Jozef Siroka

Archive de la catégorie ‘Acteur/Actrice’

Lundi 4 mai 2015 | Mise en ligne à 16h00 | Commenter Commentaires (40)

Le «génocide culturel» n’émeut pas Iron Man

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Le sarcasme est un art délicat. Lors du dernier gala des Oscars, Sean Penn y est allé d’une fausse provocation culturelle en appelant son ami Alejandro González Iñárritu à venir le rejoindre sur scène et accepter l’honneur suprême : «Qui a donné une carte verte à ce fils de pute?!». Une déclaration qui a offusqué bien des gens, mais pas le principal intéressé, qui a assuré avoir «trouvé la blague hilarante».

Pas certain cependant que le cinéaste mexicain ait trouvé si drôle la prétendue boutade de Robert Downey Jr. à son endroit, formulée il y a une dizaine de jours lors de la tournée de promotion du nouveau Avengers : «Pour un homme dont la langue maternelle est l’espagnol, arriver à former une expression comme “génocide culturel” démontre à quel point il est intelligent», a dit l’acteur le mieux payé de la planète.

Selon le relationniste de Downey, il s’agissait bel et bien de sarcasme : «Pris dans le bon contexte de l’entrevue, (le commentaire) se voulait, et était, un compliment». En fait, contrairement au «Penngate», le contexte ici ne permet pas de conclure que le propos a été exprimé dans la bonne humeur. La vedette de Marvel répliquait en fait à un jugement très dur de la part d’Iñárritu à l’endroit des films de super-héros, qu’il avait émis l’an dernier, et que j’ai relayé à la fin de mon billet sur Birdman :

J’aime parfois [les films de super-héros] parce qu’ils sont simples et élémentaires, et vont bien avec du pop-corn. Le problème est que, parfois, ils prétendent être profonds, comme s’ils étaient basés sur de la mythologie grecque. Et ils sont honnêtement très de droite. Je les vois toujours comme des films où il est permis de tuer des gens parce qu’ils ne croient pas en ce que vous croyez, ou parce qu’ils ne sont pas qui vous voulez qu’ils soient. Je déteste ça, et je ne réagis pas bien à ces personnages. Ils sont un poison, un génocide culturel, parce que le public est tellement surexposé à des récits, à des explosions et à de la merde qui n’ont rien à voir avec l’expérience d’être un humain.

Au grand dam de son relationniste, on a récemment compris que Downey ne faisait que se réchauffer avec ses commentaires sur l’intelligence d’un hispanophone. Jeudi dernier, il a prononcé 172 mots qui lui ont coûté une bonne partie de son capital de sympathie, sur lequel il surfait depuis plus d’un quart de siècle, en dépit de ses nombreuses démêlées avec la justice, et même après son entrée dans l’élite du studio system, qui a suivi de près son fameux come-back digne d’un scénario hollywoodien.

En entrevue à Entertainment Weekly, Downey y est allé d’une charge en règle contre le cinéma indépendant, en d’autres mots, le milieu même qui lui a ouvert les portes de sa supercélébrité :

Parce qu’ils vous épuisent et parfois ils sont nuls et ensuite vous vous dites, «À quoi est-ce que je pensais?». Mais je suis intéressé à faire toutes sortes de films. Parfois, les petits films sont ceux qui finissent par prendre le plus de vous, parce qu’ils sont comme :

«Hé, mec, on a quelques jours de retard. Penses-tu que tu peux rester pendant ton anniversaire et puis revenir le 4 Juillet? Et, en passant, mais, comme, l’équipe… peux-tu payer pour le service de traiteur? Et, oh, en passant, mec, quand nous irons à Sundance, comme, peux-tu t’asseoir sur une chaise et vendre ce film pendant six jours d’affilée de sorte que nous puissions faire 180 $ quand ça sortira en salle?

- Oh mon dieu que c’est profond ce que nous faisons. Que penses-tu du film? Tu l’a vu hier soir?

- Je pense qu’il est médiocre.

- Ouais, n’est-ce pas la meilleure chose qui soit?! Tout le monde est un artiste ici.

- En fait, la plupart d’entre vous êtes inexpérimentés et boiteux.

Je ne connais pas Robert Downey Jr. personnellement, et il m’est donc difficile d’évaluer ici son niveau de sarcasme; plus précisément, l’hostilité réelle qu’il exprime envers les films indépendants. Par contre, je connais bien sa création la plus populaire, Iron Man, et j’ai l’impression que c’est exactement de cette façon que l’homme de fer parlerait.

Si j’étais le relationniste de Downey, ma seule option serait de dire que cette arrogance propre à un milliardaire sans scrupules est en fait une imitation du personnage dont il est en train de faire une sorte de meta-promotion; il ne faut pas confondre réalité et fiction.

