Jozef Siroka

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    Jozef Siroka est journaliste au pupitre à LaPresse.ca et blogueur cinéma à temps partiel.
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    Lundi 19 janvier 2015 | Mise en ligne à 17h15 | Commenter Commentaires (18)

    Selma et le poids disproportionné de l’Histoire

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    L’histoire se répète à la veille d’une autre cérémonie des Oscars marquée par diverses controverses politico-historiques. Comme ce fut le cas en 2013, l’attention négative en vue du prochain gala est centrée autour d’un film largement acclamé par la critique qui a été réalisé par une femme. Alors que Zero Dark Thirty de Kathryn Bigelow a été accusé de faussement invoquer l’efficacité de la torture dans la lutte au terrorisme, on reproche aujourd’hui à Selma d’Ava DuVernay de falsifier le rôle de Lyndon B. Johnson dans le mouvement des droits civiques.

    Je n’ai malheureusement pas encore eu l’occasion de voir Selma (un plafond qui coule m’a pour ainsi dire confiné à la maison au cours de la dernière semaine; Blackhat et un second round indispensable d’Inherent Vice devront attendre aussi). Mais en ce Martin Luther King Day, je crois que le moment est approprié pour se pencher sur cette affaire qui a fait couler beaucoup d’encre. Ou, d’une manière plus générale, aborder ce cancer «de la fiabilité historique» qui semble gruger avec plus d’aplomb que jamais la perception populaire de la nature du cinéma de fiction basé d’après des faits réels.

    Selma est une chronique relatant les évènements ayant mené aux marches légendaires entre les villes de Selma et de Montgomery, dans l’État de l’Alabama, qui ont provoqué le passage du Voting Rights Act signé par Lyndon Johnson en 1965. Un des principaux ressorts dramatiques dans le film est le conflit entre le protagoniste, Martin Luther King, et le président américain, qui se montre ici réticent à tendre la main au héros du mouvement des droits civiques. Selon de nombreux historiens et journalistes, cependant, leur relation telle que dépeinte à l’écran n’a rien à voir avec la réalité.

    C’est Mark K. Updegrove, directeur du Lyndon Baines Johnson Library and Museum, qui a entamé la tournée de réhabilitation de l’héritage de LBJ, le 22 décembre dernier, dans les pages de Politico. Il a accusé le film, qui allait prendre l’affiche trois jours plus tard, d’«abâtardir l’un des chapitres les plus sacrés du mouvement des droits civiques». Quatre jours plus tard, Joseph A. Califano Jr., membre haut placé de l’administration Johnson, a affirmé dans une tribune du Washington Post que les créateurs de Selma ont délibérément tronqué les faits historiques. Plus récemment, la chroniqueuse vedette du New York Times Maureen Dowd s’est inquiétée que «le mensonge astucieux» articulé dans le film «est plus dangereux que le mensonge naïf, parce que moins de gens peuvent y voir à travers».

    Ça sent la panique chez une partie de l’establishment blanc aux États-Unis, qui résiste vigoureusement à l’interprétation personnelle de l’Histoire par une jeune cinéaste afro-américaine. Pourtant, un paquet d’autres films basés sur des évènements réels ont également jonglé avec les faits cette année, et les réactions dans les médias ont été biens moins catégoriques. Parmi ceux-ci, notons The Imitation Game, Unbroken, American Sniper, The Theory of Everything, et Foxcatcher; tous des biopics en lice aux Oscars qui ont (ab)usé de la licence artistique. Mais est-ce «mal» pour autant? Je laisse le généralement poli et réservé critique en chef du New York Times A. O. Scott répondre à ma place :

    Une opinion que Ann Hornaday du Washington Post partage dans sa chronique publiée plus tôt ce mois-ci :

    La bonne question n’est pas à quel point Selma s’est trompé sur Johnson ou sur King ou sur le mouvement des droits civiques, mais plutôt si nous sommes assez sophistiqués en tant que spectateurs et penseurs pour tenir deux idées à la fois: que nous ne sommes pas en en train de regarder l’histoire, mais une œuvre d’art qui a été inspirée et animée par l’histoire. Que nous avons une expérience émotionnelle et esthétique, et non pas didactique. Que les critiques littéralistes des historiens et des témoins peuvent coexister – de manière grincheuse, mais au bout du compte utile – avec le genre d’inspiration, de beauté et de puissance transformatrice que le meilleur du cinéma, comme Selma, peut nous fournir.

