Jozef Siroka

Archive de la catégorie ‘Court’

Samedi 14 mai 2016 | Mise en ligne à 18h30 | Commenter Commentaires (3)

Bienvenue au club de l’enfer… (2)

Antonio Maria Da Silva s’est fait beaucoup d’amis cinéphiles il y a huit mois avec son mashup épique intitulé Hell’s Club. Il a récemment remis ça avec une suite, deux fois plus longue.

On revisite le club de l’enfer, «un endroit dangereux où se rencontrent des personnages fictifs en dehors du temps, en dehors de toute logique».

On y retrouve notamment – comme l’indique l’accroche de la vidéo – «Harrison Ford c. Scarface c. Freddy c. Luke [Skywalker] c. Robocop c. Eddie Murphy c. George Clooney c. Terminator c. Denzel Washington».

On ne peut que s’incliner devant un dévouement aussi inspiré envers sa passion.

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Lundi 18 avril 2016 | Mise en ligne à 16h30 | Commenter Commentaires (9)

Un républicain entre dans un club vidéo…

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On dirait l’amorce d’une bonne vieille blague avec bouc émissaire dont on ne se rappelle plus tout à fait de la chute. Mais parfois la réalité a le don de fusionner les gags impertinents avec des tranches de vie incongrues. C’est le cas de John Kasich, le gouverneur républicain de l’Ohio, qui n’a clairement pas toujours eu les priorités à la bonne place.

Alors qu’il était simple représentant du Buckeye State, il s’est rendu dans un club vidéo près de chez lui dans l’espoir de passer une agréable et «rare soirée» chez lui en compagnie de sa femme. Le commis lui recommande chaudement Fargo, «un polar sombre et pervers qui a obtenu des critiques généralement enthousiastes».

Je traduis le reste de l’anecdote, telle que relatée dans son livre Stand For Something: The Battle for America’s Soul, publié une dizaine d’années après l’évènement traumatique :

Je me suis rendu près de l’étagère où se trouvent les titres généraux. J’ai pris une copie, et je l’ai ramenée à la maison. Et quand Karen et moi se sommes rendus à la partie où un gars se fait broyer dans une déchiqueteuse à bois, on s’est regardé et on s’est dit : Mais que diable sommes-nous en train de regarder? C’était présenté comme une comédie, mais ce n’était pas drôle. C’était graphique, et brutal, et complètement inutile. Et ça nous a tellement fait grincer des dents, que nous avons dû arrêter la chose en plein milieu… Le lendemain matin, j’ai appelé Blockbuster et exigé qu’ils retirent le film de leurs tablettes.

L’un des trois candidats en lice pour l’investiture républicaine – et le seul du trio qui soit «sain d’esprit», nous assurent les médias américains – a par la suite consacré beaucoup de son temps et de son énergie à tenter de bannir l’oeuvre acclamée des frères Coen. Selon ce papier de Vox, Kasich, réalisant que sa croisade ne s’en allait nulle part, a demandé à Blockbuster d’au moins identifier plus clairement les films contenant de la «violence gratuite». Mais le changement n’a pas été apporté.

Il reprit donc son téléphone, et accusa le gérant du Blockbuster de ne pas avoir respecté leur «entente». Sa femme en eut assez et le pria de «passer à autre chose». Mais l’histoire fit tellement de bruit qu’elle fut relayée dans une chronique de George Will, une éminence grise du mouvement conservateur. Ce dernier, par un éclair de clairvoyance, réussit à l’époque à faire un parallèle entre l’antagonisme de Kasich envers Fargo et ses aspirations présidentielles.

