Jozef Siroka

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    Jozef Siroka est journaliste au pupitre à LaPresse.ca et blogueur cinéma à temps partiel.
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    Mardi 1 novembre 2016 | Mise en ligne à 16h45 | Commenter Commentaires (26)

    The Revenant : n’est pas Tarkovski (ou Malick) qui veut

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    Une histoire grave ne nécessite pas toujours un traitement grave. D’ailleurs, il y a au moins deux types de gravité. Celle que je qualifierais d’organique, qui nous plonge doucement et habilement dans un état méditatif. Et une autre qui est plus insistante, sorte de liturgie impérieuse. C’est comme ça que j’ai vécu The Revenant, un bel exemple de ciné-messe : l’on est enjoint de regarder une grandeur hors d’atteinte, et d’intérioriser un martyre quasi-sacré. Prière de ne pas déranger.

    Le western hivernal d’Alejandro G. Iñárritu est si sévère, si morne, si brutal, qu’il semble oublier à quel point même le rire du diable peut se montrer libérateur. La tonalité hermétique du film, même si on peut argumenter qu’elle se justifie en raison de l’extrême expérience du protagoniste du début à la fin, m’a posé des problèmes de compréhension. Par exemple, à au moins trois reprises dans le récit, le chef des Arikara, dont la fille a été kidnappée par des trappeurs français, annonce à ses compagnons avec un ton pragmatique et déterminé : «Allons par là-bas, Powaqa pourrait y être».

    Ces trois scènes sont presque identiques, et la dernière fois je ne savais pas si je devais en rire. À travers l’objectif d’un réalisateur comme Wes Anderson, une telle accumulation servirait son humour pince-sans-rire, magnifiant le caractère stoïque et résolu du père obsédé par la recherche de sa fille. Mais ce n’est probablement pas le cas dans The Revenant, puisque le film n’indique jamais une volonté de relaxer sa posture d’Oeuvre Profonde. La seule autre explication est qu’on veut rappeler aux spectateurs la motivation de ce personnage qui n’est défini que par sa quête. Mais alors pourquoi toujours lui faire dire exactement les mêmes mots?

    Richard Brody du New Yorker, dans une analyse franchement exceptionnelle, intitulée «La solennité suffocante de The Revenant», a un élément de réponse :

    L’humour est un aspect crucial de l’imagination, et l’absence de celui-ci est un signe – mais non la preuve – d’un échec de l’imagination. Il y a une sorte d’illumination spirituelle, un état saint, qui peut s’en tirer sans humour, qui pourrait même l’empêcher – et de nombreux artistes qui manquent d’humour et d’imagination s’efforcent de conjurer ou d’imiter cet état, non pas parce qu’ils sont réellement dotés d’une vision spirituelle, mais pour compenser ce manque. C’est ainsi que se joue le spiritualisme de The Revenant. Sa spiritualité et la solennité qui l’accompagnent donnent à l’histoire et au film un air d’importance qui justifierait et dissimulerait son vide, ce qui transformerait ses défauts en vertus.

    Iñárritu est assurément bourré de talent, mais la suggestion de Brody qu’il manque néanmoins d’imagination n’est pas vilaine. Dans ce cas-ci du moins. Et, «pour compenser ce manque», il a recours à la bonne vieille stratégie de l’imitation/hommage :

    Mais n’est pas Tarkovski qui veut. Un des problèmes est que la spiritualité que tente d’invoquer Iñárritu tire sa source des peuples indigènes d’Amérique du Nord, qu’il finit par malhabilement «exotiser». Avec The Revenant, il tente entre autres de répliquer au racisme perçu de classiques du western comme The Searchers (1956) de John Ford, en plaçant les Amérindiens dans la position de victimes nobles, inversant la nature de «l’autre» qui met en danger la jeunesse virginale (il ne se gêne pas cependant pour reprendre le design visuel de Ford, notamment le bataillon d’Arikaras en arrière-plan au tout début de The Revenant, qui fait écho à l’arrivée surprise des Comanches sur la colline dans The Searchers).