    Cela dit, pourquoi Ava DuVernay trimbale-t-elle le poids de l’Histoire avec plus de difficulté que ses autres confrères qui ont tout autant «triché» avec la réalité? Selma est-il victime d’un système à deux poids deux mesures? C’est du moins ce que croit Scott Mendelson, dans un papier publié dans Forbes.

    Selma n’est pas le premier film «basé sur une histoire vraie» qui a été attaqué pour ses inexactitudes historiques. Mais il s’agit d’un rare drame historique centré sur des noirs qui est explicitement raconté du point de vue de ses protagonistes noirs. Donc c’est à la fois ironique et exaspérant qu’il a été diffamé en raison de l’idée (selon moi fausse) que le film n’est pas assez gentil avec un gars blanc vraiment puissant [LBJ] qui joue un important rôle de soutien.

    Mendelson est également déçu par la décision de l’Académie d’exclure DuVernay de la course au Meilleur réalisateur. Une omission qui selon lui aura un impact concret pour sa carrière à plus ou moins long terme :

    Damien Chazelle et Dan Gilroy obtiendront un énorme soutien de la part de l’industrie simplement parce que Whiplash et Nightcrawler sont deux des meilleurs films de l’année, et la validation de la part des Oscars a simplement été une cerise sur le sundae. Mme Duvernay, plus que ses pairs, avait sans doute besoin de cette validation comme monnaie d’échange.

    Mais il ne faudrait pas seulement s’attarder au sexe et à la race de la réalisatrice pour comprendre le relatif rejet de Selma par l’Académie – deux nominations, Meilleur long métrage et Meilleure chanson – mais aussi et surtout considérer d’«exaspérantes questions banales, comme la date de sortie [tardive] du film et sa campagne de marketing [déficiente]», explique Mark Harris chez Grantland. Par ailleurs, il faut aussi prendre en compte le style peu oscarisable de Selma, qui est loin d’être un biopic conventionnel qui glorifie son protagoniste, comme par exemple Gandhi de Richard Attenborough, mais qui s’apparente davantage à du cinéma «radical» dans la veine du Che de Steven Soderbergh, précise le toujours fiable Glenn Kenny.

    Spike Lee, un des principaux emblèmes des «injustices» commises par l’Académie, croit que l’histoire donnera raison à Selma. Il compare cette situation à celle de son classique controversé Do the Right Thing, qui n’a également obtenu que deux nominations (et qui est reparti bredouille) il y a 25 ans, alors que l’on a couronné cette année-là la guimauve sitôt oubliée Driving Miss Daisy. Le cinéaste a offert ce conseil pragmatique à DuVernay : «Tu sais quoi, qu’ils aillent se faire foutre. Tu as fait un très bon film, tu devrais en être fière, et maintenant commence à travailler sur le prochain».

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    • Mais le film a été nominé comme meilleur film aux Oscars. Ce n’est pas rien. Je trouve ce “backlash” une tempête dans un verre d’eau.

      En fait, quand ton film est nominé dans la catégorie Meilleur film, mais pas Meilleur réalisateur, tes chances de l’emporter sont nulles, ou presque. Tempête dans un verre d’eau? Ça dépend pour qui. Mais lisez ce texte du grand David Carr, et revenez moi après. -js

    • @ andres.jimenez1

      On s’entend que Selma n’est nominé dans la catégorie du Meilleur Film que comme simple figurant ou, encore pire, comme alibi, comme votre commentaire semble le démontrer.

    • Tiens, c’est vous qui avez repris le vieux stock d’Histoire-avec-un-grand-H de Mario Roy?

