Jozef Siroka

Archive de la catégorie ‘David Fincher’

Mardi 30 octobre 2012 | Mise en ligne à 14h45 | Commenter Commentaires (8)

David Fincher veut votre argent pour The Goon

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Le «crowdfunding» semble être la nouvelle tendance du cinéma indépendant. Après Paul Schrader et son drame d’ados lascifs The Canyons, ou Charlie Kaufman et son film d’animation Anomalsia (voir plus bas), c’est au tour de David Fincher de faire appel au public pour financer un de ses projets, l’adaptation de la bande-dessinée d’Eric Powell The Goon.

La campagne de financement a été déclenchée il y a environ deux semaines sur le site Kickstarter. L’objectif est d’amasser 400 000 $ afin de réaliser un story-board détaillé et animé dans l’espoir de convaincre des producteurs sceptiques. Dépendamment de l’argent offert, les donateurs recevront des cadeaux allant de T-Shirts, à des affiches en édition limitée jusqu’à une visite du studio et rencontre avec les cinéastes.

Un premier aperçu de The Goon, avec les voix de Paul Giamatti et de Clancy Brown (le méchant gardien de prison dans Shawshank Redemption), a été dévoilé à Comic-Con en 2010, avant que le projet ne soit mis sur la glace. Les explications via Kickstarter :

Le film n’a JAMAIS été en production. Tout le travail que vous avez vu (séquences d’animation, bandes-annonces, maquettes, etc.) a été produit indépendamment avec l’argent de l’équipe créative de David Fincher, Eric Powell, Blur Studio et Dark Horse Entertainment. On a créé une séquence «preuve de concept» afin de montrer à Hollywood le potentiel incroyable d’un film Goon. Cela a été très bien reçu MAIS parce que ce film n’est pas une suite ou rempli d’animaux dansants, nous aurons besoin de plus pour ouvrir les portes et LIBÉRER Goon et Franky à Hollywood.

The Goon, une série de BD qui date depuis 1999, raconte les aventures de deux amis aux physique et au tempérament très différents, qui combattent des zombies, des clochards cannibales, des mollusques communistes aéroportés et autres calmars géants dans un univers glauque et paranormal. Fincher, qui agit à titre de producteur, a encensé la vision de Powell :

Bien sûr, j’ai été émerveillé par les personnages et été frappé par la mise en scène, mais c’est le langage – cet incatégorisable Dead End Kids rencontre Abbot and Costello Meet the Mummy – ce patois powellien invraisemblable qui m’a absolument accroché.

Le long métrage, s’il obtient le feu vert, sera réalisé par Tim Miller, concepteur de la séquence d’ouverture de The Girl with the Dragon Tattoo, et Jeff Fowler, dont le court métrage Gopher Broke a obtenu une nomination à l’Oscar en 2005 (voir le film ici). Les deux hommes ont discuté de The Goon en entrevue à io9 (la page est temporairement plantée à cause de Sandy). Un passage intéressant évoque leurs rapports avec les studios :

Une réunion typique se déroule comme suit : on entre, on leur montre le matériel. Tout le monde dit : «Oh mon dieu c’est incroyable. C’est vraiment magnifique. J’adore ce projet, c’est excellent. Quel est le classement? Quel est le budget?» [Et nous répondons]. «Eh bien c’est PG-13, et ça contient des trucs edgy». Et ensuite ils disent «Oooh, OK.» Et le budget était de 50 millions $ et maintenant c’est un peu moins. Et finalement ils disent : «D’accord, c’est parfait, laissez-nous parler à nos gens et on vous revient là-dessus». Et c’est tout. Si on est chanceux, on apprend quelques semaines plus tard qu’ils ont décidé de passer leur tour. Ce qui se passe avec ce genre de matériel délicat est que tout le monde aime ça dans la pièce. Ensuite ils parlent à leurs gens du marketing, et ces derniers font une comparaison avec d’autres films PG-13 récents, et évaluent comment ils ont performé. Et quand on fonctionne de cette façon, on obtient des trucs comme Beowulf et Final Fantasy. Alors le marketing dit «Nah, ça ne va jamais marcher».