    L’ennui est que, malgré ces bonnes intentions (le film a tout de même été accusé de perpétuer le mythe du sauveur blanc), la représentation des Amérindiens est si vénérable qu’elle en devient désincarnée; contrairement à Tarkovski, le discours spirituel ne demande pas à être expérimenté, mais à être admiré avec une distance respectueuse. Brody :

    En gros, la sympathie d’Iñárritu pour les peuples indigènes de la région, et leur lutte pour survivre à l’occupation américaine et française, se transforme en une exaltation d’êtres exceptionnels magiques, avec des traditions qui leur confèrent des pouvoirs spéciaux et les transforment en incarnations vivantes de la volonté de Dieu. Iñárritu élève les Amérindiens dans un royaume à part, en tant que gens différents des autres, dont l’altérité même est une malheureuse caricature.

    Bien que Glass ait épousé une Amérindienne et parle deux langues amérindiennes, les relations entre les Blancs nouveaux venus et les peuples indigènes de la région demeurent indéfinies et sont uniquement symbolisées. The Revenant n’est pas seulement un film portant sur des problèmes – des mèmes sociopolitiques évoqués par des détails individuels du scénario et de l’action – mais une version western du bingo qui finit par cocher ces idées, plutôt que de les considérer ou de les dramatiser.

    Des belles images

    Oui mais, The Revenant est visuellement magnifique, n’est-ce pas? Y a-t-il vraiment une différence en terme d’esthétique entre ce film et le sublime The New World (2005) de Terrence Malick? Tout deux se déroulent à peu près à la même époque, sur le même continent, présentent un conflit entre Blancs et Amérindiens, et se sont partagé les services de deux surdoués dans leurs domaines : Emmanuel Lubezki à la direction photo et Jack Fisk à la direction artistique… Des belles images, c’est bien, mais encore faut qu’elles aient quelque chose à dire. Malheureusement, n’est pas Malick qui veut. Brody :

    Une spiritualité profondément ressentie et artistiquement accomplie est généralement accompagnée par un sens original de la forme – une répudiation des styles profanes à la faveur de celui qui est extrêmement purifié ou superbement orné, ou les deux. Ici aussi, Iñárritu fait de ses efforts un grand spectacle, racontant une histoire très simple et directe avec un style de caméra qui ressemble à du Terrence Malick Lite. Comme il le fait pour Malick, Lubezki fait tournoyer et vaciller la caméra, mais pour Malick le mouvement équivaut souvent à l’action elle-même, et court le risque d’obscurcir le drame en faveur d’humeurs, de tons et d’idées. En revanche, les mouvements de caméra d’Iñárritu suivent l’action et la subordonnent à un mode de performance théâtral (comme dans Birdman), avec des acteurs délivrant des scènes minutieusement répétées dans des mises en scènes chorégraphiées, avec une continuité soutenue. Évitant un montage fragmenté, Iñárritu suit l’action sur des étendues de temps prolongées, comme si cette approche ne produisait pas qu’un simple enregistrement photographique de l’action, mais des morceaux de réalité brute avec une authenticité intacte garantie.

    Loin de poursuivre les connexions quasi-métaphysiques, sans frontières, des images fluides de Malick, Iñárritu utilise la caméra gracieuse de Lubezki comme un ornement pictural pour ses mises en scènes théâtrales fades. Alors que Malick combine ces images mystérieuses et variées dans des séries d’associations spéculatives conjuguant des espaces cosmiques, Iñárritu relie ses images à une continuité dramatique non inspirée, les décorant et les ponctuant avec des paysages de carte postale qui impressionnent sans choquer, offrant une virtuosité grandiose au lieu d’une grandeur. Il n’y a pas plus d’imagination picturale dans The Revenant, ni un sens de l’expérience visuelle libre, qu’il y a d’imagination narrative (comportement qui ne se lie pas aux diktats de l’intrigue) ou d’imagination psychologique (sauts d’expérience subjective qui développent des personnages au-delà des liens déterminants de la nécessité dramatique).