RASPUTINPour ceux qui, par contre, prennent le commentaire de Downey au pied de la lettre, je vous suggère de lire cette réplique fort efficace de la part d’Indiewire.

La sortie de Downey ramène par ailleurs la question de la notion même de «film indépendant»; pour certains, ce type de productions ont carrément disparu, tandis que pour d’autres, elles sont omniprésentes, surtout lorsque vient le temps des Oscars. Pour réussir à s’y retrouver, Jason Bailey de Flavorwire a dressé une liste de dix sous-catégories dans l’industrie, en ordre d’importance : Underground, Indie-ground, Malick-wood, Indie, Indie-wood, Foreign-wood, Holly-pendent, Studio, Studio-plus et Explosion-ganza!. On présume que Downey/Iron Man n’accepterait de participer qu’aux films issus des deux dernières catégories. Peut-être même de l’avant-avant dernière, en autant qu’on ne le forcerait pas à travailler le jour de son anniversaire…

Selon de nombreux observateurs, Downey a séduit puis abandonné le milieu du cinéma indépendant. Parmi tous les anciens collaborateurs de la superstar, c’est sans doute le réalisateur James Toback qui a manifesté le plus vocalement son sentiment de trahison. Dans une série d’entrevues en 2013, où il clame à répétition «avoir inventé» Downey, il affirme entre autres :

Je l’ai engagé dans The Pick-Up Artist (1987) et Two Girls and a Guy (1997) – ce qui demeure de loin sa meilleure performance – et puis Black and White (1999), qui sont tous des drames sérieux. Après toutes les éloges qu’il a obtenues pour ces films, il est devenu un milliardaire quand il est soudainement devenu un dessin animé. Il est maintenant le dessin animé le plus prospère de l’histoire, et c’est une sorte de métaphore de ce qui ce passe [dans l'industrie].

- Toback discute de sa découverte de Downey à mi-chemin de ce reportage de Vanity Fair.

Séduit et abandonné, c’est également le titre du dernier long métrage de Toback, un documentaire qui montre le cinéaste rechercher des fonds pour un projet de film en compagnie d’Alec Baldwin. L’inscription qu’on voit dans la bande-annonce fait référence à la déprimante réflexion d’Orson Welles : «Je repense à ma vie et je me dis que je passais 95% de mon temps à courir à droite à gauche dans l’espoir de collecter de l’argent pour faire des films, et je passais l’autre 5% à les faire. Ce n’est pas une façon de vivre».

Le propos de Seduced and Abandonned rejoint notamment celui de Matthew Weiner, créateur de Mad Men, qui se dit désolé qu’il n’y a presque plus de place aujourd’hui pour les films «modestes», c’est-à-dire qui coûtent entre 500 000 $ et 80 millions $. Les causes et les conséquences de cette «mort du cinéma à budget moyen» sont relatées dans cette éclairante analyse publiée par Flavorwire en décembre dernier.

À lire aussi :

> Birdman, divertissement, et «génocide culturel»
> Iron Man, héros des néoconservateurs?

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Lundi 2 février 2015 | Mise en ligne à 16h00 | Commenter Commentaires (4)

Une année sans Philip Seymour Hoffman

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Il y a un an jour pour jour, le monde du cinéma perdait tragiquement l’un de ses plus précieux talents. Philip Seymour Hoffman n’avait que 46 ans lorsqu’on l’a retrouvé sans vie dans son appartement à New York, le 2 février dernier. En ce qui me concerne, je n’ai pas encore tout à fait réussi à digérer le choc.

Quelques mois plus tard, Entertainment Weekly dénichait un extrait d’une entrevue donnée par l’acteur au philosophe britannique Simon Critchley, en décembre 2012. Les propos de PSH, qui discute du thème du «Bonheur», ont inspiré un court métrage d’animation issu de Blank on Blank, une série diffusée par PBS qui a illustré des conversations avec divers artistes qui nous ont quitté trop tôt, dont Kurt Cobain, Heath Ledger, John Lennon, David Foster Wallce, Tupac Shakur et Robin Williams.

Certaines paroles émises par Hoffman sont d’autant plus poignantes en rétrospective. Lorsqu’il parle de la notion de «plaisir», il affirme qu’il a la mauvaise habitude de le «tuer». Il poursuit : «J’en emmagasine trop, et je le rend par conséquent désagréable – comme trop de café, et ensuite je me sens misérable. [...] Il n’y a pas vraiment de plaisir qui ne m’a pas rendu malade». On comprend assez vite que lorsqu’il parle de caféine, il fait également référence à l’héroïne, drogue qui causera sa chute un peu plus d’un an plus tard.

