Jozef Siroka

Archive de la catégorie ‘Affiche du jour’

Mardi 6 décembre 2016 | Mise en ligne à 17h00 | Commenter Commentaires (24)

L’affiche (annotée) du jour

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De passage dans les bureaux d’Industrial Light & Magic, Gareth Edwards s’est permis d’offrir des critiques et suggestions non sollicitées aux designers de l’affiche de son nouveau film. Le cinéaste britannique a notamment demandé à ce que l’on biffe du générique le nom de John Knoll, légendaire superviseur des effets visuels chez ILM, qui est crédité d’un «story by», et qu’on agrandisse les caractères du «Directed by Gareth Edwards».

L’affiche annotée (et encadrée) a été photographiée par le journaliste Scott Chitwood; l’image est un peu plus lisible sur son compte Twitter. Ces «directives» qu’Edwards a soumises à ses collègues peuvent être interprétées comme une revanche espiègle de la part d’un réalisateur à qui on a partiellement retiré le contrôle de son film. En effet, on apprenait cet été que Disney n’était pas satisfait du ton trop sérieux de Rogue One, et que des scènes ont dû être tournées à nouveau.

Le Hollywood Reporter a clarifié la situation la semaine dernière, en rapportant que Tony Gilroy, scénariste de plusieurs Bourne, a été payé 5 millions $ pour assurer la révision du tournage et du scénario. Il a également dirigé la post-production du film. Étrangement, Edwards n’a pas cru bon de badiner avec le nom de Gilroy, qui est directement à la gauche du sien sur l’affiche…

Par ailleurs, la présidente de Lucasfilm, Kathleen Kennedy, a confirmé en entrevue à Empire qu’il n’y aura pas de suite à Rogue One. Elle explique que les «standalone films» (les longs métrages inspirés de l’univers Star Wars qui ne sont pas des Episodes) n’ont pas été conçus «pour nécessairement bâtir de nouvelles franchises». De toute manière, il y a déjà une suite à Rogue One, rappelle Edwards : elle s’intitule Star Wars : A New Hope (1977)…

Le père de la franchise intergalactique, George Lucas, a d’ailleurs discuté de Rogue One avec le cinéaste de 41 ans, le week-end dernier. L’esprit de ses propos a été relayé par Edwards lors d’une conférence de presse :

Je ne veux pas parler à sa place, mais honnêtement je peux mourir heureux maintenant. Il a vraiment aimé le film, ce qui compte beaucoup pour moi. Je ne veux pas blesser qui que ce soit dans cette pièce, mais c’était la critique la plus importante pour moi. Vous êtes importants aussi, mais lui c’est une sorte de dieu. J’emporterai cette conversation dans ma tombe. C’était un vrai privilège. Son avis est tout pour moi.

Le film prend l’affiche le 16 décembre. Les projections en IMAX de Rogue One seront précédées d’un prologue de 7 minutes au très attendu Dunkirk de Christopher Nolan.

Voici un assemblage de toutes les b-a et promos de Rogue One :

Pour revenir aux affiches soi-disant inadéquates (on s’entend, le look «standard industriel» de celle de Rogue One ne risque pas d’émouvoir beaucoup d’amateurs d’esthétique), je vous suggère cinq posts de Cracked : Le premier sur les brouillons d’affiches de films célèbres – dont A New Hope et sa princesse Leia «pornstar» – qui ont été rejetés. Les quatre autres (ici, ici, ici et ici) sur des affiches étrangères comiquement trompeuses (et parfois inquiétantes) de films américains.

À lire aussi :

> Rogue One : un Star Wars trop sérieux pour Disney
> Star Wars : le retour de Mr. Plinkett
> The Force Awakens : requiem pour les fins
> The Shining : une affiche conçue dans la douleur

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Mercredi 19 octobre 2016 | Mise en ligne à 15h00 | Commenter Commentaires (8)

Guardians Of The Galaxy Vol. 2, «évidemment»

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À quelques heures d’intervalle, aujourd’hui, l’internet s’est réjoui de deux promos pour l’un des films les plus attendus de… l’été prochain. C’est loin, oui, mais en même temps ces diffusions vont permettre à tout le monde de souffler un peu. Il faut comprendre que les fans de Guardians Of The Galaxy sont particulièrement exigeants, et impatients. Il y a deux mois, le réalisateur James Gunn, exténué par les demandes répétées pour une bande-annonce, les a même implorés de se calmer : «Quand je mets en ligne un hommage sur la mort de Gene Wilder, et quelqu’un commente Where the fuck is the trailer, asshole?, ce n’est pas très cool».

