Jozef Siroka

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    Jozef Siroka est journaliste au pupitre à LaPresse.ca et blogueur cinéma à temps partiel.
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    Mercredi 8 mars 2017 | Mise en ligne à 19h30 | Commenter Commentaires (28)

    Zodiac : Fincher en conversation avec lui-même

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    On célébrait la semaine dernière les 10 ans de la sortie en salles d’un des films les plus négligés du jeune millénaire. Et certainement l’oeuvre la plus sous-estimée d’un des cinéastes majeurs de notre époque. Malgré des critiques positives, Zodiac de David Fincher a échoué à attirer l’attention du grand public. Il s’agit en fait de son film le moins lucratif en carrière, avec seulement 33 millions $ au box-office nord-américain, sur un budget de 65 millions $. Avec les années, cependant, un consensus a fini par émerger : Zodiac est le chef-d’oeuvre de Fincher. Un sondage de la BBC sur les «100 meilleurs films du 21e siècle» largement diffusé l’a d’ailleurs classé au 12e rang.

    La relative obscurité qui afflige Zodiac s’explique par plusieurs facteurs. Le film a été financé et distribué par deux majors, Warner Bros. et Paramount. Ils espéraient sans aucun doute voir dans cette histoire sur un tueur en série une nouvelle version de Seven (1995), qui avait causé la surprise au box-office nord-américain avec des recettes de 100 millions $.

    Fincher, lui, n’avait aucunement l’intention de se répéter. Il a en fait soumis un anti-Seven. Essentiellement, des hommes fatigués et stressés qui parlent pendant près de trois heures d’un antagoniste invisible. Alors que Seven s’appuyait sur une formule de course contre la montre cumulant avec un crescendo dramatique aussi insoutenable que captivant («what’s in the box?!»), Zodiac élabore méthodiquement sur le passage du temps et nous quitte avec une résolution maussade en queue de poisson.

    Les studios n’étaient pas contents, et ont envoyé une série de notes à Fincher pour rendre son film plus commercial. Le cinéaste a refusé tout compromis, s’engageant dans une joute de «rope-a-dope» de laquelle il est sorti victorieux. Mais son intransigeance s’est avérée coûteuse. Zodiac a été «dompé» en salles au mois de mars, lui retirant pratiquement tout espoir de se qualifier pour les Oscars, un des rares moyens pour une oeuvre de ce calibre d’être mise en lumière. Deux autres films de «ce calibre» – à savoir ces rares productions à budget moyen s’adressant à un public adulte – ont eu plus de chance : No Country for Old Men et There Will Be Blood, qui ont pris l’affiche à l’hiver 2007, ont amassé à eux deux près de 120 millions $ aux guichets nord-américains, ainsi que six statuettes dorées.

    Plusieurs articles rétrospectifs ont été publiés au cours des derniers jours sur l’héritage de Zodiac. The Washington Post parle d’un film plus pertinent que jamais, qui «capture l’incertitude et la perte de confiance» de la société, «qui résultent d’un échec prolongé des institutions». UPROXX évoque un «classique intimidant» qui a ouvert la voie à «l’obsession de notre culture pour les histoires de crimes». The Film Stage se penche sur un aspect esthétique précis du film, son «architecture brutaliste», et comment elle suggère un sentiment de désespoir et de fatalisme chez les chercheurs de vérité.

    Mais je reviens toujours à la merveilleuse critique de Nathan Lee publiée dans le Village Voice à l’époque de la sortie de Zodiac. Il s’agit d’un texte qui m’a franchement marqué, que je relis régulièrement. Je traduis ici trois passages (pour mettre en contexte le début du deuxième extrait, les «trois plans» font référence à 1) le plan subjectif de la lettre du Zodiac pendant le générique de début, 2) la caméra adoptant un point de vue de Dieu qui suit mécaniquement le taxi conduit par une victime du tueur, 3) un travelling au milieu du récit qui est superposé avec un «griffonnage numérique de lettres, de phrases et de symboles des missives du Zodiac»).

