Jozef Siroka

Archive de la catégorie ‘Affiche du jour’

Mercredi 12 mars 2014 | Mise en ligne à 12h15 | Commenter Un commentaire

L’affiche du jour

1909143-274818249347873-1022505106-o

La nouvelle affiche d’Under The Skin rappelle curieusement l’imagerie d’un autre film mettant en vedette Scarlett Johansson, sorti il y a onze ans…

1_Sofia_Coppola_John_Kacere_Lost_In_Translation_Scarlett_Johansson_Underpants_t500x266

…générique qui se voulait évidemment un clin d’oeil moderne à celui de Lolita (1962) de Stanley Kubrick :

lolita_t

On dirait que l’affiche du dessus (le reste de la série à consulter ici) se veut un composé, toutes proportions gardées, de ces deux plans emblématiques, mais on jase là…

> J’ai récemment parlé en détail du nouveau film de Jonathan Glazer (avec b-a à la fin) : Scarlett Johansson, séductrice d’un autre monde

> Le cinéaste britannique a d’ailleurs discuté la semaine dernière avec le Guardian du long processus pour concevoir et finaliser son troisième long métrage, après près d’une décennie d’absence.

Un commentaire  |  Commenter cet article






Lundi 16 décembre 2013 | Mise en ligne à 16h00 | Commenter Commentaires (6)

Les critiques, ces êtres de chair et de sang…

nymphomaniac-danish-critics-poster

Initiative absolument délicieuse de la part de l’association nationale des critiques danois, qui se sont récemment amusés à parodier les affiches «orgasmiques» de Nymphomaniac, film-évènement de leur compatriote Lars Von Trier qui aura sa première mondiale au Danemark le jour de Noël.

Un concept ingénieux et gentiment provoquant pour faire la promo des Bodil, récompenses de cinéma décernées annuellement par un jury composé de journalistes de Copenhague, dont le prochain gala aura lieu le 1er février. Il y est aussi question de montrer le côté humain d’une profession de plus en plus méprisée par le public.

Voici la déclaration de l’association :

Certains peuvent penser que nous nous asseyons dans nos tours d’ivoire, regardant de haut le paysage cinématographique avec des yeux critiques, en n’ayant aucun plaisir. Mais comme tout le monde, nous pouvons aussi être excités par de grandes expériences de cinéma – et nous n’avons pas peur de partager cet enthousiasme avec vous!

L’affiche en meilleure résolution à voir ici.

À lire aussi :

> Nymphomaniac : en terrain inconnu…

20131119164645-SRCHM005_RE_CannesPressPass_1980

Parlant des critiques ayant un côté humain, difficile de trouver un meilleur exemple que Roger Ebert, qui a malheureusement perdu sa bataille contre le cancer en avril dernier à l’âge de 70 ans. Un documentaire basé sur ses mémoires, Life Itself, entamé 4 mois avant sa mort, est pratiquement terminé. Il manque cependant 150 000$ afin de combler certains frais de post-production, montant qui est recueilli à l’instant même via le site de financement collectif Indigogo. Pour une contribution de 25$ et plus, vous pourrez voir le film sur votre ordinateur simultanément à sa projection au Festival de Sundance, le 19 janvier.

Le documentaire a été réalisé par Steve James, auteur de Hoop Dreams (1994), que Ebert a couronné comme le meilleur film des années 1990 lors d’une émission spéciale co-animée par Martin Scorsese, qui est incidemment co-producteur de Life Itself.

Jeudi dernier, Steve James a profité d’une tribune sur The Daily Beast afin de présenter son projet, qui sera une biographie exhaustive du légendaire critique, cet homme «de chair et de sang, dont la vie était pleine d’humour, d’orgueil, et aussi de chagrin».

De ses jours à l’Université de l’Illinois ; à Chicago, où il a été le premier critique de cinéma à gagner un prix Pulitzer ; à la télévision, où il est devenu une star emblématique avec Gene Siskel ; et enfin à ce que Roger nous a dit qui était “son troisième acte” : comment il a surmonté un handicap provoqué par le cancer pour devenir une voix importante sur Internet et dans les médias sociaux.

Deux douzaines de personnes ont été interviewées pour le film, incluant ses amis, ses collègues, la femme de Siskel – qui brise le silence devant la caméra – et de nombreux cinéastes qu’Ebert a marqués, dont Errol Morris, Ramin Bahrani, Ava duVernay, Werner Herzog, Scorsese et Steven Zaillian, scénariste entre autres de Schindler’s List et de Gangs of New York, qui agit également à titre de producteur sur Life Itself.

Un mot de Steve James :

À lire aussi :

> Roger Ebert : sa dernière critique

Lire les commentaires (6)  |  Commenter cet article






Lundi 2 décembre 2013 | Mise en ligne à 16h25 | Commenter Commentaires (9)

Waldemar Swierzy : retour sur un affichiste unique

fo_swierzy_waldemar_portret_2_44135

Le monde de l’art graphique a connu une fin de semaine endeuillée. Waldemar Świerzy, un des affichistes les plus remarquables du 20e siècle, est décédé le 27 novembre à l’âge de 72 ans – nouvelle qui a été relayée à l’international quelques jours plus tard. Un résumé assez complet de sa vie et de son oeuvre sur Universalis :

Né en 1931 à Katowice, en Pologne, Waldemar Świerzy fait des études d’art graphique dans sa ville natale où se trouve la section graphique dépendant de l’université de Cracovie. Après avoir obtenu son diplôme (1952), il se rend à Varsovie, où il travaille comme professeur, décorateur de théâtre, illustrateur et affichiste (essentiellement des affiches de cirque).