Dans les jours et les semaines qui ont suivi la mort de PSH, d’innombrables témoignages d’amour et de respect se sont manifestés dans les médias et sur l’Internet. J’en ai fait part de quelques uns ici, mais j’ai manqué celui de Caleb Slain, que The Playlist a relayé aujourd’hui. Cet hommage-vidéo comprenant 47 performances de Hoffman a pris à son auteur 200 heures de labeur, et a été mis en ligne en mars dernier.

Slain décrit son P.S. Hoffman (A Tribute) sur sa page Vimeo :

La compilation de son héritage a été l’une des expériences les plus difficiles à laquelle j’ai été confrontée en tant que monteur, mais a pourtant été incroyablement gratifiante. Après 22 années à l’écran et près de cinquante films, on regarde maintenant l’oeuvre d’un acteur dont le travail peut être caractérisé par son allergie à la malhonnêteté, et par un esprit de compassion inébranlable. S’il vous plaît, prenez une pause, et levez vos verres à l’un des meilleurs.

Philip Seymour Hoffman n’a pas encore dit son dernier mot. En effet, on pourra voir sa performance ultime à partir du 20 novembre prochain, date de sortie de Mockingjay – Part 2, le dernier chapitre de la saga The Hunger Games. Décédé pendant la production du film, PSH avait presque complété son travail; il lui restait deux scènes à tourner. Pendant un certain temps, des rumeurs faisaient état de procédés de numérisation pour le remplacer.

Le réalisateur Francis Lawrence a cependant affirmé au magazine Empire cet automne qu’il n’avait aucune intention de contrefaire son interprétation, et qu’il a été choisi de réécrire les scènes en question, et de les faire jouer par d’autres personnages.

À lire aussi :

> Hoffman : «Pas une fausse note»
> Philip Seymour Hoffman, un acteur très recherché…

- Photo : Inez van Lamsweerde & Vinoodh Matadin

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Mardi 16 septembre 2014 | Mise en ligne à 18h00 | Commenter Commentaires (28)

Les muscles avant le talent?

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«Les acteurs d’aujourd’hui passent plus de temps au gym qu’en répétitions, plus de temps avec leurs entraîneurs qu’avec leurs réalisateurs». Voici la thèse d’un papier fort révélateur publié cet été par Men’s Journal Magazine. Pour la nouvelle génération d’acteurs, l’objectivation ne fait plus dans la discrimination : les hommes comme les femmes se doivent de présenter un corps de mannequin devant les caméras. Sinon, ils doivent accepter de «jouer l’ami, ou de faire un film indépendant».

L’idéal masculin sur grand écran a changé à l’orée du 21e siècle. Dans les années 80-90, «plus c’était gros, mieux c’était», affirme le réalisateur Tim Burton. «Pensez à cette image de Rambo tenant la mitrailleuse, et les veines dans ses avant-bras bombés». Aujourd’hui, on préfère le look Brad Pitt dans Fight Club. «Tout le monde pensait qu’il était énorme, dit l’entraîneur Mark Twight. Mais il n’avait pas plus que 155 livres. Si vous amenez les gars à 3, 4 pour cent de graisse corporelle, ils ont l’air énorme sans nécessairement être énormes».

Atteindre ce «look affamé» peut comporter certains risques. L’article rappelle que Matt Damon a fait l’erreur de s’imposer un tel régime pendant le tournage du thriller militaire Courage Under Fire (1996). L’acteur, qui avait 25 ans à l’époque, et qui n’avait pas encore connu le succès de Good Will Hunting, avait perdu 40 livres en 100 jours, et ce pour seulement deux jours de travail. «Il est tombé si malade qu’il a été pris de vertiges sur le plateau de tournage, altérant sa glande surrénale et passant près de causer de graves dommages à son cœur», qui aurait pu rapetisser. Il a dû prendre des médicaments pendant près de deux ans pour se remettre de l’expérience.

Les transformations extrêmes devraient toujours être soigneusement supervisées par des professionnels, en coordination avec la production. «Étant donné que 5% de graisse corporelle n’est pas une condition naturelle, les plans de remise en forme visent à atteindre leur plein potentiel les jours des scènes de torse nu. Les entraîneurs vont déshydrater un client, [...] le feront souvent passer à un régime faible en, ou sans, sodium, trois ou quatre jours à l’avance, estomperont les hydrates de carbone, prépareront des diurétiques comme des tisanes, puis pousseront le cardio afin de transpirer l’eau – tout ça pour accentuer la définition musculaire lors des scènes-clés».