    Zodiac se déploie avec les calibrations calmes d’une suite pour piano, avançant avec une précision mathématique détachée, capable de grande variété et de nuance, mais contrôlé par une discipline stricte. C’est un film qui n’élève jamais sa voix parce qu’il a besoin de parler clairement et avec soin. Il a beaucoup de choses à dire. [...]

    Le média est le message dans Zodiac. C’est ce que signifient ces trois plans, et qui explique pourquoi ils sont livrés avec une emphase rhétorique supplémentaire; le Zodiac n’est pas doté d’un point de vue subjectif qui accapare notre attention. Mais son communiqué l’est. Un film de tueur en série qui ne porte pas vraiment sur un tueur en série, un drame policier focalisé sur la psychologie de la procédure policière plutôt que sur les hommes impliqués, Zodiac est un système d’information d’une complexité étonnante mis en place pour notre contemplation. C’est une analyse épique et réfléchie sur la façon dont un cinglé malin a déclenché une inondation de données qui a englouti et noyé trois entités différentes : les médias, la police et la vie d’un homme. Zodiac ramène le genre du tueur en série à ses racines, à savoir le M de Fritz Lang, un film également préoccupé par la technologie, les symboles, les modèles spatiaux et les systèmes de communication. [...]

    [...] Zodiac est moins intéressé à fouiller la vie intérieure de ses personnages que d’observer leur rôle opérationnel dans un phénomène plus large. Fincher refuse de donner au public un héros fort et sympathique. Il est au moins aussi captivé par la couleur jaune sur gris du bureau du San Francisco Chronicle que par les nuances psychologiques de ses protagonistes. «Fincher peint avec des gens», se désole Jake Gyllenhaal. «C’est difficile d’être une couleur.» Cela ne signifie pas que Zodiac est inhumain, seulement qu’il applique son attention uniformément sur toute la toile : c’est un panorama, pas un portrait.

    Les observations de Lee sont soutenues par Fincher lui-même. Il affirme dans son commentaire DVD, en faisant une allusion au basket-ball, qu’il apprécie de voir les acteurs «bouger sans le ballon». Il poursuit, en parlant de sa distribution : «Ces gars-là sont tellement bons à naviguer à travers une expérience et à la rendre vraie pour le non participant. C’est si agréable de voir des acteurs simplement passer à travers un processus, même s’ils savent qu’ils ne sont pas l’objet de la fascination; ils sont les vaisseaux à travers lesquels l’histoire va être racontée».

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    L’obsession et ses corollaires (isolation, auto-destruction, paranoïa) constitue assurément le thème fédérateur de la filmographie fincherienne (j’exclus ses longs métrages plus impersonnels, comme The Curious Case of Benjamin Button, et surtout Alien 3, une commande sur laquelle il n’avait à peu près aucun contrôle créatif). Si ce sentiment est le moteur de la plupart des films de Fincher, il en est carrément le sujet dans Zodiac. Le cinéaste prend ici acte de sa propre obsession artistique, de son besoin insatiable de contrôler chaque élément esthétique. Sa propension à tourner d’innombrables prises, et son désir maniaque d’améliorer ou de «réparer» ses images à l’aide de différents dispositifs technologiques peuvent finir par décourager même ses collaborateurs les plus zélés.

    Dans cette optique, le personnage du caricaturiste Robert Graysmith (Jake Gyllenhaal), dont les livres sur l’affaire du Zodiac ont inspiré le scénario, est en quelque sorte son alter ego. Un homme fondamentalement décent, il finit consumé par le puzzle insoluble qui accapare son esprit et détruit ses relations personnelles et professionnelles. Sa quête est peut-être noble, mais une question persiste : la fin justifie-t-elle les moyens?

    Comme l’écrit avec justesse Phil Nobile Jr., sur le site Birth.Movies. Death., «Zodiac semble être une conversation que mène Fincher avec lui-même. Avec le Fincher qui a fait Seven douze ans plus tôt. Seven a rendu les meurtres en série excitants : un spectacle d’horreur luxuriant, colorant un genre pour les années à venir. Les policiers de Zodiac sont incurablement ordinaires, frustrés, humains. Les meurtres du Zodiac sont banals et ne sont pas sexys. Poursuivre un tueur est un travail morne, insatisfaisant».

