Jozef Siroka

Archive de la catégorie ‘Cinéma québécois’

The-Devils-TOY-ok-645x400

Il y a un peu plus de 50 ans, un groupe de jeunes cinéastes intrépides issus de l’Office national du film du Canada posa les jalons de ce qu’on allait bientôt appeler le cinéma direct, une approche moderne et rafraîchissante du métier qui allait révolutionner le 7e art à l’échelle mondiale.

Aujourd’hui, de nouveaux acteurs de l’ONF s’inspirent de l’ingéniosité de leurs fameux prédécesseurs en proposant une manière inédite de faire des films, de réfléchir le cinéma: l’interactivité. De nombreux projets du genre, qui intègrent notamment le «documentaire, l’animation, la photographie et l’art sonore», sont régulièrement mis en ligne sur le site web de l’ONF. On en dénombre une quarantaine pour le moment.

Parmi toutes ces oeuvres interactives, il y en a une qui se démarque du lot, tant par l’importance de sa couverture médiatique que par sa portée internationale: The Devil’s Toy Remix. À la fois hommage et réappropriation du mythique court métrage sur le skateboard de Claude Jutra, ce webdocumentaire co-produit par Arte a bénéficié de la collaboration de quatorze réalisateurs d’à travers le monde, et a été traduit en trois langues (français, anglais et allemand).

La portion québécoise de The Devil’s Toy Remix a été prise en charge par Myriam Verreault, co-réalisatrice du merveilleux À l’ouest de Pluton, que j’ai récemment analysé ici. Nous nous sommes rencontrés ce week-end dans un resto-bar du Plateau, la première demie d’Espagne – Pays-Bas en trame de fond, pour discuter de divers sujets relatifs à son projet des plus particuliers.

«PAS UN DOCUMENTAIRE INTERACTIF»

C’est Hugues Sweeney qui a eu l’idée. C’est un producteur très créatif, un bon idéateur. Dans sa fonction de producteur interactif, il cherche à revaloriser les archives de l’ONF; il est assis sur un trésor national. L’ONF c’est un acteur majeur dans notre cinématographie, mais c’est souvent des films oubliés.

Dans le mot «interactif» il y a aussi beaucoup le mot «remix»; vouloir remixer des trucs dans la culture postmoderne, de faire des choses nouvelles avec des vieilles choses. Donc il s’est mis à fouiller dans les archives, et il tombe là-dessus. Il l’avait jamais vu, moi je l’avais déjà vu. C’est un film que je trouvais beau simplement, un petit film en 16 mm, 15-16 minutes, de Claude Jutra. Ça m’avait surprise parce que dans ma tête le skate c’est né fin années 1970, début 1980. Et là je vois qu’en 1964 ils font du skate à Montréal!

Je trouve que c’est une belle fonction du département créatif d’être capable de ressusciter des œuvres de l’ONF, mais de faire autre chose que simplement les rediffuser. Je pense que de remixer Devil’s Toy comme ça c’est d’y redonner une signification nouvelle. C’est un hommage que Claude Jutra probablement aimerait parce qu’il était très avant-gardiste par rapport à la technologie. Il fait partie de la vague des cinéastes du cinéma direct du début des années 1960 où ils cherchaient une manière nouvelle de faire du cinéma, du documentaire. Ils cherchaient à se débarrasser d’un certain carcan, d’un certain classicisme. Ils voulaient être plus mobiles, être dans la rue, rencontrer des gens. Ils étaient tannés du telephoto. L’interactif à l’ONF c’est un peu ça, c’est des nouvelles technologies…

devilstoyLe documentaire interactif c’est une chose, mais ce que fait le département interactif à l’ONF c’en est une autre. Ils font des œuvres web et pour moi ça s’éloigne du documentaire. Devil’s Toy c’est pas un documentaire interactif, c’est une œuvre interactive. Du documentaire classique ça reste du cinéma. Il y a deux dimensions: son, image. Et quand tu fais de l’interactif, tu rajoutes une couche: l’intervention du spectateur. Il y a quelque chose d’assez perturbant en tant que réalisateur, j’étais un peu craintive par rapport à ça. Il faut accepter qu’on n’est plus le maître absolu. Le spectateur va toujours intervenir dans ton œuvre, ce qui peut être chiant, mais si tu l’acceptes, tu peux jouer avec ça.

