Jozef Siroka

Archive de la catégorie ‘Analyse’

Mardi 13 janvier 2015 | Mise en ligne à 16h15 | Commenter Commentaires (20)

Le chat sauvé a-t-il tué la mort à Hollywood?

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Vous est-il déjà arrivé, au cours de la dernière décennie, en regardant un nouveau blockbuster, de bâiller pendant une séquence d’action déchaînée? Si c’est le cas, il y a des bonnes chances que la formule prédominante dans le milieu scénaristique à Hollywood a fait son temps dans votre esprit.

Un guide publié en 2005 intitulé Save the Cat! The Last Book on Screenwriting You’ll Ever Need s’est vite transformé en parole d’évangile dans une bonne partie de l’industrie. Écrit par le scénariste Blake Snyder, le livre propose une réévaluation de la structure en trois actes qui a marqué la construction des longs métrages depuis des lustres.

Save the Cat! divise un récit en 15 mesures, qui tiennent lieu d’évènements cruciaux auxquels sont assignés des numéros de pages, dépendamment de la longueur de notre script. Ainsi, durant la première minute doit survenir «L’image d’ouverture», qui «représente le ton de l’histoire, un instantané du problème du protagoniste». Et le film doit se terminer par «L’image finale», qui «prouve, visuellement, qu’un changement s’est produit dans le personnage». (Des règles dont se sont brillamment moqués les frères Coen dans Inside Llewyn Davis – notamment toute l’histoire avec le chat).

L’approche prônée par Snyder et ses apôtres a peut-être aidé à remplir les coffres des studios mais a en même temps contribué à étouffer l’originalité structurelle des grosses productions et, par conséquent, diminué l’implication émotionnelle du spectateur. Selon Alexander Huls, un pigiste torontois s’exprimant dans les pages du New York Times en 2013, c’est la mesure «Tout est perdu» qui représente le plus gros problème dans Save the Cat!.

Le moment où le protagoniste se rend compte qu’il a perdu tout ce qu’il avait gagné. Ou : tout ce qu’ils possède maintenant n’a plus de signification. L’objectif initial semble maintenant plus impossible que jamais. Et à ce moment, quelque chose ou quelqu’un meurt. Cela peut être physique ou émotionnel, mais la mort de quelque chose de vieux fera place à quelque chose de nouveau qui va naître.

À cette instruction, Huls répond : «Certains cinéastes ne semblent pas se rendre compte que les mécaniques de l’intrigue ne sont pas un raccourci pour le pathos». Il fait référence ici à des scènes de mort dans les blockbusters des dix dernières années qui ont moins de poids, selon lui, que celles qu’on voyait par le passé. Il en a en particulier contre les adaptations de Marvel ou DC Comics, avec leurs bluffs à cinq cents qui se convertissent systématiquement en résurrections obligatoires.

Bien évidemment, la mort au cinéma est une caractéristique extrêmement relative. On ne s’attend pas de la part des aventures hollywoodiennes de traiter le sujet avec la gravité d’un Bergman ou d’un Haneke. Parfois, on ne demande rien de mieux que du bon vieux écrapou inconséquent du style :

Mais il reste que, pour reprendre la conclusion du papier de Huls : «Peu importe à quel point les films ou les BD partent dans des réalités avec des êtres superpuissants, des futurs technologiquement avancés ou des mondes fantastiques remplis de créatures impossibles, ils ont encore besoin de faire ce que toutes les bonnes histoires devraient : Nous parler de l’être humain». Ce qui a d’ailleurs déjà été accompli dans le bon vieux temps, nous rappelle l’auteur :

Ce n’est pas déraisonnable, ni impossible, de s’attendre à de la complexité émotionnelle dans les films grand public. [...] Pensez à quelques-unes des meilleures scènes de décès de tous les temps : Obi-Wan Kenobi dans Star Wars. Roy Batty dans Blade Runner. Mufasa dans The Lion King. Le cheval Artax dans The Neverending Story. Thelma et Louise dans Thelma & Louise. Marion Crane dans Psycho. La mère de Bambi dans Bambi. Vincent Vega dans Pulp Fiction. Spock dans Star Trek II: The Wrath of Khan. Boromir dans The Lord of the Rings: The Fellowship of the Ring. La tête de Tracy dans Seven. Maximus dans Gladiator. Même quelque chose comme la mort nunuche de Harry Stamper dans Armageddon – le plus ampoulé des blockbusters, un film de Michael Bay – a réussi à faire vibrer une ou deux cordes sensibles.