Cette drôle d’anecdote a récemment fait l’objet d’un sketch parodique diffusé lors du Late Show With Stephen Colbert. Steve Buscemi, après avoir lu des passages de Stand For Something, admet se sentir mal à chaque fois que quelqu’un n’apprécie pas son travail. Il a donc choisi de «personnellement financer un film basé d’après ce livre», et d’incarner lui-même le rôle de Kasich :

On oublie cependant que la vengeance est un plat qui se mange froid. Un peu plus d’une décennie après sa croisade infructueuse, Kasich a en effet dû savourer la faillite aussi soudaine que colossale de la plus grande chaîne de location de films en Amérique du Nord. Quoiqu’une copie VHS de Fargo pourrait toujours être disponible, quelque part en Indiana, l’État voisin du gouverneur de l’Ohio…

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On peut choisir d’en rire ou d’en pleurer, mais on ne peut nier que le favori à l’investiture républicaine est devenu le champion incontesté de la culture populaire du moment. Ce n’était qu’une question de temps avant que le cinéma satirique ne s’empare du sujet. Les comiques de Funny or Die, site fondé par Will Ferrell et le réalisateur Adam McKay (The Big Short), ont dévoilé mercredi sans crier gare un film de 50 minutes mettant en vedette Johnny Depp dans la peau de Donald Trump.

Le secret a été gardé jusqu’au moment de la sortie du moyen métrage, intitulé Donald Trump’s The Art of the Deal: The Movie. Le faux film est inspiré d’après le vrai best-seller du Donald, publié en 1987 (il répète à qui veut l’entendre qu’il s’agit du «meilleur livre au monde», après la Bible). Le récit se déroule au milieu des années 80 et relate les manigances et accointances du magnat de l’immobilier.

C’est le nouveau rédacteur en chef de Funny or Die, Owen Burke, qui a eu l’idée du projet. «Le plan était de bouger très vite parce qu’on pensait que Trump allait disparaître, du moins en tant que candidat présidentiel. Quand bizarrement il n’a pas disparu, nous avons eu un peu plus de temps. Mais cela signifiait qu’il fallait préserver le secret plus longtemps. Nous avons demandé à certaines personnes de signer des accords de non-divulgation, mais on surtout supplié les gens de ne rien dire.»

Burke était impressionné par le professionnalisme de Johnny Depp, révèle le New York Times. «Parce que nous avons tendance à travailler si vite, on se contente habituellement de juste flanquer une perruque sur le monde. Mais Johnny avait toute une équipe de professionnels pour l’aider à façonner son personnage. Ou, du moins, sa coiffure».

Même s’il a plutôt aimé le film, Ian Crouch du New Yorker avait cependant l’impression de regarder un exercice futile. Trump lui-même dépasse la caricature, et donc il reste peu de place à l’humoriste pour y mettre du sien; il est écrasé par le poids du sujet qu’il tente de tourner en dérision.

C’est assez drôle de voir Johnny Depp faire un pastiche soutenu de Trump. Mais ça ne va pas plus loin, et quels que soient les rires qu’ils produisent, ils sont tempérés par un sentiment de futilité. Quel scénariste pourrait penser à une entrée en politique aussi absurde que de descendre sur des escalier roulants pour lancer une campagne politique? Ou à quelque chose de plus offensant que d’étiqueter les immigrants mexicains de violeurs, ou d’interdire aux musulmans l’entrée au pays? Ou quelque chose de plus grossier que de traiter un candidat rival de pussy? De quoi peut-on encore vraiment se moquer chez Donald Trump?

Donald Trump’s The Art of the Deal: The Movie a été réalisé par Jeremy Konner, le créateur de la série télé Drunk History, et scénarisé par Joe Randazzo, un ancien collaborateur du site humoristique The Onion.

Le film est présenté par le cinéaste Ron Howard (Apollo 13, A Beautiful Mind) et met aussi en vedette Patton Oswalt, Alfred Molina, Stephen Merchant, Jacob Tremblay – la jeune révélation du film Room – ainsi que… Alf. Enfin, mention spéciale à Kenny Loggins, l’auteur des chansons emblématiques de Top Gun et Footloose, qui interprète un délicieux hit rétro pour la cause.


> Donald Trump’s The Art of the Deal: The Movie est disponible sur le site de Funny or Die.

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