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En compétition dimanche dernier, Paperman a permis au studio Disney de remporter son premier Oscar du court métrage d’animation depuis le film éducatif It’s Tough to Be a Bird, diffusé en… 1969.
Réalisé par John Kahrs, qui a travaillé sur une demi-douzaine de productions Pixar, ce court muet en noir et blanc raconte une classique histoire d’amour et de destin avec la délicatesse d’un avion en papier, pour reprendre un motif du récit.
Pour accomplir son look à la fois rétro et moderne, le film a été conçu à l’aide d’une nouvelle technologie développée par Disney, nommée Meander :
D’abord les personnages et les décors ont été rendus numériquement, et ensuite des dessins à la main ont été appliqués par-dessus ces formes, donnant aux figures une sorte de qualité 3D jamais vue dans l’animation traditionnelle. «Ce que l’on voit c’est une couche d’animation générée par ordinateur très stylisée, mais la sensation de l’image et très aplatie et vit entre les deux», a dit Kahrs.
Le «crowdfunding» semble être la nouvelle tendance du cinéma indépendant. Après Paul Schrader et son drame d’ados lascifs The Canyons, ou Charlie Kaufman et son film d’animation Anomalsia (voir plus bas), c’est au tour de David Fincher de faire appel au public pour financer un de ses projets, l’adaptation de la bande-dessinée d’Eric Powell The Goon.
La campagne de financement a été déclenchée il y a environ deux semaines sur le site Kickstarter. L’objectif est d’amasser 400 000 $ afin de réaliser un story-board détaillé et animé dans l’espoir de convaincre des producteurs sceptiques. Dépendamment de l’argent offert, les donateurs recevront des cadeaux allant de T-Shirts, à des affiches en édition limitée jusqu’à une visite du studio et rencontre avec les cinéastes.
Un premier aperçu de The Goon, avec les voix de Paul Giamatti et de Clancy Brown (le méchant gardien de prison dans Shawshank Redemption), a été dévoilé à Comic-Con en 2010, avant que le projet ne soit mis sur la glace. Les explications via Kickstarter :
Le film n’a JAMAIS été en production. Tout le travail que vous avez vu (séquences d’animation, bandes-annonces, maquettes, etc.) a été produit indépendamment avec l’argent de l’équipe créative de David Fincher, Eric Powell, Blur Studio et Dark Horse Entertainment. On a créé une séquence «preuve de concept» afin de montrer à Hollywood le potentiel incroyable d’un film Goon. Cela a été très bien reçu MAIS parce que ce film n’est pas une suite ou rempli d’animaux dansants, nous aurons besoin de plus pour ouvrir les portes et LIBÉRER Goon et Franky à Hollywood.
The Goon, une série de BD qui date depuis 1999, raconte les aventures de deux amis aux physique et au tempérament très différents, qui combattent des zombies, des clochards cannibales, des mollusques communistes aéroportés et autres calmars géants dans un univers glauque et paranormal. Fincher, qui agit à titre de producteur, a encensé la vision de Powell :
Bien sûr, j’ai été émerveillé par les personnages et été frappé par la mise en scène, mais c’est le langage – cet incatégorisableDead End Kids rencontre Abbot and Costello Meet the Mummy – ce patois powellien invraisemblable qui m’a absolument accroché.
Le long métrage, s’il obtient le feu vert, sera réalisé par Tim Miller, concepteur de la séquence d’ouverture de The Girl with the Dragon Tattoo, et Jeff Fowler, dont le court métrage Gopher Broke a obtenu une nomination à l’Oscar en 2005 (voir le film ici). Les deux hommes ont discuté de The Goon en entrevue à io9 (la page est temporairement plantée à cause de Sandy). Un passage intéressant évoque leurs rapports avec les studios :
Une réunion typique se déroule comme suit : on entre, on leur montre le matériel. Tout le monde dit : «Oh mon dieu c’est incroyable. C’est vraiment magnifique. J’adore ce projet, c’est excellent. Quel est le classement? Quel est le budget?» [Et nous répondons]. «Eh bien c’est PG-13, et ça contient des trucs edgy». Et ensuite ils disent «Oooh, OK.» Et le budget était de 50 millions $ et maintenant c’est un peu moins. Et finalement ils disent : «D’accord, c’est parfait, laissez-nous parler à nos gens et on vous revient là-dessus». Et c’est tout. Si on est chanceux, on apprend quelques semaines plus tard qu’ils ont décidé de passer leur tour. Ce qui se passe avec ce genre de matériel délicat est que tout le monde aime ça dans la pièce. Ensuite ils parlent à leurs gens du marketing, et ces derniers font une comparaison avec d’autres films PG-13 récents, et évaluent comment ils ont performé. Et quand on fonctionne de cette façon, on obtient des trucs comme Beowulf et Final Fantasy. Alors le marketing dit «Nah, ça ne va jamais marcher».
On souhaite à l’équipe de The Goon que leur campagne Kickstarter porte fruit, tout comme l’a été celle d’Anomalsia, qui a atteint son objectif le 9 septembre dernier. Le projet, écrit par Charlie Kaufman (Being John Malkovich, Adaptation), se présente comme un moyen métrage d’animation en capture de mouvements d’une quarantaine de minutes. Le synopsis, très succinct, parle «d’un homme paralysé par la banalité de sa vie». Voici la vidéo promotionnelle du film, mise en ligne sur Kickstarter cet été :
Der Fuehrer’s Face (1942) est probablement le plus fameux des dessins animés de propagande produits par Walt Disney. Dans le court d’environ 8 minutes, Donald Duck rêve qu’il est un travailleur rudement exploité d’une usine de munitions à Nutziland, en Allemagne nazie. Un bel exemple de condamnation à travers la satire.
Le film est précédé d’une brève présentation de l’historien et critique Leonard Maltin :
Der Fuehrer’s Face a remporté l’Oscar du meilleur court-métrage d’animation en 1943. Voici d’ailleurs la liste des 45 titres qui ont été qualifiés dans cette catégorie en vue de la prochaine cérémonie.