On souhaite à l’équipe de The Goon que leur campagne Kickstarter porte fruit, tout comme l’a été celle d’Anomalsia, qui a atteint son objectif le 9 septembre dernier. Le projet, écrit par Charlie Kaufman (Being John Malkovich, Adaptation), se présente comme un moyen métrage d’animation en capture de mouvements d’une quarantaine de minutes. Le synopsis, très succinct, parle «d’un homme paralysé par la banalité de sa vie». Voici la vidéo promotionnelle du film, mise en ligne sur Kickstarter cet été :

À lire aussi :

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Mercredi 4 janvier 2012 | Mise en ligne à 2h00 | Commenter Commentaires (48)

Le prix (élevé) du cinéma pour adultes

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Cela aura donc pris un des meilleurs réalisateurs américains de notre époque pour faire un «bon film pour adultes». Le genre de film sérieux et ingénieux; un drame peuplé de héros ordinaires – quelque peu plus sexy et doués que la moyenne, mais foncièrement humains – teinté de mystère, d’un peu d’action et de violence, mais un drame avant tout. Le genre de «produit de qualité» que le studio system débitait régulièrement lors du dernier Âge d’Hollywood, mais qui semble aujourd’hui en voie d’extinction.

«OK, en 1974, il y avait des centaines de drames qui étaient faits, en 2012 il y en aura 10. Quelque chose comme ça», regrette le scénariste de The Girl With de Dragon Tattoo, Steven Zaillian, qui devra probablement revoir son chiffre à la baisse en vue des prochaines années.

Bénéficiant d’un budget plus que confortable de 100 millions $, le film de David Fincher s’est avéré une déception au box-office lors de sa première et cruciale fin de semaine d’exploitation, avec 19 millions $ de recettes. Un résultat choquant pour le studio Sony, qui croyait s’être acquitté d’un succès assuré en combinant une équipe créative de la plus haute qualité avec l’appât d’un best-seller planétaire.

Mais qu’est-ce qui a bien pu se passer?

Helen Thompson d’indieWIRE a dressé une liste de cinq raisons qui expliqueraient pourquoi The Girl With de Dragon Tattoo n’a pas fait courir les foules. «1. Sa date de sortie – 2. Un titre peu conventionnel. – 3. L’absence de grandes vedettes. – 4. Marketing déficient. – 5. Trop cher et trop long.»

Pour élaborer sur le point 4, Thompson précise que le studio a failli à faire une bonne promotion auprès des adultes, ceux-là même qui auraient lu le livre de Stieg Larsson. On a plutôt tenté de séduire un public plus jeune, en leur vendant un produit «sombre et transgressif». Mais peut-on sérieusement blâmer le département marketing? Depuis Star Wars, le mot d’ordre est de viser systématiquement les ados et jeunes adultes lorsqu’il est question de grosses productions.

Le prix élevé du cinéma pour adultes n’est cependant pas que d’ordre financier. Pour mener à bien de tels projets dans les ligues majeures, l’on se doit d’hypothéquer des talents substantiels, qui autrement travailleraient à plus petite échelle sur des oeuvres plus artistiques. Fincher est peut-être un enfant du studio system (il a réalisé Alien 3 à l’âge de 29 ans), il est néanmoins devenu un spécialiste de productions hybrides; mi-commerciales, mi-personnelles, avec des budgets oscillant autour de 50 millions $.

The Girl With de Dragon Tattoo est clairement un film de commande pour lui et, tout en admirant le résultat final, l’on ne peut s’empêcher de se demander s’il n’aurait pu conserver ses énergies pour nous offrir quelque chose de plus personnel et de conséquent. Comme le dit Dana Stevens de Slate: «Même le style élégamment macabre de Fincher ne parvient pas à détourner ce noir suédois en une méditation sur le mal et la corruption qu’il prétend être».

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Même si The Girl With de Dragon Tattoo possède plusieurs points en commun avec Seven et Zodiac, deux films précédents (et supérieurs) de Fincher qui mettent en scène un tueur en série et une atmosphère glauque, il ne partage pas leur ambition. Je pense en particulier à Zodiac, le chef-d’oeuvre néo-néo-réaliste du cinéaste, qui se sert des éléments propres au genre pour explorer des idées intéressantes à propos de la conscience humaine: les répercussions d’une obsession psychologique, d’une psychose collective, du passage du temps, etc.

À fins de comparaison, il n’y a qu’à évaluer les conclusions des deux films en question. Zodiac se termine avec une fin ouverte; tous les efforts menés pour démasquer le Méchant se sont avérés vains. Morale de l’histoire: la quête pour la vérité absolue en est une qui est futile, il faut accepter la part de mystère dans l’expérience humaine.