> En boni, le Top 20 des meilleures scènes de mort selon The Playlist + le Top 17 des pires façons de se faire tuer par Liam Neeson…

À propos de Vincent Vega, la scène en question apparaît à partir de 00:19 dans ce
montage sanglant et exhaustif des meurtres issus de la filmo de Quentin Tarantino :

Et pour s’amuser un peu, une démonstration où l’on constate que même la mort
n’est pas exempte de clichés :

Enfin, après la mort, il y a la vie, du moins à Hollywood :

> Pour en savoir plus sur le phénomène de Save the Cat!, consultez cet article de Slate

> L’essai de Alexander Huls : How Hollywood Killed Death

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Mercredi 17 décembre 2014 | Mise en ligne à 15h30 | Commenter Commentaires (139)

Voir le même film 20 fois et en redemander

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Je pense avoir vu Heat de Michael Mann au moins 20 fois; au cinéma, à la télé, en VHS, en DVD et, tout récemment, en Blu-ray. C’est un film policier existentiel et pessimiste, au rythme assez lent, qui dure près de trois heures. Au total, j’ai passé deux jours et demi en ligne à regarder Al Pacino et Robert De Niro essayer plusieurs variations sur le thème de la tête d’enterrement, et je ne suis toujours pas rassasié!

Et il n’y a pas que Heat qui m’obsède à ce point. En effet, parmi les films que je connais pratiquement par coeur, notons Fargo des frères Coen, The Conversation de Francis F. Coppola, Donnie Darko de Richard Kelly, To Die For de Gus Van Sant, The Thin Red Line de Terrence Malick, Taxi Driver de Martin Scorsese, Mulholland Drive de David Lynch, The Rock de Michael Bay, Seven de David Fincher…

Cette habitude de cinéphile quasi-sisyphienne est-elle raisonnable? Surtout lorsque je considère tous ces films «importants» inscrits dans ma liste mentale que je n’ai toujours pas vus? À chaque fois que je ressors Heat de ma bibliothèque, je me dis que les trois heures à venir auraient plutôt pu servir à découvrir un Kurosawa ou un Ford particulièrement alléchants. Le sentiment de culpabilité ne dure que quelques secondes cependant, et se dissipe dès que réapparaît la gare de train baignée par une lumière nocturne bleutée…

Il semblerait qu’opter pour la répétition est un comportement tout à fait naturel. C’est ce que conclut une étude publiée en 2012 par deux professeurs en marketing pour le compte de l’université de Chicago, portant le titre savant : The Temporal and Focal Dynamics of Volitional Reconsumption: A Phenomenological Investigation of Repeated Hedonic Experiences. Heureusement pour nous, la thèse a été résumée – en quatre temps – dans un article mis en ligne par The Atlantic cet automne.

LA RAISON SIMPLE

Regarder quelque chose à répétition peut donner l’impression que cela fait perdre son intérêt initial au divertissement. Mais des psychologues ont constaté que la répétition engendre l’affection. Les activités familières nécessitent moins d’énergie mentale, et quand quelque chose est facile à penser, nous avons tendance à considérer que c’est bon. Un film que nous avons vu sept fois avant est parfaitement facile à traiter.

Le terme scientifique pour cela est «simple effet d’exposition», ce qui signifie que nous aimons davantage quelque chose simplement parce que nous y avons déjà été exposé. Il y a des preuves que, non seulement on rejoue des chansons qu’on aime, mais, plus qu’on les joue, plus qu’on les aime.

