Jozef Siroka

Jozef Siroka - Auteur
  • Le blogue de Jozef Siroka

    Jozef Siroka est journaliste au pupitre à LaPresse.ca et blogueur cinéma à temps partiel.
  • Lire la suite »

    Partage

    Lundi 19 décembre 2016 | Mise en ligne à 17h00 | Commenter Commentaires (140)

    Blade Runner 2049, et la question du final cut (AJOUT)

    Triboro-EW-spread_v9_FullBl.JPG

    AJOUT (21 déc.)

    En entrevue à Screen Daily, mercredi, Denis Villeneuve confirme que Blade Runner 2049 vise une cote R. Cette décision relativement risquée a été influencée par le succès surprise de Deadpool, le film classé R le plus lucratif de l’histoire à l’international, avec 783 millions $ US de recettes.

    «Mes producteurs s’amusent à me rappeler qu’il s’agira d’un des longs métrages indépendants classés R les plus coûteux de l’histoire», avance le réalisateur. Le budget du film est estimé à 200 millions $.

    D’ailleurs, tout comme l’a fait J.J. Abrams avec The Force Awakens, Villeneuve a tenté de réduire autant que possible l’emploi d’images de synthèse.

    «Je peux compter sur les doigts d’une main le nombre de fois qu’on a utilisé un green screen sur le plateau de tournage. La plupart du film a été fait à travers la caméra, [le directeur photo] Roger Deakins et moi avons travaillé très dur pour accomplir cela».

    «Mes acteurs ne marchaient pas sur des green screens à longueur de journée. Le CGI est un outil puissant pour les paysages et pour les extensions, mais ce qui entoure les acteurs a besoin d’être aussi réel que possible. Quand je regarde un film qui est surtout CGI, je suis désengagé», affirme Villeneuve.

    Enfin, le cinéaste admet qu’il rêve déjà à se lancer dans d’autres projets de science-fiction. «Je suis condamné, j’adore la SF. J’ai deux autres idées que j’aimerais faire. [Et] Blade Runner pourrait continuer… nous verrons comment cela se passera.»

    MISE À JOUR : Variety rapporte que Denis Villeneuve est pressenti pour réaliser le reboot de Dune.

    > La photo officielle ci-dessus est tirée de cet article d’Entertainment Weekly (il y en a six autres).

    ***

    (19 déc.)

    Un bref aperçu orangé de Blade Runner 2049 a été diffusé ce matin, quelque 10 mois avant la sortie du film en salles. Peu d’informations concrètes y sont exposées; une approche qui s’accorde avec la volonté de Denis Villeneuve, formulée à l’automne 2015, de «prendre soin» du «mystère» entourant le chef-d’oeuvre de Ridley Scott.

    Le fameux mystère concerne, on le sait, la nature réelle de Rick Deckard, le héros du Blade Runner de 1982. Est-il un replicant ou pas? Un journaliste d’Allociné qui a interviewé Villeneuve à Paris, fin novembre, a sorti l’argument logique : si on revoit Harrison Ford dans la suite, qui se déroule 30 ans après le film original, et que la durée de vie d’un replicant est de quatre ans, la réponse relève donc de l’évidence. La réaction du cinéaste québécois :

    Pas nécessairement. Ça a été important dans la genèse du projet que le mystère qui a été élaboré, que les questions qui ont été posées dans le premier film, qu’on n’a pas nécessairement de réponses. C’est assez jouissif, cette tension qui existe à la fin du premier film, et je n’avais pas envie de briser ce questionnement.

    Le synopsis officiel pour Blade Runner 2049 a d’ailleurs aussi été publié aujourd’hui : «Trente ans après les évènements du premier film, un nouveau blade runner, l’officier du LAPD K (Ryan Gosling) déterre un ancien secret qui a le potentiel de plonger dans le chaos ce qu’il reste de la société. La découverte de K le mène à une quête pour retrouver Rick Deckard (Harrison Ford), un ancien blade runner du LAPD qui est porté disparu depuis 30 ans.»

    Une autre question fondamentale concerne le contrôle artistique accordé à Villeneuve. Avec le succès impressionnant au box-office de son premier film de science-fiction – 135 millions $ US sur un budget de 47 millions $ US – on présume que le réalisateur originaire de Gentilly a réussi à démontrer à l’industrie qu’il est capable de performer dans les plus hautes sphères du cinéma commercial. Ce n’est pas tout à fait le cas, du moins pas aux dernières nouvelles.

    En entrevue à Variety en septembre – un mois avant la sortie d’Arrival – Villeneuve a révélé qu’il n’aurait pas le droit au final cut, tout en se montrant rassurant :

    J’ai accepté de le faire parce que les producteurs derrière Blade Runner sont des amis. J’ai fait Prisoners avec eux, et je savais que l’environnement qu’ils créeraient autour de moi serait très sécuritaire. Je n’ai pas vraiment le final cut [pour Blade Runner 2049]. La chose que j’ai réalisée au sujet du final cut, c’est que c’est le pouvoir de la meilleure version. Je n’ai pas eu le final cut pour Prisoners, mais ce que vous avez vu est la meilleure version. Sicario est un director’s cut, Arrival est un director’s cut. Je ne peux pas en parler, je verrai. Ma relation avec les gens avec lesquels je travaille est très solide. Au bout du compte, ce qui finira par l’emporter est le meilleur film.

    Une déclaration plus ou moins alambiquée, semble-t-il. Villeneuve est-il un être foncièrement optimiste qui croit que tout processus créatif collaboratif mène inévitablement à un aboutissement idéal? Fait-il simplement usage de diplomatie de convenance?

    Dans tous les cas, il est certainement conscient que la saga des différentes versions de Blade Runner – tout comme le synthétiseur transcendant de Vangelis ou les larmes sous la pluie de Roy Batty – constitue l’un des principaux emblèmes de l’oeuvre dont il a hérité. Le film de Ridley Scott a en effet subi six mutations depuis sa sortie en salles. On espère pour Villeneuve qu’il ne vivra pas un tel casse-tête artistique.

    J’ai parlé en août dernier de Blade Runner 2049, en deuxième partie d’un post présentant la b-a d’Arrival; il y est question de la relation du cinéaste avec l’oeuvre originale, et de sa description du look de la suite. Je retranscris ici le dernier paragraphe (avec légères modifs) :

    En plus des deux vedettes susmentionnées, on constate un casting fort prometteur teinté d’éclectisme. On y retrouve les Américains Robin Wright et Jared Leto ; la Canadienne et diplômée de l’université McGill Mackenzie Davis (qui fut dirigée par Ridley Scott dans The Martian) ; la beauté fatale cubaine Ana de Armas (le film d’horreur d’Eli Roth Knock Knock) ; le Somali-Américain Barkhad Abdi (nommé à l’Oscar pour Captain Phillips) ; l’ancien champion de la WWE Dave Bautista (Drax dans Guardians of the Galaxy) et la Suissesse Carla Juri, qui a été applaudie sur le circuit festivalier en 2014 grâce à sa performance téméraire dans la comédie allemande trash Wetlands.

    Je vous laisse avec cette analyse vidéo d’ordre philosophique de Blade Runner, par le toujours pertinent Nerdwriter, qui se penche sur la représentation de la modernité dans le film via les questions d’identité individuelle.

    À lire aussi :

    > Blade Runner, un film «co-réalisé» par Stanley Kubrick
    > Sicario et le fétiche du mouvement

    - Mon compte Twitter


    • Quiconque a vu toutes les versions du film, mais surtout celle(s) ou Deckard fait un rêve (Director’s Cut et Final Cut) connaît la vraie nature de celui-ci. D’ailleurs, Ridley Scott l’a admis lui-même. Il n’y a donc aucune ambiguïté, sauf pour ceux qui n’auraient pas vu ces versions.

    • …et dans le livre de Philip K. Dick, ça dit quoi ?

      ;-)

    • Monsieur Siroka. Je dévore vos articles avec un grand plaisir à chaque fois. Vous êtes un des journalistes en cinéma les plus pertinent, et tellement bien documenter.

      Juste une petite précision au sujet de Denis Villeneuve. Il n’est pas originaire de Trois-Rivières mais de Gentilly, un petit village de l’autre coté du fleuve juste en face du Cap-de-la-Madeleine ! Demandez lui ! ;-)

      Amicalement

    • Je ne sais plus quoi penser. J’ai vu 2 Denis Villeneuve ce mois-ci.

      Sicario était vraiment excellent.

      Arrival…j’en suis sorti traumatisé…directement dans le top 3 des pire films que j’ai vu… la longueur et le manque d’action de ce film est un supplice…il ne se passe rien.

      Ça me fait peur pour Blade Runner que j’attend avec beaucoup effervescence.

      H-S
      J’ai lu que Villeneuve rêve de faire une reprise de Dune ? Alors ça je serais curieux de voir cela, ce chef d’oeuvre de science-fiction assassiner injustement par la critique mérite une deuxième vie.

    • Je pensais que dès le premier director’s cut de Blade Runner, l’”ambiguïté” avait été réglée, et que c’était l’une des principales raisons pour justifier ce re-montage. De toute façon, c’est tellement pas une question importante, et le fait qu’on continue de la traiter dans le “mystère”, comme si c’était l’enjeu principal du film, me fait craindre le pire (faut dire que ce synopsis qui utilise le format Force Awakens pour rebooter un aute film, ça n’inspire guère).

      Cela dit, je me suis surpris à aimer Arrival. On verra bien.

    • “Il n’est pas originaire de Trois-Rivières mais de Gentilly”

      D’où ses images radioactives… (scusez-la)

    • Villeneuve faisait un cinéma au deuxième degré, maniériste sans réflexion, d’ado boutonneux, mais il monte en puissance à chaque film, de plus en plus sobre et adulte. Arrival est son premier très bon film et je me suis surpris à vraiment aimer. Comme disait un certain Sylvain Lavallée, Villeneuve est fait pour la science fiction. J’attends beaucoup de Blade Runner et je crois qu’il ferait un grand Dune. J’espère ne pas être déçu.

    • ”Arrival est son premier très bon film et je me suis surpris à vraiment aimer”

      Yay, c’est inquiétant ça… Je n’ai pas vu Arrival et je pense attendre encore un peu.
      Ghost, pas aussi bon que Death Proof, tout d’même ?

      ;-P

    • ”Une déclaration plus ou moins alambiquée, semble-t-il. Villeneuve est-il un être foncièrement optimiste qui croit que tout processus créatif collaboratif mène inévitablement à un aboutissement idéal? Fait-il simplement usage de diplomatie de convenance?”

      Le cinéma (ou la ‘’série télé”) c’est du media artistique collectif.
      Impossible, contrairement au musicien, au peintre ou à l’écrivain, de pondre quelque chose seul.