    SFChron11-12-69IveKilledSeven_zps6339cd80Dans Seven, on pouvait voir Fincher à travers le personnage incarné par Brad Pitt, un policier récemment transféré dans une ville hostile qui cherche à se prouver. Dès la première scène, il initie un combat de coqs avec son nouveau partenaire expérimenté, désireux de montrer qu’il a l’étoffe nécessaire pour enquêter sur les crimes les plus sordides. On a l’impression d’entendre parler un jeune réalisateur, qui obtient sa deuxième chance sur un plateau de tournage cinématographique après une première tentative ratée. Il a fait sa marque dans le monde de la pub et des vidéo-clips, mais ne sait pas encore, malgré son assurance en soi, s’il réussira à performer dans les ligues majeures.

    Avec Zodiac, Fincher n’avait plus rien à prouver. Il a plutôt choisi de méditer sur son approche du métier, tout en concrétisant son évolution artistique. En revoyant récemment le film, j’ai remarqué certains échos frappants à Seven : deux policiers dans un couloir donnant sur un bureau où s’effectuent des recherches pour confirmer un soupçon, qui attendent impatiemment les résultats ; un chef de police qui est assis à un bureau qui n’est pas le sien, répond au téléphone, avant de promptement raccrocher ; deux collègues aux antipodes assis au comptoir d’un bar qui tentent de créer un certain rapport amical. Fincher semble nous taquiner de manière plus ou moins volontaire : «Vous pensiez revivre l’excitation de Seven, mais je vous prie de me suivre dans cette nouvelle direction plus sobre». Et puis, vers la fin, il sort le couperet via une coupure de journal qu’on peut aisément déclarer comme étant l’insert le plus délicieusement méta qu’il nous ait été donné de voir au grand écran.

    Je vous laisse avec cette analyse comparative entre Zodiac et Memories of Murder de Bong Joon-ho, cinéaste sud-coréen qui a classé le film de Fincher dans son Top 10 de tous les temps. La vidéo est une création de Lewis Bond, un essayiste britannique hautement érudit que j’ai cité ici à quelques reprises, notamment le post sur la composition de l’image.

    Un des cinéastes les plus populaires dans son pays, Bong a fait son premier long métrage en langue anglaise il y a quelques années, avec le remarquable Snowpiercer. Son prochain film, Okja, met incidemment en vedette Jake Gyllenhaal, et est filmé par le directeur photo de Seven, Darius Khondji. On peut voir la bande-annonce ici. Okja est produit par Netflix, tout comme le nouveau projet de Fincher, la série télé Mindhunter (b-a à voir ici), troisième incursion du cinéaste dans l’univers des tueurs en série.

    À lire aussi :

    > Seven, ou le casse-tête de la boîte
    > Tout Fincher en 200 minutes
    > Gone Girl : le doux parfum du trash
    > Bien sûr que Gone Girl a été snobé!

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    P.S.: J’ai récemment été le sujet d’une entrevue avec Thomas Destouches, journaliste ciné basé à Paris, qu’on peut lire ici.


    • @ sujet interview-jozef-siroka

      Excellent!

      ’scusez, je vais vouloir revenir sur le sujet du billet -Zodiac- mais là vous nous lancez un P.S. qui met de l’ombre sur le dit sujet du billet, isn’t it?
      ;-)

      On y apprend beaucoup de choses très intéressantes, merci de partager Jozef.

    • Il est en streaming sur amazon vidéo. Je me rappelle d’un film dense et particulier. À revoir.