    À noter qu’Iñárritu refuse toute comparaison avec Malick, malgré l’insistance de ce journaliste de Première : «Le cinéma, c’est un océan. Malick va par ici, moi par là (il tend ses deux bras dans des directions opposées). On est porté par des courants différents. On est sur la même mer. La mer du cinéma. Mais on n’affronte pas les mêmes vagues.»

    Après 156 lourdes minutes, une question me trottait en tête : de quoi parle ce film? En d’autres mots, pourquoi Iñárritu a choisi de raconter cette histoire particulière avec ce style particulier? La réponse était bien plus facile à trouver avec son Birdman, par exemple, où le fond et la forme s’adonnaient à un ballet exaltant (j’en ai parlé ici en détail) et où l’humour constant contrecarrait parfaitement les prétentions hautaines de l’odyssée tragico-absurde du protagoniste.

    The Revenant est-il autre chose que du survival porn à grand déploiement? Peut-être que je me casse la tête pour rien. Peut-être que le propos central du film est sa production même. Comme le dit le narrateur du Honest Trailer ci-dessous, le film est deux fois moins intéressant que son making-of. En raison de son tournage chaotique fortement médiatisé, The Revenant a fait son entrée dans le panthéon des cauchemars de plateaux cinématographiques, où trônent Fitzcarraldo et Apocalypse Now. On ne peut que regretter qu’Iñárritu n’ait pas eu un Les Blank ou une Eleanor Coppola à ses côtés…

    À lire aussi :

    > DiCaprio : trop c’est comme pas assez?
    > Birdman, divertissement, et «génocide culturel»

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    • Potentiellement le meilleur billet que j’ai lu sur votre blogue. J’ai écouté The Revenant la même journée que The Hateful Eight, triste expérience. La citation de Brody sur l’altérité est tout à fait juste.

    • L’anthropologue Michel Bouchard (University of Northern British Columbia) a de son côté rédigé un intéressant essai sur le biais idéologique et historique de ce film, qui promeut le mythe national américain (étatsunien), en minimisant et en dénigrant le rôle des nombreux trappeurs et marchands de fourrure canadiens-français et métis qui dominaient le commerce des fourrures dans l’Ouest des États-Unis au début du 19e siècle :

      The True Revenants of a Buried Past, essai de Michel Bouchard, site ActiveHistory.ca / History Matters, le 16 septembre 2016.

    • Inarritu est le Claude Lelouch d’aujourd’hui.

    • Le vide de Revenant est juste plus évident que celui de Birdman parce que ça se veut simple, une quête de vengeance qui se termine sur l’habituel “c’est pas beau la vengeance”. On a deux ou trois formules creuses qui répètent cette idée, alors que dans Birdman on empilait tant et tant d’idées reçues et de clichés qu’un moment donné on pouvait commencer à se demander s’il y avait un commentaire sur ces clichés, dans l’effet d’accumulation peut-être. Mais à la base, c’est le même principe du personnage principal qui se fait humilier pendant tout un film, traîné en martyr par un cinéaste sadique tout-puissant qui offre en bout de course, de façon assez aléatoire, une petite rédemption pseudo-spirituelle pour faire bonne mesure. C’est aussi affligeant dans les deux cas.

      Quant aux Amérindiens, à la fin, quand Leo ne va pas jusqu’au bout (parce que tsé tu peux mutiler un corps tant que tu veux, si tu ne le tues pas, t’as quand même l’âme sauve), on a quand même l’impression qu’il laisse les “vrais” Sauvages finir la sale job.

    • “N’est pas Malick qui veut”. En effet, même Malick est méconnaissable dans ses deniers films.

