Jozef Siroka

Archive de la catégorie ‘Affiche du jour’

Lundi 21 mars 2016 | Mise en ligne à 16h00 | Commenter Un commentaire

L’art de l’affiche… animée et insolente

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Le mois dernier, je demandais si l’art de l’affiche était vraiment perdu. La réponse tourne autour de généralisations typiques : le corporatisme a tué la créativité, le numérique est l’ennemi de l’authentique, c’était mieux avant, etc. Soit, mais cette nostalgie, cette lamentation, peuvent être contrées en se réappropriant le passé avec un regard définitivement contemporain.

C’est essentiellement la démarche qu’emploie Jaja Poupou, un duo d’artistes parisiens qui ont littéralement donné vie à des centaines d’affiches de films via leur série vidéo Poster Fever. L’esthétique rappelle peut-être les collages surréalistes de Monthy Python, mais l’impact global de leur création est tout à fait singulier. Le spectateur est enivré par des chorégraphies débordantes d’imagination, qui sont tour à tour provocantes, burlesques, lascives, sarcastiques, tendres et lyriques.

En 2013, Les Inrocks décrivaient avec affection Jaja Poupou comme «la série la plus bizarre du web», indiquant avec justesse que «c’est le genre de fleuve sur lequel il faut se laisser porter sans réfléchir, par l’urgence et la beauté du geste».

J’ai eu l’occasion il y a quelques semaines de m’entretenir par courriel avec le collectif, qui m’a choyé avec des réponses fort généreuses et remplies d’humour. Les quatre chapitres de Poster Fever sont intégrés tout au long de la discussion.

***

Qu’est-ce que Jaja Poupou? Expliquez-moi la dynamique de votre collaboration.

Jaja Poupou est un duo composé de Guillaume Gaudart et de Barney Cohen OU, et c’est là que le sujet devient sensible: de Barney Cohen et de Guillaume Gaudart. C’est selon les goûts, et comme les goûts sont variés, nous sommes assez flexibles sur cette question car nous tenons à ne vexer vraiment personne car après longue hésitation: nous sommes pour la paix.

Ce duo fait des vidéos, des films ainsi que des spectacles. Alors Jaja Poupou devient une sorte de collectif aidé par des acteurs, techniciens, graphistes, musiciens qui font ainsi partie du gang, qu’on peu aussi nommer «La famille».

Dans la jolie vie, Guillaume Gaudart est monteur et animateur. Barney Cohen est acteur et auteur. Et c’est tout deux qu’ils co-réalisent chaque épisode de Jaja Poupou.

Guillaume Gaudart, un jour dira : «Nous nous sommes rencontrés sur les bancs d’une école de cinéma parisienne et c’est le soir venu, à la nuit douce et tombée, qu’on a commencé à faire des films en appliquant l’inverse de ce qu’on avait appris à l’école. Nous avons donc procédé à la : destruction du matériel, sabotage de storyboard, remise en question publique de l’hégémonie de scénario, ne pas respecter l’ingénieur son, respecter la maquilleuse, l’aimer, se marier avec elle, se faire quitter par elle, devenir dépressifs à cause d’elle, faire un grand film sur l’amour des maquilleuses qui s’appelle «Les oiseaux ne tombent jamais.»

Le processus de création au sein de l’entreprise Jaja Poupou est toujours sinueux puis complexe. Barney vient avec une idée, la jette. Soit Guillaume la prend, soit Guillaume la rejette. Et c’est de fil en aiguille que cette idée grossit, devient une boule et que cette boule devient quelque chose de concret. En général une vidéo.

Guillaume Gaudart, un jour dira : «Notre relation est très basée sur la surprise. Surprendre mon collègue, le laisser me surprendre pour main dans la main tenter de surprendre le public de manière délicieuse. La surprise est quelque chose de vif, plein de vie, très farceur et c’est vraiment quelque chose qu’on essaye de cultiver sans que cela devienne un systématisme.»

En tout cas, nous tenons vraiment à ce que Jaja Poupou soit quelque chose de festif et d’assez joyeux dans la tête des gens. Nous faisons les choses très sérieusement et nous nous appliquons ensuite à ce que cela ne se voit pas. En opposition à un monde très sérieux, violent et austère, les vertus de la malice nous fascinent.

