Jozef Siroka

Archive de la catégorie ‘Acteur/Actrice’

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Will Smith est fort probablement le plus gros nom à Hollywood à avoir refusé une offre de Quentin Tarantino. Ce dernier avait proposé à la superstar d’assurer le rôle-titre de Django Unchained, mais son pitch ne fut semble-t-il pas assez convaincant. La principale raison? Le prétendu héros est en fait un personnage secondaire.

En entrevue lundi à Entertainment Weekly, l’acteur de 44 ans a affirmé : «Django n’était pas la tête d’affiche [lead], je dois être la tête d’affiche. C’est l’autre personnage qui est la tête d’affiche! Je disais, “Non, Quentin, SVP, je dois tuer le méchant!”». Smith termine sa déclaration en admettant qu’il a trouvé le film «brillant», mais que ce n’était «juste pas pour moi».

Ces quatre derniers mots sont assez intrigants. Est-ce le fait de ne pas être la véritable tête d’affiche qui n’est juste pas pour lui? Ou parle-t-il plutôt de l’essence même du personnage? Je crois qu’il s’agit des deux. Qu’il ait été le héros incontesté ou non de Django Unchained, Will Smith aurait risqué de nuire à son image de marque finement cultivée au cours d’une série de blockbusters qui ont rapporté un minimum de 150 millions $ chacun à ses producteurs. À ce sujet, je vous ramène à mon post de juillet 2011, dans lequel j’examinais un fascinant essai écrit par le journaliste sportif Bill Simmons sur la conception de vedettariat de haut vol.

Voyez, les gens aiment Will Smith parce qu’il ne leur a jamais donné de raison de ne pas l’aimer. Il ne jouerait jamais un policier méchant comme Denzel l’a fait (Training Day); il ne veut pas nous laisser voir Méchant Will Smith. Il ne jouerait jamais quelqu’un pris dans un mariage abîmé des années 1950 comme Leo l’a fait (Revolutionnary Road); il ne veut pas qu’on pense à Mauvais Mari Will Smith. Vous vous rappelez quand Tom Cruise a sorti Magnolia et Eyes Wide Shut un à la suite de l’autre, deux de ses performances les plus crues et les deux films les plus bizarres qu’il ait jamais faits? Smith ne prendrait jamais une chance comme ça, tout comme Starbucks ne rajouterait jamais des grils dans ses boutiques pour commencer à y tourner des burgers et des hot-dogs. C’est quoi le but?

Ceci dit, je dois admettre que, malgré une certaine arrogance dans le propos, je partage la confusion plus ou moins explicite de Smith quant au rôle-titre sous-développé. Comme je le disais dans l’introduction de mon analyse de Django Unchained, c’est un peu contrariant de se voir proposer une fantaisie libératrice des esclaves sur pellicule sans avoir comme véritable héros un… esclave. Donner l’honneur à un dentiste allemand d’éliminer le symbole de l’oppresseur Blanc – le propriétaire de plantation Calvin Candie – tombe sous le sens à mon avis (et, oui, je peux comprendre dans ce cas-ci le sentiment de culpabilité Blanc à l’oeuvre, et le désir d’expier cinématographiquement son propre péché).

À bien y penser, «Non, Quentin, SVP, je dois tuer le méchant» est probablement la critique la plus juste de Django Unchained qu’il m’ait été donné d’entendre. En même temps, on pourrait facilement retourner cette imploration contre le principal intéressé : «Non, Will, SVP, tu dois commencer à prendre des risques». Mais ce n’est pas tout de suite qu’il se départira de ses confortables pantoufles, comme en témoigne sa page IMDb, avec une ribambelle ronflante de valeurs (commerciales) sûres : I, Robot 2, Hancock 2, Bad Boys 3

Pour être parfaitement honnête, Will Smith n’est pas complètement allergique au risque. Pour son prochain film, il a fait confiance à M. Night Shyamalan qui, après avoir été désigné «le prochain Spielberg» tôt dans sa carrière, est devenu un invité de choix aux Razzies. Il a cependant toujours eu la main heureuse au box-office, et c’est la principale préoccupation de la marque de commerce Smith, à laquelle on peut dorénavant ajouter un jeune héritier. After Earth prendra l’affiche le 7 juin.

À lire aussi :

> Will Smith et la science du vedettariat
> Django Unchained : quelques notes discordantes…

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Mercredi 5 décembre 2012 | Mise en ligne à 9h30 | Commenter Commentaires (34)

Eddie Murphy, de héros à zéro (au box-office)

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Roi de la comédie dans les années 1980, Eddie Murphy a commencé à décliner dans les années 1990, avant d’entamer une chute brutale à partir du nouveau millénaire (si on ne compte pas son travail derrière le micro pour des long métrages animés). Il y a eu l’espoir d’un retour en forme avec sa prestation dans Dreamgirls, en 2007, et une nomination à l’Oscar, mais ce n’était là apparemment qu’un écran de fumée.

