Jozef Siroka

Archive de la catégorie ‘Bande-annonce’

Mercredi 19 octobre 2016 | Mise en ligne à 15h00 | Commenter Commentaires (8)

Guardians Of The Galaxy Vol. 2, «évidemment»

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À quelques heures d’intervalle, aujourd’hui, l’internet s’est réjoui de deux promos pour l’un des films les plus attendus de… l’été prochain. C’est loin, oui, mais en même temps ces diffusions vont permettre à tout le monde de souffler un peu. Il faut comprendre que les fans de Guardians Of The Galaxy sont particulièrement exigeants, et impatients. Il y a deux mois, le réalisateur James Gunn, exténué par les demandes répétées pour une bande-annonce, les a même implorés de se calmer : «Quand je mets en ligne un hommage sur la mort de Gene Wilder, et quelqu’un commente Where the fuck is the trailer, asshole?, ce n’est pas très cool».

Plus même que la b-a – qui est en fait un teaser – c’est l’affiche qui retient l’attention. Comme le note The Playlist, ça fait du bien de voir une promotion pour un film de Marvel qui évite l’approche typique «d’un tas de têtes illustrées disposées au hasard». On nous présente plutôt ici une version «années 70 de la suite, que ce film ne sera clairement pas».

J’y vois surtout une référence à l’attitude décontractée mais menaçante de Reservoir Dogs – la chanson Hooked on a Feeling apparaît dans la bande originale du premier Tarantino, ainsi que dans le teaser de GOTG2. Et aussi un clin d’oeil aux affiches des Expendables; Sylvester Stallone sera finalement réuni à l’écran avec Kurt Russell, qui avait refusé l’invitation de Sly à joindre son équipe de gros bras vintage. Bien hâte de voir ce que Tango et Cash 2.0 nous réservent.

L’élément le plus intéressant de l’affiche (à part le bébé Groot qu’on n’aperçoit pas au premier coup d’oeil) est son accroche : Obviously. Une exclamation pour le moins ironique. Avant sa sortie, à l’été 2014, Guardians Of The Galaxy était attendu comme le premier grand flop de Marvel. La BD source était à peu près inconnue du grand public, son réalisateur venait du cinéma d’exploitation à petit budget, et on n’y retrouvait pas de véritables stars. Enfin, si – Bradley Cooper et Vin Diesel – mais Gunn a eu l’audace de les cantonner à des rôles de doublage seulement.

C’est donc à Chris Pratt, un acteur à l’époque uniquement associé à la série télévisée en manque d’audimat Parks and Recreation, qu’incombait la lourde tâche de porter sur ses épaules cette superproduction en forme de pari fou. Il a finalement remporté le jackpot, avec un week-end record au box-office, et des recettes totales de 773 millions $. Pratt a immédiatement été salué comme l’héritier de Harrison Ford, «un héros affable, anticonformiste et solitaire qui affiche aussi une sensibilité moderne à laquelle les hommes peuvent s’identifier et que les femmes trouvent séduisante, charmante et drôle», avançait un expert en marketing à l’AFP.

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Une suite à Guardians Of The Galaxy s’imposait, évidemment… même si au départ les dirigeants de studios étaient sceptiques à l’idée de sortir un film de super-héros qui n’est pas sombre et lourd. Qui aurait cru que le public avait un appétit pour des adaptations de BD colorées et comiques?!

La série Guardians Of The Galaxy n’est pas juste drôle, elle est meta-drôle. Le synopsis ne semble pas tant décrire le film que l’idée générale d’une aventure intergalactique dont les détails de l’intrigue sont le dernier de nos soucis. On ne nous invite pas au cinéma, mais à une danse.

Propulsé par le Awesome Mixtape # 2, Guardians of the Galaxy Vol. 2 poursuit les péripéties de l’équipe tandis qu’elle traverse les confins du cosmos. Les Gardiens doivent se battre pour garder leur nouvelle famille ensemble, tout en perçant les mystères de la véritable filiation de Peter Quill. D’anciens ennemis deviennent de nouveaux alliés, et les personnages préférés des fans de la BD classique viendront au secours de nos héros.

