Jozef Siroka

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    Jozef Siroka est journaliste au pupitre à LaPresse.ca et blogueur cinéma à temps partiel.
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    Mardi 23 septembre 2014 | Mise en ligne à 16h15 | Commenter Commentaires (23)

    Nouveau tour de piste pour les films politiques

    Le film «Good Kill» remet en question l'utilisation des drones militaires.

    Le film «Good Kill» remet en question l'utilisation des drones militaires.

    Le cinéma politique n’a pas tellement la cote dans le Hollywood du 21e siècle. Du moins, pas les films du genre à caractère plus sérieux, comme ceux qui faisaient courir les foules dans les années 1970. Et ce n’est pas tant une question de qualité, plus de climat social. The Hurt Locker (2008), qui suivait le quotidien de démineurs durant la guerre en Irak, est le lauréat de l’Oscar du meilleur film à avoir le moins bien paru au box-office, avec un maigre 17 millions $. Ses cousins sortis à peu près durant la même période (Rendition, In the Valley of Elah, Green Zone) n’ont pas davantage fait courir les foules.

    Les films mentionnés ci-haut s’annonçaient comme des interprétations réalistes sinon critiques de la «guerre contre la terreur». Et une bonne partie du public, déjà saturé par cette discussion via les médias en continu, et pas tout à fait remis du traumatisme causé par les pires attentats en son sol, s’est montré réticent à ces propositions, quoique rares et dans l’air du temps. Mais selon Michael Cuesta, réalisateur de la populaire série télé Homeland, qui vient de compléter un drame biographique dénonçant la CIA, les temps ont changé :

    Le 11-Septembre nous a bombardé avec des images d’attaques et des reportages d’attaques futures, et le statu quo était «pouvoir militaire pro-Américain». En conséquence, les studios se sont éloignés des films percutants sur la guerre et la sécurité nationale. Maintenant, nous voyons une volonté de s’attaquer à des problèmes complexes et controversés.

    En d’autres mots, on assiste au retour de la paranoïa envers les institutions, une atmosphère qui ne peut qu’être bénéfique pour les films politiques remettant en question la bonne volonté du gouvernement envers son propre peuple. Dans un article publié vendredi dernier, The Hollywood Reporter a dressé un compte-rendu de projets «percutants» à venir :

    > Edward Snowden. Déjà deux productions en cours. D’abord l’adaptation par Oliver Stone du roman Time Of The Octopus, écrit par l’avocat russe du fameux lanceur d’alerte. Joseph Gordon-Levitt est pressenti pour incarner l’informaticien en exil, a annoncé Deadline dimanche. Le tournage s’entamera en décembre à Munich. Le mois dernier, Sony Pictures a acquis les droits du livre No Place To Hide de Glenn Greenwald, l’intrépide journaliste du Guardian qui fut le premier à révéler les secrets sur la NSA qui allaient bouleverser la planète.

    > Bowe Bergdahl. Un autre sujet chaud qui voit double, d’après le soldat américain otage des talibans qui a été libéré le 31 mai dernier après cinq ans de captivité. Kathryn Bigelow revient au thriller politique après le succès du polémique Zero Dark Thirty, sur la traque d’Oussama ben Laden. Le film sera scénarisé par le fidèle collaborateur de la réalisatrice, Mark Boal, qui a récemment lancé une nouvelle boîte de production, Page One, consacrée au «cinéma journalistique». En parallèle, le porté disparu Todd Field (In The Bedroom, Little Children) compte adapter un article de Rolling Stone sur Bergdahl, écrit par le regretté journaliste d’investigation Michael Hastings, a révélé Deadline en juin.

    > Stanley McChrystal. Dans The Operators, Brad Pitt se glissera dans la peau du général Stanley McChrystal, commandant de l’ISAF en Afghanistan en 2009 et 2010. Après qu’un reportage explosif publié dans le magazine Rolling Stone eut révélé que l’homme de confiance du président ne se gênait pas de railler son administration, il fut congédié pour insubordination. Le film, basé d’après un livre de Hastings cette fois, sera réalisé par le cinéaste australien David Michôd, (Animal Kingdom, The Rover).

