Jozef Siroka

Archive de la catégorie ‘Acteur/Actrice’

Jeudi 24 mai 2012 | Mise en ligne à 2h00 | Commenter Commentaires (3)

River Phoenix ressuscité

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Considéré comme le James Dean des années 1980/1990, River Phoenix a malheureusement connu le même destin tragique que le rebelle sans cause, perdant la vie bien trop tôt, à l’âge de 23 ans. L’acteur à l’air mystérieux et mélancolique a offert des performances remarquées dans des films comme Stand By Me (1986) de Rob Reiner, Running On Empty (1988) de Sidney Lumet et My Own Private Idaho (1991) de Gus Van Sant.

Phoenix est mort en 1993 pendant le tournage de Dark Blood, que réalisait le cinéaste néerlandais George Sluizer. Ce dernier, connu pour avoir signé le remarquable thriller L’homme qui voulait savoir (1988), a récemment décidé de sortir des boules à mites les bobines de son projet inabouti. Un anévrisme subi il y a quatre ans l’a poussé à ranimer son film, et il cherche présentement à ramasser les fonds nécessaires pour le compléter. Les détails de l’entreprise, via CineCrowd :

Depuis mars 2012, George Sluizer et le monteur Michiel Reichwein ont commencé à monter Dark Blood. L’objectif est que le film soit présenté en première au Festival du Cinéma Néerlandais plus tard cette année, à condition que le budget de la post-production soit pleinement financé. Mis à part le montage, le budget inclut le montage sonore, la composition et l’enregistrement de la musique, l’étalonnage et le mixage. Le Netherlands Film Fund va fournir une partie du budget de post-production. Le reste des fonds seront levés par George Sluizer lui-même. Par conséquent, George Sluizer a besoin de votre aide pour financer la dernière partie de ce film spécial et pour le compléter en vue d’un dévoilement public en septembre.

Dark Blood raconte l’histoire de Boy (Phoenix), un jeune veuf qui vit sur un site d’essai nucléaire dans le désert. «Vivant tel un ermite, il attend la fin du monde en sculptant des poupées Kachinas qui selon lui possèdent des pouvoirs magiques. Lors d’un «second» voyage de noces à travers le désert de l’Arizona, l’auto d’un couple jet-set d’Hollywood (Jonathan Pryce et Judy Davis) tombe en panne. Ils sont secourus par Boy, qui finit par les garder prisonniers parce qu’il désire la femme et veut créer un monde meilleur avec elle».

Un drame psycho-sexuel qui n’est pas sans rappeler la dynamique du premier long métrage de Roman Polanski, Le couteau dans l’eau (1962)…

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Vendredi 18 mai 2012 | Mise en ligne à 17h45 | Commenter Commentaires (5)

Todd Field : le retour de l’enfant prodige

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Cela faisait si longtemps qu’on l’avait presque oublié. Fort heureusement, Todd Field est enfin de retour. Six ans après son dernier long métrage, Little Children (2006), Variety annonce aujourd’hui qu’il a obtenu le feu vert pour tourner The Creed of Violence, projet en gestation depuis près d’un an.

Le film est basé sur le roman acclamé du même nom de Boston Teran, publié en 2010. Le synopsis :

Texas, 1910. Alors qu’éclate la révolution mexicaine, Rawbone, criminel endurci, s’apprête à traverser la frontière pour vendre aux insurgés un camion chargé d’armes. Arrêté par les Américains, il accepte, en échange de son immunité, de l’acheminer jusqu’aux puits de pétrole mexicains. L’agent Lourdes du FBI veillera à ce qu’il respecte sa part du contrat. Ce qu’il ignore, c’est que John Lourdes est le fils qu’il a abandonné à sa naissance. L’expédition prend vite la tournure d’un western épique, avec son lot d’attaques de bandes armées, de trahisons et de corruption, où se joue un duel impitoyable entre les deux hommes.

Le producteur compare le livre à Heart of Darkness de Joseph Conrad (qui a servi d’inspiration à Apocalypse Now, entre autres). Il poursuit : «Le roman de Teran apporte une perspective unique sur l’impérialisme américain pour le pétrole au début du 20e siècle.»

Todd Field s’est d’abord fait connaître au cinéma devant la caméra; son rôle du pianiste au yeux bandés dans Eyes Wide Shut (1999) de Stanley Kubrick demeurant à ce jour son plus fameux. Le légendaire cinéaste lui a d’ailleurs servi de mentor, et le moins que l’on puisse dire c’est que Field s’est montré un apprenti des plus attentifs.