Casser le Bechdel

James Gunn est l’un des réalisateurs le plus actifs sur les réseaux sociaux. Sa page Facebook regorge d’anecdotes sur son métier, ses passions et la production de son nouveau film. Ses messages débordent d’enthousiasme. Il ne semble toujours pas croire qu’il est soudainement devenu un joueur majeur dans l’industrie, lui qui il n’y a pas si longtemps faisait du cinéma de genre avec une poignée de change.

Dans un de ses posts, il est fier d’annoncer que GOTG2 a passé haut la main le test de Bechdel, qui se résume ainsi :

Une œuvre réussit le test si les trois affirmations suivantes sont vraies :

- l’œuvre a deux femmes identifiables (elles portent un nom) ;
- elles parlent ensemble ;
- elles parlent d’autre chose que d’un personnage masculin.

Gunn a annoncé les «résultats» sur Facebook le 11 octobre, à l’occasion du International Day of the Girl. Il écrit notamment en avoir assez des histoires dans lesquelles on retrouve «un tas de personnages masculins rondement développés et un seul personnage féminin, dont la principale caractéristique est d’être “la fille”, ou l’objet dénué de personnalité des affections d’un homme. Je n’en ai pas marre parce que je suis politiquement correct, mais parce que c’est ennuyeux et que c’est de la bullshit.

«De même, je ne pense pas que de créer des personnages féminins “forts” est une solution non plus – vous la voyez tout le temps ces jours-ci : la femme guerrière parfaite, qui est une réaction aux histoires du passé, mais qui est tout aussi ennuyeuse et unidimensionnelle.

«Et je suis impatient de vous montrer Guardians of the Galaxy Vol. 2, avec Gamora, Nebula, et Mantis en action, où non seulement nous passons le test de Bechdel, mais nous l’écrasons avec un dix-huit roues. Et où leurs histoires et celles des hommes ne s’effectuent pas au détriment des uns et des autres, mais sont entrelacées de manière à renforcer et à optimiser l’ensemble».

Parce qu’on est en 2016. Ou plutôt en 2017, plus précisément le 5 mai.

- Pour en savoir plus sur Gunn et le nouveau Guardians, consultez son FAQ bien touffu qu’il a mis en ligne le mois dernier.

À lire aussi :

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> Black Panther : trop tôt pour Ryan Coogler?
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Mardi 9 août 2016 | Mise en ligne à 15h30 | Commenter Commentaires (9)

Arrival : Denis Villeneuve goûte à la science-fiction

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Le premier film de science-fiction du cinéaste québécois ne sera pas son dernier. Pour bien des fans du genre, Arrival est perçu comme un avant-goût d’un des films les plus intrigants de la décennie : la suite tant attendue de Blade Runner, qui prendra l’affiche à l’automne 2017. Mais chaque chose en son temps.

Arrival, dont le premier teaser a été mis en ligne aujourd’hui, et dont les premières images ont été publiées hier, est décrit comme de la SF intime; plus philosophie que pyrotechnie. En entrevue à USA Today, Jeremy Renner, qui se dit heureux de jouer pour une première fois en carrière «un nerd rusé», dit que le film est davantage un «mélange de Kubrick et de Spielberg» qu’un «gros film d’extra-terrestres de Michael Bay».

En effet, l’espèce de structure ovale mystérieuse qu’on voit dans le teaser pourrait être un cousin plus ou moins éloigné du monolithe de 2001. Et le cadre réaliste à travers duquel émerge un phénomème paranormal évoque la sensibilité de Close Encounters of the Third Kind. Et, comme dans le classique de Spielberg, la famille occupe une place de choix dans le récit. «Si vous êtes un parent, ça va vous anéantir», ajoute Renner.

Arrival est basé d’après une nouvelle prisée de Ted Chiang, intitulée Story of Your Life (il s’agissait jusqu’à tout récemment du titre de l’adaptation cinématographique). L’oeuvre publiée en 1998 a remporté le Nebula Award ainsi que le Sturgeon Award. L’intrigue suit une linguiste (Amy Adams) qui est engagée par l’armée afin de déterminer les intentions d’extra-terrestres «radicalement symétriques» débarqués sur Terre.