Plus même que la b-a – qui est en fait un teaser – c’est l’affiche qui retient l’attention. Comme le note The Playlist, ça fait du bien de voir une promotion pour un film de Marvel qui évite l’approche typique «d’un tas de têtes illustrées disposées au hasard». On nous présente plutôt ici une version «années 70 de la suite, que ce film ne sera clairement pas».

J’y vois surtout une référence à l’attitude décontractée mais menaçante de Reservoir Dogs – la chanson Hooked on a Feeling apparaît dans la bande originale du premier Tarantino, ainsi que dans le teaser de GOTG2. Et aussi un clin d’oeil aux affiches des Expendables; Sylvester Stallone sera finalement réuni à l’écran avec Kurt Russell, qui avait refusé l’invitation de Sly à joindre son équipe de gros bras vintage. Bien hâte de voir ce que Tango et Cash 2.0 nous réservent.

L’élément le plus intéressant de l’affiche (à part le bébé Groot qu’on n’aperçoit pas au premier coup d’oeil) est son accroche : Obviously. Une exclamation pour le moins ironique. Avant sa sortie, à l’été 2014, Guardians Of The Galaxy était attendu comme le premier grand flop de Marvel. La BD source était à peu près inconnue du grand public, son réalisateur venait du cinéma d’exploitation à petit budget, et on n’y retrouvait pas de véritables stars. Enfin, si – Bradley Cooper et Vin Diesel – mais Gunn a eu l’audace de les cantonner à des rôles de doublage seulement.

C’est donc à Chris Pratt, un acteur à l’époque uniquement associé à la série télévisée en manque d’audimat Parks and Recreation, qu’incombait la lourde tâche de porter sur ses épaules cette superproduction en forme de pari fou. Il a finalement remporté le jackpot, avec un week-end record au box-office, et des recettes totales de 773 millions $. Pratt a immédiatement été salué comme l’héritier de Harrison Ford, «un héros affable, anticonformiste et solitaire qui affiche aussi une sensibilité moderne à laquelle les hommes peuvent s’identifier et que les femmes trouvent séduisante, charmante et drôle», avançait un expert en marketing à l’AFP.

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Une suite à Guardians Of The Galaxy s’imposait, évidemment… même si au départ les dirigeants de studios étaient sceptiques à l’idée de sortir un film de super-héros qui n’est pas sombre et lourd. Qui aurait cru que le public avait un appétit pour des adaptations de BD colorées et comiques?!

La série Guardians Of The Galaxy n’est pas juste drôle, elle est meta-drôle. Le synopsis ne semble pas tant décrire le film que l’idée générale d’une aventure intergalactique dont les détails de l’intrigue sont le dernier de nos soucis. On ne nous invite pas au cinéma, mais à une danse.

Propulsé par le Awesome Mixtape # 2, Guardians of the Galaxy Vol. 2 poursuit les péripéties de l’équipe tandis qu’elle traverse les confins du cosmos. Les Gardiens doivent se battre pour garder leur nouvelle famille ensemble, tout en perçant les mystères de la véritable filiation de Peter Quill. D’anciens ennemis deviennent de nouveaux alliés, et les personnages préférés des fans de la BD classique viendront au secours de nos héros.

Casser le Bechdel

James Gunn est l’un des réalisateurs le plus actifs sur les réseaux sociaux. Sa page Facebook regorge d’anecdotes sur son métier, ses passions et la production de son nouveau film. Ses messages débordent d’enthousiasme. Il ne semble toujours pas croire qu’il est soudainement devenu un joueur majeur dans l’industrie, lui qui il n’y a pas si longtemps faisait du cinéma de genre avec une poignée de change.