    > Jon Stewart. Le satiriste politique le plus célèbre des États-Unis s’est lancé dans la réalisation avec le long métrage Rosewater, l’histoire vraie de l’incarcération violente du journaliste canado-iranien Maziar Bahari dans l’infâme prison d’Evin, à Téhéran. Le film est basé d’après les mémoires de Bahari, Then They Came for Me: A Family’s Story of Love, Captivity, and Survival, où l’on apprend qu’il fut appréhendé après son passage à l’émission de Stewart, The Daily Show, à l’été 2009. Entrevues de fond avec l’humoriste devenu cinéaste à lire sur le site du Hollywood Reporter et The Playlist. Rosewater a été présenté aux festivals de Telluride et de Toronto, et prendra l’affiche le 7 novembre.

    > Drones. Encore deux projets concurrents, sur la stratégie politique la plus controversée de l’administration Obama, à savoir son utilisation enthousiaste mais discrète d’avions armés téléguidés dans des territoires hostiles. D’abord Good Kill, qui voit Andrew Niccol retrouver Ethan Hawke (Gattaca). Présenté en première mondiale à Venise, le film se penche sur un pilote de drone qui vit une crise de conscience: cet ancien «Top Gun» remet en question l’idée de bombarder des gens à 7000 km de distance dans le confort de sa remorque à Las Vegas. Dans Eye in the Sky, le cinéaste sud-africain Gavin Hood (Tsotsi, Rendition) dirigera Aaron Paul (le Jesse Pinkman de Breaking Bad) dans la peau d’un pilote de drone qui doit mener à bien une opération top secrète. Avec également Helen Mirren et Colin Firth. Plus de détails sur The Wrap.

    > Dan Rather. Quarante ans après avoir incarné Bob Woodward dans All the President’s Men, Robert Redford s’apprête à reprendre le stylo de journaliste dans Truth, un autre long métrage basé sur des faits réels. L’éternel golden boy de 77 ans incarnera cette fois Dan Rather, présentateur-vedette de CBS News, qui fut limogé en 2005 à la suite d’un reportage controversé sur George W. Bush, qui stipulait que l’ancien président américain avait bénéficié de favoritisme lors de son service militaire. Le film, que réalisera le scénariste James Venderbilt (la franchise The Amazing Spider-Man), s’appuie sur les mémoires de la productrice de Rather, Mary Mapes, également licenciée par CBS, qu’interprétera Cate Blanchett.

    Pour un inconditionnel du cinéma politique, voilà des nouvelles fort encourageantes. Des projets à moyenne échelle pour adultes qui, pris en bloc, remettent en cause la mentalité de l’hérisson qui domine Hollywood depuis des années. On espère que le public saura répondre présent. Sinon, ce sera retour à la cause départ, avec des pitchs bourrés de compromis dénaturant le genre, comme le reflète de manière hilarante cette petite scène entre un scénariste et un producteur issue du prologue de The Player (1992), que je retranscris ici :

    - Does political scare you?

    - Political doesn’t scare me.

    - Radical political scares me. Political political scares me.

    - This is politely politically radical, but it’s funny.

    - It’s a funny political thing.

    - And it’s a thriller, too, all at once.

    - What’s the story?

    - I want Bruce Willis. I can talk to him. It’s a story about a bad-guy senator. He’s traveling around the country on the country’s dime, like Sununu did.

    - It’s a cynical, political thriller comedy.

    - But it’s got heart in the right spot. Anyway, he has an accident. And he becomes clairvoyant, like a psychic.

    - So it’s a psychic, political, thriller comedy with a heart.

    - With a heart, not unlike Ghost meets Manchurian Candidate.

    - Go on, I’m listening.

    - He starts reading people’s minds. And when he gets to the President’s mind it’s completely blank.

    Complètement vide. Un peu comme la case du cinéma politique dans la filmographie québécoise des dernières années, voire des dernières décennies. Un état de fait qui me confond depuis longtemps. Je parle d’un film sérieux, avec du budget, des vedettes, qui aborde un sujet contemporain controversé (un Les Ordres du 21e siècle). Aujourd’hui on est bien plus à l’aise dans la réalité politique étrangère (Incendies, Rebelle, Inch’Allah, Un dimanche à Kigali) que dans la nôtre. Ou ai-je loupé quelque chose?

