Jozef Siroka

Archive de la catégorie ‘Bande-annonce’

Jeudi 16 mai 2013 | Mise en ligne à 13h30 | Commenter Commentaires (40)

Welcome to New York : DSK est un Bad politicien

Welcome-to-New-York-le-film-sur-l-affaire-DSK-avec-Gerard-Depardieu-se-devoile-en-video_portrait_w674

Vingt ans après avoir fait d’un policier l’un des personnages les plus vils et débauchés de l’histoire du cinéma dans l’inoubliable Bad Lieutenant, Abel Ferrara semble nous remettre ça avec un portrait plus grotesque que nature d’une autre figure d’autorité, un homme politique cette fois-ci : l’infâme Dominique Strauss-Kahn.

L’odyssée new-yorkaise suicidaire de l’ex-patron du FMI et ex-favori à la présidentielle française, dépeinte un premier temps par un corps médiatique boulimique de scandale politico-sexuel stratosphérique, prendra à travers la lentille lyrico-trash du cinéaste la forme d’une sublime plongée dans l’enfer existentiel d’un homme dévoré par sa propre addiction au pouvoir.

Si Ferrara est capable de peindre plus noir que noir, il n’est cependant pas un moralisateur. Et, malgré sa propension au nihilisme, son obsession relative aux notions de culpabilité et de rédemption chrétienne permet d’offrir à ses personnages (du moins, les rares qui survivent) une porte de sortie, aussi étroite soit-elle.

DSK ne le sait peut-être pas encore, mais il a peut-être trouvé en Ferrara un improbable allié. Pourvu qu’il ait une ouverture d’esprit artistique significative…

Si le mariage entre sujet et cinéaste semble a priori idéal, il en va de même entre sujet et interprète. Comme le dit avec justesse Thierry de Cabarrus dans un article publié dans Le Nouvel Observateur :

Car Dominique Strauss-Kahn est devenu (avec Cahuzac et peut-être bientôt Guéant) sans aucun doute l’un des personnages français les plus méprisés, mais aussi les plus détestés de la classe politique française. Pourtant, chacun lui reconnaît toujours des qualités exceptionnelles, son charisme, bien sûr, mais aussi son expertise dans le domaine de l’économie.

Gérard Depardieu n’a rien à lui envier pour ce qui est de son divorce avec les Français depuis ses déclarations irresponsables et son exil à la fois politique et fiscal. Pourtant, chacun rend hommage à ses talents extraordinaires de comédien.

Si l’on ajoute que Depardieu l’a dit et répété : il déteste DSK et c’est justement parce qu’il ne l’aime pas qu’il peut jouer son personnage, quitte à ne pas se faire payer, la boucle est bouclée : Depardieu et DSK se ressemblent et, dans “Bienvenue à New York”, deviennent sans doute interchangeables au point de faire naître un vrai malaise.

Dans le rôle d’Anne Sinclair, femme et argentière fidèle de DSK à l’époque du scandale, on retrouve Jacqueline Bisset, beauté fatale qui nous a fait rêver dans Bullitt avec Steve McQueen ou La nuit américaine de François Truffaut. Elle a pris la relève d’Isabelle Adjani, qui s’est désistée en raison d’une production à son avis trop mal organisée, dénonçant par la suite la «curie» de l’entreprise.

La bande-annonce de Welcome to New York a été mise en ligne aujourd’hui. À noter qu’elle n’est pas propice à un visionnement au bureau! La date de sortie n’est pas encore connue (les films de Ferrara ont perdu la faveur des salles sombres au cours de la dernière décennie). Mais la promotion va bon train : une affiche a été montée sur une terrasse face au palais du Festival de Cannes, ce même festival au cours duquel a éclaté l’affaire Sofitel, il y a deux ans presque jour pour jour.

> Si la b.-a. est désactivée, on peut la voir au milieu du post du Nouvel Obs.

Lire les commentaires (40)  |  Commenter cet article






Jeudi 2 mai 2013 | Mise en ligne à 16h00 | Commenter Commentaires (39)

Les bandes-annonces en révèlent-elles trop?

photo-Burn-After-Reading-2007-3

Selon une nouvelle étude d’opinion, relayée aujourd’hui par The Hollywood Reporter, la moitié des Américains considèrent que les bandes-annonces dévoilent trop d’information au sujet des meilleures scènes. Près du quart des sondés affirment cependant qu’elles les incitent encore plus à aller voir le film, tandis que 19% disent au contraire qu’elles les dissuadent de s’acheter un billet de cinéma.

Selon l’article, les studios ont tenté de plusieurs façons au cours des dernières années de masquer autant que possible les plus grandes surprises dans leurs campagnes promotionnelles, citant en exemple Oblivion, avec Tom Cruise, et la suite de Hunger Games, dont les bandes-annonces ne dévoilent pas l’arène où se déroulent les batailles, élément central de l’intrigue.

L’étude révèle d’autres chiffres, sur les habitudes de consommation des spectateurs. Ainsi, le facteur le plus important pour plus du trois quart d’entre eux est l’histoire du film, suivent le casting (45%), le genre (22%), le réalisateur (20%) et la source de l’adaptation (15%).

Les bandes-annonces demeurent la principale cause qui incite les gens à se déplacer dans les salles sombres (48%), suivies de près par les recommandations personnelles (46%).