Dans un de ses posts, il est fier d’annoncer que GOTG2 a passé haut la main le test de Bechdel, qui se résume ainsi :

Une œuvre réussit le test si les trois affirmations suivantes sont vraies :

- l’œuvre a deux femmes identifiables (elles portent un nom) ;
- elles parlent ensemble ;
- elles parlent d’autre chose que d’un personnage masculin.

Gunn a annoncé les «résultats» sur Facebook le 11 octobre, à l’occasion du International Day of the Girl. Il écrit notamment en avoir assez des histoires dans lesquelles on retrouve «un tas de personnages masculins rondement développés et un seul personnage féminin, dont la principale caractéristique est d’être “la fille”, ou l’objet dénué de personnalité des affections d’un homme. Je n’en ai pas marre parce que je suis politiquement correct, mais parce que c’est ennuyeux et que c’est de la bullshit.

«De même, je ne pense pas que de créer des personnages féminins “forts” est une solution non plus – vous la voyez tout le temps ces jours-ci : la femme guerrière parfaite, qui est une réaction aux histoires du passé, mais qui est tout aussi ennuyeuse et unidimensionnelle.

«Et je suis impatient de vous montrer Guardians of the Galaxy Vol. 2, avec Gamora, Nebula, et Mantis en action, où non seulement nous passons le test de Bechdel, mais nous l’écrasons avec un dix-huit roues. Et où leurs histoires et celles des hommes ne s’effectuent pas au détriment des uns et des autres, mais sont entrelacées de manière à renforcer et à optimiser l’ensemble».

Parce qu’on est en 2016. Ou plutôt en 2017, plus précisément le 5 mai.

- Pour en savoir plus sur Gunn et le nouveau Guardians, consultez son FAQ bien touffu qu’il a mis en ligne le mois dernier.

À lire aussi :

> Alors Marvel, à quand Squirrel Girl?
> Black Panther : trop tôt pour Ryan Coogler?
> Redéfinir le «personnage féminin fort»

- Mon compte Twitter

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Lundi 21 mars 2016 | Mise en ligne à 16h00 | Commenter Un commentaire

L’art de l’affiche… animée et insolente

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Le mois dernier, je demandais si l’art de l’affiche était vraiment perdu. La réponse tourne autour de généralisations typiques : le corporatisme a tué la créativité, le numérique est l’ennemi de l’authentique, c’était mieux avant, etc. Soit, mais cette nostalgie, cette lamentation, peuvent être contrées en se réappropriant le passé avec un regard définitivement contemporain.

C’est essentiellement la démarche qu’emploie Jaja Poupou, un duo d’artistes parisiens qui ont littéralement donné vie à des centaines d’affiches de films via leur série vidéo Poster Fever. L’esthétique rappelle peut-être les collages surréalistes de Monthy Python, mais l’impact global de leur création est tout à fait singulier. Le spectateur est enivré par des chorégraphies débordantes d’imagination, qui sont tour à tour provocantes, burlesques, lascives, sarcastiques, tendres et lyriques.

En 2013, Les Inrocks décrivaient avec affection Jaja Poupou comme «la série la plus bizarre du web», indiquant avec justesse que «c’est le genre de fleuve sur lequel il faut se laisser porter sans réfléchir, par l’urgence et la beauté du geste».

J’ai eu l’occasion il y a quelques semaines de m’entretenir par courriel avec le collectif, qui m’a choyé avec des réponses fort généreuses et remplies d’humour. Les quatre chapitres de Poster Fever sont intégrés tout au long de la discussion.

***

Qu’est-ce que Jaja Poupou? Expliquez-moi la dynamique de votre collaboration.

Jaja Poupou est un duo composé de Guillaume Gaudart et de Barney Cohen OU, et c’est là que le sujet devient sensible: de Barney Cohen et de Guillaume Gaudart. C’est selon les goûts, et comme les goûts sont variés, nous sommes assez flexibles sur cette question car nous tenons à ne vexer vraiment personne car après longue hésitation: nous sommes pour la paix.