    • Pour ma part j’ai visionné jusqu’à la fin uniquement parce que je voulais savoir comment ça se termine car le film liu-même n’est pas vraiment agréable à regarder (malgré les magnifiques paysages). La sur-utilisation d’images numériques, pas très réussie d’ailleurs (qui croit vraiment aux loups style cartoon?), les flèches boulets de canon et les mousquets aussi puissants et précis que des fusils sniper modernes jurent tellement avec l’ambiance “réaliste” que le réalisateur tente de créer qu’on décroche rapidement.

    • Ce qui sauve Birdman c’est le style. C’était un exercice de style très réussi. The Revenant c’est un film prétentieux qui voudrait d’être un grand film mais qui n’y arrive pas.

    • Le style sauve rarement, il trahit plus souvent qu’autrement.

    • Le style, c’est la mise en scène, c’est par quoi un cinéaste déploie sa vision du monde. Inarritu n’est pas un cinéaste anonyme, bien au contraire, alors ce qui coule tout ses films, c’est le style, sa vision du monde. Le style de Revenant est le même que celui de Birdman que celui de Babel, etc. Ce qui diffère, c’est la technique, alors à moins de dire que Birdman a été sauvé par sa technique (c’est ce que l’on entend généralement par “exercice de style”, une absence de style mais une certaine inventivité technique), je ne sais pas ce que vous voulez dire, _renaud.

      Perso, la technique, ça m’emmerde.

    • Le style s’éploie hors de la responsabilité du cinéaste, c’est encore plus secret pour moi que la mise en scène. Donc encore plus intriguant et mystérieux. La mise en scène serait plus de l’ordre de l’écriture comme la concevait Barthes.

    • Le style c’est comme la poésie, c’est assez difficile à décrire mais quand c’est présent ça se voit, ça se sent. Et ça n’a pas grand-chose à avoir avec la technique.

    • «L’humour est un aspect crucial de l’imagination, et l’absence de celui-ci est un signe – mais non la preuve – d’un échec de l’imagination.»

      C’est le cas de plusieurs films québécois qui se prennent trop au sérieux, il me semble.

      «Peut-être que je me casse la tête pour rien.»

      En effet, et c’est le cas de bien du monde.

    • M. Siroka, une autre superbe analyse: un délice à lire!

      … Iñárritu est assurément bourré de talent, mais la suggestion de Brody qu’il manque néanmoins d’imagination n’est pas vilaine. …

      En effet, la suggestion n’est pas vilaine du tout!

      … The Revenant est-il autre chose que du survival porn à grand déploiement? …

      Je vous donne, pas uniquement deux morceaux de robot, mais le robot au complet :-).

    • “C’est le cas de plusieurs films québécois qui se prennent trop au sérieux, il me semble.”

      Je ne sais pas trop de quoi vous parlez, mais certains films soit disant sérieux et déprimants sont souvent très drôles, Stéphane Lafleur ou Denis Côté, par exemple. Mais ce n’est pas goûté de tout le monde, c’est sûr.

    • Le style passe forcément par la technique, par le choix de telle ou telle technique de mise en scène à laquelle on reconnaît une personne, c’est-à-dire un cinéaste – un style, cela s’imite -, mais ce n’est pas forcément plus de technique, c’est souvent moins de technique, jusqu’à la raréfaction parfois, quand on reconnaît un style a quelques rares éléments. C’est quand la technique est dépassé et devient une vision. Si la technique n’est que prouesse, morceau de bravoure, virtuosité, elle ne se dépasse pas, elle devient son propre sujet de jouissance, tout tourne au masturbatoire. Mais si tout un monde morale, un arrière-plan métaphysique, une intelligence acérée, un humour certes, mais aussi l’amour dispensé par le regard, du désir également, il se peut qu’il y ait un style. Qu’il y ait quelqu’un derrière des images, voilà une chose rare.

    • Un cinéaste québécois sans une once d’humour, obnubilé par la technique, dont le style consiste à essayer d’épater le spectateur par sa virtuosité? Un seul nom : Podz. Notre Inarritu à nous.