D’où vient l’idée de base : de votre amour particulier pour les affiches? Pour les films cultes? Pour un travail d’animation déjanté en général?

L’idée à la base de Poster Fever est venue autant de l’idée de faire un hommage au cinéma que de faire un projet très adapté au média web : c’est-à-dire quelque chose de très pop, jouant avec quelque chose de collectif appartenant à tout le monde. Nous avons emprunté à Warhol sa Marilyn. Il ne pouvait pas nous en vouloir, il était déjà mort. Et l’avons transformée en affiches de films.

Il y a dans ce projet un côté similaire à la fabrication du hip-hop : prendre quelque chose, le déconstruire, trouver sa substance et déformer le tout en rendant la chose originelle quand même reconnaissable. C’est aussi une réflexion sur la notion d’emprunt en art. Quelle est la limite entre le vol et une idée? Tout est-il un remix? La création pure existe elle? Picasso disait : «Les bons artistes copient. Les grands artistes volent.»

C’est cette lame de fond réflexive avec laquelle nous avons tenu à jouer comme des enfants. Nous sommes fascinés par une citation de Woody Guthrie : «Les mots sont la chose importante. Ne vous préoccupez pas de la mélodie. Prenez une mélodie: chantez fort quand ils chantent bas, chanter rapidement quand ils chantent lentement, et vous avez une nouvelle chanson».

À ce travail de sampling visuel s’ajoute donc la genèse de ce long projet : notre amour inconditionnel du cinéma et ses sublimes cartes de visites que sont les affiches : créatures bouleversantes qui possèdent leur propre histoire et qui sont maintenant négligées par des distributeurs et producteurs prenant peu de risques et préférant faire une affiche très informative plutôt que réellement au service de la beauté du film. Nous sommes émus, fascinés et excités par la prolongation des œuvres d’art, première marche pour rentrer dans leurs panthéons que sont : les pochettes de vinyles, les couvertures de livres, les affiches de films… C’est quelque chose de primordial. Et le cinéma a un patrimoine immense, sauvage et infiniment curieux en terme d’affiches.

Ce projet est pour nous une lettre d’amour à cet art qui nous a fait. Un modeste et passionné renvoi de balle. Nous nous sommes donc transformés en des Frankenstein. Quelle ne fut pas notre émotion d’hurler quand nous les avons vues bouger «It’s Alive!!!»?

Ce qui nous a également intéressé, sur ce travail d’animation en particulier, c’était l’écriture. Il fallait vraiment qu’elle soit très rigoureuse, efficace et que les gags ainsi que les dialogues soient immédiats, que les situations soient instantanément compréhensibles. Et, de plus, dans une langue qui n’est pas notre langue maternelle : l’anglais. C’était donc un vrai travail, constamment remis sur la table : tester sur un public, identifier ce qu’on comprend, ce qu’on ne comprend pas, réécrire, re-tester, réécrire, re-tester, réécrire, re-tester… Ainsi de suite. L’écriture ne s’est donc pas faite en amont mais pendant. C’était une flèche constamment retaillée pour lui permettre d’atteindre sa cible.

Question technique : quel(s) logiciel(s) avez vous employé? Combien de temps pour produire chacune des capsules? Est-ce qu’un acteur a été employé pour la voix off?

Les logiciels utilisés sont After Effects, Photoshop et Final Cut. Un pour détourer et reconstituer les affiches. Un pour animer. Un pour le montage. Il a fallu un an en tout au projet pour être fait. Il y a eu 520 affiches sélectionnées, 300 animés, 225 dans le projet final. C’était un court métrage de 12 minutes par la suite divisé en quatre pour qu’il devienne des épisodes. Nous gagnions ainsi en rythme et efficacité.

Pour les voix: des chanteurs anglais ont travaillé avec nous. Il s’agit de Nat Jenkins qui a un groupe : Nat Jenkins and the Heartcaves. Mais également le chanteur et musicien Fred Stitz. Olivia Ballard et Lisa Fiorin ont fait les voix féminines.