Tout au long du récit, le personnage d’Adams est tourmenté par les souvenirs de sa fille. «D’un point de vue émotionnel, le voyage qu’elle entreprend a été dévastateur pour moi», confie l’actrice au USA Today. «Ne pas avoir à me transporter dans un univers peuplé de super-héros – ce qui est plaisant aussi – m’a vraiment aidé à construire fermement le personnage et l’expérience», dit celle qui reprend le rôle de Lois Lane dans Justice League, présentement en tournage à Londres.

Le casting d’Arrival compte également Forest Whitaker et Michael Stuhlbarg, l’anti-héros existentiel de A Serious Man des frères Coen. Le film a été tourné à Montréal et à Saint-Fabien, près de Rimouski. Villeneuve renoue avec le compositeur islandais Jóhann Jóhannsson, qui nous a franchement épaté grâce à ses cordes lugubres dans Sicario. À la direction photo, le réalisateur québécois fait équipe une première fois avec Bradford Young (Selma, A Most Violent Year, le malickien Ain’t Them Bodies Saints), jeune as de l’image qu’on désigne comme l’héritier du regretté Harris Savides.

Arrival aura sa première mondiale à la Mostra de Venise, début septembre, et sa première canadienne au Festival du film de Toronto quelques jours plus tard. À l’affiche en Amérique du Nord le 11 novembre.

Un Los Angeles «toxique»

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Villeneuve s’est exprimé à propos du nouveau Blade Runner (qui n’a toujours pas de titre) le mois dernier via Entertainment Weekly. C’est la première fois qu’il parlait de son ambitieux projet depuis près d’un an, quand il a tenté de rassurer les fans du film culte de Ridley Scott qu’il va «prendre soin de son mystère».

Il affirme à EW qu’il a vu Blade Runner «des milliers de fois». Il se rappelle vivement de la séquence d’ouverture : «Cette note de musique; voir Los Angeles en 2019; ce smog; cette noirceur. C’est vraiment le film qui a donné naissance à mon désir de devenir réalisateur».

La nature de l’intrigue n’a pas encore été dévoilée, si ce n’est des premières minutes décrites en détail par Ridley Scott en décembre. Villeneuve révèle cependant que le récit se déroule quelques décennies après l’original, et fournit une description de l’atmosphère qui règne dans ce nouveau Los Angeles du futur : «Le climat est devenu fou furieux – l’océan, la pluie, la neige, tout est toxique».

Il commente également le véhicule illustré dans l’esquisse ci-dessus. Il s’agit d’une sorte de souffleuse à neige qui flotte au-dessus des rues et qui détruit la neige. «Un wet dream canadien», s’esclaffe-t-il.

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Villeneuve ne cache pas qu’il était initialement intimidé par le projet, rappelant que la période de pré-production fut «terrifiante» pour lui. C’est le scénariste du film original, Hampton Fancher, qui l’a rassuré. «Il m’a dit que Blade Runner est un rêve. Nous n’avons qu’à rêver à nouveau et ne pas trop nous soucier de la logique. Ça m’a permis de retirer beaucoup de pression et m’a donné la clé pour avancer».

Le tournage s’est entamé début juillet à Budapest. Ryan Gosling incarne le héros et sera épaulé par Harrison Ford, qui reprend le rôle de Deckard.

Le reste de la distribution est fort éclectique. On y retrouve Robin Wright ; la Canadienne et graduée de l’université McGill Mackenzie Davis (qui fut dirigée par Ridley Scott dans The Martian) ; la beauté fatale cubaine Ana de Armas (le film d’horreur d’Eli Roth Knock Knock) ; le Somali-Américain Barkhad Abdi (nommé à l’Oscar pour Captain Phillips) ; l’ancien champion de la WWE Dave Bautista (Drax dans Guardians of the Galaxy) et la Suissesse Carla Juri, qui a été applaudie sur le circuit festivalier en 2014 grâce à sa performance téméraire dans la comédie allemande trash Wetlands.

À l’affiche le 6 octobre 2017.

À lire aussi :

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Vendredi 5 août 2016 | Mise en ligne à 14h00 | Commenter Commentaires (23)

Dunkirk : Christopher Nolan au front

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Le dixième long métrage de Christopher Nolan est fort probablement le projet le plus ambitieux de la carrière du cinéaste anglo-américain de 46 ans. Plus gros qu’Inception, Interstellar et même la trilogie The Dark Knight. Dunkirk, qui prendra l’affiche le 21 juillet 2017, porte sur l’une des plus importantes opérations de la Seconde Guerre mondiale.