Ce duo fait des vidéos, des films ainsi que des spectacles. Alors Jaja Poupou devient une sorte de collectif aidé par des acteurs, techniciens, graphistes, musiciens qui font ainsi partie du gang, qu’on peu aussi nommer «La famille».

Dans la jolie vie, Guillaume Gaudart est monteur et animateur. Barney Cohen est acteur et auteur. Et c’est tout deux qu’ils co-réalisent chaque épisode de Jaja Poupou.

Guillaume Gaudart, un jour dira : «Nous nous sommes rencontrés sur les bancs d’une école de cinéma parisienne et c’est le soir venu, à la nuit douce et tombée, qu’on a commencé à faire des films en appliquant l’inverse de ce qu’on avait appris à l’école. Nous avons donc procédé à la : destruction du matériel, sabotage de storyboard, remise en question publique de l’hégémonie de scénario, ne pas respecter l’ingénieur son, respecter la maquilleuse, l’aimer, se marier avec elle, se faire quitter par elle, devenir dépressifs à cause d’elle, faire un grand film sur l’amour des maquilleuses qui s’appelle «Les oiseaux ne tombent jamais.»

Le processus de création au sein de l’entreprise Jaja Poupou est toujours sinueux puis complexe. Barney vient avec une idée, la jette. Soit Guillaume la prend, soit Guillaume la rejette. Et c’est de fil en aiguille que cette idée grossit, devient une boule et que cette boule devient quelque chose de concret. En général une vidéo.

Guillaume Gaudart, un jour dira : «Notre relation est très basée sur la surprise. Surprendre mon collègue, le laisser me surprendre pour main dans la main tenter de surprendre le public de manière délicieuse. La surprise est quelque chose de vif, plein de vie, très farceur et c’est vraiment quelque chose qu’on essaye de cultiver sans que cela devienne un systématisme.»

En tout cas, nous tenons vraiment à ce que Jaja Poupou soit quelque chose de festif et d’assez joyeux dans la tête des gens. Nous faisons les choses très sérieusement et nous nous appliquons ensuite à ce que cela ne se voit pas. En opposition à un monde très sérieux, violent et austère, les vertus de la malice nous fascinent.

D’où vient l’idée de base : de votre amour particulier pour les affiches? Pour les films cultes? Pour un travail d’animation déjanté en général?

L’idée à la base de Poster Fever est venue autant de l’idée de faire un hommage au cinéma que de faire un projet très adapté au média web : c’est-à-dire quelque chose de très pop, jouant avec quelque chose de collectif appartenant à tout le monde. Nous avons emprunté à Warhol sa Marilyn. Il ne pouvait pas nous en vouloir, il était déjà mort. Et l’avons transformée en affiches de films.

Il y a dans ce projet un côté similaire à la fabrication du hip-hop : prendre quelque chose, le déconstruire, trouver sa substance et déformer le tout en rendant la chose originelle quand même reconnaissable. C’est aussi une réflexion sur la notion d’emprunt en art. Quelle est la limite entre le vol et une idée? Tout est-il un remix? La création pure existe elle? Picasso disait : «Les bons artistes copient. Les grands artistes volent.»

C’est cette lame de fond réflexive avec laquelle nous avons tenu à jouer comme des enfants. Nous sommes fascinés par une citation de Woody Guthrie : «Les mots sont la chose importante. Ne vous préoccupez pas de la mélodie. Prenez une mélodie: chantez fort quand ils chantent bas, chanter rapidement quand ils chantent lentement, et vous avez une nouvelle chanson».

À ce travail de sampling visuel s’ajoute donc la genèse de ce long projet : notre amour inconditionnel du cinéma et ses sublimes cartes de visites que sont les affiches : créatures bouleversantes qui possèdent leur propre histoire et qui sont maintenant négligées par des distributeurs et producteurs prenant peu de risques et préférant faire une affiche très informative plutôt que réellement au service de la beauté du film. Nous sommes émus, fascinés et excités par la prolongation des œuvres d’art, première marche pour rentrer dans leurs panthéons que sont : les pochettes de vinyles, les couvertures de livres, les affiches de films… C’est quelque chose de primordial. Et le cinéma a un patrimoine immense, sauvage et infiniment curieux en terme d’affiches.

