Jozef Siroka

Archive, décembre 2015

Mercredi 23 décembre 2015 | Mise en ligne à 17h30 | Commenter Commentaires (26)

Le miracle Creed

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Au début, Sylvester Stallone ne voulait rien entendre. Mais qui sont donc ces p’tits culs dans la vingtaine qui veulent s’immiscer dans mon héritage cinématographique le plus précieux?! Ryan Coogler et Michael B. Jordan, réalisateur et vedette, respectivement, d’un film indépendant relatant un cas odieux de brutalité policière (Fruitvale Station) ne semblaient pas à première vue les candidats idéaux pour reprendre le flambeau de Rocky. En même temps, leur objectif n’était pas tant de reprendre le flambeau que de lui procurer une flamme plus étincelante. Et Creed est un des films les plus lumineux que j’ai eu la chance de voir depuis un certain temps.

Finalement, Stallone, qui n’est pas reconnu pour toujours avoir pris de bonnes décisions dans la vie, bien au contraire, a accepté le commentaire de son agent : «Pour un gars qui a joué Rocky, tu es un peu un poltron». Même s’il a écrit tous les films de la légendaire saga, et qu’il en a réalisé les deux tiers, il a compris, comme le souligne ce papier du Los Angeles Times, que «le personnage ne lui appartient plus. Il appartient à tous les cinéphiles qu’il a inspirés au fil des ans, à tous ceux qui ont joué Eye of the Tiger afin de se pomper en vue d’un défi, à tous ces gens qui, à ce jour, posent pour des photos en haut du Philadelphia Museum of Art avec les bras levés en triomphe».

Creed n’avait pas le droit d’être un bon film; c’est finalement un excellent film, peut-être même un grand film. Il n’y avait rien de plus facile pour un spectateur sophistiqué que d’adopter une posture de cynisme envers ce projet : une passe de cash facile, un mélo machiste qui carbure à la nostalgie prémâchée, et, le plus inquiétant dans tout ça, Rocky/Stallone qui se pose en figure de sauveur blanc, qui va permettre à Adonis Creed/Michael B. Jordan de connaître du succès grâce à sa bonté d’âme (et son statut social privilégié).

On ne pouvait davantage se tromper.

À mon avis, un des principaux exploits de Creed (et il y en a plusieurs) est la balance parfaite entre l’hommage à la franchise-mère et la conception d’une oeuvre distincte et personnelle. Le conflit du film par rapport à son héritage – tant d’un point de vue dramatique qu’historique – est démontré de superbe manière vers le début, lorsqu’on voit Adonis faire du shadow boxing vis-à-vis la projection du combat ultime de Rocky (1976). Abandonné par son père, qu’il n’a jamais connu, on saisit immédiatement la teneur de son remords en le voyant mimer les gestes de Rocky contre Apollo Creed; on doit avoir le courage d’affronter le passé si l’on veut aborder le futur sans crainte ni complexes.

Adonis Creed n’est pas tout à fait un prolongement de Rocky Balboa. Il est à première vu son opposé. Contrairement à l’étalon italien, il est éduqué, volubile, vient d’une famille (adoptive) fortunée, boxe dans une position de droitier… Le contraste chez la figure du female interest est encore plus prononcé. Tandis qu’Adrian était maladivement timide, éternellement serviable et peu ambitieuse dans sa vie professionnelle, Bianca est une jeune femme allumée, sensuelle, créative et indépendante.

Mais ces différences sont exposées afin de souligner avec plus de vigueur les valeurs immuables de la philosophie Rocky, qui dépassent le cadre des attributs matériels, culturels ou intellectuels. Ce qui unit Adonis et Rocky est plus fort que ce qui les divise : le dépassement de soi, la poursuite du rêve américain dans ce qu’elle a de plus noble. Et, surtout, cette conviction que la qualité d’un individu se mesure à travers ses actions et non ses paroles. Un mantra que Creed applique à merveille dans sa mise en scène.