The Girl With de Dragon Tattoo, au contraire, contient une résolution définitive puisqu’il doit suivre la recette d’une certaine formule qui incorpore les mystères à la Agatha Christie et les thrillers hollywoodiens: le Méchant, qui se conforme forcément au «Fallacy of the Talking Killer» du glossaire de Roger Ebert, déclame un trop long discours à sa potentielle victime, ce qui l’empêche d’accomplir son acte meurtrier et permet au héros d’être sauvé in extremis. S’ensuit une course poursuite à la suite de laquelle le Méchant meurt de manière brutale…

Le poids du feu vert

Maintenant, comprenez moi bien: je considère The Girl With de Dragon Tattoo comme un très bon film, un divertissement de qualité supérieure que je n’hésiterais pas à revoir. Et, s’il ne s’agit pas d’un chef-d’oeuvre, c’est peut-être parce qu’il n’a jamais tenté de le devenir. Comme le dit Mick LaSalle du San Francisco Chronicle dans sa critique purement élogieuse: «Parfois un film n’est pas plus important qu’il ne devrait l’être, et la satisfaction qu’il procure est entièrement due au fait qu’il est exceptionnellement bien fait – à travers son casting et sa conception, son histoire et son récit, et dans l’exécution de tous les instants.»

Le seul truc qui me tracasse se situe au niveau opérationnel, concerne la business de cette industrie avide de valeurs sûres. J’applaudis donc avec force Sony d’avoir eu le courage de démarrer une «franchise cotée R», dénuée de super-héros, de vedettes et de happy end. (Malgré les retombées au box-office en deçà des attentes, le studio a confirmé mardi qu’il allait toujours de l’avant avec la suite). Mais lorsqu’on rivalise dans un milieu à si haut risque, certains compromis sont inévitables. Employer David Fincher s’est révélé une excellent idée, mais il ne faut pas se leurrer: c’est Fincher le technicien de haut vol qu’on est allé chercher, pas le Fincher potentiellement visionnaire.

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Dans la conjoncture économique qui prévaut à Hollywood, il y a une sorte de cercle vicieux qui se crée lorsqu’on approche le rarissime domaine du «cinéma commercial pour adultes»: on requiert un cinéaste de la plus haute qualité, tout en s’assurant qu’il soit bien dompté, qu’il ne tente pas trop d’acrobaties ou d’expérimentations, qu’il ne transgresse pas le genre qui lui a été assigné, enfin, qu’il soit au service du matériel qui a généré le projet (dans le cas à l’étude, le roman de Larsson). En deux mots: Martin Scorsese… Croyez-moi, si Fincher avait réalisé The Da Vinci Code, on en parlerait en termes aussi flatteurs qu’on le fait pour The Girl With de Dragon Tattoo.

Dans un monde idéal ou, plus concrètement, dans les années 1960-1970, les studios retiennent les services de réalisateurs compétents pour mener à bien leurs films pour adultes. On n’a pas nécessairement besoin de la crème de la crème pour obtenir un feu vert. Pour réaliser The Manchurian Candidate, on peut très bien se passer de Stanley Kubrick: John Frankenheimer fait très bien l’affaire. Laissons tomber Francis Ford Coppola pour Papillon, Franklin J. Schaffner est disponible. Terrence Malick serait bien trop imposant pour faire All The President’s Men; Alan J. Pakula se montre bien heureux d’en prendre les rennes. Et aujourd’hui, quels sont les équivalents des Frankenheimer, Schaffner, Pakula (pour ne pas dire des Sidney Pollack, Richard Fleischer, Norman Jewison ou George Roy Hill)? Difficile à dire, puisqu’ils sont tous occupés à divertir les ados…

Dans un monde idéal, les grands devraient s’occuper à travailler sur leur prochain grand film.

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Mardi 6 décembre 2011 | Mise en ligne à 15h00 | Commenter Commentaires (29)

La transgression coûteuse d’un critique

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Critique positive ou pas, on ne badine pas avec un embargo. David Denby l’aura appris à ses dépens après avoir décidé de publier son papier hâtif sur The Girl with the Dragon Tattoo. Sa critique élogieuse du film de David Fincher est parue lundi dans l’édition courante du New Yorker, soit plus d’une semaine avant la levée de l’embargo imposé par Sony.

Le dirigeant du studio et l’un des producteurs les plus puissants à Hollywood, Scott Rudin, a répliqué en bannissant Denby de toutes les projection de presse à venir de ses films (qui incluent notamment Moonrise Kingdom de Wes Anderson, Inside Llewyn Davis des frères Coen, Sinatra de Martin Scorsese et The Dictator, la nouvelle farce de Sacha Baron Cohen).

