Jozef Siroka

Archive de la catégorie ‘David Fincher’

Lundi 14 avril 2014 | Mise en ligne à 18h00 | Commenter Commentaires (5)

Premier aperçu du nouveau Fincher, Gone Girl

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Le hype a commencé vendredi soir, avec la diffusion par Entertainment Tonight du teaser de la bande-annonce de Gone Girl (pratique assez pathétique merci, en espérant qu’il ne s’agisse que d’une phase marketing qui sera vite oubliée).

Lundi midi, Digital Spy a dévoilé en exclusivité une affiche-concept du film, qui intègre à son design l’imagerie des bulletins de nouvelles, et qui a l’audace de ne pas inclure le titre; approche esthétique innovatrice typique de la méthode Fincher.

Le dixième long métrage du cinéaste de 51 ans est une adaptation du polar à succès de Gillian Flynn, paru en 2012. L’auteure a d’ailleurs signé le scénario – avec une fin alternative, révélation qui a choqué ses fans – pour son «réalisateur préféré de tous les temps», envers qui elle entretient une «obsession sinistre»…

Le synopsis :

Amy et Nick Dunne semblent former un couple parfait. Mais en raison de la crise, ils sont contraints de quitter Manhattan pour retourner dans le Missouri, dans la ville dans laquelle Nick a grandi. Le jour de leur 5e anniversaire de mariage, Amy disparaît mystérieusement et Nick retrouve leur maison saccagée. L’enquête semble accuser Nick, qui décide de tout faire pour comprendre ce qui est arrivé à sa femme. Il découvre qu’elle lui cachait nombre de choses…

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J’ai parlé de Gone Girl en détail au cours des derniers mois, ici et surtout ici. Sortie : 3 octobre 2014. AJOUT : La bande-annonce a été mise en ligne à 19h00.

À noter le choix ingénieux de la musique : She de Charles Aznavour, repris par Richard Butler du groupe rock britannique Psychedelic Furs. On se rappelle d’autres choix musicaux pour le moins originaux pour promouvoir des films de Fincher, dont la reprise d’Immigrant Song de Led Zeppelin par Karen O des Yeah Yeah Yeahs (The Girl with the Dragon Tattoo) et la reprise de Creep de Radiohead par la chorale féminine belge Scala & Kolacny Brothers (The Social Network).

- Si l’embed est désactivé, voir la b-a sur le site de ComingSoon.

- Par ailleurs, on apprend aujourd’hui que Fincher s’est officiellement désisté du projet biographique sur Steve Jobs, scénarisé par Aaron Sorkin (The Social Network).

À lire aussi :

> Les nouveaux Fincher et PTA: un bref récapitulatif
> Les girls de Fincher se suivent mais ne se ressemblent pas

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Mercredi 29 janvier 2014 | Mise en ligne à 14h05 | Commenter Commentaires (32)

Les nouveaux Fincher et PTA: un bref récapitulatif

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Au milieu des années 1990, deux jeunes réalisateurs ont investi l’avant-scène du cinéma américain grâce leurs formidables seconds longs métrages : avec Seven et Boogie Nights, David Fincher et Paul Thomas Anderson, respectivement, ont vivement capté l’attention des cinéphiles, et ont su maintenir notre intérêt avec brio au cours des deux dernières décennies. 2014 marquera la première fois depuis 2007 (Zodiac, There Will Be Blood) que les deux hommes se partageront une année de sortie en salle.

Fincher, le plus productif des deux cinéastes, et aussi le plus ancré dans le mainstream, dévoilera son dixième long métrage le 3 octobre prochain. Basé d’après le best-seller de Gillian Flynn, Gone Girl raconte l’histoire d’un mari (Ben Affleck) accusé d’être responsable de la disparition de son épouse (Rosamund Pike) le jour de leur cinquième anniversaire de mariage (plus de détails ici).

Entamé en septembre dernier, le tournage a été typiquement demandant pour une production de Fincher, qui se la jouait Kubrick avec une moyenne de 50 prises par scène. Sur le point de vue technique, Gone Girl s’annonce comme le plus resplendissant des films à l’ère du numérique, ayant été tourné avec les nouvelles caméras RED, les Epic Dragon, qui offrent neuf fois plus de résolution que les caméras HD standard.