      Dans un certain sens, le réalisateur n’a ni la responsabilité ni le droit inaliénable d’un final cut absolu, parce qu’il n’a jamais le plein contrôle de tout, anyway.
      Aussi mineur que cela puisse paraitre, le texte improvisé de Rutger Hauer à la fin de Blade Runner ne vient ni de Scott, ni de K. Dick, ni des scénaristes. Et pourtant c’est un morceau immense dans le film. De même que la bande sonore de Vangelis, véritable backbone de l’atmosphère.

      Ça ne tient pas à grand chose, un film.

      Le commentaire de Villeneuve est tout en son honneur, et je pense que c’est plus sincère que de la diplomatie de convenance. Le gars fait confiance à son équipe, et c’est peut-être beaucoup pour cela qu’il réussi.

      Peut-être que c’est parce que The Player est très frais dans ma mémoire (je l’ai vu ce week-end) mais quand on parle de final cut, ça n’est pas nécessairement lié à la belle camaraderie qui règne sur un plateau de tournage. Le retrait du final cut est synonyme pour un cinéaste de retrait de son contrôle créatif, et d’interférence de la part de producteurs, motivés par les chartes de leur équipe de marketing, qui cherchent à rendre le film le plus commercial possible. -js

    • Arrival est un film tres interressant, et comme je l’ai déja dit sur ce blog
      il faut le voir comme un réchauffement dans le genre science fiction pour
      que Villeneuve se prépare pour l’immense mandat qui lui est confié …

      Blade Runner 2

      Ceci dit ceux qui trouvent Arrival trop ” soft” devrait p-e arreter de se gaver de block buster inssipides et hypercatifs.

    • “directement dans le top 3 des pire films que j’ai vu…”

      Tout ce qui est excessif est insignifiant. – Talleyrand

    • Jon8

      Les grands cinéastes ont souvent eu de grands producteurs. Des types qui les challengeaient et apportaient un imput créatif. C’est probablement ce que Villeneuve trouve. Mais à la barre d’une création collective il faut une vision, celle de quelqu’un. Un auteur. Un cinéaste. Qui fait que même si on change les membres du collectif un film d’Hitchcock est un film d’Hitchcock. Et une vision, les board members d’un studio ou les spectateurs d’un screen test n’en auront jamais.

    • “Ghost, pas aussi bon que Death Proof, tout d’même ?”

      Non, Death Proof est un chef-d’oeuvre.

    • Cette photo ci-dessus est intrigante. Trois potes qui discutent, tout est casual, mais il y a un gun devant Villeneuve…

    • @ pierre.s. 19 décembre 2016 21h59

      ” Ceci dit ceux qui trouvent Arrival trop ” soft” devrait p-e arreter de se gaver de block buster inssipides et hypercatifs. ”

      Au contraire, je m’attendais plutôt à un genre de Contact par Robert Zemeckis… c’est exactement ce que c’était mais la comparaison s’arrête là. Zemeckis a réussi là ou Villeneuve s’est cassé les dents avec le même film. On lui souhaite de ne pas répéter la même erreur.

    • j’ai aimé Sicario mais sans plus

      selon moi Prisoners et Arrival sont ses deux plus grands succès

      j’ai très hâte à BR2049 et on se croise les doigts pour Dune

      quelle fierté que d’avoir un gars de la Mauricie faire sa place à Hollywood puis réaliser des films à gros budget

    • pas-toujours-raison

      Pour ce qui est de Arrival, comme je l,ai déjà dit dans un billet
      précédent, je ne peux pas etre completement objectif pour la simple
      raison que le film a été tourné dans ma région, or le décors même du
      film est celui que j’habite depuis 30 ans …

      Aussi, la direction de Villeneuve, précise, solide, en contrôle …. ca me
      plait. Globalement j’ai trouvé le film tres réussi … voila pourquoi je sursaute
      quand je lit des gens qui ont détesté ce film ….

      Personellement le pire navet que j’ai vu cette année au cinéma, c’est
      Inferno de Ron howard.

    • @Jozef

      C’est vrai.

      J’oubliais que le cinéma est aussi (et surtout?) une business. My bad, je crois encore au père noël, faut-il croire.

      Ceci dit, dans le cas précis de Blade Runner 2049, j’ose espérer que des leçons du Blade Runner original seront prises.

    • @Ghost 22h09

      Oui pour la vision, mais c’est dans l’exécution que le bât blesse.

      Ce n’est pas Hitchcock, justement, qui disait après avoir complété la pré-prod d’un film, qu’il était ”parfait à ce moment là” et qu’il fallait se considérer chanceux d’avoir encore 50% de la vision d’origine au résultat final ?

    • Pour revenir au sujet du final cut, Villeneuve et BR2049:

      Je trouve particulièrement intéressante cette phrase: ”La chose que j’ai réalisée au sujet du final cut, c’est que c’est le pouvoir de la meilleure version.”

      À mon avis, le réalisateur a trop le nez plongé dans le détail, et même le micro-détail, pour avoir une vue d’ensemble qui soit parfaitement claire et un tant soit peu objective. Deux, trois ou cinq ans plus tard, peut-être, mais sûrement pas juste après le combat qu’il vient de traverser… D’ailleurs, je pense qu’un Director’s cut sera meilleur après un vieillissement en barique, pour cette raison.

      Lorsque Villeneuve parle du pouvoir de la meilleure version, je pense que c’est tout simplement la moyenne de la perception de plusieurs personnes de confiance. Donc, oui, c’est dilué somewhat, mais pas nécessairement d’une mauvaise manière.

      Je pense que Denis Villeneuve sait qu’avec Blade Runner il s’est embarqué dans un train en marche. C’est tout sauf une blank slate. C’est un beau trip, mais ce n’est pas un projet personnel. Il ne faut pas que ce le soit.

    • Arrival m’a laissé sur mon appétit. Le rythme d’abord, un peu trop lent a mon goût, même en acceptant que c’est la marque de Villeneuve. L’histoire ensuite…..comment ne pas rester un peu pantois devant une humanité qui envisage d’attaquer, au bout de quelques jours, des vaisseaux spatiaux extra-terrestre qui n’ont démontré aucune animosité mais dont la seule tare est de n’être pas arrivés a communiquer leurs intentions. Dans le doute, on attaque des ET dont la technologie est sans doute 1000 fois supérieure a la notre? Bref….

    • Dans cette future suite qui se passe 30 ans – ou 70, c’est selon – plus tard, Harrison Ford- Rick Deckard, qu’il soit « répliquant » ou pas, est aux prises avec une saloperie d’incontinence – la plomberie, qu’elle soit machine ou bio, ça finit par péter – qui plombe ses capacités de Blade Runner, à tel point que ses collègues l’affublent désormais de l’humiliant nom-totem « Bladder Running », c’est-à-dire « Vessie qui fuit ».

      Trêve de niaiseries, l’interrogation de P. K. Dick, d’après mon souvenir de lecture fort lointain, était la suivante : Comment compose-t-on avec notre bordel technologique en constante évolution? Interrogation qui, transposée narrativement dans un roman de puis dans un film SF populaire, devient ceci : Que fait-on de ces androïdes qui nous sont déjà supérieurs physiquement et semblent être devenus aussi sensibles et plus futés que nous? On leur donne nos clés ou on les enligne sur la cour à scrap (s’il n’est pas trop tard)?

      Sur le même thème, JJ Abrams et sa garde rapprochée d’über-tronches ont brillement adapté – ne serait-ce que pour ce personnage de Dolores dont toutes les répliques mises bout à bout deviennent un long chant mélancolique –, tout récemment, le roman-film Westworld de Michael Crichton. Que peut nous apporter, comme on dit, cette suite réalisée par Villeneuve et écrite par je ne sais trop qui?

    • M.-A. Lussier avait mit en lien une entrevue que Villeneuve donnait à la chaîne
      DP/30 sur Youtube. (Très bonne entrevue sur son dernier film «Arrival» et sa
      manière de travailler). À la question « is Blade Runner going to be more
      emotionally complex then Arrival? » Villeneuve a répondu par un « …in some
      ways yes ». Si on a pu passer des années à se demander si Deckard un
      Replicant et si on voit comment les derniers films de Villeneuve laissent le
      spectateur avec pleins de questions… y’en aura pas de façile ! :-) M’est d’avis
      que le prochain Blade Runner aura sa part de mystère. (j’ai mit quelques jours
      à essayer de comprendre « Arrival », Villeneuve a au moins le mérite de ne pas
      laisser le spectateur passif devant l’écran.)

      Dernièrement je suis tombé sur une bonne entrevue de Douglas Trumball (un
      maître des effets spéciaux qui a travaillé sur 2001, Close… of the third kind,
      Blade Runner, etc). La ville de Amiens en France lui rendait hommage lors d’un
      festival de cinéma. Trumball n’utilise jamais le terme « effets spéciaux » car
      selon lui tout le film est un effet spécial (décors, costumes, etc.) Petit rappel
      intéressant de sa part quand il dit que les effets visuels de Blade Runner (1982)
      découle directement de ce qui avait été fait dans « Close encounter of the third
      kind ». Toujours selon lui les effets numériques deviennent obsolètes très
      rapidement alors que les maquettes et les effets organiques vieillissent très
      bien. (2001 est un bon exemple, le film passe les années assez bien).

      Denis Villeneuve n’est pas très fan des fonds verts pour les effets spéciaux,
      il va sans doute y en avoir dans le prochain BR mais avec modération. Je
      remarque que la bande annonce est très sobre de ce côté.

    • @le_gaspesien
      Je trouve surtout les extra-terrestres très optimiste de penser que nous serons
      encore ici dans 3 000 ans, vu la manière dont on traîte notre petite planète
      bleue… Comme le dit la blague il y a sûrement une forme d’intélligence dans
      l’espace… parce qu’ils n’essaient pas de prendre contact avec nous ! :-)

    • jon8 : Le livre de Dick est très différent de Blade Runner. Je vous suggère tout de même de le lire, mais il ne répond pas du tout à la question qu’on se pose. En fait, il en est même pas vraiment question.

    • J’ai confiance en Villeneuve mais je suis quand même inquiet. Blade Runner est mon film préféré toute catégorie confondue et j’ai peur qu’il soit associé à une suite bancale. Peu importe le résultat, BR 2049 ne pourra jamais passer au statut de chef d’oeuvre comme l’original. Les attentes risquent d’être vraiment trop élevées…

    • cinefilm: Vous avez raison. L’optimisme des extra-terrestres est, de ce point de vue, déconcertant:)

    • Sur le teaser, Riddley Scott est crédité comme producteur exécutif.

      C’est lui qui aurait le final cut?

      L’épave qu’on voit dans le teaser pourrait être le vaisseau dans lequel Deckard a fui la ville avec Rachel dans la première version. Si ma mémoire est bonne…

      Et si Deckard est un réplicant, il aurait été programmé pour vieillir?

