Jozef Siroka

Archive de la catégorie ‘Animation’

Samedi 19 juillet 2014 | Mise en ligne à 15h30 | Commenter Un commentaire

Le court du week-end : Turen til Squashland

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En 1967, Lars von Trier ne se nommait encore que Lars Trier. Il avait 11 ans, et commençait sérieusement à s’intéresser au cinéma. Turen til Squashland (Le Voyage au pays de la courgette), une animation image par image de quelque deux minutes, se présente comme son premier film officiel.

Le futur mauvais garçon du cinéma européen, muni seulement d’une caméra super-8 et de son imagination pas encore tout à fait déconcertante, a créé un univers parallèle vaguement inspiré de contes nordiques. Trois lapins colorés y voient leur joyeuse danse en ligne interrompue par une bande de trolls qui viennent kidnapper un des leurs. Une injustice que ne supportera pas une super-saucisse qui se portera à la rescousse du pauvre animal…

Malgré son propos naïf et sa ballade enfantine (La, la, la, la….) omniprésente, Turen til Squashland affiche quelques facettes plus sombres qui annoncent un cinéaste très conscient de son impact sur le public. Observez comment il met en scène l’arrivée des méchants, dans le dos des lapins. Le spectateur seul est conscient du danger, et puis, à 1:08, un brusque zoom sur le troll accompagné d’un roulement de tambour suscite vraiment la frayeur, et témoigne d’un réel sens du découpage technique – dans ce cas-ci intra-caméra – chez le réalisateur préadolescent.

Parmi ses projets à venir, LVT est en train d’écrire pour son compatriote Kristian Levring (The Salvation) un scénario de film d’horreur intitulé Detroit. L’intrigue se déroule dans la métropole américaine ravagée par la crise économique et porte sur «un homme qui combat ses démons intérieurs».

Sinon, pour ce qui est de sa prochaine réalisation, «il parle de faire une version Trier d’un film d’action», a affirmé son producteur Peter Aalbaek Jensen à Screen Daily en mai dernier. À suivre.

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Samedi 19 octobre 2013 | Mise en ligne à 12h30 | Commenter Commentaires (7)

Un court (du week-end) en hommage à Superman

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Il y a 75 ans, Jerry Siegel et Joe Shuster ont introduit au monde un justicier quasi-invincible et parfaitement charismatique nommé Superman. Il a fait sa première apparition sur la couverture de la désormais mythique bande-dessinée Action Comics No. 1 – une copie a été vendue au prix record de 2,16 millions $ en 2011. Aujourd’hui, trois quarts de siècle après sa naissance, le plus fameux des superhéros n’a rien perdu de sa vigueur.

Dans un court métrage d’animation haut en couleur(s) dévoilé le week-end dernier lors du New York Comic Con, et mis en ligne lundi, Bruce Timm, concepteur des productions de DC Comics Batman: The Animated Series et Justice League Unlimited, ainsi que Zack Snyder, réalisateur de Man of Steel, ont résumé l’histoire de Superman en deux minutes bien compactes.

- Bruce Timm parle du projet en détail dans cette entrevue qu’il a accordée à Entertainment Weekly.

À lire aussi :

> Man of Steel : contre le super-héros «réaliste»

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Lundi 16 septembre 2013 | Mise en ligne à 16h15 | Commenter Commentaires (14)

Le dernier tour de piste de Miyazaki fait polémique

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Le monde de l’animation se remet encore du choc, subi plus tôt ce mois-ci, causé par l’annonce de la retraite d’un de ses plus grands ambassadeurs: Hayao Miyazaki. Le maître du manga a affirmé lors d’une conférence de presse à Tokyo, le 6 septembre, qu’il ne réaliserait plus de films, mais qu’il continuerait de se rendre régulièrement au Studio Ghibli, qu’il a cofondé il y a près de 30 ans.

Beaucoup d’entre vous se demandent probablement ce que fait exactement un réalisateur d’animation. Mais en tant qu’animateur, je dessine. Et ces jours-ci, je dois enlever mes lunettes et me pencher sur mon bureau comme ça pour voir ce que je fais. C’est un travail très dur et je ne peux pas le faire aussi longtemps que je le faisais auparavant.

Il m’a fallu cinq ans pour réaliser mon nouveau film, après avoir terminé Ponyo sur la falaise, et il me faudrait sans doute six ou sept ans pour faire le prochain, parce que l’âge me ralentit. Ainsi, à 72 ans aujourd’hui, je pourrais approcher les 80 ans le temps que je finisse un autre film.

Ce n’est pas la première fois que Miyazaki évoque la retraite. En fait, il l’a fait après la réalisation de chacun de ses films à partir de Princesse Mononoké, sorti en 1997. «Cette fois-ci je suis sérieux» a-t-il cependant affirmé, mettant notamment en cause sa vue de plus en plus défaillante.