    • Juste ça, oh-my-goodness, il y aurait de quoi en jaser pendant 6 mois étalés sur une douzaine de billets…

      ”Un de mes combats est de casser le conflit artificiel entre ces deux fausses oppositions : cinéma de genre et cinéma artistique. Il y a beaucoup de condescendance de la part des critiques professionnels, et du monde académique, envers tout ce qui n’est pas perçu comme du matériel à festival, c’est-à-dire les drames psychologiques et/ou sociaux qui ont « quelque Chose d’Important à Dire ». Un des grands cinéastes qui a le plus souffert de ce snobisme est Brian De Palma.”

    • ”Le cinéaste a refusé tout compromis, s’engageant dans une joute de «rope-a-dope» de laquelle il est sorti victorieux.”

      Pardonnez mon ignorance, mais c’est possible d’avoir plus de détails là dessus ?

      Je cite en fait Fincher dans son entrevue au NYT. Le lien est dispo au début du 4e paragraphe, «une série de notes». -js

    • Ce me semble pourtant être un très sérieux compromis (auto-infligé?):

      - To trim “Zodiac” to just over two and a half hours, Mr. Fincher said he had to make painful cuts. Gone, for example, is a two-minute blackout over a montage of hit songs signaling the passage of time from Joni Mitchell to Donna Summer; in its place, artless but quick and cheap, are the words “Four years later.” -

      http://www.nytimes.com/2007/02/18/movies/18halb.html?

      J’aurais adoré voir (entendre) ce montage là. Un prochain Zodiac director’s cut, peut-être ?

      D’après ce qu’il dit dans le commentaire DVD, il avait tout le contrôle créatif. Les scènes qu’il a coupées c’était sa propre volonté, il ne voulait pas faire un film de 4 heures. -js

    • Je reviens là dessus (of course!)

      ” (…) du matériel à festival, c’est-à-dire les drames psychologiques et/ou sociaux qui ont « quelque Chose d’Important à Dire » ”

      Pour une raison qui m’échappe encore un peu, je me suis empêché d’aller voir Arrival au cinoche. Peut-être parce que je craignais une oeuvre qui allait maladroitement mixer le box-office-racer au ”qui-a-quelque-chose-d’important-à-dire”, dans son sens le plus péjoratif, à mes yeux…

      Bref, un ragoût prétentieux à la sauce Iñárritu, du SciFi new-ageux… ou les deux. Non merci, me suis-je dit.

      Et puis, finalement, j’ai visionné chez moi la dernière offre de Villeneuve. S’il y a ”quelque chose d’important à dire”, ce genre de film est un excellent exemple.

    • ” je considère l’écriture comme un fardeau, ce n’est vraiment pas mon activité préférée ; c’est long, il y a souvent des blocages ”

      Donc, si je comprend bien, il y a une part non-négligeable de sado-masochisme dans ce blogue. ;-)

      Sans vous étendre sur le divan, Jozef, pourriez-vous approfondir sur les souffrances que votre clavier vous fait subir ? No Jack-Torrance syndrome à l’horizon, toujours? Haha
      J’avoue être un brin surpris de lire ça, venant du proprio de blogue Lapresse qui pond les textes les plus longs et étoffés!

      Comme a dit un fameux auteur dont je ne me souviens plus du nom, je n’aime pas écrire, mais j’aime avoir écrit. Sinon, je continue de voir l’écriture comme je la voyais pendant que j’étais aux études : un acte qui m’empêche de profiter de mon activité préférée, la lecture. -js

    • Je ne suis pas prêt a consacrer Zodiac comme le chef d’œuvre
      absolue de David Fincher justement parce qu’il y a une lourdeur dans
      ce film qui découle évidement du puissant réalisme qui transcende l’écran.

      L’aspect ordinaire, humain, frustrant qu’il a voulu exprimer se transforme
      parfois en monotonie. C’est le ressenti que j’ai eu à l’écoute de ce film
      que j’ai vu au moins a 3-4 reprises au complet.

      À l’opposé de Seven, the game et fight club mettons.

      Mais néanmoin bien meilleur que B Button, Social Network et
      le tres innutile Millenium … un passage a vide de quelques années
      pour le talentueux Fincher.