La vulgarité et la sexualité sans complexes sont des motifs récurrents dans les vidéos: est-ce par pure provocation? Êtes-vous simplement des pervers assumés?

Nous sommes des gentlemen délicats qui ne désirent que rendre hommage aux plaisirs de la vie : c’est pour cela que notre démarche est désinhibée, ivre de la beauté et des laideurs de l’existence mais ivre aussi des coroles festives que nous procure le bonheur quand il est entre nos mains. Ce sont certaines facettes de ce monde qui sont vulgaires, perverses, qui tentent de dénuer la poésie de son sens, de faire croire qu’il n’y a qu’une réalité et qu’on ferait bien d’y vivre. Et nous n’acceptons pas cela.

Quelles sont les réactions du public qui vous ont le plus marquées ou intriguées? Et quelles réactions souhaitiez-vous provoquer?

Les réactions du public ont été très positives et chaleureuses. Nous avons été touchés de voir l’universalité et la force du cinéma. Nous nous sommes rendus compte qu’il était un art qui fédérait le monde entier. Nous avons eu des retours des États-Unis, du Japon, d’Espagne, de Russie, de Chine, d’Australie, de Bali… Cela nous a fortement émus de voir que quelque chose fait dans un bureau parisien peut voyager et être apprécié par des gens du monde entier. Merci Internet! Le cinéma nous fascine donc encore plus car nous nous sommes aperçus que cet art a bâti un patrimoine qui appartient à tout le monde.

Cet art fait rêver, déchaîne les passions et c’est sublime.

Nous faisons des films et des spectacles pour faire rire les gens mais aussi pour faire pleurer, réfléchir, voyage, danser… Nous ne faisons pas du divertissement pour faire oublier leur tracas aux gens. Nous faisons du divertissement et nous nous divertissons pour trouver la force de vivre plus intensément, pour nous rouler dans l’herbe, aimer avec plus de passion, se battre avec plus d’effort, pleurer avec plus de peine, manger avec plus d’appétit, ressortir plus fort, tout simplement. Nous sommes juste passionnés. Et si avec nos modestes films et spectacles le public peut ressentir de la chaleur humaine ainsi que de l’amour, alors nous repartirons heureux.

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Mercredi 3 février 2016 | Mise en ligne à 14h15 | Commenter Commentaires (5)

L’art de l’affiche est-il vraiment perdu?

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On les voit mais on ne les regarde plus comme dans le bon vieux temps, semblerait-il. En fait, on est davantage habitué à les lire qu’à les admirer. L’affiche de film contemporaine remplit généralement des fonctions utilitaires, reflétant l’esprit corporatiste dans lequel baigne l’industrie du cinéma. Elle sert essentiellement à vendre le film. Le concept est très simple et varie rarement : les acteurs occupent la majorité de l’espace, l’échelle des plans de leur visage correspondant à leur degré de célébrité. Le tout est accompagné d’une accroche convenue et, parfois, d’un bref extrait critique élogieux (provenant de médias plus ou moins fiables, dépendamment de la qualité du film).

The Guardian s’est penché sur le phénomène de l’enlaidissement des affiches dans un papier publié la semaine dernière; l’amorce indique que les appartements d’étudiants sont tapissés d’affiches de films qui sont pour la plupart sortis avant même leurs naissances (Pulp Fiction, Scarface, A Clockwork Orange, etc.). Qui voudrait avoir celles de The Danish Girl ou The Dressmaker accrochée sur son mur? Pour étayer sa thèse, le quotidien a fait appel à quelques spécialistes du domaine.

Michael Barnett, éditeur chez Marketing Week : «Évidemment, l’objectif principal d’une affiche de film n’est pas d’être de l’art mais de maximiser les recettes au box-office. On pourrait penser que le moyen le plus efficace de le faire est de créer quelque chose de mémorable et de frappant, mais la plupart du temps, les publicitaires vont choisir l’option à faible risque, celle que la recherche marketing dit qu’elle va interpeller le plus de gens susceptibles de voir votre film. C’est pour cela que les personnages sur des affiches de Disney ont toujours un petit sourire narquois et un sourcil levé. Cela transmet une attitude de confiance excentrique, à laquelle les enfants réagissent positivement selon les études de marché».