On en déduit donc que les gens vivent une certaine relation d’amour-haine avec les bandes-annonces. On apprécie en effet pas mal tous un apéritif, mais on craint en même temps qu’il nous rassasie trop et gâche ainsi le repas principal. En ce qui me concerne, lorsqu’il s’agit de films que je veux vraiment voir, j’évite la bande-annonce (même sur ce blog, j’en place souvent sans les regarder).

Perso, ce n’est pas tant le fait qu’elles dévoilent trop d’information qui m’indispose, mais qu’elles sont pratiquement toutes pareilles! À propos, avez-vous remarqué la nouvelle tendance du «BRAAAAM» d’Inception? Cette astuce sonore est devenue tellement omniprésente qu’elle mérite sa propre bande-annonce

***

Alors, les b-a en révèlent-elles trop? Quoi de mieux que l’arrivée de la saison estivale pour se faire une opinion sur ce sujet; en voici quelques unes des plus récentes des blockbusters à venir :

> FAST & FURIOUS 6 (22 mai)

> PACIFIC RIM (17 juillet)

> THE WOLVERINE (24 juillet)

> THE LONE RANGER (7 août)

> THOR : THE DARK WORLD (8 novembre)

> THE HUNGER GAMES : CATCHING FIRE (22 novembre)

À lire aussi :

> La business des bandes-annonces
> Battle: Los Angeles: comment réussir une bande-annonce
> Poursuite contre Drive; pas assez Fast et Furious…
> Tous les «films de prestige» en une bande-annonce

Lire les commentaires (39)  |  Commenter cet article






Jeudi 11 avril 2013 | Mise en ligne à 1h00 | Commenter Commentaires (45)

Elysium : un film de science-fiction pour les 99%

elysium-poster

Un blockbuster qui fait réfléchir : c’est le pari que s’est donné Neill Blomkamp avec son nouveau film, Elysium. Le réalisateur sud-africain de 33 ans poursuit sur la voie tracée par son premier long métrage, District 9 (2009), une parabole dystopique de l’histoire ségrégationniste de l’Afrique du Sud enrobée par un solide récit de science-fiction (à moins que ce ne soit l’inverse).

Elysium se déroule en 2159 dans un monde séparé en deux : les riches se la coulent douce dans une station spatiale baptisée Elysium, tandis que les pauvres croupissent sur une Terre surpeuplée et délabrée qui aurait besoin d’un solide coup de main de la part de WALL-E. Le héros, Max (Matt Damon), est un ancien voleur de voitures qui subit un grave accident dans son usine. Il doit se rendre sur Elysium afin de se soigner, et tentera d’échapper aux griffes d’un agent double (Sharlto Copley, protagoniste de District 9) qui a été engagé par la boss d’Elysium (Jodie Foster).

Avec un propos abordant l’immigration, les soins de santé, la disparité des classes sociales et l’environnement, Elysium, avec son budget de 120 millions $, s’annonce comme le film engagé le plus ambitieux de notre époque. Blomkamp, qui était en tournage à l’automne 2011 alors que le mouvement Occupy Wall Street battait son plein, décrit sa vision comme un «point de vue de science-fiction sur les nantis et les démunis». Comme le dit Kyle Buchanan de Vulture, il s’agit d’un film d’action pour les 99%.

En entrevue à IndieWire, Blomkamp précise sa démarche concernant l’alliage du cinéma de genre et de l’activisme social.

Dans ce cas-ci et dans District 9, la science proprement dite a un peu été jetée à travers la fenêtre en faveur de la métaphore et de l’intrigue. Construire une station spatiale en marbre et en ardoise n’était pas la meilleure idée [la production a eu le rare privilège de se payer les services du designer de Blade Runner Syd Mead]. Mais la métaphore de Bel Air [quartier cossu de L.A.] dans l’espace est correcte. Alors, mon approche est de commencer avec quelque chose de ridicule et ensuite essayer d’utiliser la représentation la plus réaliste du ridicule que l’on peut. Je peins donc des idées ridicules avec un pinceau réaliste.

Mais le jeune cinéaste ne se fait pas d’illusions quant à l’impact réel que Elysium aura sur les mentalités, ou à son potentiel transformateur. Son but premier est le divertissement.

Je pense que dans le domaine du cinéma pop-corn commercial, la quantité de messages ou le trafic d’idées qu’on peut véhiculer sont très limités. Si vous pensez que vous allez réellement faire une différence ou changer quoi que ce soit, vous êtes sur un terrain glissant assez dangereux. Mais on peut tout de même placer quelques idées qui représentent des vrais problèmes dans le monde. [...] Personnellement, pour m’investir dans un film, il doit contenir plein de trucs de genre. Une fois que c’est dedans, je veux aussi avoir des trucs qui m’intéressent et que je veux explorer et dont je veux discuter. Pas juste : «Ce gars doit tirer sur l’autre gars parce qu’il a un fusil».

Elysium prend l’affiche le 9 août.

À lire aussi :

> District 9 : un très beau prix de consolation

Lire les commentaires (45)  |  Commenter cet article






publicité

  • Catégories

  • Blogues sur lapresse

    publicité

  • Calendrier

    juillet 2009
    L Ma Me J V S D
    « juin   août »
     12345
    6789101112
    13141516171819
    20212223242526
    2728293031  
  • Archives