Côté scénario, les nombreux amateurs de ce polar truffé de rebondissements seront surpris d’apprendre que le dernier acte a été complètement remanié. Une révélation publiée plus tôt ce mois-ci par Entertainment Weekly, dont la photo de la page couverture a été prise par Fincher lui-même, qui y est allé d’un clin d’oeil macabre au fameux cliché de Rolling Stone montrant un John Lennon nu enlaçant Yoko Ono. Flynn, qui a signé l’adaptation de son roman, a expliqué :

Il y avait quelque chose de palpitant à l’idée de prendre cette oeuvre que j’avais minutieusement assemblée pendant environ deux ans, avec ses huit millions de pièces de LEGO, et d’y asséner un coup de marteau pour la démonter et la remonter pour les fins d’un film.

Enfin, mardi dernier on apprenait que Trent Reznor et Atticus Ross signeront la musique de Gone Girl, annonce faite via la page Twitter du fondateur de Nine Inch Nails. Une troisième collaboration de suite entre Fincher et le duo de musiciens, qui ont d’ailleurs récolté un Oscar pour leur travail sur The Social Network.

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Paul Thomas Anderson, de son côté, a complété le tournage de Inherent Vice au mois d’août. Cette adaptation du «roman psychédélique» éponyme de Thomas Pynchon raconte les mésaventures de Doc Sportello (Joaquin Phoenix), un détective privé adepte de pot qui enquête sur la disparition de son ex-copine dans le Los Angeles des années 1970. Une trame narrative qui n’est pas sans rappeler The Big Lebowski

Annoncé fin 2010, le projet a obtenu la bénédiction de Pynchon, un des auteurs américains vivants les plus respectés, et aussi l’un des artistes reclus les plus notoires en Amérique, n’ayant pas fait d’apparition publique depuis plus de 40 ans. Il est connu pour ses oeuvres denses et complexes alliant histoire, science et mathématique. Sans surprise, il n’a été adapté qu’une seule fois au grand écran : un obscur film allemand, Prüfstand VII (2002), inspiré de Gravity’s Rainbow (1973).

Voici une vidéo promotionnelle du roman narrée par Pynchon lui-même :

Inherent Vice semble marquer un retour aux sources pour PTA, qui nous avait charmé à ses débuts avec des récits foisonnants et colorés portés par de solides groupes d’acteurs (Boogie Nights, Magnolia), avant de nous mystifier avec des oeuvres plus épurées et même impénétrables, sous forme de one-man-show rocambolesque (There Will Be Blood) ou de duel électrisant (The Master).

Le casting est tout simplement délicieux. Outre Phoenix, qui a lui seul vaut le prix du billet d’entrée, on retrouve Josh Brolin, Benicio Del Toro, Owen Wilson, Michael K. Williams, Eric Roberts, Martin Short, Jena Malone et Reese Witherspoon, qui retrouvera son Johnny Cash.

On est aussi heureux d’apprendre le retour du directeur photo Robert Elswitt, qui avait filmé tous les films de PTA, avant de passer son tour pour The Master, alors qu’il était occupé par les derniers chapitres de Mission: Impossible et de Bourne. L’imaginer aux commandes du dolly de 470 pieds qu’on peut voir ci-dessus a certes de quoi faire rêver.

Enfin, comme c’est le cas pour Fincher, PTA collaborera une troisième fois de suite avec un musicien hors pair : le guitariste de Radiohead Jonny Greenwood est cité comme compositeur de Inherent Vice sur IMDb, quoique sa participation n’a pas encore été annoncée dans les médias. Mais cela ne devrait être plus qu’une question de formalité.

Toujours pas de date de sortie confirmée, mais les rumeurs font état de l’automne/hiver, après un potentiel passage à Cannes.