    • Je suis surpris de la chronique. Je suis un grand fan de Zodiac, et j’avais l’impression que le film était un mal aimé même pour la critique. Je regarde la version longue au moins une fois l’an. C’est le film qui m’a fait découvrir Mark Ruffalo. Ceci dit, je serais curieux de connaître votre motivation pour l’utilisation de l’adjectif “remarquable” envers le film Snowpiercer. J’admets que le film est très bien réalisé, mais le scénario s’écrase après les 2/3 du visionnement. Je n’ai jamais compris pourquoi l’écart entre la bédé originale, beaucoup solide au niveau du suspense et la lourdeur des revirements clichés des scènes finales. Ceci dit, Tilda Swinton y est tordante.

      Je rêve du jour où Fincher s’attaquera à l’univers de James Ellroy.
      Salutations.

      Version longue? Je ne suis pas au courant d’une autre version que celle de 2h37. Sinon, on peut entendre Ellroy dans le commentaire DVD du film. Récemment, il a louangé Zodiac tout en critiquant ses performances (il n’a certainement pas vu le même film que moi!) -js

    • @jon8 Il existe un Zodiac version longue, parce que j’ai toujours vu le film avec la transition musicale vers Donna Summers. C’est très réussi.

    • je n’aime pas écrire, mais j’aime avoir écrit -Gide.

      Pour ma part, j’utiliserai les mots de Gloria Steinhem “Écrire est la seule action, où lorsque je la pratique, je ne suis pas en train de me dire que j’ai plus urgent à faire.”

      Merci! J’ai lu beaucoup de Gide dans ma jeunesse. C’est je crois l’auteur le plus important de ma vie, sans nécessairement être mon préféré. -js

    • mauricetituer

      absolument d’accord avec votre appréciation du film Snowpiercer.
      Ils aurait du respecter le scénario de la BD qui était juste parfait.
      Ceci dit j’ai quand même apprécié le film.

    • Salut Jozef, c’est toujours un plaisir de vous lire.

      Sans avoir lu la BD, je dois dire que je suis dans le camp des déçus de Snowpiercer, qui souffre d’une scénario très mince et unidimensionnel, presqu’aussi linéaire que le train que traversent les personnages. L’allégorie est lourde dans ce film qui camoufle mal sa dimension didactique. De plus, même si la facture visuelle est séduisante, la tension brillamment imposée des 20 premières minutes s’estompe assez vite pour ne jamais revenir.

      Pour Zodiac, je dois le revoir: j’avais déjà beaucoup aimé, sans toutefois le laisser détrôner Se7en

      Voici ma hiérarchie des films de Fincher que j’ai vus:

      Se7en
      Social Network
      Zodiac

      The Game
      Fight Club
      Gone Girl
      The Girl with the Dragon Tattoo

      Panic Room
      Alien3
      The Curious Case of Benjamin Button

      Rien de bien original dans ce classement, j’en conviens, à part peut-être le fait que Fight Club n’est pas pour moi une oeuvre majeure de Fincher, contrairement à l’opinion de la majorité des gens de ma génération, qui lui voue encore un culte.

    • Un peu plus d’info ici:

      https://en.wikipedia.org/wiki/Zodiac_(film)#Release

    • Zodiac n’est pas un film «facile» comme le démontre Jozef.

      Se7en est facile et sexy, avec des stars qui mènent l’enquête.
      Je pense que Fincher a réglé ses comptes avec l’image de Brad Pitt dans Benjamin Button. Les meilleures scènes c’est quand il est bébé et vieillard. Toujours très laid.

      Cela explique peut-être la désaffection de ce film.

      Dans Zodiac il prend un casting totalement différent. Pas de stars qui vont sauver le monde.

      Angoissant pour un public qui veut consommer des héros ayant toutes les réponses.

      C’est un film qui me semble conçu pour être revu, avec son affolante quantité d’information visuelle, graphique (les messages cryptés du Zodiac qui interpellent le caricaturiste) et sonore.

      Dans la plupart des films sur des serial killers, le le spectateur peut prendre la main tendue de Morgan Freeman. C’est rassurant le vieux pro qui connait les trucs.