Son onzième et, en principe, dernier long métrage, Le vent se lève, a pris l’affiche au Japon en juillet dernier, faisant sonner la caisse du box-office, avant d’être présenté en compétition officielle à la Mostra de Venise, où il a obtenu une réception critique très favorable. Mercredi dernier, on apprenait que le film sera distribué en Amérique du Nord; pour commencer, la version sous-titrée prendra l’affiche à New York et à Los Angeles entre le 8 et le 14 novembre, afin de respecter les prérequis en vue d’une nomination à l’Oscar. S’ensuivra une sortie limitée en version doublée le 21 février et, enfin, une sortie nationale (et fort probablement canadienne) la semaine suivante.

Le vent se lève est une interprétation libre de la vie de l’ingénieur japonais Jiro Horikoshi, le créateur de l’avion de chasse Mitsubishi A6M, surnommé chasseur Zero, qui fut le symbole de la lutte aérienne du Japon durant la Seconde Guerre mondiale. Il s’agit d’un des films les plus personnels de Miyazaki, grand amateur d’aéronautique, et dont le père dirigeait une compagnie qui construisait les gouvernes des fameux Zero. C’est aussi un de ses films les plus transparents d’un point de vue politique, et certainement son plus controversé.

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Les récriminations ont fusé de toutes parts. D’abord en Corée du Sud, comme le rapporte le Guardian :

Des internautes sud-coréens ont accusé le réalisateur de porter aux nues le créateur de l’un des symboles les plus puissants du militarisme japonais, et ont souligné que parmi les ouvriers qui ont assemblé plus de 10 000 de ces chasseurs nec plus ultra se trouvaient des travailleurs forcés de la péninsule coréenne.

Piqué au vif par les critiques, Miyazaki a rencontré des journalistes sud-coréens à Tokyo pour expliquer son admiration pour Horikoshi. «Il a résisté aux exigences de l’armée. Je me demande si il devrait être tenu responsable de quoi que ce soit simplement parce qu’il a vécu durant cette époque.»

Pendant ce temps, des nationalistes japonais ont qualifié le cinéaste de «traître» :

Mais ils étaient surtout irrités par un essai que Miyazaki a écrit pour coïncider avec la sortie du film dans lequel il condamnait la dérive du Japon moderne vers la droite, incluant les plans du Premier ministre, Shinzo Abe, de réviser la Constitution pacifiste du pays.

«Il va sans dire que je suis contre la réforme constitutionnelle» a écrit Miyazaki dans Neppu, le magazine mensuel du Studio Ghibli. Dans une allusion à peine voilée à Abe, il a accusé les élus du Japon de tenter d’assainir la conduite du pays en temps de guerre.

«Je suis surpris par le manque de connaissances parmi les dirigeants des partis gouvernementaux et politiques sur les faits historiques», at-il dit. «Les gens qui ne réfléchissent pas assez ne devraient pas toucher à la Constitution.»

Parlant d’assainissement, le lobby anti-tabac s’est plaint dans une lettre ouverte de l’omniprésence de la cigarette dans le film, encourageant semble-t-il une représentation tronquée de la période dépeinte au nom de la santé publique. Les signataires sont particulièrement mécontents d’une scène dans laquelle le personnage principal fume pendant qu’il tient la main de sa femme alitée, qui souffre de tuberculose…

Pour Miyazaki, Le vent se lève est d’abord et avant tout une oeuvre célébrant «l’homme le plus doué de son temps au Japon». «Il ne pensait pas aux armes – tout ce qu’il désirait était de faire des avions vraiment exquis», a-t-il dit lors d’une entrevue en 2011. C’est d’ailleurs une citation de Horikoshi, qui permet de lier les aspirations de l’artiste à celles de l’ingénieur, qui l’a inspiré à faire le film : «Tout ce que je voulais faire était de fabriquer quelque chose de beau».

En Occident, Miyazaki est décrit comme le «Walt Disney japonais», mais il s’agit là d’une analogie peu fiable. Pour faire court, ses films sont beaucoup moins sentimentaux et manichéens que ceux qui sortent de l’usine Disney, et sont marqués par une sensibilité animiste lyrique qui reflète les convictions écologistes du maître nippon, créant du coup un net contraste avec l’approche anthropomorphique disneyenne.

«Chez Disney, les animaux adoptent toujours des traits humains. L’homme est au centre des préoccupations. Moi, je crois que les hommes, les animaux et les végétaux sont au même niveau», a résumé Miyazaki en comparant sa philosophie à celle de son principal rival (et également associé; en effet, le studio distribuera Le vent se lève en Amérique du Nord).

Voici un reportage de France 3 qui offre une bonne introduction à l’univers de Miyazaki :

À lire ausi :

> Totoro, le plus grand

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