> Une discussion des plus intéressantes entre Paul Thomas Anderson, son assistant réal Adam Somner et Martin Scorsese au sujet de The Wolf of Wall Street captée par Awards Daily (l’image est figée pendant les 4 premières minutes) :

Où l’on apprend que Spielberg a co-réalisé une scène avec son bon ami Scorsese :

À lire aussi :

> Les girls de Fincher se suivent mais ne se ressemblent pas
> L’évolution du plan-séquence chez PTA
> The Master ou le cinéaste comme objet de culte

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Mercredi 18 septembre 2013 | Mise en ligne à 15h00 | Commenter Commentaires (12)

Les girls de Fincher se suivent mais ne se ressemblent pas

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Alors que s’entame incessamment le tournage de son dixième long métrage, Gone Girl, David Fincher vient de dénicher la dernière pièce du puzzle de son casting. Il s’agit de la mannequin britanno-polonaise Emily Ratajowski qui, pour reprendre la description colorée du Figaro, «a imprimé la rétine d’une bonne partie de la planète» grâce à sa prestation déshabillée dans le tube de l’été Blurred Lines. L’actrice néophyte de 22 ans, qui a fait quelques apparitions au petit écran (iCarly, New Girl), jouera une collégienne qui entame une liaison avec le protagoniste, qu’incarne Ben Affleck.

Basé d’après le best-seller de Gillian Flynn – qui signe également le scénario – Gone Girl raconte l’histoire d’un couple marié qui vit des moments troubles en raison notamment de la perte d’emploi du mari, Nick Dunne, un ancien journaliste qui a souffert de la vague de compressions qui ont affligé les salles de nouvelles. Cherchant à réinventer sa vie, il quitte New York avec son épouse, Amy, pour s’établir dans son village natal du Missouri et y ouvrir un bar. Le malheur frappe le jour de leur cinquième anniversaire de mariage, alors qu’Amy est mystérieusement portée disparue, et que Nick devient de facto le principal suspect.

Le roman de Flynn, publié à l’été 2012, a connu un vif succès critique et commercial, mais a cependant été pris à partie par certains journalistes et groupes féministes qui ont accusé son auteure de misogynie, particulièrement en relation à la question du viol. Dans le récit, un personnage féminin dit faussement, et malicieusement, avoir été victime d’une agression sexuelle. Un élément de l’intrigue qui a été perçu comme «perpétuant l’idée que le viol peut être compliqué», selon la critique du Observer.

Il est intéressant de noter que la vidéo qui a propulsé à l’avant-scène la nouvelle venue de l’adaptation de Gone Girl a connu plus ou moins le même sort que le roman source: un phénomène culturel extrêmement populaire (on parle de près de 200 millions de vues sur YouTube) qui a également subi des réprimandes médiatisées quant à sa supposée apologie de la «culture du viol». On est en droit de se demander si Fincher, en choisissant Ratajowski, porte-étendard sexuellement provocant de Blurred Lines, a voulu faire un parallèle conceptuel des plus subversifs.

Une autre facette intrigante de Gone Girl est de voir comment ce film s’inscrit dans la filmographie du fameux cinéaste, dont l’oeuvre réussit à éviter toute forme de catégorisation facile. En effet, la «girl» de son nouveau projet semble différer drastiquement de celle qui portait un tatou de dragon dans son précédent opus, et qui se vengeait contre ces «hommes qui n’aimaient pas les femmes». Ce paradigme pourrait maintenant être renversé sens dessus dessous, du moins si l’on se fie à la description que Flynn fait de sa propre démarche littéraire :

La chose qui me frustre par-dessus tout est cette idée que les femmes sont foncièrement bonnes. [...] Le temps n’est-il pas venu de reconnaître notre côté hideux? Je suis épuisée par ces héroïnes pleines de cran, de ces braves victimes de viol. Je regrette en particulier le manque de personnages féminins méchants.

Reste à voir si l’adaptation cinématographique de David Fincher qui, mentionnons-le, est produite par trois femmes, Reese Witherspoon en tête, sera elle aussi accusée de misogynie…

***

Pour ceux qui seraient en manque de Fincher, voici deux de ces récentes réalisations : une pub de Calvin Klein, mettant en vedette Rooney Mara, la protagoniste de son The Girl With the Dragon Tattoo, et la vidéo pour la chanson Suit & Tie de Jay-Z et Justin Timberlake (avec qui il a collaboré sur The Social Network).

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