      D’autre part, pourquoi des machines aussi sophistiquées et coûteuses à fabriquer seraient-elles obsolètes au bout de quatre ans?

    • “les extra-terrestres très optimiste de penser que nous serons encore ici dans 3 000 ans, vu la manière dont on traîte notre petite planète bleue…”

      C’est le propos même du film.

    • “Villeneuve est fait pour la science fiction.”

      Je ne sais pas quand j’ai dit ça, mais je n’en suis pas si sûr: ce qui marche, dans Arrival, ce n’est définitivement pas la science-fiction. Le thème du “langage qui définit notre monde”, exprimé par la rencontre avec des ET, c’est un classique de la SF et Arrival ne le développe à peu près pas. Pour moi c’est un film sans idée, tout le contraire de la SF, et ce qui fonctionne, c’est essentiellement le travail formel, et un certain humanisme. C’est un film qui m’a touché malgré les incohérences, parce qu’on se rend compte à un point que les ET sont pas importants, alors je peux passer par-dessus la prétention.

      Mais dans Blade Runner, si Villeneuve essaie de toucher un tant soit peu aux réflexions proposées par l’original, je n’ai aucune confiance. C’est un type qui fait de belles images, qui peut filmer de bons acteurs, mais il faut pas lui demander de penser. Or, la SF, c’est avant tout le domaine de la pensée, les belles images viennent ensuite.

    • « J’ai confiance en Villeneuve mais je suis quand même inquiet. Blade Runner est mon film préféré toute catégorie confondue et j’ai peur qu’il soit associé à une suite bancale. »

      D’où ma question ci-dessus : pourquoi?

      Par un concours de circonstances qui tenait du miracle, Peter Hyams avait réussi une suite non désastreuse à 2001, une quinzaine d’années après la sortie du chef-d’œuvre, en tablant sur les tensions américano-soviétiques alors que celles-ci allaient commencer à se détendre environ deux semaines plu s tard. On pourrait même se demander si c’est la sortie du semi-nanar de Hyams qui a enclenché la perestroïka. Je déconne, mais si Villeneuve réussit à s’en tirer aussi honorablement que Hyams, ce sera déjà beaucoup.

    • ”D’autre part, pourquoi des machines aussi sophistiquées et coûteuses à fabriquer seraient-elles obsolètes au bout de quatre ans?”

      Probablement pour la même raison que nous, humains, au bout de quatre-vint ans. La mémoire s’accumule vers une inéxorable contre-productivité.

      Bottomline: je suis contre l’humain qui peut vivre 200 ans, therefore je suis contre l’androïde qui peut vivre éternellement. La durée exacte n’a aucune importance.

    • dans science fiction … y a le mot fiction !
      Arretez de vouloir a tout prix TOUT expliquer avec vos lunettes
      de 2016 en temps réel …. et laissez vous prendre par réalité
      alternative que vous propose une œuvre de fiction.

      un moment donné ca fait parti des regles du jeu.

    • Les attentes envers les reboots, prequels ou sequels de films cultes sont souvent démesurées et jamais totalement assouvies. Faut s’y attendre (!)

      Villeneuve et son équipe en sont parfaitement conscients, d’après les interviews donnés.
      Je pense aussi que d’un point de vue purement business, la clientèle-cible est la même qui salivait devant les derniers Mad Max, Star Trek et Star Wars: des mâles nés entre les années 70 et les années 90, avec une déviation plus ou moins geek et sans contredit du côté nostalgique de la force. On laisse 2001 pour nos hippies de parents, mais on s’approprie Blade Runner comme le film-phare de la Sci-Fi portée sur écran.

      Han Solo dans un film Noir, avec Daryl Hannah en marionnette assassin, Rutger Hauer en Terminator-poète et Vangelis au sommet de son art… Comment résister à ça? Comment ne pas à la fois craindre et vouloir une suite ?

    • C’est drôle, Ciné, que tu ne vois pas de réflexions dans le film, alors que tu en vois dans Avengers ou autre Transformers. Pour moi, ce qui est bien dans Arrival, c’est qu’il n’y a pas trop de belles images pour la belle image. Et c’est effectivement une oeuvre sur le cinéma et le rapport au cinéma.

    • “On laisse 2001 pour nos hippies de parents, mais on s’approprie Blade Runner comme le film-phare de la Sci-Fi portée sur écran. ”

      Phrase désespérante. Rien de ce qui est cinématographique ne m’est étranger.

    • (tony_potenza_
      19 décembre 2016
      22h43

      «selon moi Prisoners et Arrival sont ses deux plus grands succès» )

      Incendies était excellent…

    • Arrête de pleurer, Ghost, j’adore 2001. C’est juste un brin moins viscéral que pour Blade Runner, qui m’a émerveillé dans ma jeunesse alors que le film était tout frais. J’espère que tu vas être en forme pour les listes de zique ?

    • « Comment ne pas à la fois craindre et vouloir une suite ? »

      Je n’ai jamais voulu de suite à Blade Runner, que j’ai d’ailleurs revu avec mes enfants récemment, pas plus que j’aurais voulu une suite à Vertigo ou à Ascenseur pour l’échafaud. Je ne crains pas la suite outre mesure non plus, j’ai l’impression que Villeneuve, qui n’est tout de même pas un tâcheron incurable, sauvera les meubles en accouchant d’un semi-nanar potable, comme Hyams avec 2010, qui satisfera les critiques, cinéphiles classe A et autres amateurs de cultes terrorisés par la perspective d’un ratage en bonne et due forme. Et si Bladder Running 20409 s’avère aussi réussi et puissant que le retour de Mad Max, alors que le Grand Cric me croque.

    • ”j’ai l’impression que Villeneuve, qui n’est tout de même pas un tâcheron incurable, sauvera les meubles en accouchant d’un semi-nanar potable, comme Hyams avec 2010, qui satisfera les critiques”

      Damn, Luc… Vos attentes sont basses! I like your style ;-)

      Ce n’est pas mon intention de (re)mettre en opposition 2001 à Blade Runner, mais comme c’est les deux poids lourds de la SciFi cinoche, allons-y…

      À mon avis, il faut s’attendre à quelque chose de supérieur à 2010, avec 2049 (c’est weird ces titres-dates, uh?) le palmarès devrait être comme suit:

      2019
      2001
      2049
      2010

      Me suivez-vous ?

    • Non, sérieusement, s’il y a un décalage qualitatif aussi brutal entre Blade Runner et Blade Runner 2049 qu’entre 2001: A Space Odyssey et 2010: The Year We Make Contact… je vais *définitivement* être déçu.

      Déçu de l’idée de l’idée de retoucher à Blade Runner, déçu de Denis Villeneuve, déçu de tout.

      Ne gâchez pas mon noël, siouplait.

    • *de l’idée, un en moins. Bref, y a trop d’idées.

    • C’est fort complexe, en effet. Mon palmarès des films aux titres d’années ressemblerait à ceci, en ordre décroissant :

      2001 (Kub-de-Rubick)
      2046 (Wong kar-Wai)
      1492 (Scott)
      1900 (Bertolucci)
      1941 (Spielberg)
      1984 (m’en rappelle pu)
      2010 (Hyams)

    • 2001
      2019
      2046
      2010
      2049
      1984

      Bon, si on rajoute les lettres, ce sera bien différent.

    • “J’espère que tu vas être en forme pour les listes de zique ?”

      Encore faudrait-il qu’on me permette de le faire…

    • Je persiste à dire que si c’est du calibre de 2010, Villeneuve pourra dire mission accomplie. Et tu pourras te compter excessivement chanceux, Johnny-8-Boy, que ce projet ne se soit pas retrouvé entre les mains de Christian Duguay ou d’Yves Simoneau.

    • Faudrait que je revoie 2019.

    • Oh, je n’ai jamais vu de réflexions dans Transformers, même que les idées qui y sont me répugnent ; c’est le sens du spectacle de Bay qui me plaît, c’est un grand cinéaste d’action. Et Avengers, c’est un truc de scénariste, pas de mise en scène, sauf un ou deux plans, et c’est l’un des rares films de Marvel que je trouve bien.

      Pour le cinéma et Arrival, oui, on communique par des ombres sur un écran blanc, oui, comprendre le cinéma change la vision du monde, oui, le cinéma est notre avenir, un monde possible vers lequel tendre, mais tout cela est dans un enrobage SF qui, lui, est encombrant et incohérent. Ok, sans idée, c’était peut-être trop fort, mais pour la belle idée, il y a en 3 de fanfaronner sans les développer.

    • @Luc, j’avais des craintes avec Villeneuve aux commandes de BR2.

      Les craintes ont disparues après le visionnement de Prisonners mais surtout Sicario.

      Soyons honnêtes ici, j’aurais sûrement bouffé mon clavier de rage si JJ Abrahms avait hérité de la patente.
      Au début, j’aurais souhaité secrètement que la famille Nolan s’en occupe, mais tout compte fait je ne pense pas que ça aurait donné un résultat vraiment mémorable.
      Sinon, bin il reste Xavier c’est sûr, mais il est binque trop occupé pour ces niaiseries de geeks là…

    • Luc, Blade Runner 2019 a superbement vieilli, je trouve. Idem pour la trame sonore, que j’écoute de manière ultra régulière.

      C’est drôle parce que l’autre jour je l’ai écouté, puis tout de suite après Terminator (1984), pourtant deux ans plus jeune, et je me suis esclaffé de rire.

      Même s’il est né en 1982, il semble avoir été vacciné contre les années 80. Déjà là, c’est un exploit. J’espère que Villeneuve va vacciner son 2049 contre les années 10…

    • Luc_, moi aussi j’aime bien 2010, probablement l’un des films qui m’a le plus marqué dans ma vie pré-cinéphile. Disons avec Lucas et Ferris Buller. J’ai revu 2010 il y a deux ans et ça tient quand même la route, même si ce n’est pas 2001, on s’entend.

      En fait, 2010 est le dernier grand films de sci-fi seventies (l’âge d’or de la sci-fi) avec Blade Runner.

    • Il y en a plus que 3, Ciné. Ce n’est pas parce qu’on ne voit pas d’idée qu’il n’y en a pas.

    • Il y en a plus que 3 qui sont fanfaronnées sans les développer? Une chance que je ne les vois pas!

    • (Correction de la citation sur l’intélligence d’ailleurs que j’ai traduit en français
      de façon approximative… et surtout de mémoire. L’originale vient de la bande
      dessinée Calvin & Hobbes et ça va comme suit :
      « Sometimes I think the surest sign that intelligent life exists elswhere in the
      universe is that none of it has tried to contact us ».)