Ryan Coogler savait exactement ce qu’il faisait : un film de boxe visant à satisfaire le plus de gens possible, en particulier les nombreux fans de Rocky. Une tâche pour laquelle il s’est acquittée avec le plus grand soin et respect. Il ne prétendait bien sûr pas répliquer les rêveries métaphysiques d’un Terrence Malick ou les méditations spirituelles d’un Andreï Tarkovski, non, il se devait d’abord et avant tout de créer un divertissement mainstream mettant de l’avant un langage accessible, une morale universelle et un dénouement édifiant. Il a eu la sagesse de ne pas tenter de sublimer, voire de transcender la formule; il l’a simplement mise au goût du jour. C’est ce qui s’appelle dans le monde culinaire faire confiance au produit.

Creed est réalisé avec un pragmatisme exemplaire, qui va droit au but, mais toujours en emportant avec lui un cachet visuel vigoureux, cinétique, qui imprègne notre regard avec autorité. C’est, comme le dit Richard Brody, «un film intensément physique, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du ring. Le film est rempli de saveurs et de textures, avec l’attirail de la salle de boxe, la sensation et le ton des appartements et des rues, des portes et des vêtements, du poids d’une ville faite d’asphalte et d’acier, de bois et de pierre».

Ryan Coogler et Michael B. Jordan.

Ryan Coogler et Michael B. Jordan.

Les clins d’oeil à la saga Rocky sont insérés avec parcimonie, ne viennent jamais alourdir le récit. Par exemple, on apprécie le T-shirt que porte Adonis lors d’un entraînement, sur lequel est inscrit : «Why do I wanna fight? Because I can’t sing and dance», une référence à la fameuse scène de la patinoire dans le film original. Ou la discussion que mène Adonis avec la porte de l’appart de Bianca, qui rappelle la première fois que Rocky a invité Adrian à sortir avec lui. Il y a aussi deux séquences d’entraînement, avec des variations sur la bande originale de Bill Conti (souvent agrémentées de hip-hop).

Enfin, l’hommage le plus réjouissant survient vers la fin, avant le dernier round du combat ultime. Adonis est assis dans son coin, inquiet, au bout ses ses forces. Le plan de la caméra adopte soudainement un angle néerlandais et on entend les glorieux cuivres qui entament Gonna Fly Now. Le moment ne dure que quelques secondes, 4-5 max, mais j’en garde encore des frissons. Et je ne suis pas le seul!

Au début de sa critique, A. O. Scott du New York Times affirme qu’a cet instant le public s’est instantanément mis à applaudir. Il précise qu’il ne se trouvait pas au milieu «d’une foule lors d’une avant-première, gonflée à bloc grâce à une admission et du pop-corn gratuits, mais dans une salle remplie de journalistes armés d’un scepticisme professionnel». À ce moment, je soupçonne que quelques uns de ces critiques ne se disaient pas «Finalement, oui ce film a le droit d’être aussi bon», mais plutôt «Ai-je le droit d’aimer un tel film à ce point-là?».

En ce qui me concerne, je crois que ce genre de prémisse, employée bien trop souvent par des cinéphiles qui se prétendent ouverts d’esprit, est complètement viciée. Si Creed accomplit une chose importante, c’est bien de pulvériser la frontière factice entre cinéma commercial et cinéma artistique, notion persistante établie par un important segment académique. La question ne devrait donc pas être : Est-ce que Creed est bon pour un film de boxe, ou pour un film hollywoodien, mais est-ce une oeuvre d’art de qualité ou non.

Dialogue identitaire

Pour revenir à la question épineuse du «sauveur blanc» mentionnée plus tôt, je vous suggère deux textes fort à propos. Le premier, publié dans The Nation, est signé par le journaliste sportif Dave Zirin. Voici un extrait :

Lorsqu’Adonis arrive à Philadelphie et approche Rocky, il ne demande pas à être sauvé. Il demande à être entraîné. Il demande à Rocky de payer une dette due à sa famille et d’être le «Unc» (abréviation d’oncle) qu’Apollo aurait voulu qu’il soit. Rocky ne devient pas le sauveur d’Adonis. Rocky devient sa famille. Ceci est un film Rocky traduit à travers la lentille de la conscience Black Lives Matter, et montre comment l’émancipation afro-américaine peut devenir une force collective de délivrance. Cela fait de Creed l’un des films les plus optimistes de mémoire récente au sujet de ce qui nous divise et de ce qui nous unit. Cela fait de Creed un film incontournable même pour quelqu’un qui ne sait rien à propos de Rocky Balboa ou même de la boxe.

