Jozef Siroka

Archive de la catégorie ‘Action’

Lundi 14 juillet 2014 | Mise en ligne à 16h35 | Commenter Commentaires (4)

Foot, mise en scène, et idéologie

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Pour bon nombre de cinéphiles inconditionnels du ballon rond, il survient à l’occasion le regret d’une absence de grand film portant sur le plus populaire des sports au monde (ce qui n’est pas le cas pour les amateurs de boxe, de baseball, ou même de billard et de lutte extrême!). Mais, chez les esprits les plus ouverts, il est cependant très possible de palier à ce manque en élargissant radicalement la notion de septième art.

La Coupe du monde au Brésil – ou, pour reprendre la formulation d’un récent article de Libération, «le plus puissant fournisseur en matière visuelle à l’imaginaire de l’humanité» – peux ainsi être interprétée, avec son lot de drame, de suspense, de revirements de situation, de grâce en mouvement et d’émotions au zénith, comme un cousin cinématographique athlétique qui en a long à révéler sur notre passion première.

C’est justement l’approche qu’a adoptée Corneliu Porumboiu (12h08 à l’est de Bucarest), figure-phare du nouveau cinéma roumain, dans son long métrage expérimental Match retour, qui a eu sa première à la Berlinale en février dernier. Le film consiste en la rediffusion intégrale d’un match national de 1988 opposant les clubs de la capitale Steaua et Dinamo, avec comme seule intervention artistique les commentaires en voix off du réalisateur et de son père, qui avait arbitré la rencontre.

En entrevue à Libération plus tôt ce mois-ci, Porumboiu, accompagné de l’ancien critique aux Cahiers du cinéma et aux Inrockuptibles Patrice Blouin, a mis ses lunettes de cinéaste pour discuter du Mondial-2014. J’ai retenu deux passages particulièrement intéressants.

L’évolution du filmage des matchs vous intéresse-t-elle?

C.P. : Je suis dérangé par cette nouvelle caméra survolante, à l’objectif grand-angle très déformant, qui me donne l’impression de se mêler au jeu, d’intervenir presque, et qui déforme les perspectives et les lignes. Je préfère me tenir à l’extérieur du jeu, dans sa fluidité et sa continuité. Par goût, je préfère suivre un match avec ce que l’on appelle le plan de base.

P.B. : J’ai le même problème avec cette vue de ce que l’on appelle la «spider-cam», je trouve que cela produit des plans trop conceptuels, trop analytiques et détachés. Le vrai enjeu, à mes yeux, de réalisation de cette Coupe du monde, était l’intégration du plan de vérification de franchissement de la ligne de but, via cette innovation technologique qu’on appelle la «goal-line technology». Je trouve ça assez beau. Ça aura mis du temps à passer dans le football, mais c’est vraiment une torsion, une mutation vers l’imagerie 3D, qui renvoie directement au bullet time de Matrix, soit un plan fondateur de tout un imaginaire neuf.

Votre film montre combien la réalisation à trois caméras des matchs dans la Roumanie de 1988 était asservie à une idéologie du régime. A votre avis, quelle idéologie semble travailler aujourd’hui le filmage des matchs de football?

messlC.P. : Il me semble que ce qui sous-tend ce que l’on voit, beaucoup plus que par le passé, c’est l’idée d’un star-system, cette façon de multiplier les ralentis et d’isoler une figure, même en marge du jeu, alors que le match se poursuit. Lors du dernier match de poules de l’Argentine, Lionel Messi est sorti à vingt minutes de la fin, et alors qu’il était sur le banc et avait quitté la partie, on a vu au moins trois ou quatre plans sur lui. On sent bien qu’il y a quelque chose d’hollywoodien qui s’infuse dans la mise en scène de ce sport, et que désormais les joueurs sont aussi très conscients de là où se trouvent les caméras.