      Dans mes lectures sur le film « Arrival » j’ai au moins apprit que la science-
      fiction a huit sous-genres; anticipation, dystopie, post-apocalypse, hard-science
      ou hard sf, space-opera et le planet-opera, l’uchronie, le steampunk et le
      cyberpunk. « Arrival » est un genre hard science car le récit se passe au temps
      présent et il essaie d’envisager des évènements imaginaires d’un point de vue
      scientifiquement crédible. Question quiz, de quel sous-genre est Blade Runner ?
      (réponse: cyberpunk)

      Autre terme que je ne connaissais pas : Arrival serait un film de type
      « Mind F••K ». En effet ! :-)

      Avertissement : les deux prochains textes peuvent divulgâcher « Arrival »…

      @le_gaspésien (11h08)
      J’ai aussi quelques bémols pour le film Arrival dont un qui est technique et qui
      m’as fait décrocher plusieurs fois du film au point où j’ai failli quitter la salle. Je
      pensais que la luminosité de la projection était de moitié tellement les images
      étaient sombres. Finallement je me suis rendu compte que la bande-annonce
      était aussi comme ça. Le film est tiré d’un court récit où l’armée n’est pas
      impliqué (ah, Hollywood il te fallait bien casser une explosion !). Je ne suis
      pas très calé en film de sf mais en terme de film « humain rencontre ET » c’est
      un peu moins poétique (et coloré) que le film de Spielberg de 1977. Toutefois,
      malgré quelque moments ridicules (le physicien montre comment l’homme
      marche, le panneau vitré) je suis prêt à donner une seconde chance au fim et
      procéder à un second visionnement. Le film possède plusieurs couches, par
      exemple, les problèmes de communications qui peuvent créer la guerre (votre
      exemple à la fin de votre commentaire).

      @unholy_ghost (13h54)
      Comme je mentionne plus haut le film à plusieurs niveaux d’interprétation. J’ai
      mit du temps y voir un peu plus clair dans les divers comptes rendus que j’ai
      vu et lu. Un petite question par rapport à la visite dans 3 000 ans… J’ai compris
      que les heptapodes voient leur avenir mais ils ne peuvent pas le modifier… dont
      en quoi pouvons nous les aider si nos actions n’auront aucunes influences sur
      leur destin ?

    • @cinefilm

      “J’ai compris que les heptapodes voient leur avenir mais ils ne peuvent pas le modifier… dont
      en quoi pouvons nous les aider si nos actions n’auront aucunes influences sur leur destin ?”

      Je ne crois pas qu’ils ne peuvent le modifier et ils ne peuvent voir tout le futur. Par exemple, ils comprennent que la bombe va exploser quelques secondes avant qu’elle n’explose. C’est d’ailleurs l’idée la plus émouvante du film. Costello qui s’enfuit et Abbot qui se sacrifie pour sauver Louise. Il sait qu’il va mourir mais il l’accepte. Comme Louise accepte que sa fille va mourir. Amor fati. Ainsi parlait Zarathoustra… Quand j’ai revu le film, ça prend littéralement à la gorge quand Costello explique qu’Abbot est en “processus” de mort. Il pense en dehors du temps, mais ils peuvent quand même penser un processus.

      @ Ciné

      “Il y en a plus que 3 qui sont fanfaronnées sans les développer? Une chance que je ne les vois pas!”

      Qui fanfaronne?

    • @unholy_ghost et cinefilm (donc spoilers)

      Il me semble plutôt que c’est un des trucs sur lequel le film n’est pas cohérent. Je m’étais posé la question aussi pour Louise, qui dit à un moment avoir fait le “choix” de garder son enfant malgré tout, mais la séquence avec le général chinois suppose plutôt qu’il n’y en a pas de choix, puisque la vision du futur est nécessaire pour que le passé existe et vice versa, il y a un déterminisme implacable à ce moment. En fait, toute cette idée de “penser en dehors du temps” se résume à “voir dans le futur”, ce qui, euh, n’est pas du tout la même chose. Ça fait partie des idées pas développées – mais comme ça nourrit une belle émotion, je le laisse passer.

      Et cinefilm, je vois mal comment Arrival serait du Hard Science tant il n’y a pas une once de science dans ce film. On est plus dans la poésie qu’autre chose quant à moi.

    • @unholy_ghost
      Je ne crois pas qu’ils ne peuvent le modifier et ils ne peuvent voir tout le futur.

      D’accord, j’avais pensé aussi à cette possibilité pour que l’histoire tiennes
      la route. J’ai pensé la même chose pour l’un des deux heptapodes; il sait
      que cette « mission » lui sera fatale, il accepte son sort malgré tout. Il faudra
      que je revois le film aussi.

      Petit détail. Je n’ai pas vu les trois précédents films de Villeneuve (j’ai du
      rattrapage à faire) mais j’ai vu des extraits de « Enemy » dont la dernière
      scène avec la bestiole dans la chambre… une scène est semblable dans
      « Arrival » lorsque Louise voit un des heptapodes dans sa chambre… Je
      ne sais pas si ça veut dire quelque chose…

      @cinematographe
      Et cinefilm, je vois mal comment Arrival serait du Hard Science tant il n’y a
      pas une once de science dans ce film. On est plus dans la poésie qu’autre
      chose quant à moi.

      Ce n’est pas ma définition mais une catégorisation que j’ai trouvé. Si science
      il y a c’est peut-être celle de la linguistique, j’imagine. Vérifications faites,
      Villeneuve s’est adjoint deux consultants en science; Stephen Wolfram et
      son fils Christopher Wolfram.

      *****

      Sous la catégorie « je vous parle d’un temps que les moins de vingt ans ne
      peuvent pas connaître », petit clin d’oeil à la disparition de l’actrice française
      Michèle Morgan… «T’as d’beaux yeux, tu sais. Dommage qu’on ne les verra
      plus…»

    • Oui, ce serait la linguistique, mais dans le hard science, on aurait de longs dialogues sur la linguistique et des extrapolations à partir de nos connaissances actuelles, puis des tentatives d’explication d’une telle forme de vie (qu’est-ce que ça fait, au quotidien, un heptapode, si même le mot quotidien a un sens pour eux, qu’est-ce que ça implique de former des phrases ainsi, si on peut encore parler de “phrase”, quel est le lien entre la structure de leur pensée et leurs constructions ou leur environnement, le vaisseau spatial dans ce cas, etc., etc.), ou encore des discussions sur le temps, et comment il pourrait être possible de penser “hors du temps”. Ce qui est non-sens pour un être humain, ce serait une question fascinante à explorer, quelqu’un l’a probablement déjà fait, mais on n’a pas ça dans Arrival, on ne fait que brasser un peu les repères temporels, mais on finit par se retrouver, ce qui ne devrait pas être le cas (je pense au magnifique Je t’aime, je t’aime de Resnais tout d’un coup…)

      C’est très rigoureux, en théorie, du hard science, mais il n’y a rien de cela dans Arrival, le processus de découverte du langage de l’Autre est complètement escamoté alors que ça devrait être l’enjeu. C’est pour cela je dis “poésie”, Arrival parle par images et pas par la science, la linguistique n’est qu’un prétexte.

    • @cinematographe
      J’ai retrouvé le lien pour les 8 sous-genres, il y a des exemples de films pour
      chaque catégorie :

      Quelle utilité de connaître les 8 types de SF ?
      http://www.destination-futur.fr/connaitre-les-sous-genres-de-science-fiction/

      En détail voici comment est décrit la Hard-science ou Hard SF

      «Littéralement, la science dure… Ces récits se passent dans des mondes
      présents ou futurs qui ne sont pas en contradiction avec notre présent et nos
      connaissances. La crédibilité scientifique et la richesse des détails sont de
      mise et certains éléments inventés seront au coeur de l’intrigue (l’arche des
      Hypothétiques dans Spin, par exemple).
      Parfois très axés sur les aspects technologiques, parfois davantage sur la
      dimension psychologique et relationnelle des personnages, il existe une
      grande diversité de romans dans ce sous-genre.»

      Vous lancez plusieurs questions intéressantes qu’on peut se poser en voyant
      le film. Le côté « réaliste » de la rencontre nous fait réfléchir sur comment
      on accueillerait ces êtres venus d’ailleurs. (SI on transpose ça dans l’histoire
      on a qu’à penser à ce qu’ont dû vivre les premiers habitants d’Amérique quand
      des conquistadors comme Cortés sont arrivés. Méchant choc culturel qui s’est
      soldé par la loi du plus fort). Mais pour en revenir sur le plan strictement
      scientifique, j’aimerais savoir ce quelqu’un comme Hubert Reeves pense du film.

      (P.S. : Mon interrogation à moi c’est comment des êtres venus d’on ne sait où on
      pu inventer la vitre comme nous. :-) Un détail du film mais j’aurais vu quelques
      choses de plus organique.)

      «le processus de découverte du langage de l’Autre est complètement escamoté
      alors que ça devrait être l’enjeu.»

      Tout à fait ! Je pense que l’équipe du film qui s’est chargé du visuel a fait un
      travail sérieux jusqu’à inventé un language visuel (les fameux cercles) pour
      pouvoir dire quelques phrases. Bon c’est sûr qu’on ne peux pas s’empêcher
      de penser que toute cette communication tiens sur des taches de café ! :-)
      Blague à part, après recherches, les cercles font référence au symbole du
      serpent qui se mord la queue, le ourobouros qui peut représenter le temps
      cyclique. (Pour les enjeux du scénario je vais écouter l’entrevuedu scénariste
      à la chaîne DP/30 sur YT).

    • Sur le Final Cut: Est-ce vraiment pertinent à notre époque, pour un film à gros budget? Je pose la question candidement. En terme de liberté artistique, peut-on vraiment comparer un hypothétique final cut de Blade Runner avec disons, un film de Denis Côté?

      Est-ce que le fait d’avoir le final cut voudrait vraiment dire que Villeneuve à fait un film selon sa vision? Sa réponse me parait être avant tout un effort plutôt mou de cacher le fait que ce n’est pas “son” film au sens ou un 32 août sur terre l’était et que ça ne pourrait pas l’être.

      En même temps, Le final cut du “vrai” Blade Runner sauve un peu le film, et le Redux d’Apocalypse Now le bonifie vraiment.

      Bref, c’est bien beau cet eldorado du final cut, mais ça ne transforme pas un film de studio en film indépendant sous prétexte que c’est un artiste qui a le dernier mot.

    • “une scène est semblable dans « Arrival » lorsque Louise voit un des heptapodes dans sa chambre… Je ne sais pas si ça veut dire quelque chose…”

      Oui, bien sûr…

    • @unholy_ghost
      Je ne connais pas tous les films de Villeneuve. Au lieu de dire « je ne sais
      pas si ça veut dire quelque chose » j’aurais dû demander si le cinéaste fait
      souvent se genre d’« auto-référence ».
      J’espère voir « Enemy » (au complet) prochainement.