Son premier long métrage, In the Bedroom (2001), a complètement épaté la planète cinéma. Pour reprendre ma brève appréciation du film dans mon Top 10 de la dernière décennie : À la manière de Kubrick, Field fait preuve d’une maîtrise formelle extrêmement rigoureuse : les cadrages sont millimétrés, le rythme des scènes est subtilement développé, le montage et la structure générale du film ont été savamment réfléchis. À la fois drame psychologique et thriller, In the Bedroom offre une fine méditation sur le désir de vengeance ainsi qu’un bouleversant examen sur un couple en deuil.

Avec son second effort, le remarquable drame de moeurs Little Children, Field a poussé plus loin ses expériences formelles et narratives (y allant même d’une délicieuse voix off Barry Lyndonesque), avec comme résultat une oeuvre d’une intelligence et d’une complexité presque intimidantes.

Son troisième long métrage devait être une adaptation de Blood Meridian de Cormac McCarthy, le récit d’une bande sanguinaire qui massacra des tribus indiennes à la frontière américano-mexicaine au milieu du 19e siècle. Field avait indiqué d’entrée de jeu que l’entreprise se montrait particulièrement difficile, en raison notamment de l’extrême violence du roman. Le projet casse-gueule, qui a suscité par le passé l’intérêt de réalisateurs comme Ridley Scott, James Franco et Nicolas Winding Refn, est toujours en suspens.

The Creed of Violence, situé plus ou moins à la même époque et sur le même territoire que le western de McCarthy, peut facilement être perçu comme un prix de consolation pour le cinéaste surdoué. Qu’à cela ne tienne, il s’agira assurément d’un des films en production les plus discutés au cours de la prochaine année. Le tournage s’entamera début 2013.

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Lundi 23 avril 2012 | Mise en ligne à 14h25 | Commenter Commentaires (50)

Jack Nicholson : votre performance préférée?

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Jack Nicholson a célébré ses 75 ans, hier. L’acteur plus grand que nature a ralenti son rythme au cours des dernières années, semble effectivement en pré-retraite. Il faut remonter à 2007 pour trouver son nom au haut de l’affiche, dans la comédie peu aimée The Bucket List. En 2010, il a assuré un rôle de soutien dans une autre comédie, How Do You Know, retour derrière la caméra très mal accueilli de James L. Brooks. Rappelons cependant que Nicholson a obtenu de deux de ses trois Oscars sous la direction du cinéaste : Terms of Endearment (1983) et As Good as It Gets (1997).

Nicholson n’a bien sûr plus rien à prouver. Même s’il avait mis fin à sa carrière il y a 35 ans, il figurerait quand même dans le panthéon des géants du cinéma. En effet, rappelons-nous de sa période extraordinaire du début des années 1970 : Easy Rider (1969), Five Easy Pieces (1970), Carnal Knowledge (1971), The Last Detail (1973), Chinatown (1974), Profession: Reporter (1975), One Flew Over the Cuckoo’s Nest (1975). De grands films, de grandes performances.

Après ces années de gloire, on a parfois connu un Nicholson quelque peu cabotin, acceptant des rôles moins ambitieux, se contentant de jouer du… Jack Nicholson. Ce qui n’est pas un reproche en soi (son travail dans The Shining (1980) et Batman (1989) atteint des sommets du jeu hyperbolique). Seulement, certaines de ses interprétations post années 1970 pouvaient se montrer moins intéressantes d’un point de vue dramatique. Mais il y des exceptions. Dans The Crossing Guard (1995), Blood and Wine (1996), The Pledge (2001) ou About Schmidt (2002), on retrouve le Nicholson sensible et introspectif des belles années.

Enfin, il ne faudrait pas oublier sa filmographie pécédant Easy Rider. Je pense notamment aux deux westerns «acides» de Monte Hellman, Ride in the Whirlwind (1965) et The Shooting (1967).

***

Maintenant, un petit défi, juste comme ça : si vous ne pouviez apporter qu’un seul film avec Jack Nicholson sur une île déserte, lequel ce serait?

J’opte pour The Last Detail de Hal Ashby, un modèle de cinéma contre-culturel des années 1970, dans lequel deux marins bourrus doivent escorter un des leurs en prison et, chemin faisant, lui font vivre des aventures mémorables. Nicholson, qui a remporté pour ce rôle le Prix d’interprétation masculine à Cannes, offre une performance d’une liberté et d’une intensité absolument inouïes. Et, malgré la rudesse de son personnage, fait preuve d’une délicatesse et d’une honnêteté des plus touchantes.

Voici un récent montage intitulé «Jack Nicholson On Fire», qui rend compte de quelques
unes de ses prestations les plus explosives :

J’ai trouvé cette vidéo sur l’agrégat Mubi, qui propose une multitude d’hyperliens à propos de l’héritage de l’acteur.

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