      Bon, réalité, fiction, peu importe; le problème, ici comme avec tous les autres films (style Lincoln, The Help ou The Butler), c’est qu’on cherche toujours une histoire (pardon, Histoire) qui vend, qui adoucit les moeurs ou au contraire les rend belliqueuses au besoin. Dans l’après-Ferguson, on nous sert du feel-good racial pendant qu’au niveau de la politique internationale on a quelque chose comme American Sniper (ou Zero Dark Thirty) nous vendant l’aventurisme militaire au Moyen-Orient.

      Ces films sont le contraire même d’un film brave; ils sont des baumes appliqués sur des plaies ouvertes. Ils mentent sur l’Histoire non pas parce que leur version de l’Histoire offre une supériorité narrative ou une perspective intéressante (du genre Amadeus), mais parce qu’ils ont un intérêt financier ou politique à le faire.

      Ce qui donne, comme la plupart du temps, des films jetables, à être revisités seulement par les historiens, des vrais ceux-là, qui voudront comprendre l’Amérique de cette époque. Pour l’art, on repassera.

    • Tiré du texte de Carr: “The nominations of the director this time around, and a British actor, David Oyelowo, playing a heroic black figure in the American narrative — not the victim of white oppression, but a corrective to it — would have had particular resonance at this moment.”

      Exactement: Selma est magnifique, pas vraiment un biopic d’ailleurs, ça porte sur un événement précis, bien plus que sur MLK en particulier. Et c’est un correctif puissant à 12 Years a Slave, le film s’adressant directement à la conscience du spectateur Blanc, enfin pour celui qui sait bien regarder les images (d’apparence banales, elles appellent pourtant une foule de regards complexes, le film portant entre autres sur les médias et le pouvoir exercé par l’image).

      Les critiques du portrait de Johnson sont franchement ridicules: il ne paraît même pas raciste ou de mauvaise foi, il refuse d’aider MLK au départ par peur d’effrayer son électorat, parce qu’il a d’autres dossiers plus urgents à traiter. C’est un refus stratégique, ça n’a rien de déshonorant. Il a déjà été pas mal plus varlopé dans JFK!

    • Les américains sont très frileux quand on touche un personnage/héros de leur histoire et malheureusement, Selma en fait les frais.

      On n’a qu’à penser à la polémique entourant «Exodus: Gods and Kings» (L’exode – Dieux et rois) pour comprendre qu’on ne doit jamais réécrire l’histoire telle que reconnue par “l’establishment” américain.

      Par contre, faire le contraire – soit d’embellir le rôle de la nation américaine – peut vous valoir un Oscar… parlez-en à Ben Affleck!! Oscar du meilleur film pour Argo, sans être nominé dans la catégorie du meilleur réalisateur (désolé de te contredire @js).

      Non vous ne me contredisez pas! J’insiste sur mon «ou presque» ;) -js

    • @Comte_de_la_Fere

      “embellir le rôle de la nation américaine”

      Un cas classique est celui d’”Objective, Burma!” avec Errol Flynn, sorti en 1945 avant même que la guerre soit finie, et qui décrivait l’opération en Birmanie comme étant pratiquement entièrement américaine. Winston Churchill s’est plaint et le film a même été banni en Angleterre.

    • Je pense qu’il est vital d’avoir des voix critiques qui rectifient les errements des films qui s’inspirent d’événements historiques.

      Je ne parle pas de “dénoncer” comme si c’était un crime ou un manque d’éthique dès qu’on prend des libertés avec l’histoire au service d’une idée, d’une atmosphère ou d’un récit. Je parle de critiquer, rectifier, préciser et contredire.

      Le cinéma est un vecteur d’idées très puissant. Nombre de gens se forgent une perception de l’histoire et de la société à partir des films de fiction. Pensons à des films comme Taken (discuté ici), ou le cinéma antisoviétique des années 1980.