Ce projet est pour nous une lettre d’amour à cet art qui nous a fait. Un modeste et passionné renvoi de balle. Nous nous sommes donc transformés en des Frankenstein. Quelle ne fut pas notre émotion d’hurler quand nous les avons vues bouger «It’s Alive!!!»?

Ce qui nous a également intéressé, sur ce travail d’animation en particulier, c’était l’écriture. Il fallait vraiment qu’elle soit très rigoureuse, efficace et que les gags ainsi que les dialogues soient immédiats, que les situations soient instantanément compréhensibles. Et, de plus, dans une langue qui n’est pas notre langue maternelle : l’anglais. C’était donc un vrai travail, constamment remis sur la table : tester sur un public, identifier ce qu’on comprend, ce qu’on ne comprend pas, réécrire, re-tester, réécrire, re-tester, réécrire, re-tester… Ainsi de suite. L’écriture ne s’est donc pas faite en amont mais pendant. C’était une flèche constamment retaillée pour lui permettre d’atteindre sa cible.

Question technique : quel(s) logiciel(s) avez vous employé? Combien de temps pour produire chacune des capsules? Est-ce qu’un acteur a été employé pour la voix off?

Les logiciels utilisés sont After Effects, Photoshop et Final Cut. Un pour détourer et reconstituer les affiches. Un pour animer. Un pour le montage. Il a fallu un an en tout au projet pour être fait. Il y a eu 520 affiches sélectionnées, 300 animés, 225 dans le projet final. C’était un court métrage de 12 minutes par la suite divisé en quatre pour qu’il devienne des épisodes. Nous gagnions ainsi en rythme et efficacité.

Pour les voix: des chanteurs anglais ont travaillé avec nous. Il s’agit de Nat Jenkins qui a un groupe : Nat Jenkins and the Heartcaves. Mais également le chanteur et musicien Fred Stitz. Olivia Ballard et Lisa Fiorin ont fait les voix féminines.

La vulgarité et la sexualité sans complexes sont des motifs récurrents dans les vidéos: est-ce par pure provocation? Êtes-vous simplement des pervers assumés?

Nous sommes des gentlemen délicats qui ne désirent que rendre hommage aux plaisirs de la vie : c’est pour cela que notre démarche est désinhibée, ivre de la beauté et des laideurs de l’existence mais ivre aussi des coroles festives que nous procure le bonheur quand il est entre nos mains. Ce sont certaines facettes de ce monde qui sont vulgaires, perverses, qui tentent de dénuer la poésie de son sens, de faire croire qu’il n’y a qu’une réalité et qu’on ferait bien d’y vivre. Et nous n’acceptons pas cela.

Quelles sont les réactions du public qui vous ont le plus marquées ou intriguées? Et quelles réactions souhaitiez-vous provoquer?

Les réactions du public ont été très positives et chaleureuses. Nous avons été touchés de voir l’universalité et la force du cinéma. Nous nous sommes rendus compte qu’il était un art qui fédérait le monde entier. Nous avons eu des retours des États-Unis, du Japon, d’Espagne, de Russie, de Chine, d’Australie, de Bali… Cela nous a fortement émus de voir que quelque chose fait dans un bureau parisien peut voyager et être apprécié par des gens du monde entier. Merci Internet! Le cinéma nous fascine donc encore plus car nous nous sommes aperçus que cet art a bâti un patrimoine qui appartient à tout le monde.

Cet art fait rêver, déchaîne les passions et c’est sublime.

Nous faisons des films et des spectacles pour faire rire les gens mais aussi pour faire pleurer, réfléchir, voyage, danser… Nous ne faisons pas du divertissement pour faire oublier leur tracas aux gens. Nous faisons du divertissement et nous nous divertissons pour trouver la force de vivre plus intensément, pour nous rouler dans l’herbe, aimer avec plus de passion, se battre avec plus d’effort, pleurer avec plus de peine, manger avec plus d’appétit, ressortir plus fort, tout simplement. Nous sommes juste passionnés. Et si avec nos modestes films et spectacles le public peut ressentir de la chaleur humaine ainsi que de l’amour, alors nous repartirons heureux.

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