    • De nos jours, les Final Cut sont plus souvent qu’autrement des stratégies commerciales, pour revendre le même film en Blu-Ray/DVD avec quelques différences plus ou moins mineures. À Hollywood, le montage a toujours appartenu au producteur, les cinéastes qui veulent le dernier mot doivent soit être producteurs, soit filmer pour limiter les possibilités sur la table de montage, et imposer ainsi leur vision (technique de Ford/Hitchcock, impossible aujourd’hui avec le tournage à plusieurs caméras et la postproduction qui est de plus en plus indissociable du tournage).

      Il y a des cas de cinéastes qui se font enlever leur film des mains, comme Blade Runner, plus récemment je pense à Margaret, mais c’est somme toute assez rare. Sinon, la liberté artistique, à Hollywood, s’exprime à travers les contraintes, et les grands films de studio sont ceux qui savent comment les adopter pour jouer avec elles.

    • @Ghost, je vais tenter de glisser un mot en ta faveur, chez AB. J’ai le leverage d’un cure-dent, mais quand même: ça pique un cure-dent ;-)
      Une saison des listes sans le Fantôme, c’est pas vraiment une saison des listes.

      *voix de Arnold*

      You’ll be back!

    • Cinematographe, vraiment?

      Ceux là se font enlever le final cut des mains? Chris Nolan, Tarantino, Iñárritu, Favreau, Aronofsky ?

      (j’ai pas vérifié qui produisait quoi en parallèle, hold your guns please)

    • @kurtz

      ”Le final cut du “vrai” Blade Runner sauve un peu le film”

      Un peu ?
      On parle ici de la version Voice-over contre la version Let’s-play-Vangelis-alone ?

      https://www.youtube.com/watch?v=iTndn5v2xKo

      Frank Darabont nails it. Non, sérieusement, c’est comme taper sur un pénis bandé avec une pelle.
      J’veux même pas parler de cette version là, elle n’existe pas cette version là, arrêtez svp c’est noël.

    • “Et cinefilm, je vois mal comment Arrival serait du Hard Science tant il n’y a
      pas une once de science dans ce film.”

      Non, c’est plus complexe que ça. La fille dit que le langage (la poésie, en somme, ce qui déborde la simple logique et qui fait la singularité de chaque langue) est la base de la civilisation. Le scientifique lui répond, non: c’est la science. Voilà le sujet. Or, le film donne raison à la linguiste. La logique et les maths sont une formalisation extrême de l’expérience humaine et du monde, fort utiles certes, mais ne dit pas le tout de cette expérience – ce que le langage dit naturel tente de faire. Ciné parlait d’humanisme: le film plaide pour l’idée toute simple que toute culture humaine n’est pas réductible à la logique, que chaque culture est une vision singulière, unique, vitale, et qu’acquérir une autre culture est penser le monde autrement. Les Et n’atterrissent pas, comme dans un blockbuster de Roland Emmerich, dans les grandes capitales; non, ils arrivent un peu partout sur la planète: chaque culture est une vision du monde aussi importante. La culture américaine, par exemple, n’est pas plus complexe que la culture dogon (ceux qui connaissent la culture dogon me comprendront). À un moment donné, un militaire nous dit que les ET ne comprennent rien à notre arithmétique. Bien sûr, ils la comprennent très bien, c’est un jeu d’enfant pour eux, mais ce n’est pas ce qui les intéresse. Ils ne viennent pas non plus apprendre notre langage: ils le savent déjà. Non, ils viennent nous tester et nous apprendre deux ou trois choses. Après, il est évident que le film plaide pour l’idée que le cinéma est aussi, à son meilleur, une vision du monde singulière et qu’un grand film nous fait voir le monde de façon absolument unique qui ne se réduit à une vision cartésienne des choses. La moitié du film on nous montre une caméra qui filme des taches sur un écran… Le cinéma a sa plus simple expression: des ombres sur la paroi de la caverne… L’idée au fond de tout, c’est que le langage n’est pas qu’un simple moyen pour véhiculer nos idées; les idées ne sont pas séparables du langage, comme le signifié n’est pas séparable du signifiant. Les ET finissent par fournir une réponse ambiguë pour bien illustrer la chose: nous vous apportons arme/outil. Démerdez-vous…

      Quand Louise apprend le langage des heptapodes, elle voit le monde différemment: elle se met à voir le futur, mais elle ne le sait pas encore. Or, l’idée géniale du film, c’est de faire vivre la même chose au spectateur. Pendant tout le film, on croit voir des flash-backs, puis on se rend compte que ce sont des flashs-forwards. Je ne connais pas d’autres films dans l’histoire du cinéma qui a poussé cette forme aussi loin. Du coup, dans cette indécision entre futur et passé, au moment où le spectateur se rend compte de son erreur, le spectateur voit le monde comme un heptapode – le futur et le passé se confond, le film devient circulaire. Ce qui est le début du film est en fait la fin, mais on ne le saura qu’à la fin (même si Villeneuve, un brin joueur, nous le dit dès la voix off du début). La boucle est bien symbolisée par la boucle du langage des heptapodes. 2001 avait aussi cette idée, avec le vieillard qui revenait enfant, mais il ne poussait pas cette idée nietzschéenne jusqu’au bout. D’où l’amor fati selon Nietzsche: vis ta vie comme si cela ne te dérangerait pas de la revivre pour l’éternité. Louise hésite à se rapprocher de son futur mari, elle pourrait ne pas accepter ce futur, mais elle accepte ce destin per se. Ce n’est pas une merde new age, ou je ne sais quoi, c’est une morale stoïcienne. Ainsi parlait Zarathoustra.

      La question de l’outil/arme est importante. Imaginons une civilisation extraterrestre qui ades centaines de milliers d’année d’avance sur nous (dans le film, on dit 3000 ans, mais c’est avec l’aide du langage ET, alors…). La question est: comment a-t-elle fait pour ne pas s’autodétruire pendant ses milliers d’années? Chaque création d’un outil, chaque nouveau savoir apporte une puissance nouvelle, mais augmente aussi la capacité de destruction. Dans 2001, le singe prend un os de tapir, le transforme en outil, mais rapidement aussi en arme. C’est intrinsèque à la nature même de la technique. Dans le film, chaque pays joue au dilemme du prisonnier.

      Je pourrais développer encore. Ce qui me fascine davantage dans le film ce sont les figures qu’il invente. Rarement au cinéma le rapport entre numérique et matière fut aussi bien exploiter. Le rapport à 2001 est également fascinant.

    • SPOILERS ALERT POUR LE PRÉCÉDENT POST!!!

    • SPOILERS

      @Cinefilm

      Dans Enemy, le féminin était filmé comme le monstrueux, d’où cette veuve noire qui hante tout le film et la fin. Mais on se dit que l’homme avait une araignée au plafond et que c’était lui le problème. Dans Arrival, le vaisseau a une forme vaginale (avant de se renverser et de regarder la terre comme un oeil). On peut y insérer, dans son corridor vertical, le monolithe de 2001… Le fait que les axes vertical et horizontal se mélangent est une référence habile à l’opus kubrickien. L’atmosphère extraterrestre est aqueux, c’est une sorte de matrice, Louise y sera plongée pour y renaître. L’écran blanc d’Arrival est l’inverse du monolithe/écran noir de Kubrick. Or, 2001 est un film très masculin: tous les personnages sont des hommes sauf deux trois potiches, Kubrick montre constamment des vaisseaux mâles pénétrant des bases femelles, etc. Kubrick se moque de cet univers mâle, bien sûr, comme dans tous ses films. Arrival est construit non pas comme un sci-fi mais comme un film d’horreur (le scénariste a scénarisé A Nightmare on Elm Street), les heptapodes sont monstrueux (le côté céphalopode fait référence au Cthulhu de Lovecraft), on crée un thriller avec une attente angoissante, etc. Louise a quelque chose de la Madone, on voit son assomption vers le vaisseau. Mais le film opère un renversement: les monstres ne sont pas ceux qu’on croit.

      On peut quand même se demander si la fille n’a pas attrapé sa maladie génétique parce que sa mère fut exposée aux langages ET (et qu’en définitive les extraterrestres sont condamnés pour la même raison).

    • @jon8

      Nolan et Innaritu sont producteurs, oui, Aronofski sur quelques-uns de ses films, les plus gros budgets probablement. Favreau travaille avec Marvel, je doute fortement qu’il a le contrôle sur quoique ce soit, et Tarantino ne joue pas avec les mêmes budgets. Je soupçonne qu’il travaille avec des producteurs avec qui il a une bonne relation. Il n’est plus avec Weinstein en tout cas! Ce n’est pas vraiment une question de se le “faire enlever des mains” dans la mesure où le film appartient aux producteurs, toujours, d’un point de vue légal en tout cas. Et les réalisateurs sont invités à la table de montage, ils n’ont juste pas le dernier mot en cas de conflit.

    • “et de regarder la terre comme un oeil”

      Erreur de ma part: le vaisseau, comme une cornée, regarde vers le ciel.

    • Billet intéressant, Monsieur Siroka, mais de grâce, faites attention aux anglicismes : un « final cut » est un montage final en français; « replicant » a été francisé par « réplicant » ou « répliquant »; un « post » est un billet; et Mackenzie Davis n’est pas « graduée », mais diplômée de l’Université McGill.

      Va pour le «gradué», mais le reste ce sont des termes universels dans le langage cinéma / blogage, merci. -js

    • Je viens de finir de lire Cartel, la brique de Don Winslow qui traite des narcotrafiquants. Sicario effleure le sujet alors que Cartel y plonge en profondeur. L’univers décrit y est sombre, brutal et extrêmement payant. Paraît-il que «l’industrie» de la cocaïne uniquement vaut autour de 30 milliards par an au Mexique. Aussi bien dire qu’il ne manque pas de monde, ni de relève, dans toutes les classes de la société, pour aller chercher sa «juste part.»

      Reste qu’avec le passage dans les rues mexicaines, l’attente et la tension avant la tuerie aux douanes, notamment, Sicario donne déjà une bonne, mais petite idée de ce que Cartel va offrir.

    • @Jozef
      merci pour l’ajout, très intérressant.

      @cinematographe
      ”en cas de conflit”… et les conflits sont fréquents? Je veux dire: en temps normal, on peut s’attendre à ce que le contrôle artistique soit dans les pattes du director, non ?

    • Je ne sais pas, jon8, on entend juste parler des grosses disputes. En théorie, un bon producteur va respecter la vision artistique du réalisateur, et j’imagine que plus ta réputation est établie, plus on va tendre à te faire confiance, mais je ne sais pas comment ça se passe dans les faits. Souvent, les réalisateurs vont travailler avec les mêmes producteurs, il doit y avoir un lien de confiance créé, comme le suggère le commentaire de Villeneuve ci-haut.

