Jozef Siroka

Archive de la catégorie ‘Comédie’

Lundi 4 février 2013 | Mise en ligne à 17h45 | Commenter Commentaires (69)

Groundhog Day : 20 ans après

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Ce mois de février marque les vingt ans de la sortie en salle de Groundhog Day (1993), qu’on peut aisément qualifier comme une des meilleures comédies américaines de l’histoire.

Le quatrième long métarge de Harold Ramis (Caddyshack, Vacation) a obtenu un bel accueil public et critique à l’époque, pour ensuite gagner en respectabilité avec le temps. Comme si chaque nouvelle révision du film, à l’image de son héros qui réévalue sa vie au gré de jours successifs et identiques, permettait de mieux voir et d’apprécier la beauté qui s’y dissimule.

Roger Ebert, qui avait accordé 3 étoiles à Groundhog Day dans sa critique originale, s’est repris en 2005 dans sa rubrique Great Movies, y allant de cette introduction éloquente :

Groundhog Day est un film qui trouve sa note et son intention de manière si précise que son génie n’est pas immédiatement apparent. Il se déploie si inéluctablement, est si divertissant, si fluide, qu’on se doit de prendre un recul et de se gifler avant de voir à quel point c’est bon.

J’ai vu le film la dernière fois il y a au moins dix ans, mais mes souvenirs demeurent intacts. La structure répétitive de la trame narrative y étant sûrement pour quelque chose. Mais l’élément central ayant marqué les esprits est la nature du météorologue cynique et blasé Phil Connors, interprété avec maestria par Bill Murray, qui balance ici humour et gravité avec une subtilité d’une précision remarquable, trop rarement accomplie dans le genre de la comédie.

Malgré sa rudesse, du moins dans la première moitié du récit, on compatit avec Phil: il a un emploi bien en dessous de ses capacités et ambitions, n’a pour ainsi dire aucune relation personnelle substantielle, doit couvrir un événement folklorique qu’il méprise, le temps est gris et froid; on peut comprendre le bonhomme de ne pas être dans la meilleure des dispositions.

Le fameux concept central du film – le terme «jour de la marmotte» s’est frayé une place de choix dans le lexique universel – accentue d’autant plus l’identification au personnage. Phil vit certes un phénomène surnaturel mais, surtout, il s’impose à nos yeux comme un guide suprême à travers l’univers fabriqué d’un film. Il est la fois protagoniste et metteur en scène de sa propre réalité, chose qui lui autorise une liberté d’action et de pensée à laquelle le spectateur est complètement dépendant. (Liberté paradoxale cependant : dans le contexte d’opportunités infinies qui nous sont présentées, elle peut faire rêver mais, étant donné qu’elle est encapsulée dans un espace-temps aussi restreint, elle peut aussi rendre très anxieux).

Un bel exemple de cette relation interactive privilégiée, si on veut, se produit lors des rencontres entre Phil et son ancien camarade de classe/vendeur d’assurances exaspérant; probablement le coup de poing le plus jouissif jamais asséné sur grand écran :

> À l’occasion de ce 20 anniversaire, le blog Vulture a recensé vingt pensées à propos de Groundhog Day.

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Mardi 14 août 2012 | Mise en ligne à 14h45 | Commenter Commentaires (11)

Colin Farrell est un drôle de psychopathe

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En 2008, la carrière de Colin Farrell a bénéficié d’un sérieux lifting grâce à la comédie noire In Bruges, un des films les plus originaux de la décennie. Le réalisateur Martin McDonagh, un dramaturge réputé, avait su extraire chez son compatriote irlandais un charme comique et une certaine vulnérabilité virile qu’il n’avait pas réussi à démontrer dans ses performances précédentes, alors qu’on tentait de le cantonner dans des rôles de macho avec fusil et/ou femme au bras.

La Femme et le Fusil sont peut-être présents dans In Bruges, ainsi que dans le nouveau McDonagh, Seven Psychopaths, mais ces quasi nécessités narratives (parlez-en à Godard!) baignent à fond dans le deuxième degré, voire dans une relecture meta du cinéma de genre. Et c’est là la force de Farrell, qui s’exprime à son mieux lorsqu’on lui demande de ne pas trop se prendre au sérieux, de transcender son image polie de leading man (à ce titre, louez-vous sans faute Horrible Bosses!).

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Pour revenir à Seven Psychopaths, Farrell incarne Marty, un scénariste alcoolique qui a de la difficulté à terminer un scénario intitulé… Seven Psychopaths. Il est soudainement inspiré par les évènements de son propre quotidien lorsque son ami Billy (le toujours réjouissant Sam Rockwell), un acteur sans emploi et voleur de chien à temps partiel, kidnappe le Shih Tzu d’un inquiétant psychopathe (Woody Harrelson). Marty sera accompagné dans ses mésaventures par sa copine (Abbie Cornish), celle de Billy (la Bond Girl Olga Kurylenko) et de Christopher Walken, un homme religieux au passé violent. On retrouve également un Tom Waits étrange tenant jalousement un lapin de compagnie…

Seven Psychopaths aura sa première mondiale au TIFF (6 au 16 septembre) et prendra l’affiche en Amérique du Nord le 12 octobre.

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Vendredi 8 avril 2011 | Mise en ligne à 16h30 | Commenter Commentaires (5)

Le court du week-end: Treevenge

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Avant de tourner le délicieusement sadique et irrévérencieux Hobo With A Shotgun, le Néo-Écossais Jason Eisener a réalisé un court métrage tout aussi choquant intitulé Treevenge (2009). Le film de 16 minutes, qui carbure à l’humour absurde et au gore surréaliste, rappelle le style du studio Troma, surtout connu pour la série Toxic Avenger. Une sensibilité qui, aussi vulgaire soit-elle, dénote une réelle joie créatrice, une passion contagieuse. Ceci dit, ce genre de cinéma n’est évidemment pas pour tous. Considérez-vous avertis avant de cliquer PLAY!

En entrevue à Entertainment Weekly, Eisener explique que son court a été produit dans le but notamment de rassurer les éventuels producteurs et distributeurs de Hobo With A Shotgun, film basé sur une fausse bande-annonce qui est apparue dans la version canadienne de Grindhouse (2007) de Robert Rodriguez et Quentin Tarantino. «Treevenge est ce qui nous a permis de vendre le long-métrage aux financiers. Tout ce que nous avons fait auparavant, que les gens ont vu, était la fausse bande-annonce. Elle ne montrait pas que nous pouvions traiter un récit, comment nous allions traiter la violence, la comédie, dans Hobo

Parmi les nombreux prix que Treevenge a remportés, notons une mention honorable à Sundance et le Prix du public au Festival Fantasia de Montréal.

P.S.: Pardon pour l’absence cette semaine, pénibles problèmes liés
à ma connexion internet…

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