    • Ce film est un voyage fantastique dans le temps; les détails que vous soulevez sont, justement, des détails, qui n’enlèvent rien au magnifique effet poétique de ce film qui nous ramène à une autre époque. Jeux fabuleux des acteurs. 9/10 pour le film, 4/10 pour votre article.

    • @cotenord_7
      Merci du lien. C’est un autre Bouchard, Serge de son prénom qui m’as introduit
      à l’histoire de coureurs des bois. (Hugh Glass étant américain je ne crois pas
      qu’il était dans la série « de remarquables oubliés » sur les ondes de R.-C.)

      *****
      Je n’ai pas encore vu The Revenant, je me suis contenté de voir quelques
      extraits ici et là. J’ai lu un peu sur la vie de Hugh Glass et je constate qu’on a
      manqué l’occasion de faire un très bon film d’aventure. Le film de Iñárritu est
      plein de faussetés…

      - Les trappeurs canadiens français sont montrés sous un très mauvais jour.
      À l’époque on estime que 3/4 des trappeurs sur le territoire était francophone.
      Et ces derniers avaient une bonne relation avec les autochtones.

      (attention: spoilers)

      - Glass n’as pas eu de fils avec une Pawnee.
      - S’il a bien été attaqué par un ours son périple du retour c’est passé à la fin
      de l’été et non l’hiver.
      - Glass a pu confronté Fitzgerald (celui qui l’avait laissé comme mort) et il
      a pu récupérer son fusil volé. Fitzgerald étant devenu soldat de l’armée
      américaine Glass ne pouvait pas se venger, il aurait été condamné.

      Ce ne sont que quelques exemples. Compte tenu qu’on a vendu le film comme
      « inspired by true events » et qu’on traficote pas mal le récit, je vais décrocher
      rapidement si je vois le film…

      «je constate qu’on a manqué l’occasion de faire un très bon film d’aventure. Le film de Iñárritu est
      plein de faussetés…»

      Est-ce que ces deux arguments sont liés? The Revenant est un film de fiction, pas un cours d’histoire. Ça dit même au début que c’est «vaguement» inspiré de faits vécus.

      D’ailleurs, je suis curieux, quels sont les films basés sur des faits réels qui sont de «bons films» selon vos critères particuliers? – js

    • @jozef
      Est-ce que ces deux arguments sont liés? The Revenant est un film de fiction,
      pas un cours d’histoire. Ça dit même au début que c’est «vaguement» inspiré
      de faits vécus.

      Quand j’écris que le film aurait pu être un bon film d’aventure je parle de la vie
      de Hugh Glass uniquement; il a été pirate avant de devenir trappeur, etc.
      (On aurait pu faire un peu plus avec l’énorme budget, il me semble.)

      D’ailleurs, je suis curieux, quels sont les films basés sur des faits réels qui sont
      de «bons films» selon vos critères particuliers?

      Je ne dit pas que The Revenant est un mauvais film, simplement qu’on y a
      mit des faussetés historiques. C’est parce que j’ai un intérêt pour cette période
      historique que je souligne les quelques couacs. Pour ce qui est des films
      basés sur des faits réels force est de constater qu’Hollywood tort souvent la
      réalité…

      Je répète ma question, si vous le permettez : y a-t-il une corrélation selon vous entre la qualité artistique d’un film et le degré d’authenticité historique qu’il présente? En d’autres mots, est-ce que The Revenant serait un «meilleur» film si on avait abandonné l’idée du fils inventé, par exemple? -js

    • «En d’autres mots, est-ce que The Revenant serait un «meilleur» film si on
      avait abandonné l’idée du fils inventé, par exemple?»