    • Luc_Marchessault (14h28) : Pourquoi ? Parce personnellement, je n’aurais pas fait de suite à Blade Runner. Il y a des films qui n’ont pas besoin de suite, surtout des films comme celui-ci qui sont maintenant considérés comme des chefs d’oeuvre. Y ajouter une suite, c’est invariablement avoir quelque chose qui ne répondra pas aux attentes. Je ne verrais pas une suite à Citizen Kane ou à E.T. (si on veut rester dans la scifi) et pour moi, Blade Runner rentre dans cette catégorie. Oui, je suis très content que grâce à cette suite, plus de gens pourront découvrir Blade Runner, l’original. Mais un peu comme 2001, les films de scifi vieillissent moins bien car la réalité rattrape la fiction et pas toujours dans le sens supposé.

      Dans le même genre d’idées, je ne ferais pas d’adaptation cinématographique à Ghost in The Shell, même si ça risque d’être très vendeur.

      Voilà pourquoi.

    • @ mercador :

      J’ai écrit ceci plus haut :

      « Je n’ai jamais voulu de suite à Blade Runner, que j’ai d’ailleurs revu avec mes enfants récemment, pas plus que j’aurais voulu une suite à Vertigo ou à Ascenseur pour l’échafaud. »

      On dit donc la même chose. Les films de SF contemporains grand public pèchent généralement par un manque d’imagination désespérant, tant en matière de gamme de gadgets narratifs que d’effets de moins en moins spéciaux et de plus en plus ordinaires. Remarquez bien que ça ne m’empêche pas d’en regarder pas mal, qu’il s’agisse de trucs d’anticipation prévisible comme Maze Runner ou de gugusses de superhéros. Peu me restent en tête plus de 24 ou 48 h après le visionnement : Under the Skin, 10 Cloverfield Lane, Snowpiercer, au cours des 3 ou 4 dernières années, puis, en format télé, quelques-uns des épisodes de Black Mirror. Et Westworld, malgré quelques éléments agaçants, c’est de la SF lyrique de haut niveau.

    • Villeneuve va avoir son mot à dire tant qu’il va rapporter de l’argent ou que son producteur ne se dira pas qu’il sait mieux que lui comment en rapporter.

    • Je comprend que le CGI est parfois nécessaire, surtout en SF.

      Pour ce qui est des plans extérieurs grandioses, je revu récemment “The Shinning”. La prise de vue du début du film est simplement ahurissante, et c’est que des vrais décors.

    • @unholy_ghost
      20 décembre 2016_23h49 et 00h28

      Merci pour ces deux textes. Le premier texte ne m’était pas destiné mais il
      apporte une belle interpétation au film. J’ai compris le côté « la fin est le
      début et le début la fin » à la mention du nom de la fille de Louise, Hannah.
      Le film vaut définitivement un second visionnement !

      P.S._1: Un exemple cinéma sur le flashforward (qui se nomme aussi
      prolepsis) se trouve dans « They shoot horses, don’t they? » (1969, Sydney
      Pollack) (recherche rapide sur le web, par curiosité)

      P.S._2 : Écouté l’entrevue d’Eric Heisserer le scénariste de Arrival. Il n’as
      que de bons mots sur sa collaboration avec Villeneuve. (Ce dernier a
      pourtant dit qu’il pouvait devenir le pire ennemi d’un scénariste). Il n’y a
      rien de significatif dans l’entrevue sinon que Heisserer dit que le film est
      basé sur la maternité et que le plus dur a été d’avoir un équilibre entre
      l’émotion et la découverte intellectuelle (intellectual discovery).

      P.S._3 : J’ai entendu que le visuel des heptapodes (on pourrait dire un peu
      désuet) est inspiré des illustrations de la courte nouvelle. (je n’ai pas trouvé
      d’exemples)

      Je met le texte sur « Enemy » de côté pour le lire après avoir vu le film.
      Merci encore !

      (Désolé de ne pas avoir pu écrire plus tôt)

    • “à la mention du nom de la fille de Louise, Hannah.”

      Oui, en effet, j’aurais pu l’ajouter.

      Il y a des flash-forwards dans l’histoire du cinéma, même si c’est pas si fréquent, mais un film qui construit tout son suspense sur le fait que des flash-backs sont en fait des flash-forwards, je n’ai jamais vu ça. D’autant que c’est pas juste une coquetterie, mais une forme nouvelle qui amplifie le fond (philosophique). Ça m’a jeté à terre lorsque j’ai réalisé la chose.

    • @unholy_ghost
      D’autant que c’est pas juste une coquetterie, mais une forme nouvelle qui
      amplifie le fond (philosophique)

      Si je ne fais pas erreur j’ai cru entendre Villeneuve dire que le scénario de
      départ était plus chronologique et de ce fait cela allait donner un film un peu
      trop commun. Je ne connais pas son implication dans les modifcations
      apportés. (Il serait intéressant de lire l’histoire courte pour comparer avec
      le film.)

      *****

      Pour l’ajout du texte sur le CGI on voit un certain dépouillement sur les
      photos, un peu comme dans le style du film de 1982. Est-ce uniquement pour
      nourrir les médias et que plus de post-productions sera ajouter sur ces
      mêmes images, il faudra voir. (si Villeneuve y va mollo sur le fond vert, difficile
      d’imaginer qu’il pourra en faire autant si « Dune » est adapté en mini-série
      pour la télé; ça semble demander beaucoup CGI).

    • SPOILERS

      Je viens de voir Rogue One et je me suis ennuyé comme un rat mort. Personnages sans intérêt, action plate à mourir, pas un once d’humour à part le robot, première présence de Vader absolument caricaturale, Princesse Léïa en cire. Il y a deux trois belles choses, comme l’apparition de Vader dans le noir, mais sinon c’est visuellement plat. Les vaisseaux en CGI ont tous l’air de mauvais jeux vidéo. Le meilleur film de la série selon Sarfati? Misère… Probablement le plus pauvre.

    • Par contre, je n’ai pas vu Passagers et ça m’a l’air navettissime. Quelqu’un l’a vu?

    • Il va falloir que je revois Attack of the Clone pour savoir si Rogue One est le pire film de la franchise.

    • Je dois absolument aller voir Rogue One, c’est assurément un chef d’oeuvre. Merci Ghost pour le tip

    • «Personnages sans intérêt, action plate à mourir, pas un once d’humour à part
      le robot, première présence de Vader absolument caricaturale, Princesse
      Léïa en cire.»

      Ça me rassure; je ne suis pas le seul à connaître de plus en plus de décalage
      entre ce que je lit comme critiques sur un film et le fait de voir ce même film :
      parfois je me dit qu’on a pas vu la même chose. Ça développe au moins une
      vigilance et un sens critique sur ce qu’on va voir, restons positifs.

      Pas assez fan de la série pour voir Rogue One mais j’ai entendu les
      commentaires sur le retour à l’image de deux personnages clés (il y a aussi
      des personnages secondaires, comme deux pilotes de l’alliance). J’ai cru
      comprendre que les « reshoots » demandés au réalistaeur était dans ce but :
      faire le pont entre la fin de Rogue One et le premier film de la série (1977).
      (J’imagine que les pauvres animateurs en 3D ont dû faire des miracles dans
      un horaire de production assez chargé. Le studio lance la date de sortie du
      film et tous les départements sont confrontés à un « time crunch »)

      On a fait beaucoup de progrès en images de synthèse et éventuellement,
      pour le meilleur et le pire, on aura des acteurs/actrices recrées de toutes
      pièces dans un avenir proche. Suffit de tapper « best 3D rendering » sur
      Googelou pour voir où on en est, c’est souvent assez bluffant ! (à mon avis
      tout se joue dans les yeux, y a-t-il de la vie ou pas).

    • Ouais, terrible Rogue One, j’ai sommeillé pendant un bout, j’aurais jamais cru cela possible devant un Star Wars. Passengers semble nul, en effet, mais il y a Jennifer Lawrence, alors il y a sûrement un film intéressant caché dans le mauvais film. La prémisse lui va bien en tout cas.

      @cinefilm

      En fait, les pauvres animateurs 3D ont travaillé à ressusciter Peter Cushing, Grand Moff Tarkin dans New Hope, et il n’a pas été rajouté à la dernière minute, c’était prévu de longue date. D’ailleurs, c’est une atrocité, je comprends pas comment on peut oser faire ça. Carrie Fisher, elle, a été rajeunie, elle n’est pas tout-CGI, mais elle est effectivement en cire et ça donne un choc terrible alors que ça devrait être le plan qui nous amène vers New Hope.

    • @cinematographe
      D’après ce que j’ai lu on a prit un acteur et une actrice qui avait une
      structure faciale semblable aux acteurs originaux pour leur « coller »
      des bouts de Cushing et Fisher, digitalement… Le procédé est un peu
      douteux en effet, surtout pour ceux qui sont attachés à la série et à ces
      personnages. Il me semble que des acteurs avec un physique proche,
      sans autres atrifices, aurait pu faire l’affaire…

    • j’ai manqué un bout de la discussion mais les Octopodes d’Arrival, ils sont un peu décevants non? Le problème c’est que cette déception est placé au sommet de la trajectoire narrative …. on nous amène de l’université, à l’hélicoptère, à un campement militaire, à un long corridor, on nous fait attendre devant une vitre, etc., et tout ça pour des pieuvres de série B qui se déplacent dans la brume.

      En espérant que les moment-clefs de BR2049 soient un peu plus maîtrisés de ce point de vue.

    • Moi j’ai beaucoup aimé les heptapodes, à la fois calmar, main-pied, araignée, et surtout lovecraftien. La solution dans labsolu est de ne rien représenté (2001) ou de faire l’insecte de nos pires cauchemars (Alien). Villeneuve a trouvé une solution qui marche, c’est déjà ça. Et ses Abbot et Costello CGI sont émouvants, ce qui est rare.

    • Ouain, mais la prémisse (passer le reste de sa vie seul avec Jennifer Lawrence) est loin d’être terrible…

    • Et puis, personne n’a vu le côté raciste. Les Arabes du début qu’on dégomme en même tant que les troupes impériales. Le pilote arabe qu’on torture et qui devient le bon arabe de service après en être sorti brainwashé (mais un peu niais, incapable de parler anglais et de dire deux mots intelligents sans une tête d’ahuri). Gros malaise.

    • Pas grand-chose de pertinent à ajouter sur ce qui a déjà été dit à propos d’Arrival mais je trouve également que Villeneuve est à sa place en science-fiction.

      Ses films Américains sont corrects mais il y a toujours quelque chose qui accroche. C’est beau, c’est bien fait mais ça ne lève pas comme ça devrait lever.

      Et c’est peut-être juste une question de style. Villeneuve c’est un cinéma cérébral et des images lisses comme un frigidaire un Inox (désolé, c’est la seule image qui me vient en tête quand je pense aux films de Villeneuve).

      Exemple, un film comme Prisoners c’est bien fait mais ce n’est pas assez sale. Sale dans le sens Fincher du terme.