Le cinéma c’est un timeline, ça joue en ordre chronologique, c’est linéaire, mais avec le web tu peux défaire cette temporalité. Devil’s Toy c’est comme un quadrillé, t’as des villes, t’as des thèmes, et tu peux te promener de l’un à l’autre. L’interactif c’est aussi un symptôme de notre époque qui est beaucoup dans le déficit d’attention. On est tellement dans la rapidité qu’on zappe; tant qu’à avoir des spectateurs qui sont peu focus, qui font du multitâche sur leur ordinateur, pourquoi pas offrir du multitâche dans ton œuvre à toi.

«UN JOUET INCROYABLE»

Quand Hugues est venu me chercher pour faire un documentaire web, j’y ai demandé ce que c’était, et il m’a dit «Je sais pas, il faut l’inventer. C’est tellement le début d’un truc, qu’on peut faire ce qu’on veut.» Quand j’ai rencontré Michel Brault, avant qu’il décède, il m’a dit que, «dans le temps qu’on faisait Pour la suite du monde, et ces films-là, notre âge d’or à nous, on ne réfléchissait pas, on fonçait dans le tas, on inventait des choses – ils ont inventé la perche! Quand on faisait Les raquetteurs, on ne se disait pas: “On est en train de faire du cinéma direct, ça va révolutionner le monde”, non, on filmait des raquettes!»

Et Hugues m’a dit qu’avec le cinéma direct «on expérimente à fond, c’est un jouet incroyable, amusons-nous. On va sûrement faire des choses vraiment mauvaises, mais là-dedans on va sûrement tracer les pas d’un début de média, qui va devenir dans 20-30 ans quelque chose de beaucoup plus solide.»

Myriam Verreault en compagnie de Michel Brault - Photo : Maude Chauvin

Myriam Verreault en compagnie de Michel Brault - Photo : Maude Chauvin

COMBATTRE L’INTOLÉRANCE (AVEC IRONIE)

Devil’s Toy c’est une belle idée de remix parce que, autant que le cinéma direct fête ses 50 ans, le skate aujourd’hui a aussi 50 ans. C’est deux cultures vraiment différentes qui se suivent dans les époques, mais qui sont quand même motivées par les mêmes intentions. Le cinéma direct c’est une manière de se libérer d’une certaine autorité; l’ONF a été fondé pour faire de la propagande de guerre, des documentaires très classiques, on ne se rapproche pas des gens, avec un commentaire austère.

Je pense que le film de Jutra est construit comme une métaphore de la transformation du cinéma à son époque. Au départ, Rouli-roulant ça ressemble à un vieux documentaire de l’ONF; c’est tourné en telephoto, il filme des madames avec des chiens au loin, avec un commentaire qui ressemble à un vieux film des années 1940. Et tout d’un coup Charles Denner [le narrateur] fout le camp, on ne l’entend plus, et là c’est très cinéma direct, c’est les jeune, c’est la liberté et la mobilité.

Pour l’hommage, je savais que les autres réalisateurs étaient dans un trip de skate, ils pensaient à qu’est-ce qu’est devenu le skate aujourd’hui. Et moi c’était plus le côté cinéma qui m’intéressait. Pas tant le côté cinéma direct, mais plus le côté ironie. Claude Jutra a dédié son film à toutes les victimes de l’intolérance. Les gens pensent à «la police qui les arrête», mais pour moi c’est clair qu’il y avait plus que ça dans le message. Il a affirmé son homosexualité dans À tout prendre, dans les années 1960. À l’époque c’était courageux. Je trouvais intéressant de jouer avec l’intolérance, justement, et l’autorité, et le côté conservateur; j’ai décidé de mettre ça de l’avant plus que le côté skate.

C’est un des films de Claude Jutra les plus vus dans le monde, bien plus que Mon oncle Antoine. Il y a une côte à Westmount que les skaters appellent la «Devil’s Toy», mais ils ne savent pas pourquoi, ils ne savent pas que ça fait référence au film. J’ai tourné dans des lieux originaux, dans le parc Pratt aussi, mais j’ai rajouté le stade olympique, juste parce que je voulais qu’il y ait une marque emblématique de la ville dans le film, pour que les gens d’ailleurs reconnaissent Montréal.

UNE OEUVRE FÉMINISTE?