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Les acteurs plus âgés qui n’ont pas la motivation de se rendre au gym à tous les jours optent souvent pour un raccourci nommé HGH (hormones de croissance). Il s’agit du secret le moins bien gardé à Hollywood; les cliniques offrant ce type de services y poussent comme des champignons. Les studios, avec leurs délais de plus en plus serrés, et leurs standards physiques de plus en plus élevés, sont partiellement responsables de ces comportements dangereux, affirme un nutritionniste interrogé par le Hollywood Reporter.

La pression pour performer dans l’industrie n’est pas différente de ce qu’elle est dans la Major League Baseball. Ce sont des gens dont le salaire dépend en partie de leur apparence. Malheureusement, pour ceux qui se dopent, il s’agit d’une amélioration à court terme suivie d’un crash. Leur corps et leur chimie hormonale vont au diable.

Même si les HGH sont considérés moins dangereux que les stéroïdes, plusieurs entraîneurs s’en dissocient agressivement. C’est le cas du susmentionné Twight, propriétaire du gym «le plus infâme à Hollywood» – et au nom encore plus controversé – le Gym Jones. Cet ancien adepte d’alpinisme extrême a établi sa réputation en transformant les acteurs, figurants et cascadeurs du film 300 (2006) en imposants soldats spartiates. Il est encore irrité à l’idée que des spectateurs pensent que tous ces muscles sont le résultat d’effets spéciaux ou visuels. Selon lui, 95% de la distribution a sculpté son corps de manière «propre».

Twight a récemment fait parler de lui pour son travail sur Man of Steel. Il a pris en charge Henry Cavill pendant les six mois précédant le tournage, le transformant littéralement en homme d’acier. Et le tout naturellement. «Avec des héros ternis comme A-Rod et Lance Armstrong, il était important d’établir que le plus américain des super-héros n’était pas un dopé», précise Men’s Journal. De rajouter Twight au Hollywood Reporter : «Avec Superman, eh bien, ce gars-là est mieux d’être propre. Parce que sinon, c’est le genre de chose qui se retourne et mord toute votre campagne de marketing dans le derrière».

Avec l’homogénéisation du type de blockbusters – films d’action menés par des héros surhumains à divers degrés (de Bourne à Batman) – «les muscles importent plus que jamais dans le marché global. (Les beaux corps et les explosions n’ont pas besoin de sous-titres). Les biceps de style Thor et les pectoraux de style Captain America sont tout simplement une condition requise; même les acteurs dits sérieux, qui n’ont jamais aspiré à la méga-célébrité, se font dire qu’ils ont besoin d’une franchise mondiale afin de prouver leur rentabilité et ainsi décrocher des rôles oscarisables».

Exhibez vos muscles pour les besoins du box-office, mais faites les fondre quand vient le temps de gagner en respectabilité, semble être le nouveau mantra à Hollywood. Dernier exemple notable : Matthew McConaughey, sans doute le torse le plus reconnu à Hollywood – qui ne se gêne pas de faire des pompes en plein milieu de rendez-vous d’affaires – a perdu 35 livres mais fini par gagner un Oscar pour son rôle de sidéen dans Dallas Buyers Club.

body_transformations_5En d’autres mots, il a fait un De Niro de lui-même. On se rappelle bien sûr que le légendaire acteur avait grossi de 70 livres pour les besoins du dernier acte de Raging Bull. Plus que l’immense talent de De Niro, c’est son immense bedaine qui lui aurait garanti son Oscar, semblent néanmoins croire certains acteurs, spectateurs, et membres de l’Académie. Cette fameuse transformation physique a en fin de compte transformé l’approche de la profession; pour beaucoup, la Méthode n’a plus rien à voir avec Stanislavski ou Strasberg, mais est plutôt liée à stéroïdes ou spaghetti.

Cette révérence automatique qu’inspire la manipulation physique dans le milieu désole l’acteur britannique Mark Strong (un nom pour le moins ironique dans les circonstances). Il croit que «beaucoup de jeunes acteurs masculins essayent de prouver combien ils sont bons en vous montrant à quel point ils travaillent fort sur ​​leur corps. C’est devenu presque synonyme avec être un bon acteur. Les gens veulent quantifier le jeu de sorte qu’il ait l’air digne de récompenses».

La primauté de l’athlète sur l’interprète est d’ailleurs dénoncée par le cinéaste danois Nicolas Winding Refn (Drive), qui remarque qu’«une des raisons pour lesquelles il y a si peu de vraies stars de cinéma, c’est qu’il y a très peu d’acteurs qui se distinguent les uns des autres. Tout le monde peut obtenir un six-pack, qui perd donc de sa valeur. Tout le monde commence à se ressembler. C’est l’âme qui fait de vous une star de cinéma. Pas votre corps».

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