fois-ci. On est heureux de retrouver John Goodman, un régulier dans l’univers coenien, ainsi que F. Murray Abraham, le Salieri d’Amadeus qui semble également incarner ici une sorte de conseiller musical à notre héros. Avec aussi Justin Timberlake (qu’on aperçoit à 00:40) et le nouveau bellâtre du moment Garrett Hedlund (On the Road, TRON: Legacy).

Aucune date de sortie n’a pour l’instant été annoncée.

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Mercredi 18 novembre 2009 | Mise en ligne à 13h40 | Commenter Commentaires (15)

Cormac McCarthy discute cinéma

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- Cormac McCarthy en 2007 (Photo : The Wall Street Journal)

Lorsque Cormac McCarthy, un des auteurs américains vivants les plus respectés, a cogné à la porte d’Hollywood avec un scénario intitulé No Country for Old Men sous le bras, on la lui a vite refermée sur le nez : «Ça ne marchera jamais».

Quelques années plus tard, le même McCarthy, qui a fini par transformer son scénario en roman, se retrouvait attablé avec les frères Coen lors de la cérémonie des Oscars. Quand Ethan Coen est redescendu du podium avec le Prix du scénario adapté dans les mains, il a indiqué à son invité d’honneur : «Eh bien, je n’ai rien fait, mais je le garde quand même».

Cette anecdote typiquement hollywoodienne – ce n’est certainement pas la première fois qu’un producteur a manqué de flair à ce point – est contenue dans une passionnante entrevue menée par le Wall Street Journal avec Cormac McCarthy, le romancier de 76 ans prisé et reclus qui a rarement l’habitude de se confier aux médias.

À l’occasion de la sortie prochaine de The Road, le film de John Hillcoat basé sur son roman du même nom, McCarthy discute de sa relation avec son plus jeune fils (qui a été la principale source d’inspiration du livre en question), de ses projets littéraires futurs et passés, de science, de religion et, bien sûr, de cinéma.

«Un roman est un roman et un film est un film». McCarthy préfère ne pas se mêler des adaptations cinématographiques de son oeuvre. Au sujet des Coen : «On s’est rencontré et on a bavardé à quelques reprises. Ils sont intelligents et très talentueux. Comme John [Hillcoat], ils n’avaient pas besoin de mon aide pour faire leur film.»

Si McCarthy se garde loin des plateaux de tournage, il ne se gêne pas pour formuler une opinion sur le résultat final. En ce qui concerne All the Pretty Horses (2000) de Billy Bob Thornton :

Ça aurait pu être meilleur. Le réalisateur avait cette notion qu’il pouvait placer le livre en entier dans le film. On ne peut pas faire ça. On doit choisir l’histoire qu’on veut raconter et la placer sur l’écran. [Thornton] a donc fait un film de quatre heures et il s’est rendu compte que, s’il voulait qu’il soit distribué, il devait en couper la moitié.

McCarthy parle également du projet d’adaptation du plus célébré de ses romans, Blood Meridian (1985), qu’on dit inadaptable en raison de sa violence :

C’est des conneries. Le fait que l’histoire soit lugubre et sanglante n’a rien à voir avec le fait qu’on ne puisse la porter sur grand écran. Le problème n’est pas là. Le problème c’est que le film serait très difficile à faire et exigerait quelqu’un avec une abondante imagination et beaucoup de couilles. Mais le résultat pourrait être extraordinaire.

Blood Meridian est pour l’instant entre les mains de l’excellent Todd Field (In the Bedroom, Little Children). IMDb indique une sortie en 2011.

Attentes élevées pour The Road

Après avoir vu sa sortie repoussée à quelques reprises, The Road prendra finalement l’affiche le 27 novembre. Le film de l’Australien John Hillcoat, qui avait impressionné avec son western brutal The Proposition (2005), entretient des attentes très élevées. En particulier auprès des fans de McCarthy (et des fans de littérature en général) qui songent à apposer l’étiquette «roman de la décennie» à The Road.

Les critiques sont très divergentes pour le moment : certains parlent du film le plus important de l’année tandis que d’autres y voient une adaptation ratée à pratiquement tout point de vue.

Enfin, pour tous ceux qui, comme moi, demeurent bouleversés par la puissance de The Road et qui comptent voir le film, je conseille d’appliquer le credo combien simple mais juste de McCarthy avant de franchir la porte de la salle de cinéma : «Un roman est un roman et un film est un film».

À lire aussi :

> Cormac McCarthy en entrevue au New York Times en 1992

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Mardi 27 octobre 2009 | Mise en ligne à 14h15 | Commenter Commentaires (5)

Damon et Brolin dans le western des Coen?

mv5bmtywnte3ndyzov5bml5banbnxkftztcwntu5mzy0mq_v1_sx284_sy400_.jpgMatt Damon et Josh Brolin sont en discussions avancées pour se joindre au nouveau film des frères Coen, True Grit, un western basé sur le classique du même nom de 1969, annonce Variety.

Le mois dernier, je rapportais que Jeff Bridges, le Dude en personne, allait reprendre le rôle du shérif fédéral borgne Rooster Cogburn, incarné à l’époque par John Wayne.

Damon jouerait La Boeuf, le compagnon d’armes arrogant mais inexpérimenté de Cogburn, tandis que Brolin, qu’on a vu en héros pourchassé dans No Country for Old Men (2007) des Coen, assurerait cette fois-ci le rôle du méchant.

Damon et Brolin, qui font partie des vedettes hollywoodiennes les plus intéressantes du moment, figurent également parmi les plus occupées. Le premier, qui a récemment complété Invictus, un biopic de Clint Eastwood sur Nelson Mandela, se prépare à refaire équipe avec le légendaire cinéaste pour le thriller surnaturel Hereafter. On attend d’ailleurs avec impatience son Green Zone, un film sur l’Irak réalisé par le génial Paul Greengrass.

Le second, quant à lui, est de retour d’Espagne où il vient de compléter You Will Meet A Tall Dark Stranger de Woody Allen, et joue présentement dans Wall Street 2 de Oliver Stone. On le verra également bientôt dans la peau de Jonah Hex, un super-héros aux allures de cow-boy issu de l’univers de DC Comics.

True Grit, un western très divertissant basé sur le roman de Charles Portis, raconte l’histoire d’une adolescente à la volonté de fer qui engage un shérif alcoolique et vieillissant mais néanmoins courageux pour traquer en territoire hostile le lâche assassin de son père. (Lire ici la critique enthousiaste de Roger Ebert).

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