      Je serais curieux de voir des études sur l’influence du cinéma sur la perception de l’histoire, mais mon expérience personnelle me dit qu’elle est énorme, au point d’amener certains à croire des absurdités comme si le voir dans un film qui se veut historique donnait une réalité à cela.

      Dans ce sens, je réinterprète le tweet de A.O. Scott: “Feature films are not history” … Il faudrait le dire plus souvent et peut-être même critiquer davantage le contenu de ces films.

    • D’accord avec kurtz, discuter à partir de ces films, revenir sur les événements, les personnalités, à partir d’un point de vue plus proprement historique est vital. Le problème, bien sûr, survient quand ces correctifs sont utilisés comme des jauges de la valeur d’une oeuvre. La vérité artistique est bien différente de la vérité historique, si seulement il y a une vérité, dans le sens où on l’entend généralement, en histoire (il y autant d’histoires que d’historiens, comme disait l’autre).

      @restil

      Vous avez vu Selma? Je ne vois pas comment on peut feeler good en sortant de ce film. Oui, on présente une victoire importante, mais elle n’est pas présentée comme un point final, une résolution achevée. Ça se termine sur Where do we go from here?, quand même, et le film n’a cesse de nous renvoyer au présent pour créer un dialogue. On ressent pas mal plus l’absence d’un MLK contemporain qu’un quelconque réconfort à propos de Ferguson ou autre.

    • Un des pires exemples d’inexactitude historique est à mon avis A Beautiful Mind, racontant la vie de John Nash. À plus forte raison puisqu’on lui a décerné l’Oscar du meilleur film.

      Ce film est trompeur. On laisse croire que Nash souffrait d’hallucinations visuelles persistantes, ce qui n’était pas le cas (c’est un symptome très rare, de toute façon). La dépiction de sa maladie mentale est simpliste, presque subversive. On sous-entend presque que Nash a pu inventer toute sa participation avec les services de renseignement. Pire, on n’a pas tenu pas compte du point de vue de Nash lui-même, encore vivant, de ses opinions politiques à l’époque, qui était selon ses dires une source de ses problèmes, du fait qu’il a perdu sa cote de sécurité lors d’une arrestation, ou qu’il aurait cherché à demander l’asile en Europe.

      Bref, le film évacue pratiquement tous les éléments qui permettraient de comprendre ce qui lui est arrivé. Sans parler de cette “cérémonie des stylos”, le point fort du film, qui n’a jamais eu lieu selon le site de l’Université Princeton.

    • @cinematographe

      “Vous avez vu Selma?”

      Pas encore, non, mais le type de sujet me semble assez rébarbatif justement à cause de tous les autres “12 Years A Slave”. Ces jours-ci, je désespère un peu du cinéma américain, qui soit se prend pour un jeu vidéo, soit dans l’autocongratulation (et plus autocongratulation que les Oscars, tu meurs).

      «Tous les autres “12 Years A Slave”.» C’est vrai que des grosses productions américaines avec un casting majoritairement noir, filmées par un noir, il y en a à la tonne… N’importe quoi. -js

    • Monsieur Siroka, ce n’est pas nécessaire d’être blanc, ou de mettre en scène principalement des blancs, pour aboutir à un gros film mielleux et racoleur dans la plus pure tradition hollywoodienne.

      OK là je vous perds, désolé. Bottom line : vous n’avez pas vu Selma, mais vous pensez qu’il s’agit d’un film mielleux. D’ailleurs, 12 Years A Slave, mielleux? Sérieux? Vous l’avez vu? -js

    • Soyons francs. La grande majorité des Québécois ne lisent pas de livres d’histoire. Leur histoire du monde se limite en général au cinéma hollywoodien. Vous voulez que je numero les aberrations de Braveheart, Jurassic Park ou Pocahontas ? Quoi qu’on veuille bien se faire croire, l’histoire naive et fausse du cinema supplante celle bien réelle. En ce sens, les films, tout comme les produits que j’achète à l’épicerie, devraient mentionner le vrai contenu, ou tout au moins énumérer à la fin et avant le générique, les erreurs ‘au nom de l’art’ et au détriment de la vérité.
      ‘Inspiré d’un fait vécu’ ne devrait même pas être permis en tant qu’expression!