Et voici un passage d’un billet de blogue extrêmement senti écrit par Aaron Stewart-Ahn :

Dans un des moments les plus extatiques du film, Adonis s’entraîne dans la rue avec une gang de motocross de Philadelphie, qui rappelle le bien réel Hang Gang de la ville, ou les 12 O’Clock Boys de Baltimore. En entendant le thème original de Bill Conti repris par le rappeur de Philadelphie Meek Mill, le public new-yorkais de la salle bondée où je me trouvais a éclaté en applaudissements.

Coogler suggère sans à avoir à le verbaliser que les jeunes Noirs, qu’ils soient des jeunes issus des quartiers défavorisés adeptes de quatre roues, ou des boxeurs avec des héritages, ou des femmes qui veulent faire de l’art… qu’ils sont tous à la recherche d’une seule et même chose : la sensation d’être vivants en leurs propres termes. Je ne me rappelle pas de la dernière fois que j’ai vu un film de studio qui était autant dénué de vergogne, si humanisant au sujet de la poursuite de l’excellence afro-américaine.

Une autre scène qui a causé une réaction gigantesque de l’auditoire était un plan prosaïque, intime, d’Adonis et de Bianca dans le lit, conversant nonchalamment tandis qu’Adonis décroche les tresses de Bianca. Que ce sens affectif, culturel, à propos de l’expérience afro-américaine a été transposé dans la saga de l’une des figures les plus emblématiques de la culture populaire américaine d’après-guerre, que le public de partout en Amérique puisse en témoigner tient, encore une fois, du miracle.

Pas juste un plan-séquence

La séquence de Creed qui a le plus marqué les esprits pour sa virtuosité technique est le premier combat, filmé en un seul plan-séquence. La scène commence dans le vestiaire, où Adonis se réchauffe, avant qu’il ne se fraie un chemin à travers la foule pour se rendre sur le ring; un hommage texto à Raging Bull. Sauf qu’il n’y a pas de raccord avant la cloche de la fin, au 2e round. Pendant un certain temps, l’on suspectait qu’il y avait des coupes magiques, façon Birdman, mais la directrice photo Maryse Alberti a récemment confirmé à Variety qu’il s’agit bel et bien d’un authentique plan-séquence.

Cette décision de mise en scène dépasse la simple démonstration de prouesse technique. Pour citer le bon ami du blogue Sylvain Lavallée, dans sa critique publiée par Panorama-Cinéma, elle sert «un véritable projet esthétique – ici, le plan-séquence comme trait d’union».

Pensons notamment à ces deux plans commençant en coulisses et suivant Adonis jusque sur le ring, un mouvement qui montre le passage de Johnson en Creed (et de fait l’acteur en son personnage) sans en faire une rupture (de même que l’acteur se fond à son personnage et vice versa) ; le plan-séquence représente le moment de la métamorphose, la caméra n’enregistre pas un temps « réel », mais celui virtuel marquant le passage d’un état à un autre, ou plus exactement le moment où s’entremêlent les deux pôles (Adonis porte un maillot portant les deux noms, Creed et Johnson). C’est le moment où l’art naît, celui de Coogler qui transmue le réel par la mise en scène pour le transformer en affect, en idée visuelle, celui du boxeur qui exprime son émotion par le sport. De même dans les scènes plus quotidiennes, Coogler opte pour des plans longs, cadres éloignés, faisant coexister ses acteurs dans le même plan, surtout Jordan et Stallone, évitant ainsi de les confronter (sauf quand le drame l’exige).

Voici Coogler qui commente une portion du plan-séquence dans Anatomy of a Scene :

L’URSS KO

L’histoire nous apprend que ce sont Ronald Reagan et le pape Jean-Paul II qui ont uni leurs forces afin de faire tomber l’«empire du mal». Mais on oublie trop souvent de mentionner l’autre joueur important dans la victoire du Bien : Rocky Balboa. En défaisant Ivan Drago, il a fait comprendre à Mikhaïl Gorbatchev et à ses apparatchiks, qui assistaient au combat, qu’il était venu le temps de décrocher le rideau de fer et d’embrasser le capitalisme.