    Il me semble que des télé-réalités comme la commission Charbonneau, qui tire à sa fin, ou les manifs étudiantes quotidiennes d’il y a deux printemps, sont mûres pour se convertir en une bonne demi-douzaine de long métrages pertinents et artistiques. Ou se cachent le Oliver Stone, le Errol Morris, la Kathryn Bigelow, ou le Costa-Gavras québécois?

    À lire aussi :

    > Aux USA, les goûts sont bleus et rouges
    > Zero Dark Thirty, un film co-écrit par la CIA…
    > La domination du «cinéma conservateur»?
    > Le tabou de l’interprétation politique


    • Le problème avec les films politiques québécois, c’est qu’ils sont encore d’actualité. Le confort et l’indifférence, Gina d’Arcand pourraient sortir en 2015 et on ne verrait pas la différence. Dans le confort, remplacez la grosse van pleine de trucs remplis de poils par un cinéma maison et son heureux proprio tient le même discours. Dans Gina, le maire qui va souper avec un entrepreneur qui se vante de faire travailler X gars en compagnie du ministre qui va s’occuper des extras…
      ..

    • @atchoum: “Le confort et l’indifférence, Gina d’Arcand pourraient sortir en 2015 et on ne verrait pas la différence. Dans le confort, remplacez la grosse van pleine de trucs remplis de poils par un cinéma maison et son heureux proprio tient le même discours”.

      Bien dit. C’est ma scène préférée du film, qui symbolise la direction télé-métropolisante qu’a pris le Québec dans les années quatre-vingt et qui continue de se perpétuer dans les univers de Julie Snyder et Véronique Cloutier, où la conscience politique est évacuée du plaisir de la vie quotidienne au service du gros capital.

      Perso, mon classique parano-politique, c’est The Parallax View de A.J. Pakula (pas le génie cinématographique de Robert Altman, c’est sûr, mais quand même), avec Warren Beatty et Hume Cronyn.

    • Il n’y a pas Corbo qui s’en vient ? Quand, d’ailleurs ?

      Oui Corbo, qui a obtenu bonne presse au TIFF. Il y a même Aronofsky qui lui a lancé des fleurs sur Twitter. Mais encore, c’est un film qui relate une histoire qui date d’il y a 50 ans. On dirait qu’on a tendance à s’éloigner de la politique, soit de manière géographique ou temporelle. Sinon, pour la sortie, à Montréal on parle de l’automne.-js

    • Cela aiderait évidemment si les organismes subventionnaires soutenaient ce genre de projet, si qui est loin d’être le cas (parlez-en a feu Pierre Falardeau).

      Cela dit il existe quelques réelles tentatives, même si modestes:
      https://www.facebook.com/maksimefilm/info

    • En 1969 le film “Z” de Costa Gavras m’avait particulièrement impressionné. Je me demande quelle serait ma réaction aujourd’hui si je le visionnais à nouveau? Et Dieu sait si on en avait parlé de sa portée politique du temps, notamment en Europe.

    • Ben voyons, il y a La Maison du pêcheur! Euf euf, rrrraghh ― s’cusez, je viens de m’étouffer avec les touches de mon clavier…

    • @atchoum

      ” Dans Gina, le maire qui va souper avec un entrepreneur qui se vante de faire travailler X gars en compagnie du ministre qui va s’occuper des extras…”

      C’était pas dans Gina, c’était dans Réjeanne Padovani .

      @a.walbrook

      23 septembre 2014
      18h12

      Cela aiderait évidemment si les organismes subventionnaires soutenaient ce genre de projet, si qui est loin d’être le cas (parlez-en a feu Pierre Falardeau)

      Et a Jean Claude Lord (Bingo,Panique ), ça fait 30 ans qu’il ne tourne plus de films au Québec, incapable de faire financer ses trucs, il fait juste des séries télévisées, il en a parler aux Franc tireurs, les fonctionnaires de Téléfilm Canada et de la SODEC ont trop de pouvoirs dans le financement des films.