Alex Griendling, designer d’affiches (Angels & Demons, Watchmen) : «La tâche de résumer un film en entier avec une seule image est difficile en soi, d’autant plus qu’il faut desservir les intérêts de toutes les personnes impliquées. Les réalisateurs veulent quelque chose qui représente leur travail comme ils le voient, les équipes marketing veulent quelque chose qui va attirer le public, le producteur est souvent coincé entre les deux, et le concepteur tente de concilier ces opinions à travers sa propre voix. Comme toute chose conçue par un comité, ces points de vue divergents orientent souvent le produit final vers une solution prudente».

Mais tout n’est pas perdu. Une boîte comme P+A est capable de faire des affiches corporatistes tout comme elle est capable d’accoucher de véritables oeuvres d’art, comme cette affiche à saveur ésotérique pour le nouveau Terrence Malick, Knight of Cups (en salle le 4 mars). Si on regarde dans les marges, il y a la compagnie Mondo qui n’a de cesse de nous épater avec ses hommages de type gonzo aux classiques du cinéma plus ou moins contemporain (voir plus bas).

Comme c’est souvent le cas, les passé est en train de venir au secours du présent. L’intérêt pour l’art du design pré-numérique est de plus en plus manifeste. L’été dernier, Martin Scorsese a exposé 34 des ses affiches les plus prestigieuses au MoMA à New York. Plusieurs livres sur les affiches vintage ont par ailleurs été récemment publiées, comme le résume dans cet article le critique du Los Angeles Times Kenneth Turan, un passionné des affiches de l’Âge d’Or.

Cet automne, le cinéaste danois Nicolas Winding Refn a publié son propre livre sur le sujet, The Act of Seeing, qui met de l’avant 300 affiches illustrant des films d’exploitation moins connus du grand public (il en commente cinq ici). Le réalisateur de Drive a discuté de son projet en entrevue avec InidieWire. Voici quelques extraits :

Le cinéma est un moyen pour beaucoup de jeunes de trouver une identité, comme toute forme d’art. Une affiche du film – comme une bande originale – est une extension de cette expression. Les affiches ont été ennuyeuses pendant une longue période, mais je pense que beaucoup de choses se produisent maintenant qui sont très, très intéressantes. C’est un bon moment pour les affiches de cinéma, je pense.

La plupart des affiches pour les plus grands films visent à vendre un produit, comme si c’était un rasoir Gillette. Elles sont très plates, il n’y a pas de mystère. Tout le monde est si photoshopé qu’ils ont tous un air inhumain. Tout est si clairement énoncé, ou tout simplement axé sur des acteurs que vous serez en mesure de reconnaître à partir d’un autre film que vous auriez aimé.

Ce qui est intéressant au sujet de beaucoup de ces affiches dans mon livre est qu’elles font preuve d’imagination. Ces distributeurs qui faisaient ces affiches ne disposaient de rien d’autre que de ces affiches pour promouvoir leurs films, de sorte que ça devait très bien marcher. Aujourd’hui, il y a tellement d’autres plateformes pour vendre un film, et il ya tellement de façons de promouvoir du contenu, qu’on peut davantage étendre nos ressources.

Il y a aussi tellement d’argent dépensé pour ces films que vous ne pouvez plus être offensants. À l’époque, c’était du genre, «Hé, mec, j’ai 2 $, fais l’affiche la plus extrême possible». Et c’est ce qu’ils faisaient – ils ont fait des affiches de style : Embrasse-moi, tue moi, baise moi – tout en grosses lettres.

Mais est-ce à dire que c’était nécessairement mieux dans le temps? À l’époque où les affiches «étaient uniques, distinctives et si follement originales», pour reprendre la formulation ironique de Christophe Courtois? Selon cet analyste des tendances graphiques, «la communication cinématographique a toujours été standardisée. Au fil des décennies, ces codes graphiques évoluent, l’affiche de films étant par nature le reflet de tendances et de modes inscrites dans une époque. À chaque décennie ses codes. À chaque période ses grandes tendances». Plus ça change… Pour s’en convaincre, consultez cette démonstration assemblée sur le site de M. Courtois.