      Dans le cas spécifique du Revenant je pense que oui. Si vous allez voir
      le film sans connaître le contexte historique le film passe comme une lettre
      à la poste. Sinon on voit le film mais on accroche à des petits détails. C’est
      mon problème ! Est-ce que je réponds à la question ? (désolé Jozef je suis nul
      en débat :-)

      Non soyez surtout pas désolé. Je suis juste fasciné par cette notion qu’une oeuvre d’art se «doit» de correspondre à la réalité. À mon avis, c’est la responsabilité du spectateur de ne pas considérer un film hollywoodien comme de la documentation historique. Et la responsabilité de l’artiste est d’illustrer le monde tel qu’il le voit, indépendamment de l’histoire réelle. -js

    • Je me suis relu ce matin et mon premier texte semble vouloir descendre le film
      mais ce n’est pas le cas. Je soulignais simplement quelques faits de la vie de
      Glass qui furent modifiés pour le film. Comme le scénario est tiré d’un roman
      de Michael Punke je ne sais pas jusqu’à quel point on a changé la trame du
      livre pour l’adapter au film.

      Je maintiens qu’un spectre un peu plus large sur la vie de Glass aurait pu faire
      un très bon film. (une vie rocambolesque où il a échappé à la mort plusieurs
      fois) Comme le disait l’anthropologue Serge Bouchard il y aurait matière à faire
      plusieurs films sur ces personnages du 19e siècle… dommage que l’intérêt
      des producteurs et réalisateurs ne soit pas plus présent. (en exemple, ça
      pourrait être un genre de film comme celui que François Girard est en train de
      faire pour le 375e de Montréal)

    • (jozef 3 nov. 22h49)
      «À mon avis, c’est la responsabilité du spectateur de ne pas considérer un film
      hollywoodien comme de la documentation historique»

      Il y a longtemps que j’ai appris cette leçon ! :-) Je suis tout à fait conscient que
      dans le cas de Hugh Glass le seul fait de retrouver son fusil volé, au bout de
      sa longue épreuve, fait un récit plutôt mince. Il a fallu mettre un peu plus de
      drame autour de son histoire et je le comprends très bien.

      Votre question à savoir si les fait réels sont importants pour apprécier un film
      est intéressante, ça pourrait être le sujet d’un prochain blogue. Comme
      spectateur je peux apprécier un sujet historique mais j’aurais toujours tendance
      à vérifier, après visonnement, jusqu´où on m’as berné. :-) Surtout pour un sujet
      que j’ai à coeur.

      Un peu hors sujet mais ça rejoint DiCaprio; petite plogue pour son film « Before
      the flood », disponible depuis le 30 ocotbre sur YT.

      https://www.youtube.com/watch?v=90CkXVF-Q8M

    • Ce qui m’a choqué en voyant le film est l’accent français, presque parisien utilisé par les trappeurs canadiens français. Aucun francophone ne parlait avec cet accent à cet époque.

      Cet anachronisme facilement évitable m’a fait décroché du film.

    • @ samati (commentaire « 5 novembre 2016 10h07 ») :

      J’ai éprouvé la même frustration en écoutant le film dans sa version originale en anglais.

      Notez qu’il est possible qu’à cette époque, l’accent français métropolitain était employé par les marchands d’origine française qui se sont établis dans la région de Saint-Louis (Missouri), à partir de la Nouvelle-Orléans, vers la fin du 18e siècle ou au début du 19e siècle, par exemple les membres de la célèbre famille Chouteau de Saint-Louis.

      Toutefois, la très grande majorité des trappeurs et des marchands de fourrure qui allaient sur le terrain, en direction des Rocheuses et même jusqu’à l’océan Pacifique, étaient de culture canadienne-française (même si dans plusieurs cas leurs familles étaient établies sur les berges du Mississippi et du Missouri depuis 50 à 100 ans), et ils devaient donc parler le français avec l’accent des habitants de la vallée du Saint-Laurent.

      Cette incohérence linguistique est sans doute passée inaperçue chez la très grande majorité des spectateurs anglophones qui ont vu le film, mais constitue une source de frustration pour bien des spectateurs canadiens-français ou d’origine canadienne-française, tant au Canada qu’aux États-Unis…

    • Iñárritu, c’est quelqu’un qui se regarde faire du ‘cinéma’.

    • “Un seul nom : Podz. Notre Inarritu à nous.”

      En effet.

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