Il s’y montre particulièrement habile à exprimer, à travers l’image des animaux dressés, les «couleurs» de l’affectivité. Ce thème lui permet également de créer des compositions qui sont souvent des défis aux lois de l’équilibre et de la pesanteur. Le cirque de Waldemar Swierzy restitue l’innocence grâce à une virtuosité graphique exceptionnelle mise au service de la sensibilité.

Pendant les années 1960, il s’intéresse au pop art américain, non pour l’imiter ni pour recourir à l’esthétique de la bande dessinée, mais pour utiliser de manière plus délibérée les ressources de l’imagerie populaire, de la peinture traditionnelle, de la gravure — moins d’ailleurs pour se livrer à une imitation formelle que pour utiliser le type d’expression correspondant au sujet à traiter. Autant il sait se montrer «imagier» dans les affiches de cirque, autant il se montre d’un impressionnisme, d’un tachisme subtils dans les portraits qu’il réalise […]

Peu d’artistes ont saisi avec autant d’acuité une personnalité ou un moment historique. Pourtant les œuvres de Świerzy n’ont rien de l’esquisse. Dans une interview donnée à la revue Projekt, Waldemar Świerzy déclare: «Je consacre environ trois semaines à chaque affiche. Je rejette un tas d’esquisses, et je réalise souvent cinq ou six affiches grandeur nature avant d’arriver à une forme qui parvient à me satisfaire.» […] Swierzy est l’affichiste polonais qui sait le mieux explorer un sujet pour en donner, à travers l’œuvre unique qu’il lui consacre, l’image la plus dilatée, la plus sensuelle aussi.

Un des artistes les plus prolifiques de l’École polonaise de l’affiche, Świerzy a travaillé pour plusieurs domaines, dont le théâtre, l’opéra, les spectacles musicaux, les arts visuels et, bien sûr, le cinéma. Il est surtout reconnu en Occident pour sa série Jazz Greats, qui inclut des portraits de Louis Armstrong, Ray Charles, Miles Davis ou Charlie Parker. L’oeuvre de Świerzy a été célébrée dans une douzaine d’expositions internationales, et il a obtenu des dizaines de distinctions, dont deux prix Toulouse-Lautrec (en 1959 et 1961).

Voici une sélection de ses affiches de films, que j’ai pour la plupart dénichées sur le site Mubi, qui lui a consacré deux posts bien affectueux à l’été 2012.

> Hara-kiri (1962) de Masaki Kobayashi

Harakiri_Polish_Swierzy_RR_-thumb-630xauto-43979

> The General (1926) de Buster Keaton

TheGeneral_64_Swierzy

> Sans anesthésie (1978) d’Andrzej Wajda

WithoutAnaesthesia_Swierzy_78

> The African Queen (1951) de John Huston

AfricanQueen_62_Swierzy

> Butch Cassidy and the Sundance Kid (1969) de George Roy Hill

ButchCassidy_Swierzy

> L’assassin habite au 21 (1942) de Henri-Georges Clouzot

AssassinHabiteNo21_Swierzy_58

> Sunset Blvd. (1950) de Billy Wilder

SunsetBlvd_Swierzy_57_2

> Les amants de Villa Borghese (1953) de Gianni Franciolini

VillaBorghese_Swierzy_56

> Le carrosse d’or (1952) de Jean Renoir

GoldenCoach_Swierzy_56

> Apocalypse Now (1979) de Francis Ford Coppola

Waldemar-Swierzy-posters-19

> The Missouri Breaks (1976) de Arthur Penn

Waldemar-Swierzy-posters-17

> Leningrad Cowboys Go America (1989) de Aki Kaurismäki

Waldemar-Swierzy-posters-16

> Blow Up (1966) de Michelangelo Antonioni

BlowUp_68_Swierzy

> Blow Up (1966) de Michelangelo Antonioni (réédition de 1988)

Waldemar-Swierzy-posters-20

L’esthétisme de ces affiches souvent sinistres et en partie abstraites, mais combien originales, trouve son origine dans le courant subversif de l’époque communiste. En effet, la répression qui régnait derrière le rideau de fer a insufflé par contrecoup un élan de liberté créatrice sans précédent aux artistes du bloc de l’Est désireux de s’opposer à l’ordre établi.

C’est une des thèses développées dans Freedom on the Fence, un documentaire de 40 minutes sur «l’histoire des affiches polonaises et leur importance dans la vie sociale, politique et culturelle de la Pologne. Le film examine la période entre la Seconde Guerre mondiale et la chute du communisme, et saisit le paradoxe de cette forme d’art unique qui a prospéré dans un régime communiste».

P. S.: Les 50 plus belles affiches de 2013 selon Sound on Sight

Lire les commentaires (9)  |  Commenter cet article






publicité

  • Catégories

  • Blogues sur lapresse

    publicité

  • Calendrier

    octobre 2013
    L Ma Me J V S D
    « sept   nov »
     123456
    78910111213
    14151617181920
    21222324252627
    28293031  
  • Archives

  • publicité