Dans une analyse publiée mardi, le magazine économique Forbes a converti en chiffres sa perte d’influence : Murphy est l’acteur le plus surpayé à Hollywood. Pour chaque dollar que le studio a investi dans ses trois derniers films, Eddie Murphy a rapporté 2,30$. C’est 1,10$ de moins que le second nom classé sur la liste, Katherine Heigl.

Réagissant à l’analyse de Forbes, le Los Angeles Times a comparé le cumulatif au box-office de ses trois premiers films en carrière – 48 Hrs., Trading Places, Beverly Hills Cop – avec celui de ses trois plus récents - Imagine That, Tower Heist, A Thousand Words, qui est possiblement le film le plus rejeté par la critique de tous les temps. On parle de 316,3 millions $ pour le premier segment, et de 196,3 millions $ pour le second. Et ce, en dollars non-ajustés à l’inflation.

Voici le Top 10 :

1. Eddie Murphy ($2.30 pour chaque dollar payé)
2. Katherine Heigl ($3.40 pour chaque dollar payé)
3. Reese Witherspoon ($3.90 pour chaque dollar payé)
4. Sandra Bullock ($5 pour chaque dollar payé)
5. Jack Black ($5.20 pour chaque dollar payé)
6. Nicolas Cage ($6 pour chaque dollar payé)
7. Adam Sandler ($6.30 pour chaque dollar payé)
8. Denzel Washington ($6.30 pour chaque dollar payé)
9. Ben Stiller ($6.50 pour chaque dollar payé)
10. Sarah Jessica Parker ($7 pour chaque dollar payé)

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Pour rester dans le négatif, le magazine Time a également publié mardi un Top 10 peu enviable, celui des pires films de 2012. En première position, l’épique fantastique nouvel-âgeux Cloud Atlas, une décision qu’approuvera certainement Marc Cassivi… Notons cependant que le long métrage des Wachowski et de Tom Tykwer n’a pas que des détracteurs, et qu’il a divisé l’opinion comme aucun autre film n’a su le faire cette année.

10. One For The Money
9. The Odd Life Of Timothy Green
8. What To Expect When You’re Expecting
7. Alex Cross
6. The Lorax
5. This Means War
4. Abraham Lincoln: Vampire Hunter
3. Hyde Park On Hudson
2. John Carter
1. Cloud Atlas

À lire aussi :

> La question Eddie Murphy

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Jeudi 29 novembre 2012 | Mise en ligne à 15h00 | Commenter Commentaires (19)

L’homme derrière «Nicolas Cage»

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Il y a Nicolas Cage l’acteur, l’artiste, qui a offert d’excellentes interprétations sous la direction de cinéastes de talent dans des films tels Raising Arizona, Moonstruck, Wild at Heart, Leaving Las Vegas, Bringing Out the Dead, Adaptation. ou The Bad Lieutenant: Port of Call New Orleans.

Il y a aussi Nicolas Cage l’entertainer, qui a diverti des masses de spectateurs dans des blockbusters comme The Rock, Con Air, Face/Off, Gone in 60 Seconds, National Treasure ou Ghost Rider. Mais qui a aussi souvent manqué son coup avec des bides ridicules qu’il vaut mieux ne pas nommer.

Enfin, il y a Nicolas Cage l’icône pop à notre époque ironique, qui fascine ou perturbe à travers ses performances (bonnes ou mauvaises) souvent extravagantes, parfois psychotiques ou même clownesques. Un résumé :

Malgré la diversité de ses rôles, Nicolas Cage demeure toujours «Nicolas Cage» : une création bizarre et incomparable qui dépasse souvent le personnage dépeint à l’écran mais qui, étonnamment, ne nuit pas à la qualité et à la crédibilité de la performance – sauf lorsqu’il est question de navets, et que notre seule jouissance du film provient de notre appréciation au second degré de «Nicolas Cage». À cet égard, il me fait penser à Klaus Kinski, à sa folie magnétique; on comprend ce qui a pu intriguer Herzog quand il l’a engagé dans le remake de Bad Lieutenant.

Pour rendre hommage à l’envoûtement populaire que provoque Nicolas Cage, le site satirique The Onion nous présente en exclusivité une entrevue avec le marionnettiste qui anime le «personnage dément». Génial.

***

Tout récemment, un mash up hilarant mis en ligne par Pleated Jeans imagine des apparitions impromptues et tout à fait à point de Nicolas Cage dans des films «classiques».

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