      Sicario c’est bien également mais ce n’est pas assez viril pour le genre. Il manque un petit côté Michael Bay. C’est correct parfois d’être con et viril et de mettre des explosions juste pour mettre des explosions.

      Quand Kubrick a fait 2001 c’était très cérébral et sérieux mais quand il a fait Full Metal il était all in dans la testostérone. Et c’est pour ça que le film fonctionne.

      Arrival par contre c’est pile dedans. C’est de la science-fiction cérébral et lente et lisse et c’est parfait pour le style de Villeneuve. Et ça augure bien pour Blade Runner.

    • Renaud, la question se pose. Arrival plaide pour l’idée (hypothèse forte de Sapir-Worf) selon laquelle la langue change notre vision du monde. Alors on peut se demander en quoi la vision du monde de Villeneuve a changé en faisant des films en anglais. Pour le mieux, en tous les cas.

      Un bonne blague là-dessus:

      Un des acteurs racontaient que sur Arrival Villeneuve lui disait:

      - And now, after that, you focus (mais il prononce Fuck us)
      - Hahaha!
      - (Enragé:) It’s serious, be a professionnal! Focus!
      - Hahaha!

    • Ciné, ils auraient pu numérisé le casque de Vader, parce que la première fois qu’il apparaît on dirait son cousin…

    • Renaud, un frigidaire en Inox c’est toujours crotté… ;-)

    • Luc_Marchessault : je vous suggère fortement Ex Machina si vous ne l’avez pas vu.

    • Oui, son cousin bouffi, j’avais l’impression bizarre qu’il a pris du poids dans ce film, notre Vader. Mais il est tout démembré, il ne doit pas bouger beaucoup dans sa forteresse de Mordor, ça se comprend.

    • On fait systématiquement un lien entre Arrival et 2001, mais j’ai l’impression que Villeneuve est plus près de Tarkovsky (Stalker/Solaris) dans son approche.

    • Peut-être, mais les citations de 2001 sont massives. Juste les vaisseaux…

      Contact, aussi, mais Contact citait 2001.

    • “forteresse de Mordor”

      Haha, en effet! Ce qui me choque le plus dans la CGI, ce n’est pas tant l’irréalisme, il y a de la CGI auquel on croit (les dinos de Jurassic Park ou le T100), c’est une juste une question de qualité du travail, une maquette de New Hope n’est pas plus réaliste en soi que la CGI. Non, ce qui me choque c’est la pauvreté de l’imagerie des animation designer.

    • « Renaud, un frigidaire en Inox c’est toujours crotté »

      Bon point. Moi j’avais en tête les frigidaires qu’on voit dans les magasins et qui font rêver ma copine.

      Par contre c’est bizarre que la première image qui me vient en tête quand je pense a quelque chose de beau et lisse c’est un frigidaire.

      J’imagine que je suis comme cette madame qui se faisait interviewer après avoir gagné le gros-lot.

      -Qu’est-ce que vous allez vous acheter maintenant que vous êtes riche?

      -La chose dont j’ai toujours rêvé. Un frigidaire qui fait de la glace dans la porte d’en avant.

      L’inaccessible rêve.

    • Si je comprends bien Rogue One ne sera pas le sauveur de la série. Par contre je ne perds pas espoir. Je me dis que ces films étaient un passage obligé. Disney voulait rentabiliser ses investissements le plus rapidement possible et ils voulaient faire plaisirs aux fans en ramenant des moments de nostalgies.

      Une fois que cette étape sera passée ils pourront faire des trucs un peu moins grand public et pas nécessairement liés à l’ancienne trilogie.

      Par contre ça demeure Disney, mes espoirs demeurent quand même assez faibles.

    • Semble-t-il que le prochain projet québécois de Villeneuve sera une suite à Laurentie : Emmanuel Schwartz reprendra le rôle de Louis Després qui (DÉBUT DU DIVULGÂCHEUR), après avoir purgé ses 25 ans fermes, retrouve sa liberté (FIN DU DIVULGÂCHEUR) dans un Québec désormais gouverné par des Heptado-podes, c’est-à-dire des iPods qui ont transcendé la sapience humaine après avoir atteint le septième niveau de conscience jadis prôné par Serge Fiori.

    • heptapodes oui, sept, comme Harmonium et les Boeings. Mais oui réussir un être qui vient d’un véritable ailleurs c’est rarement réussi. Stranger Things c’était quand même écoutable, sauf pour ce qui est du monstre. La littérature rend mieux le monstre en général. En cinéma seuls quelques Kubrick et Lynch et Tarkovsky ont réussi à le faire sans faire cheap. Même si Dune est un semi-échec.

    • @clint_eastwood
      J’ai écrit plus tôt que les créatures faisait un peu désuet, oui ça fait un peu
      monstres de série B des années 50. À la limite le côté organique peu passer
      malgré un vaisseau très design à la Philippe Starck. (Après tout si on visitait
      une autre planète on pourrait trouver notre apparence un peu bizarre dans un
      vaisseau tout aussi design… :-)

      J’ai trouvé un visuel des heptapodes illustré d’après leur description dans le
      livre de Ted Chiang. Le dessin fait un peu cartoon mais ça se rapproche de
      ce qui est dans le film; si on prenait ce dessin et on devait donner vie à ces
      créatures de manière « réaliste ». On se dit… mouais, ça peut le faire…

      (l’illustration est la deuxième image sur ce blogpost)
      http://xenomorphology.blogspot.ca/2016/08/arrival-and-starfish-aliens.html

      (Extrait de Arrival and « Starfish Aliens », Xenomorphology blogpost par
      Sim Koning.)

      «The illustration above is based on the description provided in Ted Chiang’s
      short story. At a glance, one can see that he took the term « starfish alien »
      almost literally. The aliens are called heptapodes because of their seven-way
      (heptaradial) symmetry and seven eyes arranged in a ring near the dorsal
      surface and surrounding a respiratory spiracle that double as the vocal organ.

      It could be argued that radical symmetry isn’t the best design for an active,
      motile, terrestrial creature, but that doesn’t mean the design is unrealistic.
      Evolution isn’t a clever engineer that produces optimum designs, it’s a mix
      of random and nonrandom processes ofen leading to the modification of
      preeexisting structures away from one function and towards another, a
      process known as exaptation. This process often leads to the evolution of
      body plans or traits that are less than ideal for the function they perform. So
      when critiquing the design of an alien from a movie, one should be careful
      when pointing out perceived « design flaws », because if the alien is a product
      of evolution, it wasn’t actually designed in the literal sense.»

      P.S. : Le vrai Clint Eastwood (!) a un fils qui lui ressemble beaucoup… et il
      s’est mit à faire des westerns comme papa. Les bottes sont un peu grandes
      à remplir ! :-)

    • Le plus épeurant, dans Stranger Things, fut de constater qu’on caste désormais Matthew Modine en vieillard. Le prix de l’entité la plus sensuelle revient, ex aequo, à Adjani et au monstre dans le Possession de Żuławski.

    • Ah POssession, ne l’ai jamais vu, ça va me faire un beau Ciné-Cadeau. “Le prix de l’entité la plus sensuelle” …. la plus scary-sensuelle par contre c’est Scarlett dans Under the Skin.

      Starck! Oui voilà! Me semblait que j’avais déjà vu les heptapodes en quelques part, c’est son célèbre “juicer” -> http://cdn.shopify.com/s/files/1/0085/5432/products/alessi_starck_juicer_2_1024×1024.jpg?v=1444843512

      Je ne sais pas si ça été abordé dans les 803 commentaires ci-dessus, mais les trames sonores de Sicario et Arrival sont des éléments plutôt importants dans la relative réussite de ces deux films … un peu comme chez PT Anderson avec J Greenwood, une relation solide s’est développée. Bref, bien hâte de voir ce qu’il va nous pondre le JJ Johannsson pour BR 2049.

    • À l’époque, j’avais un kick pas possible sur Gabrielle Anwar. Mais elle ne devenait pas un monstre, heureusement. Non, le monstre sensuelle par excellence était pour moi sa belle-mère, Meg Tilly dans une scène d’anthologie:

      https://www.youtube.com/watch?v=H7YntoZAOpE

      “Le plus épeurant, dans Stranger Things, fut de constater qu’on caste désormais Matthew Modine en vieillard.”

      Haha, oui. Moi c’est quand j’ai lu que Bjork avait 51 ans. Ça m’a fait un choc.

    • @ghost

      “ce qui me choque c’est la pauvreté de l’imagerie des animation designer.”

      C’est sûr: dans le cas de Cushing, je trouve l’illusion technique assez réussie, c’est son “interprétation” qui cloche, grotesque et caricaturale. Cushing a l’habitude des vilains, son jeu à lui est beaucoup plus riche, vivant. Et ressusciter son personnage, c’est peut-être un exploit technique, mais c’est la solution la moins imaginative à un problème scénaristique stimulant.

      Puis, c’est bizarre de ne plus mettre en scène les effets spéciaux ; dans Jurassic Park et Terminator, c’est ce qui marche, ce sont avant tout des films sur le CGI, qui réfléchissent leurs propres moyens. D’ailleurs, si on avait écouté Spielberg et Cameron, on n’en serait pas là, JP est une mise en garde contre une telle illusion. Mais quand tout ton film est un effet spécial, ça devient peut-être plus difficile de mettre en scène ce statut d’exception.

    • Cushing, c’est bluffant, mais effectivement, on se dit que c’est un robot. Léïa, c’est un personnage de cire.

      Pauvreté de l’imagerie: les vaisseaux, la tour Mordor, certaines planètes, etc. Et puis, un effet est pas mal, c’est d’être en orbite basse autour de la terre, mais on sait d’où ça vient: Gravity.

    • Ça vient de me revenir d’un coup:

      Le monstre le plus sensuelle c’est Gabrielle Anwar, quand à l’hôpital son copain vient la sauver juste à temps et que son double nue est étendue sur le lit. Wow.

    • @clint_eastwood
      Starck! Oui voilà! Me semblait que j’avais déjà vu les heptapodes en quelques
      part, c’est son célèbre “juicer” ->

      Bonne observation ! Je m’en veux de ne pas avoir fait le lien plus tôt, oui les
      deux éléments auraient pu être designé par Starck. :-) Vérifications faites le
      vaisseau est inspiré d’un astéroïde (Eunomie ou astéroïde 15). Villeneuve ne
      voulait pas d’une sphère qui est très commun dans la forme des vaisseaux.
      L’idée qu’il y ai de la gravité, qu’il failles un saut « acte de foi » (leap of faith)
      et que le vaisseau ne touche pas la terre est venu de Villeneuve et son chef
      décorateur Patrice Vermette. (On ne le réaliste peut-être pas tout de suite mais
      se sont les humains qui doivent rejoindre le ET)

      J’ai aussi lu que le vaisseau à la forme d’un bonbon norvégien qui se nomme
      «Lakrisbater» (liquorice boats), ou bateau de réglisse, traduction libre… Ça
      lui ressemble tout à fait.