Les skateuses que j’avais, les skirtboarders, elles étaient super sympathiques, étaient bonnes «pour des filles», mais ça reste qu’elles ne sont pas les plus spectaculaires au monde. Je le vois pas féministe mon film, je le vois plus comme : Qu’est-ce que nous nous imposons à nous-mêmes simplement à cause des apparences. Ces filles-là, je leur demandais : C’est quoi l’intolérance en tant que skaters pour vous, et elles répondaient «On est toujours un peu victimes de railleries, c’est pas un sport de fille». Mais je n’ai jamais senti qu’elles sentaient leur féminité en jeu.

Je ne suis pas sûre qu’à Athènes ou à Johannesburg j’aurais pu faire un film comme ça avec des filles. Les Québécoises c’est probablement les filles qui s’affirment le plus. Je trouve que le film démontre bien la culture montréalaise à l’extérieur. Le message du film, d’un côté québécois, je le trouve moi-même dépassé. On s’entend que c’est pas si vrai que ça que les filles sont opprimées ici. Mais c’est pas nécessairement évident partout dans le monde. Le fait que ce soit une œuvre internationale, que ça soit vu partout, ça a plus de résonance, par exemple en Afrique qu’ici.

MAKING-OF… UN DEMI-SIÈCLE PLUS TARD

J’ai aimé faire le film-hommage, mais c’est la partie avec les artistes originaux que j’ai préféré. J’ai rencontré Werner Nold – c’est lui qui a monté Pour la suite du monde, il a fait quelque 70 longs métrages, dont pas mal tous les films de Jutra, Gilles Carle, Pierre Perreault et cie. Il était en train de monter un documentaire avec Claude Jutra à l’ONF qui s’appelle Comment savoir, qui est un super bon documentaire sur les nouvelles technologies dans l’éducation au début des années 1960. Il y avait une montagne de pellicule, ça faisait un an qu’ils montaient, et puis Claude Jutra arrive avec un skate, et dit à Werner Nold qui n’en avait jamais vu un : «Il y a des jeunes en avant de chez nous qui glissent là-dessus!».

Quand ils font dans le film original l’espèce de démonstration, oui il y a de l’ironie, mais en même temps, c’est vrai, il fallait qu’ils expliquent c’est quoi. Claude Jutra était tanné de monter, et a demandé à Werner de tourner avec lui. Ensuite ils ont demandé à Michel Brault. Ils ont emprunté une caméra sans le dire… Ce n’était pas un projet officiel de l’ONF, c’était vraiment une initiative personnelle, comme un film entre amis, pas d’argent.

Dans le film original, il y a un gars cute avec un skate sur l’épaule et du vent dans la face, il s’appelle Marc Harvey. Il est maintenant un scientifique à la retraite, un peu magané par la vie. Je l’ai appelé et il m’a dit que ça faisait 35 ans qu’il n’avait pas vu Rouli-roulant. Sur mon iPod je lui ai montré le film, et il s’est mis à pleurer. Il disait que Claude Jutra serait probablement passionné par une œuvre comme ça, lui qui était toujours en avance sur la technologie. Werner Nold m’a aussi dit ça.

C’est comme si je faisais un making-of d’un film 50 ans plus tard. Il y avait Michel Brault, Werner Nold et deux skaters. Ils avaient des souvenirs diffus, ils se contredisaient. Michel disait que c’est Werner qui a monté le film; Werner disait que c’est en fait Claude Jutra qui l’a monté. Il l’a emmené dans ses bagages les rushs de Rouli-roulant et sa table de montage portative dans sa chambre de résidence en Californie – il enseignait le cinéma à UCLA. Werner, qui est un monteur émérite, n’a même pas monté Rouli-roulant; il a filmé un peu et a fourni sa voiture…

> Consultez The Devil’s Toy Remix sur le site de l’ONF

À lire aussi :

> Le court du week-end : Rouli-roulant
> À l’ouest de Pluton : participe présent
> Le petit vieux dans la petite salle de classe à St-Jérôme

Lire les commentaires (4)  |  Commenter cet article






Mardi 6 mai 2014 | Mise en ligne à 16h35 | Commenter Commentaires (5)

À l’ouest de Pluton : participe présent

081010ouest-pluton_8

À mi-chemin d’À l’ouest de Pluton (2008), de retour à l’affiche jeudi à la Cinémathèque, un groupe d’ados regarde un film de skate dans le sous-sol d’une résidence de banlieue. Un des jeunes s’extasie devant les prouesses d’un skater à l’écran, et remarque que ce dernier semble exempt des lois de la gravité. Il pourrait tout aussi bien être en train de commenter le long métrage dans lequel il joue, tant il s’affranchit du poids des normes narratives traditionnelles, et qui, dans ses meilleurs moments, fournit une expérience cinématographique en état d’apesanteur.