    • Rayon documentaire, il y a eu Insurgence quand même. Je n’ai pas vu, mais il me semble que les critiques étaient très bonnes.

    • Le banquet aussi, c’était très bien.

    • Je viens de me rappeler que Le banquet était au moment de sa sortie une pure fiction et qu’il n’est devenu d’actualité que quelques années plus tard. Je me souvenais avant tout d’un texte de George Privet, qui avait revisité le film sur son blogue au moment du printemps érable, d’où l’erreur. Enfin, ça demeure un bon film politique, anticipatoire plutôt que based on a true story.

    • C’est vrai qu’au Québec, c’est le néant total à ce niveau. Par contre, du côté américain, nous en avons eu quelques uns quand même bien réussis, même depuis 9/11. On peut penser à Thinker tailer soldier spy, State of play, Syriana, Rendition, The Ides of March et Body of lies, sans parler du magistral Ghost Writer.

    • Oups…je réalise, après avoir envoyé mon message, que les 2 meilleurs parmi ceux que j’ai nommé, soit TTSS et Ghost writer ne sont pas des films américains….je vais aller me chercher un café!

    • Alors qu’en France, ils sont sur une lancée avec La Conquête (vraiment apprécié) et l’Exercice de l’état (pas très bon)

    • Sinon, le seul film avec un propos politique que je me souviens, c’est la Moitié gauche du frigo (mais ça fait un bail!)

    • En évoquant la France, petitviking, vous me faites me souvenir de ce premier film de fiction que je dois toujours voir, La Bataille de Solférino (2013) de Justine Triet qui vient du documentaire.
      Ici, on oublie peut-être les films de Monderie/Desjardins qui ont toujours un certain impact. Moindrement pour le Peuple invisible; c’est pourquoi un documentaire comme Québékoisie (2013) reste excessivement pertinent aujourd’hui. En fiction, dans le renouveau québécois, tous les cinéastes font du film politique en réalité, mais voilé, timidement, toujours par ricochet ou par la voie intime; comme si on faisait encore du cinéma de seigneuries; l’ensemble demeure difficile à aborder. Le référendum de ’95 a achevé d’assommer les cinéastes politiques, on aurait dit presque définitivement. Je n’ai pas vu Laurentie ni Corbo, mais il y a surement un effort préalable de ré-enracinement à faire au Québec pour aborder de front le politique. Je dénonce comme Jozef cette réfrigération paresseuse du politique chez nos cinéastes, mais je considère que le passé est aussi garant que le présent pour investir le monde de la politique.

    • En même temps, comment en vouloir à la génération des cinéastes de la Course destination monde (excepté Falardeau), ils se sont développés sous le règne politique du congélateur Charest! Faisons des pubs d’électroménagers alors… Philippe à choisi le bon côté faut croire.

    • Peut-être que le cinéaste québécois ne croit plus en la capacité des institutions politiques de changer les choses et qu’il se tourne vers le social, le personnel.

      Peut-on encore parler de “militer” dans un parti politique? Le film militant est peut-être parti ailleurs.

    • En même temps, quand on regarde la culture politique québécoise, on a d’un côté les bons qui revendiquent comme une valeur de ne pas se chicaner en public et de se plier aux lois du marché tant linguistique nord-américain qu’économique. De l’autres, les méchants sont racistes, repliés sur eux-mêmes et toujours en chicane. Il reste la CAQ pour ne pas dire que les restants politiques sont à la CAQ… Ça inspire quoi, ça, pour faire des films?

      D’après l’idéologie dominante aujourd’hui, j’imagine beaucoup plus facilement voir un film avec en toile de fonds les déclarations de Parizeau le soir du référendum plutôt que le sur love in et/ou la naturalisation massive d’immigrants (dont certains ont été impliqués dans les attentats du World Trade Center…).

