
The Canyons serait-il un pétard mouillé? Le thriller érotique néo-noir crowdsourcé (j’en parle plus en détail ici et ici) contenait assez d’éléments pour sérieusement intriguer les amateurs de cinéma indépendant : le vétéran Paul Schrader (Mishima, Affliction) à la réalisation, le controversé romancier Bret Easton Ellis (American Psycho) au scénario, la reine des tabloïds Lindsay Lohan, et la star du X «pour elle» James Deen en vedette. Et pourtant…
Ce mois-ci, deux festivals justement reconnus pour promouvoir le cinéma en marge ont fermé la porte à The Canyons : il y a d’abord eu Sundance, et tout récemment South by Southwest (SXSW) qui, selon des sources citées par The Hollywood Reporter, ont accusé le film de souffrir de «problèmes de qualité», en plus de le décrire comme «laid et inerte». Ça fait mal, surtout étant donné le pedigree de Schrader, qui en temps normal se voit dérouler le tapis rouge lors de ce genre d’événements.
Ces refus ont été essuyés après un autre camouflet, sous la forme d’un long et fascinant reportage paru dans le New York Times Magazine, qui fait état du bordel qu’a semé Mme. Lohan sur le plateau de tournage, ainsi que des conflits créatifs entre le cinéaste, le scénariste et le producteur – ce dernier aurait même offert à Steven Soderbergh de remonter le film. (Schrader a réagi calmement à l’article sur sa page Facebook, maintenant qu’il demeure très satisfait du résultat final).
En fin de compte, tout ce bruit ne nuira peut-être pas au film, qui se bâtit déjà une réputation prématurée de nanar culte à la Showgirls. Ces bandes-annonces concept ne font rien pour nous éloigner de cette impression :
(Photo : Paul Schrader et Lindsay Lohan pendant le tournage, The New York Times)
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