P.B. : Dans la dramaturgie, la domination récente de l’équipe espagnole semblait justement aller à l’encontre de ça, avec son jeu de passes ultracollectif où tout le monde pouvait prendre la place de n’importe qui. Il y avait un vrai mystère dans l’effacement de toute singularité saillante au regard du grand public, des individualités qui composaient l’écheveau collectif, sans leader façon Messi ou Ronaldo. Je n’arrive pas vraiment à identifier une forme de cinéma qui serait comme l’équipe d’Espagne de ces six dernières années. Et l’on a senti, chez les commentateurs de la fin de règne de cette équipe, un soulagement à revenir à une dramaturgie plus conventionnelle et stéréotypée. Pourtant, la représentation des collectifs ayant toujours à voir avec des formes politiques, je trouvais réjouissant que des milliards de gens aient pu contempler un modèle aussi collectiviste et démocratique.

Voici un extrait de Match retour :

À lire aussi :

> Soccer d’art et d’essai

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Zack Snyder est devenu l’homme de la situation dans le département des super-héros chez Warner Bros. Après Watchmen et Man of Steel, le studio lui a confié en juillet dernier les rênes de Batman vs. Superman, à l’affiche en mai 2016. Une première photo de Ben Affleck portant le costume du chevalier noir a été diffusée aujourd’hui, au lendemain d’un tweet du réalisateur dévoilant en partie la Batmobile.

Mais ces films ne sont qu’un prélude à la véritable mission de Snyder : répéter le succès des Avengers du compétiteur Disney/Marvel grâce à l’adaptation cinématographique de Justice League. Le mégaprojet compte réunir les plus fameuses figures de l’univers DC Comics, à savoir Batman (Affleck), Superman (Henry Cavill), Wonder Woman (Gal Gadot), et d’autres personnages qui ne sont pas encore associés à des acteurs, comme Cyborg, Aquaman, Flash et Green Lantern. Justice League est prévu pour 2018 au plus tôt, a rapporté le Wall Street Journal en avril.

S’ajustant tant bien que mal à la tendance lourde de «l’univers partagé», Warner a annoncé avoir neuf projets en développement en relation avec Justice League. L’identité de ces films solos n’a pas été dévoilée, mais parmi les possibilités on retrouverait : Suicide Squad, Lobo, Shazam, Green Arrow, Fables, le Sandman de Joseph Gordon-Levitt ou peut-être même le Justice League Dark de Guillermo Del Toro, en plus bien sûr des personnages cités dans le paragraphe précédent.

Et on ne parle ici que de la lutte que se livrent deux studios majeurs, alors que c’est Hollywood au complet qui veut avoir sa part du supergâteau. Un article de fond publié par The Playlist en décembre, qui se désole de l’Avengerisation des blockbusters, liste des projets d’autres héros costumés qui ne sont pas issus de Disney ou Warner, dont X-Force, un reboot de Fantastic Four et une autre suite à Wolverine (20th Century Fox) et Venom et Sinister Six (Sony). Il y a trois semaines, on apprenait que Fox allait ressusciter Flash Gordon. Au moment de taper ces lignes, on apprend que Channing Tatum vient d’être confirmé pour incarner Gambit en prévision d’un film solo tiré de l’univers X-Men

Les membres de Justice League

Les membres de Justice League

Mais le souverain suprême des spin-offs demeure sans conteste Disney/Marvel, avec ses neuf films sortis depuis mai 2008 (le plus décevant du groupe, The Incredible Hulk, ayant engrangé un «maigre» 263 millions $ au box-office), et un second chapitre The Avengers à l’horizon (1er mai 2015). Age of Ultron présentera une flopée de nouveaux personnages, dont Quicksilver (Aaron Taylor-Johnson), The Scarlett Witch (Elisabeth Olsen) et Vision (Paul Bettany), qui pourraient chacun piloter des films solos. Le patron de Marvel, Kevin Feige, a déclaré à Bloomberg Businessweek en avril que «les possibilités sont infinies».

Une grande partie du succès de Marvel peut être attribuée à Feige. Il a une compréhension particulière de la bande dessinée, des fans, des super-héros, et du récit. Il concède que Marvel ne récupérera pas les droits cinématographiques de X-Men ou de Spider-Man de sitôt, mais dit Marvel a quelque chose de plus précieux: un univers composé de milliers de personnages qu’il contrôle entièrement.

