Jozef Siroka

Archive de la catégorie ‘Biographie’

Lundi 21 janvier 2013 | Mise en ligne à 1h30 | Commenter Commentaires (16)

JJ Abrams fera un film sur Lance Armstrong

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Ce n’était bien sûr qu’une question de temps avant que Hollywood ne mette la main sur le récit shakespearien de Lance Armstrong. Deadline a révélé dimanche que, seulement trois jours après que le septuple champion déchu du Tour de France ait admis s’être dopé sur le fauteuil d’Oprah, un film biographique est déjà en piste.

Le studio Paramount, en association avec la boîte de JJ Abrams, Bad Robot, a acheté les droits cinématographiques de Cycle Of Lies: The Fall Of Lance Armstrong, livre à venir écrit par la journaliste sportive du New York Times Juliet Macur.

Il s’agit du premier projet de long métrage sur la vie de Armstrong depuis l’annonce d’un film pré-scandale de Sony Pictures, qui devait mettre en vedette Jake Gyllenhaal dans la peau du cycliste, et évidemment adopter une approche très positive. On peut assumer sans trop se tromper que cette production ne s’en va nulle part…

On ne sait toujours pas si Abrams, dont le nouveau Star Trek prendra l’affiche en mai, compte également agir à titre de réalisateur. Personnellement, je verrais bien Michael Mann derrière la caméra; le cinéaste a déjà traité de la vie d’un autre athlète adulé et complexe, Mohammed Ali, et il est mieux placé que quiconque dans l’industrie (avec peut-être David Fincher) pour traduire une intrigue aussi sophistiquée en une expérience électrisante.

Et pour ce qui est de la grande question, Quel acteur pour personnifier Lance Armstrong?, on peut longuement s’amuser avec le jeu des prédictions. Pourquoi pas le principal intéressé lui-même?

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Mardi 12 juillet 2011 | Mise en ligne à 12h30 | Commenter Commentaires (18)

L’affiche du jour

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The Dark Knight Rises prendra l’affiche le 20 juillet 2012 au Canada. La bande-annonce s’en vient très bientôt, d’ici la fin de la semaine.

- Via The Playlist

Mise à jour : Trouvez le logo de Superman dissimulé dans l’affiche. Réponse sur le site de L’Express

Pour vous remettre en mode Batman, je propose une sélection de posts à propos :

> DC Comics imite Marvel et sort l’artillerie lourde
> Le Onzième Commandement
> Batman : la vision d’un auteur (2)
> Séparées à la naissance

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Mercredi 21 juillet 2010 | Mise en ligne à 19h15 | Commenter Commentaires (38)

Le piège du film biographique

<i>Last Days</i>

Last Days

J’ai souvent recours à cette phrase d’André Gide pour exprimer ce qui représente pour moi l’essence de la création artistique : «Que l’importance soit dans ton regard, non dans la chose regardée.» En ce qui me concerne, le sujet d’un film est un élément quasi négligeable : c’est son traitement qui m’intéresse par-dessus tout.

Et voilà le plus grand piège dans lequel tombent la plupart des films biographiques (ou biopics) : on se dit que la personnalité hors du commun mise à l’examen garantit à elle seule le succès artistique du film. On voue un tel respect au sujet qu’on n’ose pas le réinterpréter. On essaie d’insérer le plus de matière possible dans la trame narrative, en ayant recours au bon vieux moule éprouvé du biopic (parfaitement parodié dans Walk Hard*) : enfance difficile, rêves de gloire, succès timide, premier/vrai amour, gloire, déchéance dans l’alcool/drogue/sexe, problème de coeur, retour plus ou moins modeste de la gloire, rédemption. Le résultat est invariablement conventionel, révérencieux et fade.

Dans un article sur l’émergence du cinéma biographique expérimental publié cette semaine dans le Guardian, François Girard, le réalisateur du biopic musical impressionniste Thirty Two Short Films About Glenn Gould (1993), suggère de trouver une «idée radicale» au lieu de tenter un portrait global.

Je ne savais pas comment montrer le jeu au piano distinctif de Gould, alors j’ai décidé de ne pas le montrer du tout. Comment est-ce que vous réussiriez, disons, à faire jouer à un acteur du tennis comme Rafael Nadal? Vous ne pourriez pas. Mon conseil pour quelqu’un qui planifie de raconter l’histoire de Nadal : demeurez loin du court de tennis.

Une autre maladresse commune qu’on retrouve dans les biopics traditionnels est le souci religieux de transmettre une vérité factuelle alors que, quand on parle cinéma du moins, c’est plutôt la «vérité poétique» qui compte. J’ai toujours eu l’impression que le cinéma n’a pas de compte à rendre à l’Histoire, qu’il s’agisse de pures oeuvres de fiction ou d’oeuvres basées sur des faits réels. Les films ne devraient pas être considérés comme source de documentation historique ou, pire, être utilisés à fins académiques. Ce n’est pas dire que le cinéma ne peut rien nous apprendre sur l’Histoire. Par contre, ce n’est certainement pas son but premier : les films qui trichent avec l’Histoire n’induisent pas le public en erreur.

Le co-scénariste de I’m Not There (2007), le puzzle post-moderne sur la vie de Bob Dylan, appelle à une restructuration des conventions du genre :

Les biopics s’accrochent à l’authenticité, mais notre film est constamment en train de mentir. Son nom n’est même pas mentionné. Je peux comprendre la frustration de quelqu’un qui se plaint qu’il n’a rien appris à propos de Dylan, mais cela fait partie de l’expérience d’essayer de comprendre Dylan. C’est ce que Dylan lui-même aurait voulu.

Gus Van Sant, par exemple, a eu recours à cette même stratégie avec Last Days (2005), son lumineux poème sur les derniers jours de Kurt Cobain. À l’instar de I’m Not There, le film ne présente jamais son sujet de manière explicite (le protagoniste se nomme Blake) et met à l’avant-plan ses expérimentations formelles et narratives. Van Sant préconise un traitement particulièrement hermétique et déphasé qui sert à merveille les angoisses existentielles de la rock star insaisissable. Last Days rend en fin de compte un hommage plus honnête à Cobain que ne l’aurait fait une approche plus démonstrative.

Ceci étant dit, il y en a qui continueront toujours de croire que la vie des gens célèbres/importants est dans certains cas trop sacrée pour laisser entre les mains d’artistes qui s’amusent à déconstruire leur sujet. Mais le fait est qu’il n’y a rien de tel qu’une interprétation «objective» d’une histoire. Pour reprendre les mots du scénariste de 24 Hour Party People (2002) : «C’est important pour les biopics de défier cette idée qu’il existe une interprétation fixe. Il y a peut-être une vérité définitive sur la partition de la Pologne, mais pas sur un être humain».

Le mot de la fin à mon héros Werner Herzog :

Certes, j’accorde une certaine importance à l’histoire, mais j’essaie toujours d’aller au-delà et de trouver dans chaque film quelque chose qui illuminera le spectateur, quelque chose qui deviendra indélébile dans son esprit et que j’appelle «vérité extatique». Pour moi, il ne s’agit pas d’un simple jeu entre le vrai et le faux. Je m’applique au contraire à «intensifier» la vérité, à l’illuminer en quelque sorte.

*Les dix premières minutes de Walk Hard :

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