Entre le 26 mai et le 4 juin 1940, plus de 300 000 soldats alliés encerclés par l’armée allemande furent secourus des plages de la ville de Dunkerque, dans le nord de la France. L’évacuation, baptisée Dynamo par les Britanniques, a fameusement été qualifiée de «miracle» par Winston Churchill.

Le tournage de Dunkirk s’est entamé le 23 mai à Malo-les-Bains, dans le Nord-Pas-de-Calais. Une filiale régionale de France 3 a suivi quotidiennement la production du film durant ses 24 premiers jours. Un «récit en images» à consulter ici.

Peu d’informations officielles ont circulé au sujet de Dunkirk jusqu’à maintenant. Les révélations les plus intéressantes portent sur la gestion de matériel, qui suggère l’envergure colossale de la vision de Nolan, ainsi que son souci maniaque du réalisme. Presse-Océan, quotidien basé à Nantes, a rapporté en février dernier que la production a loué les services du Maillé-Brézé, navire de la Marine nationale française qui tient depuis 28 ans la fonction de musée naval.

Le bateau, qui a été remorqué jusqu’à Dunkerque, a dû être modifié afin de s’accorder aux impératifs historiques, précise 20 Minutes :

«Nolan a besoin de plusieurs navires de guerre d’époque et ceux-ci sont extrêmement rares. Il souhaiterait utiliser le Maillé-Brézé pour plusieurs rôles de bateaux dans différentes scènes extérieures, notamment celles du sauvetage des troupes alliées.»

En service entre 1957 et 1988, l’ancien escorteur de la marine nationale n’est pourtant pas contemporain de l’Opération Dynamo. «C’est pour ça qu’il va falloir le transformer un peu. Démonter les éléments les plus modernes comme le sonar.» Il faudra aussi restaurer la peinture grise originale du bateau, habillé depuis septembre d’une fresque colorée réalisée par deux artistes de street-art.

Par ailleurs, des rumeurs datant de début juin avancent que Warner Bros. a déboursé 5 millions $ pour l’acquisition d’un authentique avion de la Luftwaffe, sur lequel seront installées des caméras IMAX. «Et quand ils auront fini, ils vont l’écraser», affirme Indie Revolver.

Le seul acteur de premier plan à avoir discuté du film est Mark Rylance, nouvel alter ego de Steven Spielberg qui a remporté un Oscar cette année pour son Bridge of Spies. Il s’est récemment confié au podcast d’Empire, disant que «Chris [Nolan] est le plus sérieux et intéressant des cinéastes. Chaque grand réalisateur fait un film de guerre à un certain moment. Mais le scénario de Chris est si brillant que je pense qu’il a le potentiel de faire un film de guerre très, très puissant et pur sur une perte miraculeuse. Ça a le potentiel d’être un film tout simplement merveilleux».

Rylance sera accompagné de ses compatriotes Kenneth Branagh et Tom Hardy, qui renoue une troisième fois avec Nolan après Inception et The Dark Knight Rises. L’Irlandais Cillian Murphy retrouvera Nolan pour une cinquième fois, après également Inception, et aussi Batman Begins (il a un caméo dans les deux volets subséquents de la bat-trilogie). On verra cependant des inconnus dans la peau des soldats au front, dont Harry Styles, membre du boys band archi-populaire One Direction. Il s’agit d’un premier rôle au cinéma pour le jeune homme de 22 ans.

Dunkirk a été tourné en IMAX 65 mm et en 65 mm format large. Il s’agira seulement du troisième long métrage majeur cette décennie à employer ce format d’image, après The Master et The Hateful Eight. Un premier teaser du film a été mis en ligne hier, c’est du lourd.

À lire aussi :

> Christopher Nolan, dernier grand apôtre de la pellicule
> Le cinéma n’est pas du «contenu», tonne Nolan
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(L’image qui coiffe ce billet provient du compte Twitter de Pierre Volot, photographe de plateau du film).

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