- Les 50 plus belles affiches Mondo

- Les plus belles affiches de : 2012 ; 2013 ; 2014 ; 2015.

- Les plus belles affiches annuelles des cents dernières années (jusqu’à 2012)

À lire aussi :

> Waldemar Swierzy : retour sur un affichiste unique
> The Shining : une affiche conçue dans la douleur

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Lundi 8 juin 2015 | Mise en ligne à 18h15 | Commenter Commentaires (9)

The Shining : une affiche conçue dans la douleur

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«Le labyrinthe est trop abstrait. Trop d’importance accordée au labyrinthe». Il s’agit là de l’une des nombreuses remarques que Stanley Kubrick a adressées à l’endroit du légendaire graphiste Saul Bass durant la post-production de The Shining (1980).

Les deux hommes avaient collaboré ensemble vingt ans auparavant, sur Spartacus, péplum pour lequel Bass avait conçu les storyboards. Cette fois-ci, il avait comme mandat de dessiner une affiche pour ce qui allait devenir le classique d’horreur que l’on connaît; un effort colossal, qui lui a demandé pas moins de 300 tentatives, avant que le cinéaste perfectionniste n’accorde son feu vert à la désormais fameuse affiche jaune.

Dans une exposition consacrée à l’oeuvre de Kubrick, en 2012-2013, on pouvait voir plusieurs des propositions de Bass, accompagnées de commentaires très directs de la part de son «patron». Précisons que le réalisateur, aussi vénéré fusse-t-il à l’époque, s’adressait à un artiste tout aussi considérable dans son propre domaine, qui avait notamment révolutionné l’art du générique. Le franc-parler décomplexé de Kubrick nous donne ainsi une indication concrète de l’inébranlable confiance qu’il avait en ses moyens, et du contrôle absolu qu’il détenait envers toutes les phases de la production.

Cinq croquis de Bass ont été mis en ligne en décembre 2012 par le blogue spécialisé en design graphique The Fox is Black, et ont été récemment relayés par A.V. Club. Les voici, ainsi que les traductions des notes manuscrites de Kubrick :

> «La main et le vélo sont hors sujet. Le titre paraît mal aussi petit. On dirait que l’encre ne s’est pas accrochée à la partie qui s’éclaircit».

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> «Ressemble à un film de science-fiction». – «Difficile à lire même avec cette taille».

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> «Je n’aime pas l’esthétisme. L’hôtel a l’air étrange. Aussi, le dessin est trop dispersé, trop étendu, pas assez compact». – «Je n’aime pas le pointillé pour le logo. Ça paraîtra mal à plus petite échelle. Même la taille ci-dessus est difficile à lire».

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> «Le labyrinthe est trop abstrait. Trop d’importance accordée au labyrinthe». – «Pour le titre, voir commentaire no. 3».

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> «Le labyrinthe et les figures mettent trop l’accent sur le labyrinthe. Je ne crois pas qu’on devrait utiliser le labyrinthe dans les publicités».

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La lettre accolée à ce croquis est une réponse un peu plus diplomatique de Kubrick à Bass, dans laquelle il affirme que «les pubs que vous avez envoyées sont toutes magnifiquement faites, mais je ne pense pas qu’aucune d’entre elles soient adéquates». Cette lettre, ainsi que celle de Bass, peuvent être consultées en meilleure résolution à la fin de ce billet (à noter la signature colorée du designer).

Pour revenir à la contribution de Saul Bass au 7e art, je vous recommande cette galerie montée par Film.com, qui a rassemblé toutes les affiches qu’il a faites pour le cinéma. Et ci-dessous, un montage de plus d’une heure présentant toutes les séquences de générique qu’il a réalisées sur une période de 40 ans :

À lire aussi :

> Saul Bass, monsieur générique
> Tout Kubrick en trois heures
> Room 237 : le miroir déformant de la critique
> The Shining : la fin originale dévoilée
> De: Stanley Kubrick – À: Ingmar Bergman

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