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    Jozef Siroka est journaliste au pupitre à LaPresse.ca et blogueur cinéma à temps partiel.
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    Vendredi 6 février 2015 | Mise en ligne à 15h30 | Commenter Commentaires (2)

    Magic Mike XXL : le «retour» de Steven Soderbergh

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    Malgré qu’il ait annoncé sa retraite de l’industrie du cinéma en 2011, Steven Soderbergh n’a semble-t-il pas pu résister à retourner derrière la caméra, le temps de revisiter l’univers d’un de ses plus gros succès en carrière. En effet, Magic Mike (2012) est le film le plus proportionnellement rentable issu de sa vaste filmographie, avec des profits de 160 millions $ sur un maigre budget de 7 millions $.

    L’«ex»-cinéaste est venu prêter main forte à son fidèle assistant-réalisateur, Gregory Jacobs, qui signe avec Magic Mike XXL son troisième long métrage à titre de metteur en scène. Soderbergh a agi en tant que directeur photo et monteur sur le film. Ne vous étonnez pas cependant de ne pas retrouver son nom au générique; il risque fort bien de reprendre ses pseudonymes, Peter Andrews et Mary Ann Bernard, respectivement. Il a également rempli la fonction d’opérateur caméra.

    Questionné au sujet de son retour sur un plateau de tournage de cinéma (il a réalisé 10 épisodes de la série télévisée The Knick), Soderbergh a affirmé à GQ l’été dernier : «Je veux être là, mais je ne veux pas être le réalisateur. Je veux faire partie [du projet]. Je veux être dans le groupe, mais je ne veux pas être le chanteur principal cette fois-ci». Le prochain long métrage de Soderbergh devra néanmoins attendre, si on en croit Channing Tatum, qui a joué dans ses trois derniers films, incluant Magic Mike, qui est inspiré de sa jeunesse :

    C’est super compliqué, à mon avis, la raison pour laquelle il voulait arrêter de faire des films. J’ai lui ai mis de la pression probablement plus durement que quiconque – on a eu des débats houleux pendant plusieurs nuits. Je disais : «Je ne comprends pas! Pourquoi?». Et il répondait : «Je n’en ai pas besoin».

    Road movie

    Dans Magic Mike XXL, la joyeuse bande de danseurs exotiques qui s’exhibent dans un club de Tampa, en Floride, embarquent dans un road-trip en direction de Myrtle Beach, en Caroline-du-Sud, où se déroule une «convention de striptease». On reverra dans la suite la plupart des membres originaux du Xquisite Strip Club : Ken, Tito, Tarzan, Big Dick Richie et, bien entendu, Magic Mike lui-même. Malheureusement, Matthew McConaughey ne reprendra pas son rôle du gérant Dallas, sans doute la performance la plus extravagante de sa carrière.

    Du côté féminin, Amber Heard remplacera Cody Horn dans le rôle de la jeune femme convoitée par Magic Mike. La nouvelle épouse de Johnny Depp sera notamment accompagnée de Elizabeth Banks, Jada Pinkett Smith et Andie MacDowell. Cette dernière retrouve Soderbergh 25 ans après Sex, Lies, and Videotape, son premier long métrage, qui lui a valu la Palme d’Or alors qu’il n’avait que 26 ans.

    Peu importe qu’on perçoive Magic Mike comme un honnête crowd pleaser ou comme une parabole du capitalisme, sa principale force demeure à mon avis l’humble virtuosité de sa mise en scène. Tout dans ce film est réglé au quart de tour (montage, photo, cadrages, structure), et pourtant il s’en dégage une fluidité et une désinvolture des plus plaisantes (j’en parle plus en détail vers la fin de ce post). À ce stade-ci, Soderbergh n’avait plus rien à prouver. En même temps, on sentait une lassitude de sa part pour le cinéma de fiction traditionnel; le récit en tant que tel est l’aspect le moins intéressant ou original du film; il s’agit plutôt d’une excuse pour déployer des images en mouvement.

    Il reste à voir si Jacobs, à défaut de surpasser le maître, saura l’égaler, ou du moins lui rendre honneur. Les deux hommes travaillent ensemble depuis près d’un quart de siècle (depuis King of the Hill, plus précisément), mais c’est la première fois que Soderbergh remplit le rôle de subordonné dans leur relation professionnelle. Très curieux de connaître la véritable teneur de l’apport de Soderbergh: davantage technique, ou créatif. Sûrement un peu des deux.

    Jacobs assure que Magic Mike XXL se distinguera nettement du film original. «Il est différent dans le sens que, une fois que vous le verrez, vous comprendrez pourquoi on a fait une suite. Personne ne nous accusera de faire le même film deux fois».

    L’aspect charnel semble ici bien plus important que dans Magic Mike, qui adoptait une approche un peu plus clinique du milieu du strip-tease, désérotisant ses protagonistes afin de les intégrer plus facilement dans l’idée plus large de «l’industrie du spectacle». Comme celle du cinéma par exemple, contre laquelle Soderbergh s’est maintes fois élevé, dénonçant de plus en plus fort la confluence entre l’art et l’argent.

    À lire aussi :

    > Steven Soderbergh et la «guerre contre le cinéma»
    > Contagion: l’anti-thriller paranoïaque
    > The Girlfriend Experience : document d’époque
    > Quand Soderbergh rumine sur son Bond préféré…


    • Tanné de tous ceux qui disent qu’ils partent et ne le font jamais réellement. Quand ils ne font pas comme Joaquin Phoenix dans le temps, “c’est juste une blague, c’était pour mon film!”

      Tanné aussi de toutes ces vedettes féminines interchangeables (et jetables dès l’arrivée de la première ride).

      Force est d’admettre que je n’aime pas le cinéma, ce qu’il est devenu, ou plutôt ce qu’il a toujours été.

    • eh ben.

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