LA RAISON NOSTALGIQUE

Parfois, nous regardons un vieux film afin d’extraire une prédilection sur la façon dont les choses étaient. [...] Nous aimons répéter des expériences de la culture pop parce qu’elles nous aident à nous rappeler du passé, et l’acte de se souvenir du passé fait du bien. Heidegger a appelé ça le «dragage». Les chercheurs offrent un autre terme: la re-consommation régressive. Il s’agit d’utiliser le divertissement comme une machine à voyager dans le temps afin de revisiter un souvenir perdu.

LA RAISON THÉRAPEUTIQUE

Un des trucs bien que font les vieux films c’est qu’ils ne peuvent pas nous surprendre. On sait comment ils finissent, et on sait comment nous nous sentirons à la fin. Cela fait de le re-consommation du divertissement une sorte de «régulation émotionnelle». Les nouveaux livres, films et émissions de télévision peuvent nous fournir des frissons, mais ils peuvent aussi nous faire perdre notre temps et nous décevoir. Les vieux films ne nous déçoivent jamais : nous vieillissons, et ils gardent le même âge. Revoir du divertissement familier – pour être parfaitement rigide sur ce genre de chose – est efficace d’un point de vue émotionnel. Nous recevons exactement le gain émotionnel qu’on recherche, pas de surprises.

LA RAISON EXISTENTIELLE

Les liens dynamiques entre nos expériences passées, présentes et futures à travers la re-consommation d’un objet permettent une compréhension existentielle. Se réengager avec le même objet, ne serait-ce qu’une seule fois, permet un remaniement d’expériences tandis que les consommateurs considèrent leurs propres jouissances et compréhensions par rapport aux choix qu’ils ont faits. Ce n’est pas de la simple nostalgie ou de la thérapie. C’est de la culture pop en tant que palimpseste – un vieux souvenir, recouvert par une nouvelle perspective.

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I got Scarface. On repeat. SCARFACE ON REPEAT. Constant, y’all! – Alien

Un des corollaires de la pratique des visionnages répétés est la création d’un catalogue personnel de répliques savoureuses qu’on peut réciter à tout moment, souvent entre complices cinéphiles tout aussi érudits (ou geeks) que nous. Mais cette culture du one-liner explosif, hilarant, ingénieux ou, tout simplement, mémorable, serait en voie de disparaître, selon cet article du New York Times.

L’auteur cite plusieurs raisons – dont la mondialisation – pour expliquer ce recul. D’après lui, l’explosion de l’accessibilité à des films et à des séries télé, et ce à un coût dérisoire, incite notre attention à s’éparpiller. On achète d’ailleurs moins de films sur support physique, et on a donc moins tendance à les revoir. Et, bien évidemment, c’est en revoyant les films qu’on finit par retenir et par propager leurs plus fameuses répliques.

Peut-on sincèrement dire que l’imaginaire collectif du 21e siècle a réussi à s’approprier des morceaux choisis aussi délicieux que «You can’t handle the truth», «I’m going to make him an offer he can’t refuse», «We’re gonna need a bigger boat» et autres «Go ahead, make my day»? L’auteur du NYTimes cite le «I’m the captain now» de l’excellent Captain Phillips (2013) de Paul Greengrass, mais avouons qu’on est pas mal loin du «I’m as mad as hell, and I’m not going to take this anymore!» de Network (1976) en terme d’impact culturel…

Parmi les exemples tirés du cinéma contemporain, il y a un extrait qui me vient immédiatement à l’esprit : le monologue «Look at my shit!» déclamé avec un enthousiasme délirant par James Franco dans Spring Breakers. Cette énumération répétitive de diverses possessions non seulement rime avec la structure circulaire du récit, et appuie l’examen d’une certaine jeunesse vibrant au rythme de clips superficiels et/ou dénaturés sans cesse rechargeables, mais finit aussi par accabler : Je veux vous (et me) distraire par tout ce que j’ai, pour ne pas avoir à réfléchir à qui je suis.

D’autres répliques mémorables datant des 15 dernières années?