Mise à jour : Fincher appuie Rudin

Dans un courriel d’excuses (voir plus bas), Denby a tenté de se justifier en invoquant diverses raisons. Il y a le fait que pratiquement tous les films pour adultes de l’année sont entassés au mois de décembre; un magazine de qualité comme le New Yorker, qui ne publie jamais plus de trois critiques par semaine, est donc contraint de faire des choix déchirants. D’ailleurs, la raison pour laquelle la projection de presse The Girl with the Dragon Tattoo a été prématurée s’explique par le fait que le New York Film Critics Circle, auquel appartient Denby, a décidé de devancer la date de publication de ses prix (qu’on peut consulter ici). Une situation qui aurait malencontreusement incité le critique à adopter un tel raccourci…

Assez boiteux comme justifications. Comme l’explique bien Bill Wyman de Slate dans son analyse de la mini-crise: «Denby explique pourquoi il n’a pas agi de manière éthique, au lieu d’argumenter qu’il n’a rien fait de mal.» Il poursuit :

Ce qui est encore pire, c’est lorsque Denby tente d’excuser son geste en disant que sa critique est positive. Ainsi, il s’associe explicitement avec la machine promotionnelle du studio. L’idée qu’un magazine prenne des décisions éditoriales basées sur l’angle de la critique est pire que de briser l’embargo en premier lieu.

En contrepartie, on peut avancer que la notion d’embargos à l’ère des blogs et des réseaux sociaux est de plus en plus obsolète. Les termes Information et Secret peinent aujourd’hui à se juxtaposer. Comme le dit Nikki Finke, cette sommité du breaking news à Hollywood, «Embargoes are dumbass».

Ceci étant dit, garder sa parole demeure un acte civilisé intemporel. Et, dans le cas qui nous intéresse, force est d’accorder le verdict unanime : Rudin 1 – Denby 0.

From: Scott Rudin
Sent: Sat 12/3/2011 12:08 AM
To: Denby, David
Subject:

You’re going to break the review embargo on Dragon Tattoo? I’m stunned that you of all people would even entertain doing this. It’s a very, very damaging move and a total contravention of what you agreed. You’re an honorable man.

From: Denby, David
Sent: Saturday, December 03, 2011 11:19 AM
To: Scott Rudin
Subject: RE:

Dear Scott:
Scott, I know Fincher was working on the picture up to the last minute, but the yearly schedule is gauged to have many big movies come out at the end of the year.

The system is destructive: Grown-ups are ignored for much of the year, cast out like downsized workers, and then given eight good movies all at once in the last five weeks of the year. A magazine like “The New Yorker” has to cope as best as it can with a nutty release schedule. It was not my intention to break the embargo, and I never would have done it with a negative review. But since I liked the movie, we came reluctantly to the decision to go with early publication for the following reasons, which I have also sent to Seth Fradkoff:

1) The jam-up of important films makes it very hard on magazines. We don’t want to run a bunch of tiny reviews at Christmas. That’s not what “The New Yorker” is about. Anthony and I don’t want to write them that way, and our readers don’t want to read them that way.

2) Like many weeklies, we do a double issue at the end of the year, at this crucial time. This exacerbates the problem.

3) The New York Film Critics Circle, in its wisdom, decided to move up its voting meeting, as you well know, to November 29, something Owen Gleiberman and I furiously opposed, getting nowhere. We thought the early date was idiotic, and we’re in favor of returning it to something like December 8 next year. In any case, the early vote forced the early screening of “Dragon Tattoo.” So we had a dilemma: What to put in the magazine on December 5? Certainly not “We Bought the Zoo,” or whatever it’s called. If we held everything serious, we would be coming out on Christmas-season movies until mid-January. We had to get something serious in the magazine. So reluctantly, we went early with “Dragon,” which I called “mesmerizing.” I apologize for the breach of the embargo. It won’t happen again. But this was a special case brought on by year-end madness.

In any case, congratulations for producing another good movie. I look forward to the Daldry.
Best, David Denby

From: Scott Rudin
Date: Sat, 3 Dec 2011 13:04:32 -0500
To: David Denby
Subject: Re:

I appreciate all of this, David, but you simply have to be good for your word. Your seeing the movie was conditional on your honoring the embargo, which you agreed to do. The needs of the magazine cannot trump your word. The fact that the review is good is immaterial, as I suspect you know. You’ve very badly damaged the movie by doing this, and I could not in good conscience invite you to see another movie of mine again, Daldry or otherwise. I can’t ignore this, and I expect that you wouldn’t either if the situation were reversed. I’m really not interested in why you did this except that you did — and you must at least own that, purely and simply, you broke your word to us and that that is a deeply lousy and immoral thing to have done. If you weren’t prepared to honor the embargo, you should have done the honorable thing and said so before you accepted the invitation. The glut of Christmas movies is not news to you, and to pretend otherwise is simply disingenuous. You will now cause ALL of the other reviews to run a month before the release of the movie, and that is a deeply destructive thing to have done simply because you’re disdainful of We Bought a Zoo. Why am I meant to care about that??? Come on…that’s nonsense, and you know it.

The Girl with the Dragon Tattoo prendra l’affiche le 21 décembre au Québec. Voici la toute dernière – et très longue – bande-annonce :

À lire aussi :

> Lisbeth Salander, vue par David Fincher

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