      Après Se7en, Fincher est passé à autre chose.

      Je vais revoir Zodiac et essayer d’en parler.

      A+

    • Jozef, on s’entend, la version longue a 5 minutes de plus. Pour les différences, voir le lien ci-dessous.

      http://www.movie-censorship.com/report.php?ID=4878

    • Qu’en est-il de l’utilisation du jaune (omniprésent!) dans Zodiac? Outre l’esthétique des 70s, je me demandais si Fincher en avait déjà parlé ou si cette couleur avait un sens particulier quant à l’intrigue?

    • “Sinon, je continue de voir l’écriture comme je la voyais pendant que j’étais aux études : un acte qui m’empêche de profiter de mon activité préférée, la lecture”

      Le ratio idéal de chaque individu face à aux activités de lecture et d’écriture devrait être de 99/1.

      Il y aurait beaucoup moins de niaiseries en librairie et ce qui se publierait serait d’autant meilleur!

    • Pour ma part Social Network est le grand chef-d’oeuvre de Fincher un film qui m’a complètement absorbé et au premier visionnement, je me suis dit : Quoi? Déjà fini?

      Zodiac est très, très solide.

      Je me permet sur Seven une remarque ou deux. Un film qui a très bien vieilli. Il y a un esthétisme classique qui fait en sorte que l’on ne bute pas en le revoyant en se disant que les vêtements ou les coupes de cheveux des années 90 étaient horribles. Aussi, une fois passée, le bric-à-brac du tueur en série, il y a une histoire classique du duo de flics que tout oppose, mais aussi qui s’oppose en eux-mêmes : leurs actions contredisant souvent leurs discours. Et ce second niveau ressort bien lors d’une nouvelle écoute.

    • Je ne suis pas sorti remué de la salle comme pour d’autres films. Mais celui-ci était dérangeant : l’efficacité que le tueur avait d’effacer les traces derrière lui ou de ne rien laisser paraître pendant les questions des policiers (si c’était bien lui); l’indolence si ce n’est l’incompétence crasse des différents corps policiers qui ont dû enquêter sur les meurtres; l’absence de communication entre eux et de motivation à régler le problème; l’obsession du caricaturiste (journaliste?) pour l’enquête et qui, seul de son côté, arrivera à la même conclusion que les policiers; la visite dans la cave, un grand moment de tension…

      Je suis tombé dessus par hasard quand il est repassé à la télé et j’étais resté collé à l’écran comme la première fois que je l’ai vu. Même fascination pour ce jeu du chat et de la souris alors que les policiers et le tueur s’échangent les rôles à tour de rôle.

      Une bd qui a traité du même sujet était beaucoup moins réussie.
      http://www.soleilprod.com/serie/zodiac-killer.html

    • Votre article est passionnant! Wow!

    • Jozef, est-ce que votre blogue va survivre à la récente vague de ”déplogue-blogue” sur Lapresse?

    • @jon8: ish, il faudrait pas. Il ne restera plus rien d’intéressant sur ce site web!

    • Puisque le blogue de Jozef semble officiellement être sorti du menu de Lapresse, j’en profite pour le remercier.

      Incontestable qualité des billets, pendant des années, bravo.

      Meilleures chances dans vos projets futurs, au plaisir de se recroiser ailleurs.

      Jon.

    • Vous avez été cruellement éliminé de la page des liens Blogues La Presse,ou alors vous l’avez fait vous-même, on en sait rien, mais si c’est les directeurs qui font çà, sans donner d’avertissements ou laissez les blogueurs s’adapter ou se préparer, je trouve cette situation déplorable. Vraiment? Il fallait tuer les blogues au point d’en éliminer les archives (ou l’accès à ceux-ci)? Je n’en reviens pas. Bonne chance, merci pour votre présence!!

    • Jozef dziękuję.

    • http://leshedonistes.boards.net/thread/5/merci-jozef-siroka-belles-blogue

    • ish Lapresse c’est pas fort…

      Merci à Jozef pour toutes ses entrées de blogues toujours très intéressantes!

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