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Mercredi 12 novembre 2014 | Mise en ligne à 0h00 | Commenter Commentaires (33)

Birdman, divertissement, et «génocide culturel»

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Pourquoi autant de gens se ruent-ils année après année dans les salles de cinéma pour voir des exploits de super-héros? Les réponses sont nombreuses et diverses. Campagnes de marketing faramineuses. Présence d’acteurs et d’actrices désirables qui exhibent fièrement leur physique nouvellement tonifié dans des costumes chatoyants. L’intérêt intuitif pour le proverbial combat entre le Bien et le Mal. Aussi, un certain effet d’entraînement plus ou moins conscient («Hey, tout le monde va le voir, faut pas que je manque ça»)…

Mais l’incitatif primordial se résume à mon avis en un mot : la promesse du Divertissement. Venez nous voir, ça ne coûte que 10-15$, et on va vous en mettre plein la vue, garanti. Dans une très large mesure, les studios ont remporté leur pari haut la main. Pour se convaincre de la confiance qu’ils manifestent envers leurs produits, il n’y a qu’à constater la généreuse quantité de films de super-héros à venir au cours des six prochaines années, tant du côté de Marvel que de DC Comics.

Cela dit, j’aimerais me pencher sur la notion même de divertissement. Après avoir vu dans film après film après film Batman, Spider-Man, Superman, les Avengers et autres Guardians of the Galaxy sauver la planète, embrasser une super-beauté avec une explosion en arrière-plan, et nous donner rendez-vous dans deux ans pour des aventures répétant la même formule, peut-on sincèrement se dire : «Wow, j’ai vraiment été diverti!» Il me semble que, à l’idée de divertissement, se doivent de s’attacher celles de la surprise et de l’originalité. Préceptes que rejettent agressivement les blockbusters en spandex. Et ce n’est pas par manque de compétence : les studios savent que le grand public recherche davantage le confort que l’inconnu lorsqu’il est question d’acheter un billet.

Mais sauter dans le vide peut se montrer tellement plus gratifiant! Et c’est exactement ce que propose Birdman, un antidote des plus rafraîchissants au quasi-monopole qu’exerce le cinéma de super-héros dans le domaine du divertissement. Le film d’Alejandro G. Iñárritu est infiniment plus divertissant que tant d’autres de ses congénères qui se terminent par «Man» parce que, de un, on n’a jamais vu une telle histoire racontée de cette manière et, de deux, parce qu’on ne sait jamais ce qui nous attend au détour d’un des nombreux couloirs que comprend le St. James Theatre, vénérable salle adjacente à Times Square, où se déroule la plupart de l’action.

Parlant d’antidote, on ne peut qu’imaginer la joie pure de ces acteurs de grand talent, vétérans des formules de super-héros, d’avoir la chance de participer à un projet si foncièrement différent. Emma Stone, l’actuelle female interest dans les nouveaux Spider-Man ; Edward Norton, un des Hulk pré-Avengers ; et, bien sûr, Michael Keaton, incarnant le personnage-titre qui prend la forme d’un clin d’oeil format géant à son Batman originel, comme le démontre entre autres la fausse b-a vintage ci-dessus (le film de Tim Burton sorti en 1989, premier méga-succès du genre, a d’ailleurs lancé le bal des super-franchises qu’on ne connaît que trop bien aujourd’hui).

Keaton et Norton, en particulier, savourent visiblement l’opportunité de déployer toute l’étendue de leur répertoire – non seulement en tant qu’acteurs, mais en tant qu’acteurs qui jouent des acteurs – sans la crainte d’avoir à répondre à des standards physiques superficiels; beaucoup de nudité ou de quasi-nudité masculine dans Birdman, où les habituels six-packs bronzés sont troqués pour des ventres mous et blêmes.

Analyser Birdman n’est pas une simple tâche. Le film lui-même est conscient de la complexité, voire de la futilité, de l’exercice : dès le début, une note accrochée au miroir de la loge de Keaton indique : «A thing is a thing, not what is said of that thing», référence à l’essai de Susan Sontag Against Interpretation, un manifeste contre l’intellectualisation systématique des oeuvres d’art. Selon cette auteure très influente de la deuxième moitié du 20e siècle, la critique prend trop souvent pour acquis «le pouvoir transcendantal de l’art».

