Jozef Siroka

Archive de la catégorie ‘Court’

Vendredi 4 mai 2012 | Mise en ligne à 18h00 | Commenter Aucun commentaire

 Le court du week-end : Glory At Sea

Tourné à La Nouvelle-Orléans dans un quartier encore ravagé par l’ouragan Katrina, Glory At Sea (2008) dépeint la tragédie d’une manière résolument originale et optimiste. On parle d’un court métrage tout à fait unique, étrange, chaleureux, transporté par une musique exaltante. C’est aussi très touchant; j’avoue avoir essuyé une larme ou deux à la fin…

Un homme qu’on croyait mort ressurgit des eaux et s’applique immédiatement à construire un radeau afin de rejoindre son amoureuse décédée dans le paradis marin. Plusieurs concitoyens endeuillées se joignent à l’entreprise du mystérieux rescapé – que le prêtre accuse un temps d’être le diable – en utilisant des objets ayant une valeur sentimentale comme blocs de construction.

Glory At Sea est à la fois une expérience intime et épique, dans laquelle le quotidien est élevé au rang de mythe. Le court de 25 minutes rappelle immédiatement le cinéma de Terrence Malick, pour le ton lyrique dans la narration en voix off, ainsi que le réalisme magique et l’esprit baroque d’Emir Kusturica.

Le film a été réalisé par Benh Zeitlin, aujourd’hui âgé de 29 ans, dont le premier long métrage, Beasts of the Southern Wild, a fait sensation sur le circuit festivalier. Manohla Dargis du New York Times a déclaré en janvier qu’il s’agissait carrément d’un des plus grands accomplissements présentés à Sundance au cours des deux dernières décennies. Le film y a remporté le Grand prix du Jury.

En entrevue à indieWIRE, Zeitlin explique qu’il privilégie une approche très organique de la mise en scène. «Mon but, en tant que réalisateur, consiste à synthétiser une réalité parallèle jusqu’à ce qu’elle finisse par exister».

Beasts of the Southern Wild sera présenté en compétition ce mois-ci à Un certain regard au Festival de Cannes, où il a de bonnes chances de remporter la Caméra d’Or. À l’affiche le 27 juin.

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The Fantastic Flying Books of Mr. Morris Lessmore est un un fort joli court métrage d’animation qui a connu un retentissant succès sur le circuit festivalier (douze prix) avant de remporter l’Oscar, en février dernier.

Créé à l’aide de diverses techniques, dont l’imagerie générée par ordinateur, des miniatures et l’animation en 2D, le film est une allégorie sur les pouvoirs bienfaiteurs et guérisseurs de l’art. Plus précisément, dans ce cas-ci, la littérature.

Mr. Morris Lessmore – personnage basé sur le légendaire humoriste flegmatique Buster Keaton – est en train d’écrire ses mémoires assis sur son balcon quand un ouragan décime le quartier français de La Nouvelle-Orléans. On est soudainement transporté dans un monde rappelant le début de The Wizard of Oz.

Notre héros découvre la délivrance sous la forme d’un livre volant qui l’amène dans une librairie magique. Morris s’y établit définitivement, prend soin de ses colocataires érudits – il sauve même la vie à De la Terre à la Lune de Jules Verne – et passe le reste de son temps à compléter ses mémoires dans un environnement féérique et idéal(isé).

The Fantastic Flying Books of Mr. Morris Lessmore est la première réalisation de William Joyce, réputé auteur et illustrateur de livres pour enfants, qui a notamment travaillé pour Pixar et le New Yorker. Il y a 15 ans, Newsweek l’a listé dans sa rubrique des 100 personnalités à surveiller dans le nouveau millénaire.

À noter que le court a été décliné en une version interactive sur iPad afin de promouvoir la lecture chez les plus jeunes. Une novellisation du film sera publiée à la fin de l’année.

> Une version HD du court métrage est disponible sur iTunes.

> Le site officiel

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Samedi 7 avril 2012 | Mise en ligne à 14h30 | Commenter Commentaires (14)

Le court du week-end: La Boulangère de Monceau

La Boulangère de Monceau (1963) est le premier volet des six Contes moraux d’Éric Rohmer, géant du cinéma français qui s’est éteint en 2010 à l’âge de 89 ans. La série de films inclut également le moyen-métrage La carrière de Suzanne (1963), ainsi que les longs La Collectionneuse (1967), Ma nuit chez Maud (1969), Le Genou de Claire (1970), et L’amour l’après-midi (1972).

WikiPedia offre une synthèse efficace des Contes :

Les Contes moraux se caractérisent par leur unité thématique : un homme à la recherche d’une femme en rencontre une autre et hésite avant de finalement revenir à la première. Les films de cette série sont tous centrés sur un personnage masculin qui est tenté de déroger à ses principes mais à chaque fois, c’est plus par hasard que par sa volonté qu’il finit par adopter un comportement conforme à ses principes. Pour Rohmer, l’expression «conte moral» doit être entendue au sens littéraire du terme: «Du point de vue de la littérature, le moraliste est celui qui autrefois étudiait les mœurs et les caractères. Entrevus sous cet angle, mes films traitent de certains états d’âme. Mes Contes moraux sont l’histoire de personnages qui aiment bien analyser leurs pensées et leurs états d’esprit».

À noter que la qualité du transfert vidéo est particulièrement bonne, un grand merci à Criterion.

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