    • Pas vu le film encore. Je ne sais même pas s’il va se rendre dans le coin. 1964 semble avoir été une année agitée. Lyndon Johnson semble avoir été un politicien habile à parler des deux côtés de la bouche. En ce sens, il peut être difficile de le cerner véritablement. Surtout dans un contexte socio-politique où la nécessité d’agir exige de trancher… Voici la conclusion d’un texte d’un historien par rapport à cette période :

      « In the short term, his genius proved true. His efforts at negotiating tricky issues of race were successful in the fall, as he defeated Barry Goldwater by one of the largest margins in U.S. history, losing only the five expected Deep South states and Arizona. In the long term, however, Johnson’s summer of ’64 was less a moment of triumph than a temporary reprieve. Disillusionment from civil rights activists grew, white backlash became stronger and defined the next generation of U.S. politics, and in matters occurring in other conversations this summer, the path to a devastating war in Vietnam was set in place. Lyndon Johnson finally had his victory, but was only beginning to figure out what he really had. “I’m just kind of broken up,” he told Hubert Humphrey on election day, “I’m aching all over. I’ve got a headache, and my damn bones—[my] hip’s hurting, and I just…’m just worn out.”31

      http://presidentialrecordings.rotunda.upress.virginia.edu/essays?series=CivilRights

    • Reste que si l’histoire des Afroaméricains commence à inspirer les cinéastes, il y aura matière à de nombreux films! Juste à se rappeler, par exemple, que les mariages entre Noirs et Blancs ont été rendus légaux à partir de 1967… Il y aurait une énième relecture de Roméo et Juliette à faire là-dessus!

      http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/pop_0032-4663_1972_num_27_4_15236

    • Un film de fiction n’est pas une leçon d’histoire. Il faut être bien naïf pour y voir le contraire. Je crois que le problème est l’absence de connaissance historique d’une forte proportion de la population. Les films historiques peuvent alors modifier la perception qu’ont les gens de l’histoire. Il y a certainement un parallèle à faire ici avec Slavoj Zizek et la relation entre l’idéologie et le cinéma.

      Je ne crois pas que ce soit au cinéma de fiction d’instruire ou d’informer les gens. Je crois, par contre, que l’authenticité de la démarche est un critère important qui permet de juger de la qualité d’une oeuvre. À cet effet, j’avoue avoir certaines réserves face à des oeuvres qui font preuves de largesses.

    • Quand il y a eu des morts innocents lors de ces évènements ,il me semble que le minimum de décence veut que l’on s’attache à l ‘exactitude historique. Tout le monde ne prendra ce film au second degré et cela pourrait mener à de sérieux malentendus. Mais je crois que LBJ n’était pas un grand amoureux des afro-américains. N’oubliez pas que Hoover est encore en poste à cette époque et il avait tout un dossier sur Mr King…

    • M. Siroka a raison, il faut discerner entre fiction historique et documentaire historique. Mais les dommages collatéraux sont que la majorité des gens prennent leurs informations dans ces fictions et se donnent rarement la peine de fouiller plus profondément le sujet. Pour moi c’est problématique.
      Par ailleurs, il faut s’attendre à ce que l’américain (nord-américain) moyen juge sévèrement une production afro-américaine, dirigée par une femme de surcroit.
      J’en réfère à une précédente chronique de M. Siroka dans laquelle il parlait de la composition de volants de « l’académie » (blancs, agés de 65 ans, etc.)

    • Le cinéma historique n’a en principe rien à soutirer de la reconstitution, il atteint sa valeur par la reconstruction. C’est donc exclusivement de son époque qu’il parle. 2014 est la véritable année qui importe pour Selma, puisque c’est dans les truchements et contrepoints historiques, dans le style et les ruptures de tons que le film à sujet historique gagne en signifiance; tout ça ayant uniquement rapport à sa contemporanéité.

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