Jozef Siroka

Archive de la catégorie ‘Affiche du jour’

Mardi 20 novembre 2012 | Mise en ligne à 10h30 | Commenter Commentaires (4)

L’affiche du jour

Ryan Gosling & Nicolas Winding

En voyant l’affiche de la nouvelle collaboration Ryan Gosling-Nicolas Winding Refn, je n’ai pu m’empêcher de penser à la fameuse réplique dans Raging Bull : «He ain’t pretty no more!»

Only God Forgives devrait sortir en décembre 2013. J’ai parlé de la production du film en détail en avril.

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Killing-Them-Softly-2012-Movie-Poster-600x888

«Je vis en Amérique, et en Amérique, on est laissé à soi-même» dit Brad Pitt à la fin de la bande-annonce de Killing Them Softly, qui est (finalement) apparue sur le web, mercredi soir.

Le troisième long métrage du Néo-Zélandais Andrew Dominik est à la fois un film de genre traditionnel, avec des gangsters, de la violence et beaucoup d’attitude, mais également une réflexion sur la société américaine confrontée aux déboires du capitalisme. Le film est justement campé en 2008, l’année du début de la crise économique, et ce, malgré le fait que le roman d’après lequel il est basé, Cogan’s Trade de George V. Higgins, est un récit contemporain basé dans les années 1970 (l’auteur a d’ailleurs signé The Friends of Eddie Coyle, qui est devenu un superbe polar noir et mélancolique mettant en vedette Robert Mitchum dans un des ses meilleurs rôles; analyse de Film Comment ici).

Killing Them Softly était en lice pour la Palme d’Or au dernier Festival de Cannes et, même si le film est reparti bredouille, il est largement considéré comme l’oeuvre la plus forte parmi les productions anglo-saxonnes présentées sur la Croisette cette année-là.

Personnellement, il s’agit pour moi d’un des films les plus attendus pour les mois à venir. J’ai récemment vu le second long métrage de Dominik, The Assassination of Jesse James by the Coward Robert Ford (2007), mettant également en vedette Brad Pitt, et j’ai été tout simplement époustouflé. Un western de près de trois heures, qui est passé inaperçu au moment de sa sortie; il s’agit d’une riche méditation sur la fabrication des légendes, du prix à payer pour les sauvegarder telles qu’on aimerait qu’elles perdurent, de leur incidence sur l’identité culturelle d’un peuple, et au bout du compte, une (auto) critique sur la valeur même des contes et des conteurs.

En entrevue, Dominik a usé d’une analogie musicale pour distinguer ses deux films : «Jesse James est ma chanson de Leonard Cohen, tandis que Killing Them Softly est une chanson pop».

Le synopsis :

Lorsqu’une partie de poker illégale est braquée, c’est tout le monde des bas-fonds de la pègre qui est menacé. Les caïds de la Mafia font appel à Jackie Cogan pour trouver les coupables. Mais entre des commanditaires indécis, des escrocs à la petite semaine, des assassins fatigués et ceux qui ont fomenté le coup, Cogan va avoir du mal à garder le contrôle d’une situation qui dégénère…

Killing Them Softly, qui compte une distribution virile de haut vol avec notamment James Gandolfini, Ray Liotta, Richard Jenkins, Sam Shepard et la révélation de Animal Kingdom, Ben Mendelsohn, prendra l’affiche le 19 octobre.

> À lire aussi : Le compte rendu cannois de Marc-André Lussier

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Mercredi 18 juillet 2012 | Mise en ligne à 22h15 | Commenter Commentaires (6)

Scènes hollywoodiennes revues par l’esthétique ottomane

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Un étudiant turc nommé Murat Palta a fait sensation au cours de la dernière semaine en exposant sur le web un portfolio conçu dans le cadre de sa thèse de doctorat. Ses illustrations reprennent des scènes intenses de classiques de genre (science-fiction, policier, horreur) réinventées sous forme de miniatures ottomanes, courant artistique datant du 16e siècle.

Le jeune artiste précise :

Tout a commencé il y a deux avec une expérience mélangeant les motifs traditionnels «orientaux» et le cinéma contemporain «occidental». Après une réponse positive à Ottoman Star Wars, j’ai décidé de pousser le thème plus loin, et j’ai développé plus d’affiches de films utilisant la même technique. Combinant le global avec le local, le traditionnel avec le contemporain, et ajoutant un peu d’humour en a fait une expérience amusante et enrichissante.

Les films retravaillés sont Kill Bill (image ci-dessus), Pulp Fiction, Inception, A Clockwork Orange, The Shining, Alien, Star Wars, The Godfather, Goodfellas, Scarface et Terminator 2.

Au-delà de la superbe qualité esthétique, on note que le traitement de Palta amène une certaine sérénité à des scènes sanglantes et parfois profondément troublantes (comme la naissance du xénomorphe dans Alien, ou le prologue tranchant de Goodfellas).

Ces miniatures renversent l’effet recherché par les cinéastes: le mouvement frénétique laisse place au statisme (aussi expansif soit-il). Le choc instantané devient intemporel, le sensationnel devient contemplatif, la violence devient grâce, des malfrats et monstres sont élevés au rang d’icônes religieuses…

Oui, on peut vraiment parler d’un choc des civilisations!

- Consultez le portfolio ici.

À lire aussi :

> L’art de l’affiche rétro

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