Ce «documentaire» de CollegeHumor parodie habilement l’acclamée série 30 for 30 d’ESPN. Si seulement Apollo n’avait pas dansé avec James Brown avant son combat contre Drago…

- Dernière suggestion de lecture avant mon congé de Noël (de retour 4-5 janvier) : Une «théorie unifiée» des films Rocky, un essai magnifiquement écrit par le réalisateur Andrew Bujalski (Computer Chess, Results). À lire sur le site du New Yorker.

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Jeudi 17 décembre 2015 | Mise en ligne à 13h45 | Commenter Commentaires (5)

Tout Fincher en 200 minutes

David-Fincher

Après nous avoir gâtés avec une rétrospective exhaustive de la carrière de Stanley Kubrick, en début d’année, l’équipe de The Director’s Series récidive avec un portrait tout aussi captivant de David Fincher. Selon leur thèse, le réalisateur de Seven et The Social Network est le digne héritier de Kubrick.

Divisé en cinq parties totalisant quelque trois heures et demie, l’essai-vidéo comprend bien sûr une analyse des dix longs métrages de Fincher; du mal aimé Alien 3, et sa production cauchemardesque, au glacialement numérique et hitchcockien Gone Girl. Mais il y a plus : sa première job en cinéma, chez Industrial Light & Magic (il a travaillé sur les effets visuels de Return of the Jedi et Indiana Jones and the Temple of Doom).

Une grande place est aussi accordée à ses activités extra-cinématographiques, comme son travail dans le milieu de la pub (il a collaboré avec les plus grandes marques; Levi’s, Nike, Pepsi, Sony, Coca-Cola, etc.) et dans le milieu de la musique pop (il a réalisé parmi les plus fameux vidéoclips de Madonna). Il est enfin question de son implication dans la série télévisée révolutionnaire House of Cards.

Les vidéos ont été conçues avec grand soin. On apprécie l’inclusion de nombreuses images d’archives qui nous présentent des coulisses des tournages, ainsi que la combinaison bien dosée d’histoires de production des films, d’anecdotes sur la vie du cinéaste, et d’analyses théoriques. Ces dernières sont très compétentes, mais peut-être trop «accessibles» (et souvent répétitives) pour le cinéphile pointu, qui ne va sans doute pas apprendre grand chose de nouveau sur ce plan. Qu’à cela ne tienne, le paquet est tellement attrayant, que pas mal tout le monde devrait y trouver son compte.

À lire aussi :

> Seven, ou le casse-tête de la boîte
> Bien sûr que Gone Girl a été snobé!
> Gone Girl : le doux parfum du trash

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Mardi 15 décembre 2015 | Mise en ligne à 15h00 | Commenter Commentaires (15)

Blade Runner, un film «co-réalisé» par Stanley Kubrick

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Il ne s’agit pas d’une nouvelle révélation, quoique la fascinante anecdote concernant deux des films les plus populaires des années 1980 n’a pas encore été fermement implantée dans la culture populaire. Ridley Scott a récemment reparlé de l’implication de Stanley Kubrick dans son classique de science-fiction Blade Runner. Lors d’une table ronde de réalisateurs organisée par le Hollywood Reporter jeudi dernier, le cinéaste britannique a rappelé qu’il a demandé un coup de pouce à un certain collègue pour le sortir du pétrin (traduction via Première) :

Je venais de finir Blade Runner et c’était un désastre. Mes producteurs me disaient : «Tu ne peux pas terminer sur un origami, un coup d’oeil à la fille, un ascenseur et bingo, c’est fini». Je leur répondais : «Mais c’est un film noir!», et il rétorquaient : «C’est quoi un film noir?». Bref, on avait un problème. L’un d’eux m’a conseillé de terminer plutôt sur des images en plein air, où le couple serait dans la nature. Je ne voyais pas l’intérêt. Pourquoi les faire sortir dans une nature luxuriante alors qu’ils vivent dans ce monde dystopique? J’en ai parlé plusieurs fois à Stanley. Je lui ai dit : «Je sais que tu as tourné des tonnes de plans en extérieur pour The Shining, notamment en hélicoptère, tu pourrais m’en donner?» Et voilà comment la fin de Blade Runner a été tournée par Stanley Kubrick.

