Jozef Siroka

Archive de la catégorie ‘Animation’

Samedi 23 janvier 2016 | Mise en ligne à 15h45 | Commenter Commentaires (2)

Le court du week-end : Oh Willy…

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L’esquisse de douce domesticité qu’on aperçoit dans les premiers instants d’Oh Willy… ne préfigure aucunement sa finale aux consonances cosmogoniques, clairement inspirée de l’imagerie uber-romantique de Caspar David Friedrich, et enrichie par l’infiniment majestueuse ouverture de Das Rheingold de Richard Wagner.

Si ce court d’une quinzaine de minutes nous fait voyager à travers le naturalisme, la comédie noire, la science-fiction et même l’horreur, il reste parfaitement focalisé sur l’odyssée émotionnelle de son héros, un homme apparemment solitaire qui vit très mal le deuil de sa mère, et qui recherche désespérément une source de réconfort. Ou, plutôt, un retour aux sources. Un film muet qui parle un langage universel, et qui nous surprend par sa charge émotive.

Réalisé en 2012 par le couple belge Emma De Swaef et Marc James Roels, Oh Willy… a obtenu nombre d’accolades de par le monde, dont les grands prix du jury à l’American Film Institute Festival et à SXSW, ainsi que le prix du public dans ma ville natale, à l’Animafest Zagreb. En entrevue à Cartoon Brew, Roels explique le procédé plutôt singulier d’animation de laine et d’étoffes. Un résultat si séduisant que vous vous surprendrez à vouloir toucher votre écran pendant le visionnement…

«Eh bien, contrairement à la plupart des gens, Emma a grandi sur une ferme entourée de moutons. Elle a tricotait, cousait et fabriquait des poupées et marionnettes à partir d’un très jeune âge. Donc, en ce qui concerne l’utilisation de laine et de textile dans nos films, ce n’est pas une idée qui nous a soudainement frappé comme étant quelque chose d’unique et de différent parmi les matériaux traditionnels utilisés dans le stop-motion. Nous l’avons davantage vu comme un matériau facilement disponible avec lequel Emma avait l’habitude de travailler.

«Nous avons commencé à utiliser la laine pendant qu’Emma faisait des études en réalisation de documentaires. Elle a eu l’idée d’intégrer des parties animées dans ses documentaires à l’aide de marionnettes tricotées, question de créer une tension entre le récit et le style. Emma avait peu d’expérience avec les armatures, de sorte que ses premiers personnages étaient à l’état très brut. Mais nous avons aimé la façon dont la lumière a réagi sur la laine et nous avons trouvé que nous pourrions créer une cohérence dans le style, donc nous y avons persisté.

«Pour ce qui est de la difficulté d’animer la laine, c’est vrai que le matériau bouge sans cesse, il fluctue avec les variations de température. Le fait d’avoir des personnages couverts de feutre les rend très rigides, de sorte que nous devons continuellement planifier et écrire nos films en fonction de leur rigidité. La retenue dans la mise-en-scène est due en grande partie à cette notion. Même les actions les plus simples finissent par être cauchemardesque lorsqu’on anime de la laine, donc nous avons constamment eu à repenser et à réécrire nos films, ce qui, en bout de ligne, semble toujours avoir été une bonne chose.»

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Samedi 28 février 2015 | Mise en ligne à 14h45 | Commenter Commentaires (3)

Le court du week-end : La Vieille Dame et les Pigeons

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Merci à The Playlist pour avoir dégoté cette version «intégrable» du sublime et étrange court métrage d’animation La Vieille Dame et les Pigeons. Il s’agit du premier film du dessinateur de BD et réalisateur français Sylvain Chomet; entamé au début des années 1990, il a été complété une demi-décennie plus tard à Montréal.

Cette sorte de fable morale décalée qui marie habilement clichés de la vieille France et surréalisme grotesque, entièrement dessinée à la main, a obtenu une nomination à l’Oscar en 1997. Chomet a par la suite eu deux autres invitations au grand gala américain : pour ses longs métrages Les Triplettes de Belleville (2003) et L’illusionniste (2010), hommage au cinéma de Jacques Tati, avec qui il partage une affinité pour la narration muette.

La perception tronquée de la culture française par des Américains ignares, comme on le voit au début et à la fin de La Vieille Dame et les Pigeons, est une préoccupation récurrente dans l’oeuvre Chomet. C’est ce qui ressort dans ce couch gag particulièrement acide qu’il a réalisé l’an dernier. (Il semble également avoir un faible pour les oiseaux obèses…).

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Samedi 14 février 2015 | Mise en ligne à 12h00 | Commenter Un commentaire

Le court du week-end : Belly

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Belly est le travail de graduation que Julia Pott a réalisé à la London’s Royal College of Art. Le court métrage d’animation de sept minutes a fait la ronde des festivals en 2011 et a remporté une douzaine de prix en Europe et en Amérique du Nord.

L’accroche du film, «Je peux te sentir dans mon ventre», devient plus claire une fois qu’on l’a vu. L’oeuvre s’attaque en effet à notre ventre, au mou de notre ventre plus précisément; elle a une qualité mélancolique, mystérieuse, et même inquiétante, qui cherche à faire ressurgir nos souvenirs lointains les plus diffus, peut-être même des sentiments qu’on espérait avoir enfouis pour de bon il y a de nombreuses années de cela.

En entrevue à Filmmaker Magazine, qui l’a élu comme un de ses «25 nouveaux visages du cinéma indépendant» en 2012, Pott raconte l’émotion contradictoire qui a guidé la conception de son court : «J’aime vraiment me sentir triste. C’est si bon parfois de simplement se vautrer dans la misère».

Du côté de Motionographer, elle explique que la source de l’intrigue provient de sa relation avec sa soeur aînée. Avant de préciser :

Quand on est enfant, je pense que nous nous immergeons plus volontiers dans l’étrange, heureux de se sentir inexplicablement bizarres. J’ai été absolument fascinée par l’idée de m’enfoncer dans des sables mouvants, d’être décapitée, par les fantômes… En grandissant, j’ai perdu mon immunité d’enfant contre les histoires sinistres – je ne suis plus aussi prête à avoir peur, je ne veux plus la sentir du tout, en fait.

Enfin, Pott parle de son style d’animation en entrevue à IndieWire :

Mon inspiration provient généralement des films, des trucs du genre Twin Peaks, des vieilles comédies romantiques ou musicales, et des paysages américains, l’Arizona et des choses comme ça… Les personnages sont des animaux parce que ça me semble plus réel. Ils sont techniquement juste des personnes déguisés en costumes d’animaux.

> La page de Julia Pott

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