      « Je ne sais pas si ça été abordé dans les 803 commentaires ci-dessus »

      C’est parti en vrille en effet ! :-) (de façon positive je pense)

    • “les trames sonores de Sicario et Arrival sont des éléments plutôt importants dans la relative réussite de ces deux films”

      En effet. Ça me permet d’ajouter que la trame sonore de Rogue One est une infâme bouillie et à cahque fois que du Williams arrive on est soulagé.

    • La trame sonore de Arrival comporte des moments très forts, entre autres lors de la scène où on approche du vaisseau pour la première fois. Les sons évoquant vaguement des baleines intersidérales contribuent à rendre l’approche aussi fascinante que déroutante. Mais j’ai été un peu déçu de reconnaître un morceau Max Richter au début du film. J’aime quand la trame sonore est entièrement dédiée au film et sans autre référence musicale (au même titre que j’aime voir un film sans connaître un seul acteur).

    • Sigourney Weaver possédée dans Ghostbuster reste une créature très érotique. La vampire de Lifeforce aussi (Mathilda May) vaincrait à elle seule tous les hommes de la Terre…

      La trame sonore de Sicario pompait déjà Christiane F., les références musicales ne semble jamais être anodines chez Villeneuve, c’est une force chez lui, indéniablement.

      Difficile de ne pas sauter les spoilers mais je crois y être arrivé… belle vrille de commentaires!

    • Scories, Richter arrive au début et à la fin, me semble-t-il, l’idée de boucle encore. Une bonne idée, tant qu’à moi.

    • Y’a aussi une scène qui m’avait un effet… très spécial à l’époque: quand Anne Parillaud se fait prendre en levrette dans Innocent Blood, ses yeux s’allumaient à chaque coup de…

    • unholy_ghost : Oui, d’accord avec l’idée d’utiliser deux fois la même musique pour cette séquence. Ma réticence vient plutôt du fait d’avoir à ‘recontextualiser’ en tant que spectateur, une oeuvre musicale préexistante inspirée par un autre sujet (en l’occurrence, le journal intime de Kafka si ma mémoire est bonne). La trame sonore de Jóhannsson aurait bien pu faire le travail. J’aime quand un film est son propre univers, avec son propre système de références. Je chipote peut-être, mais ce genre de détail ralentit mon immersion dans un film, un peu comme quand au cinéma, on doit faire abstraction des commentaires d’un gars assis pas trop loin.

    • Mais Scories, ça arrive tout le temps. Vous devez être bien malheureux au ciné.

    • @Luc

      Je ne suis pas certain que le lien Heptade et Arrival soit si absurde. C’est peut-être une inside joke entre Villeneuve et Patrick Vermette, son prod designer.

    • Un director’s cut assez particulier a été réalisé récemment, ça me semble être un précédent. Un monteur quidam, de son plein gré, a remonté Raising Cain selon le premier scénario de De Palma – à l’époque, le cinéaste avait laissé tomber sa construction temporellement alambiquée pour une chronologie plus digeste. Le truc a reçu l’accord du cinéaste et sera vraisemblablement inclus dans les suppléments du prochain blueray.

      Sinon, réédition toute récente et idéale pour un ciné-cadeau adulte : Belladonna of Sadness.

    • Le cas du film A touch of Evil aussi est intéressant. La rigueur d’Orson Welles a permis à la postérité de sauver le film.

    • Hors sujet (j’ai souvent oublié cette mention)

      @unholy_ghost (21 décembre 2016_00h28)
      Sur le haut du message il y avait écrit « spoilers » et la première phrase men-
      tionnait le film «Enemy »… j’ai cru que tout le commentaire serait sur ce film.
      Oups, s’cusez, je me rendre compte que vous parliez en gros du film Arrival.
      Je viens de voir le film avec Jake G. et je dois dire que j’ai bien aimé… un peu
      à mon grand étonnement car je n’était pas sûr au début. Le thème de la
      maternité est encore présent (comme Arrival) car l’araignée qui surplombe la
      ville est une allusion direct à la sculpture de l’artiste Louise Bourgeois qui se
      nomme… « maman » ! J’ai pensé aussi à l’expression « une araignée au
      plafond » durant le film. Ça aurait fait un beau titre sur l’affiche mais c’était
      sans doute un peu trop « spoiler » ! :-)

      Je ne veux pas contredire vos commentaires sur Arrival mais je vais juste
      ajouter quelques points. La forme du vaisseau est inspiré plus d’un astéroïde
      que d’un vagin… mais vu le thème de la maternité ça peut le faire. Oui pour
      un lien avec Kubrick. Pour ce qui est du scénariste je ne suis pas sûr de l’angle
      film d’horreur car dans l’entrevue que j’ai entendu de lui il a un background
      avec la science (il a travaillé pour la NASA et a cotoyer des astrophysiciens.
      Selon ces dires ces gens sont souvent caricaturés au cinéma. Et il a toujours
      eu un intérêt pour la science fiction). Pour le côté Lovecraft ça paut le faire
      aussi mais Villeneuve a dit en entrevue qu’il voulait que les ET ai l’aspect
      de grosses bêtes sous l’eau. L’inspiration vient de plusieurs animaux (pieuvres,
      balaines, éléphants, araignées).

      «On peut quand même se demander si la fille n’a pas attrapé sa maladie
      génétique parce que sa mère fut exposée aux langages ET (et qu’en définitive
      les extraterrestres sont condamnés pour la même raison).»

      Intéressante théorie, assez plausible et réaliste… « science fictionnement »
      parlant.

    • “La forme du vaisseau est inspiré plus d’un astéroïde que d’un vagin…”

      Pas forcément la forme. Symboliquement. Ou un utérus, pourquoi pas. Mais tout fait féminin: oeuf, ventre de femme enceinte, forme qu’on pénètre, atmosphère et estraterrestre liés à la mer/mère, reniassance, etc.

    • Quand il bascule, on dirait un verre de contact (tiens, tiens) ou une cornée. Villeneuve nous apprend à voir.

    • @unholy_ghost
      Oui j’ai aussi pensé à l’oeil quand le vaisseau s’incline. Toujours dans le
      thème des ET je suis tombé sur cet article ce soir (une conférence TED
      en fait) sur la possibilité qu’il y ai des visiteurs de l’espace. En fin de conf-
      érence l’auteur m’as rappelé une nouvelle qui est passé presque inaperçu
      dernièrement. Je n’ai pas la manchette avec précision mais ça semblait
      dire que le pape serait prêt à reconnaître qu’il y ai de la vie ailleurs.

      Does this convince you that aliens exists?
      http://io9.gizmodo.com/does-this-convince-you-that-aliens-exist-1790446635

      P.S. : Seulement quelques heures après avoir vu Enemy je me rends compte
      que c’est aussi un film « mind f**k »… Après avoir vu quelques « Enemy
      explained » sur YT il y a place a plusieurs interprétations. À une époque où
      on a l’impression que les films sont deçidés par des gens de marketing ou
      que tout vire aux super-héros c’est encourageant de voir que ce genre de
      film peut encore se faire…

    • Oui, j’étais assez perturbé après avoir vu Enemy, même si ce n’est pas un film sans défaut.

    • @unholy_ghost
      Une assez bonne explication qui tient la route.
      Enemy explained
      https://www.youtube.com/watch?v=v9AWkqRwd1I

      Cela dit ça me rappelle le court métrage de Villeneuve « next floor » où il y
      avait place à interprétations et intérogations. Je ne sais pas si ça va finir
      par devenir sa marque de commerce: ne pas faire du prémâcher pour le
      spactateur. Du coup ça me donne envi de voir Sicario… pas aussi
      complexe j’espère.

    • Joeyuses fêtes à tous et bon cinéma!

    • RIP Carrie Fisher

    • Triste. L’un des premiers films que j’ai vu au cinéma, c’était Le Retour du Jedi. Carrie Fisher fut pour moi le premier sex symbol, en même temps qu’une fille bad ass. J’ai su plus tard qu’elle n’était pas qu’une princesse sidérale mais aussi une maîtresse du wit.

    • Debbie Reynolds n’a pas pu survivre à la mort de sa fille. C’est tellement triste que c’en est beau.

    • Même le créateur de Bambi est mort, à 106 ans. 2016’s a bitch.

    • Bonne année 2017 !

      Avant que le blogue ne change de sujet je viens de lire la nouvelle qu’il y
      aurait probablement un personnage clé du BRunner original qui pourrait
      revenir grâce à la magie du CGI. Qui de Rutger Hauer, Daryl Hannah,
      Sean Young ou… Harrison Ford ! Si Ford est de nouveau présent sous
      une forme plus jeune ça pourrait impliquer une scène de flashback ou
      que son personnage de Deckard est un humain après tout mais qu’il a
      un replicant à son image.

      (source: http://www.theterminatorfans.com/exclusive-original-replicant-to-
      return-in-blade-runner-2049-as-cgi/

    • Je suis assez écoeuré, après Rogue One, de ce détroussage de cadavre nouveau genre.

    • Tout à fait, on dirait bien une tendance. J’ai cru lire que Disney allait s’expliquer
      en ce début d’année sur la raison pour laquelle elle avait opté pour ces artifices
      technologiques.

      (Je pense que c’est vous qui aviez demandé des commentaires sur le film
      « passengers ». Je n’est pas vu le film mais le scénario semble s’inspirer
      très fortement d’une bande dessinée des années 50 qui se nomme « 50
      girl 50 » tiré des albums Weird science.)

      http://stendec9.blogspot.ca/2012/06/50-girls-50-horror-tale-by-frank.html

    • Ai-je manqué l’information en quelque part que M. Siroka prenait une pause ? Ça fait quand même proche de deux mois sans nouvelles entrées. Si on n’est pas en droit d’attendre des textes aussi touffu comme ceux produits ici sur une base hebdomadaire. N’en demeura pas moins que c’est une longue absence pour ses standards dont surtout aucune annonce l’expliquant semble l’avoir précédée.

      En gros y va bien l’ami Siroka ? Je m’inquiète et ceux qui sont autant dans l’ignorance que moi aussi je présume.

    • @ Not_OK_Computer
      Un peu dans les mêmes interrogations que vous sur l’absence de nouveaux blogues.
      À noter que le compte Twitter de Jozef est actif. Il a peut-être été affecté à d’autres
      postes dans la structure de La Presse. Les coupures de postes l’automne dernier en
      sont peut-être la cause… C’est une hypothèse.

    Vous désirez commenter cet article?   Ouvrez une session  |  Inscrivez-vous

    publicité

  • Catégories

  • Blogues sur lapresse

    publicité

  • Calendrier

    décembre 2016
    L Ma Me J V S D
    « nov   fév »
     1234
    567891011
    12131415161718
    19202122232425
    262728293031  
  • Archives