Ce qui est particulièrement ironique dans cette histoire est que ce sont des images d’un des films d’horreur les plus marquants de l’histoire qui ont été utilisées pour la version «happy-end» de Blade Runner, celle qui a été projetée lors de sa première sortie en salles, avant que le film ne connaisse plusieurs autres mutations (les 7 versions sont décrites ici).

Comme on le sait, un nouveau Blade Runner, réalisé par Denis Villeneuve, est présentement en développement. Le tournage devrait s’entamer à l’été 2016. Harrison Ford reprendra son rôle de Rick Deckard, tandis que Ryan Gosling en sera la vedette. Les détails de l’intrigue n’ont pas encore été révélés, mais Scott, qui supervise la production (et qui aura droit au final cut), a décrit la séquence d’ouverture le mois dernier lors de l’AFI Film Fest. Il en a étonné plus d’un avec sa référence à The Grapes of Wrath (1940), l’adaptation oscarisée du roman de John Steinbeck par John Ford, qui raconte les mésaventures d’une famille plongée au coeur de la Grande Dépression.

Nous avons décidé de commencer le film avec le bloc de départ du premier Blade Runner. Nous avons toujours aimé l’idée d’un univers dystopique, et nous commençons dans ce que je décrirais comme une «ferme industrielle» – ce qui serait un terrain agricole plat. Au Wyoming. Vous pouvez regarder 20 miles à la ronde. Pas de clôtures, juste de la boue labourée, sèche. En se retournant, vous voyez un arbre massif, qui vient de mourir, mais l’arbre est soutenu et maintenu en vie par des fils qui le retiennent. C’est un peu comme The Grapes of Wrath : il y a de la poussière, mais l’arbre est toujours debout. Près de cet arbre, il y a une petite maison blanche avec un porche. Derrière elle, à deux miles de distance, dans le crépuscule, on voit une moissonneuse batteuse massive qui est en train de fertiliser le terrain. Vous avez 16 lampes Klieg qui y sont installées, et cette moissonneuse est quatre fois plus grande que la petite maison. Et tout d’un coup un spinner [une voiture volante] fait son entrée, créant de la poussière. Elle est bien sûr poursuivie par un chien qui aboie, comme le veut la tradition; les portes s’ouvrent, et un gars sort du véhicule : Rick Deckard. Il marche vers la petite maison, ouvre la porte, s’assied, sent un ragoût, et attend l’arrivée du gars avec la moissonneuse, qui a trois étages de plus haut que la petite maison. L’homme descend d’une échelle – un grand homme. Il fait un pas sur le perron et il se place à côté de Harrison. Le petite maison craque; le gars doit faire 350 livres. Et je ne vais pas dire autre chose – vous devez aller voir le film.

Denis Villeneuve, de son côté, s’est gardé de trop en dévoiler à propos de son nouveau long métrage. Il a cependant affirmé lors du TIFF, en septembre, qu’une des grandes questions entourant la mythologie Blade Runner sera répondue dans son film : Deckard est-il un replicant ou un humain? (quoique Scott a fourni la réponse l’an dernier). Le réalisateur québécois a en même temps voulu se faire rassurant, disant aux fans du Blade Runner original qu’il va «prendre soin de son mystère».

Le prochain film que Scott mettra en scène est le prequel à son propre Alien, ou plutôt la suite à son Prometheus, intitulé Alien : Covenant. Le tournage s’entamera au mois de mars, en Australie. Covenant est le nom d’un vaisseau spatial à la recherche d’une nouvelle planète censée être un paradis, rapporte Screen Daily. Les membres de l’équipage finissent par atterrir sur une autre planète par erreur, et y découvrent son seul habitant, David, l’androïde de Prometheus incarné par Michael Fassbender… En salle le 6 octobre 2017.

Pour revenir à The Shining, je vous suggère cette énième analyse du «film le plus incompris et le plus personnel» de Kubrick. Ce docu d’une demi-heure se pose comme un complément intéressant à Room 237 (2012), le film de Rodney Ascher qui met en scène des théories de la conspiration toutes plus extravagantes et élaborées les unes que les autres.

À lire aussi :

> Alien et Prometheus : un mariage reporté?
> The Shining : une affiche conçue dans la douleur
> Room 237 : le miroir déformant de la critique

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