Pluton a perdu son statut de planète en 2006. Elle n’est plus la neuvième et dernière planète du système solaire, ce qui contrarie grandement Pierre-Olivier. Jérôme veut dévoiler ses sentiments à celle qu’il aime, Nicolas et Steve cherchent un nom pour leur groupe de punk, Émilie organise une fête qui finit bien mal… Une journée presque normale sur ce petit bout de planète.

La majeure partie du film résiste à toute intrusion d’une intrigue à proprement parler, préférant capturer divers moments spontanés du quotidien, en apparence indépendants de toute construction dramatique. Les acteurs, pour la plupart des non professionnels, sont parfaitement à l’aise devant la caméra et livrent des performances d’un naturalisme rarement vu dans le cinéma québécois contemporain, qui nous a plutôt habitué à du jeu soit minimaliste, soit «téléromaniste», c’est-à-dire du débitage de répliques très écrites.

L’intérêt principal d’À l’ouest de Pluton en ce qui me concerne est le choix de la part des co-réalisateurs, Henry Bernadet et Myriam Verreault, de faire non pas un film sur des ados, mais bien avec des ados. Ce que je veux dire par là, c’est que les personnages ne sont pas instrumentalisés pour véhiculer diverses idées sur la jeunesse, aussi intéressantes soient-elles, mais sont mis en scène dans l’espoir de saisir au vol l’essence-même de cette curieuse condition qu’est le passage entre l’enfance et l’âge adulte. Un cinéma de l’immédiat qui évite habilement, dans de telles circonstances, de presser sur le toujours aguichant bouton de la nostalgie.

Cette stratégie non interventionniste, qu’on peut également qualifier d’anthropologique, a permis d’engendrer quelques séquences criantes de vérité. Lors d’un cours d’éducation physique, deux camarades de classe s’empoignent sur la question nationale. Leurs arguments sont aussi enflammés que décousus, sensation ponctuée par le bruyant et brouillon match de hockey cosom en avant-plan. On observe avec amusement les jeunes filles échanger pour soudainement prendre conscience que l’objet de la scène n’est pas la politique, ni même la maladresse du discours, mais bien l’apprentissage du débat, le développement d’une rhétorique personnelle, la réalisation des possibilités infinies du langage. Le cours de français plate n’est peut-être pas si inutile que ça.

aop2_0

Une astuce qui revient régulièrement dans À l’ouest de Pluton pour mettre en valeur les différents personnages, plus ou moins importants dans le récit, prend la forme d’exposés oraux filmés en un plan-séquence fixe, et cadrés de manière frontale. L’exercice en classe est quelque peu décontextualisée – on n’entend ni ne voit les autres élèves et le professeur – et le sujet est apparemment libre; l’un va parler de son amour pour le beurre de pinotte, l’autre de son crush sur Ben Affleck, etc.

La plus fascinante de ces vignettes concerne une élève qui explique les bonnes méthodes de gardiennage, et manipule pour les besoins de la démonstration un bébé en plastique. Tout à coup, elle fait un faux mouvement et la tête de la poupée heurte solidement le coin d’un bureau. Je n’ai aucune idée si l’incident a été planifié (à vrai dire, ça m’étonnerait), mais dans tous les cas, il s’agit d’une synthèse absolument fabuleuse de la maternité précoce. Un bref moment de grâce sur pellicule qui vaut au moins autant que le reportage le plus nuancé sur ce sujet épineux; le «T’es pas encore prête» ne s’est jamais révélé avec une telle éloquence poétique.