Cela signifie que Feige peut produire un nombre illimité de films avec des intrigues entrelacées, créer un vaste public pour presque n’importe quel film de Marvel. Les gens pourraient aller voir The Avengers, y rencontrer Black Widow, et revenir pour son film, aussi.

Il y a une carte de films se rendant loin dans la prochaine décennie sur le mur du bureau de Feige. «C’est comme regarder à travers le télescope Hubble. Vous vous dites, “Qu’est-ce qui se passe là-bas? Je peux voir en quelque sorte”, dit-il en riant. Ils en ont imprimé une nouvelle récemment qui va jusqu’en 2028.»

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La stratégie des films solos à la pelletée n’est peut-être pas aussi infaillible que semble le croire M. Feige. Ce dernier aimerait répéter le succès des Avengers et de ses dérivés avec la franchise à venir Guardians of the Galaxy, avant-dernier jalon de la Phase II du Marvel Cinematic Universe. Mais, selon cette analyse du Hollywood Reporter, il s’agirait d’un pari particulièrement risqué. Des personnages comme Star-Lord, Gamora, Drax the Destroyer, Groot et Rocket Raccoon (oui, vous avez bien lu, un super-raton laveur, qui plus est, a été inspiré par une chanson des Beatles) n’ont pas eu le même impact dans la culture populaire que les Iron Man, The Hulk ou Captain America dans leurs moutures pré-cinématographiques. Le fameux «brand awareness» n’est pas aussi fort.

En même temps, si Marvel réussissait à remporter son pari, il se rendrait à un autre niveau. En effet, si Guardians of the Galaxy faisait exploser le box-office malgré le fait que sa mythologie est moins connue du grand public, il s’agirait d’un gage de la prééminence du sceau du studio. Le brand Marvel deviendrait autosuffisant. Et c’est à ce moment que les possibilités seront véritablement infinies, pour reprendre la déclaration de Feige. Qui sait, on aurait peut-être l’audace d’y aller avec un concept aussi absurde qu’un homme-fourmi! Ah oui, j’oubliais

À lire aussi :

> Man of Steel : contre le super-héros «réaliste»
> Batman ne porterait pas le carré rouge

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Mercredi 9 avril 2014 | Mise en ligne à 14h15 | Commenter Commentaires (15)

Où l’on apprend que JCVD a failli jouer le Predator…

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Une petite dose d’impertinence en attendant que se règlent les problèmes techniques qui affligent nos blogues depuis quelques jours… (AJOUT : Le problème est réglé).

Ci-dessous, le bref et comique témoignage d’un spécialiste des effets spéciaux qui a travaillé sur le classique d’action d’horreur Predator (1987). Steve Johnson raconte le calvaire de Jean-Claude van Damme, «fraîchement débarqué du bateau», dans son premier rôle à Hollywood, qui finalement n’en fut pas un!

JCVD espérait sans doute faire la démonstration de ses talents d’arts martiaux devant son idole Arnold Schwarzenegger, mais il a plutôt fini par suer dans un costume en mousse ridicule et à se cogner la tête contre les arbres, pour finalement recevoir son 4%. Il a dû attendre 25 ans avant de confronter à l’écran la vedette incontestée des gros bras, dans The Expendables 2 (2012), quoique certains fans n’ont pas eu cette patience :

Pour revenir à Predator, voici un making-of fort intéressant datant de 2002, intitulé If It Bleeds We Can Kill It, sur un film qui a remarquablement bien passé le test du temps. Pour en savoir plus, cinq anecdotes de la production, gracieuseté de The Playlist.

Enfin – et je vous avertis, c’est très con – une espèce de parodie de la télé-réalité américaine, avec un soupçon de hentaï, dans laquelle des Ch’tis qui se la prennent cool à Shanghai, «au Japon», reçoivent la visite inopinée d’un de leurs «compatriotes» plutôt inquiétant qui vient semer la discorde…

À lire aussi :

> JCVD : l’entrevue (aware) de l’année!
> Van Damme, une question de taille…

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