En effet, Birdman est d’abord est avant tout une formidable expérience sensorielle. Il m’est pratiquement impossible de traduire en mots, par exemple, ma scène préférée du film, alors qu’on voit notre héros se faire accoster par sa jeune maîtresse, Andrea Riseborough, une actrice anglaise aux traits de porcelaine et au regard ensorcelant. Après leur bref et curieux échange, la caméra épouse le point de vue de Keaton, tandis qu’elle marche par en arrière et l’incite à la suivre dans les coulisses du théâtre en faisant de langoureux mouvements de bras et en adoptant une expression mi-badine, mi-sensuelle. Le moment ne dure que quelques secondes, peut sembler complètement anecdotique, et pourtant il reste gravé dans mon esprit. Tout comme, d’ailleurs, l’ouverture de l’affligeante 9e symphonie de Mahler, qui revient de manière sporadique tout au long du film.

La qualité de cette expérience cinématographique est beaucoup redevable à l’exploit technique accompli par ses artisans. En particulier Emmanuel Lubezki, le directeur photo magique qui a notamment béni les derniers films d’Alfonso Cuarón et de Terrence Malick. Birdman donne l’impression d’avoir été filmé en un seul plan-séquence, qui plus est, en constant mouvement, question de dynamiser la dualité psychologique du héros, déchiré entre la tentation de rendosser le costume de Birdman et de retrouver la gloire d’antan et des millions faciles (la caméra hyperactive dirigeant une chorégraphie réglée au quart de tour), et son désir de mener à bien sa pièce de théâtre qui, malgré une production chancelante, est néanmoins dotée d’une prétention artistique noble (pas de montage sur les planches).

Pour finir, je suggère malgré tout d’intellectualiser un peu Birdman. Ou plutôt, sa principale cible. Et pour ce faire, je laisse la parole à M. Iñárritu, qui n’a définitivement pas la langue dans sa poche. En entrevue avec Deadline le mois dernier, aux côtés de ses trois (!) co-scénaristes, il ne s’est pas gêné pour sortir le méchant.

Je pense qu’il n’y a rien de mal à être obsédé par les super-héros quand vous êtes âgé de 7 ans, mais je pense que c’est malsain de refuser de grandir. Les corporations et les fonds spéculatifs ont une emprise sur Hollywood et ils veulent faire de l’argent sur tout et n’importe quoi qui s’identifie comme du cinéma. Lorsque vous placez 100 millions $ et vous obtenez en retour 800 millions $ ou 1 milliard $, il est très difficile de convaincre les gens. Vous leur dites, «Vous allez mettre 20 millions $ et vous obtiendrez 80 millions $». Maintenant, c’est un putain de bon profit, mais ils disent, «80 millions $ ? Je veux 800 millions $.» Essentiellement, l’espace pour présenter de bons petits films a disparu.

J’aime parfois [les films de super-héros] parce qu’ils sont simples et élémentaires, et vont bien avec du pop-corn. Le problème est que, parfois, ils prétendent être profonds, comme s’ils étaient basés sur de la mythologie grecque. Et ils sont honnêtement très de droite. Je les vois toujours comme des films où il est permis de tuer des gens parce qu’ils ne croient pas en ce que vous croyez, ou parce qu’ils ne sont pas qui vous voulez qu’ils soient. Je déteste ça, et je ne réagis pas bien à ces personnages. Ils sont un poison, un génocide culturel, parce que le public est tellement surexposé à des récits, à des explosions et à de la merde qui n’ont rien à voir avec l’expérience d’être un humain.

Qu’il fait du bien de voir un adulte prendre le contrôle, ne serait-ce que momentanément, de la garderie. Et qu’il fait du bien, enfin, de voir Iñárritu nous offrir son premier vrai bon film depuis que nous l’avons découvert, il y a près de 15 ans, avec le sublime Amores Perros. Birdman n’est en effet pas l’affaire d’un seul retour en grâce…

À lire aussi :

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