Comme tout film d’ado qui se respecte, À l’ouest de Pluton aborde le thème de la fameuse (ou infâme, c’est selon) «première fois». Mais, contrairement à la très grande majorité des films d’ados, le voyage initiatique dans la sexualité est représenté ici sans filtre idéologique. Rappelons-nous par exemple de Kids, film underground emblématique de la génération Y, qui associait le sexe à un acte prédateur, voire létal. Ou, à l’inverse, et plus près de chez nous, l’absurde bluette Roméo et Juliette et sa sacralisation bonasse de la sexualité adolescente, qui tient sa source dans la pudibonderie à l’Américaine, et ce malgré son voyeurisme malvenu.

Non, sur Pluton, pas de jugement ni d’embellissement. On parle davantage d’un constat franc sur un rite universel et son lot d’appréhension, de confusion, d’interrogations. La scène en question se déroule vers la fin du film, dans un décor pas des plus romantiques: un banc de vestiaire d’un aréna. L’action est suivie du point de vue de la protagoniste féminine, qui succombe aux avances du player de la gang, pas nécessairement un gars méchant, mais clairement pas le plus gentleman des amants. L’expérience pour elle n’a certainement rien eu de transcendant, on lit d’ailleurs un certain regret sur son visage, mais pas de panique cependant. Il y a assurément une leçon à tirer de tout cela, mais elle aura l’occasion d’y revenir. Pour l’instant, elle garde espoir que la deuxième fois sera meilleure.

> À l’ouest de Pluton sera projeté jeudi à 16h00 à la Cinémathèque québécoise

Lire les commentaires (5)  |  Commenter cet article






Lundi 24 mars 2014 | Mise en ligne à 12h30 | Commenter Commentaires (10)

Quelqu’un d’extraordinaire, pour 24 heures

arton37494

Il n’y a pas de doute, Quelqu’un d’extraordinaire de Monia Chokri est le court métrage québécois le plus médiatisé depuis Next Floor de Denis Villeneuve, sorti en 2008.

Une reconnaissance qui s’est bâtie à coups de prix nationaux et internationaux (Locarno, SXSW, Saguenay, RVCQ, Jutra!), et grâce à une distribution (féminine) tout étoile que pourraient à peine se payer les projets de longs les plus prestigieux sanctionnés par la SODEC/Téléfilm. Le tout relevé par quelques ingrédients de choix comme Xavier Dolan au montage, et Josée Deshaies, la directrice photo de Bertrand Bonello et de Denis Côté, qui s’occupe de l’image.

Avec tout ça, on oublie presque de parler du film lui-même. Extraordinaire? Je n’irai pas jusque-là – c’est un qualificatif que j’emploierai davantage dans le cas de L’Ouragan Fuck You Tabarnak!, qui n’avait à vrai dire aucune chance de l’emporter face au mammouth de Chokri au gala des Jutra, mais qui est l’oeuvre sans concession d’un véritable poète trash qui refuse de quitter votre esprit – mais réussi, certainement; believe the hype!

Une sorte de plaidoyer tonique anti-hypocrisie à la réalité finement amplifiée, divertissant de bout en bout, servi par des comédiennes qui semblent franchement s’amuser et, plus encore, s’assurer de fournir leur maximum à une collègue qui entame son passage derrière la caméra.

Sarah, 30 ans, belle et intelligente, a tout pour réussir. Mais son anxiété et sa peur de ne pas être exceptionnelle la poussent à l’inertie. Un matin de janvier, après un énorme blackout, elle se réveille dans une maison de banlieue inconnue. De cet incident naîtra l’envie de se reconstruire. Pour y arriver, elle devra détruire tout ce qui l’entoure, en commençant par ses copines.

> Quelqu’un d’extraordinaire est disponible sur le site de La Distributrice, pour 24 heures seulement.

446069138_640

En boni, l’autre lauréat dans la catégorie du court métrage, d’animation celui-là : Le courant faible de la rivière de Joël Vaudreuil, avec en vedette la voix de Gaston Lepage. À voir sur le site de La Fabrique culturelle. (Je vous avais présenté un autre court du cinéaste iconoclaste – et membre du groupe de musique Avec pas d’casque – en novembre 2011, l’ovni à l’humour figé, décalé, tordu, carrément fou, Un vortex dans face).

Lire les commentaires (10)  |  Commenter cet article






publicité

  • Catégories

  • Blogues sur lapresse

    publicité

  • Calendrier

    août 2010
    L Ma Me J V S D
    « juil   sept »
     1
    2345678
    9101112131415
    16171819202122
    23242526272829
    3031  
  • Archives

  • publicité