    • Dans le film Sacco et Venzetti (http://fr.wikipedia.org/wiki/Affaire_Sacco_et_Vanzetti), il y avait pour scène une réception où on voyait le juge du procès côtoyer des membres du gouvernement (il me semble) et probablement de l’élite économique de la place. Afin d’assurer l’ordre public, de soutenir l’idéologie du moment, on faisait clairement comprendre au juge, comme s’il ne le savait pas déjà lui-même, comme s’il n’en jouissait pas déjà d’avance, que les anarchistes devaient être condamnés.

      Pendant le printemps érable, j’ai souvent pensé à cette scène. À l’époque, on savait que les juges québécois étaient nommés parce qu’ils soutenaient la caisse électorale du bon parti. Le droit de grève des étudiants était bafoué par les injonctions de juges (impartiaux?) obligeant des profs à donner des cours à un seul étudiant (celui de l’Université Laval était un militant libéral). Le gouvernement parlait de boycott des cours plutôt que d’une grève étudiante. C’est comme si les juges remettaient en vigueur la loi des scabs, qu’ils privilégiaient les droits individuels sur les droits collectifs. Un non-sens dans la société québécoise.

      Et on ne parle pas ici de la loi 78 qui portait atteinte aux droits de la personne. Loi qui devait mettre fin aux manifestations. Loi critiquée par les Nations unies, vous vous rappelez?

      Bref, oui, il y aurait beaucoup, beaucoup à dire sur ce conflit. Mais il semble que nos cinéastes, tannés de tourner aux trois ans, préfèrent les scénarios étatsuniens. Et les plus jeunes semblent plus collés sur le vécu de leur nombril que sur le monde qui les entoure. Mais bon, ça ne fait que 2 ans.

    • “… la CAQ… Ça inspire quoi, ça, pour faire des films?”

      L’ÂGE DES TÉNÈBRES? Le tract psychotronique L’ILLUSION TRANQUILLE?

      Le politique s’inscrit plus facilement dans le documentaire, ou fait (un peu) moins peur aux décideurs/subventionneurs. On a eu droit récemment à CARRÉ ROUGE SUR FOND NOIR, INSURGENCE, GODIN, MIRON: UN HOMME REVENU D’EN DEHORS DU MONDE, plusieurs films sur des questions environnementales comme ANTICOSTI.

      Dans les fictions, je suis d’accord avec rafc, la question est abordée de billet, par la voie de l’intime: pourquoi pensez-vous qu’un film sur trois parle de deuil? Mais qui attaque la question de front depuis Falardeau et son GRATTON XXX? Le sus-mentionné BANQUET. Morin avec PAPA ET LA CHASSE AUX LAGOPÈDES? C’est très peu mais ce peu me semble représentatif de l’air du temps finalement…

      P.S. La sortie de CORBO a été repoussé à l’hiver.

    • J’allais mentionner Le banquet de Sébastien Rose, mais cinématographe l’a fait avant moi. Très bon film, c’est malheureux qu’il ait été peu vu.

      Un problème avec le film politique est qu’il nécessite la nuance et la précision dans le propos, sinon ça devient grossier ou erroné et ce sera le film qui sera attaqué, pas le sujet du film. Bien moins risqué pour la réputation du film de faire quelque chose de grossier sur autre chose que le politique.

      Le dernier commentaire d’atchoum en est un cas de figure. C’est facile de faire un film liant les révélations de la Commission Bastarache avec les injonctions lors du conflit étudiant. Ça tombe à plat quand on sait que c’est la Cour supérieure qui a le pouvoir d’émettre des injonctions et que les juges de cette cour sont nommés par… Ottawa. (Ironiquement, le récent jugement des petites créances, qui accorde des dommages pour détention abusive lors d’une manifestation à Québec au printemps 2012, vient d’un juge de la Cour du Québec, donc nommé par Québec!) La proximité des élites politiques existe réellement, mais une dénonciation inexacte ou grossière tue le propos, ce qui est vrai pour tous les propos de films politiques. Peu de cinéastes voudront investir le temps et l’effort pour éviter ces énormes risques.

      @ rafc: n’attendez plus une seule minute pour voir La bataille de Solférino. C’est brillant cette idée de traiter les divergences entre deux ex-conjoints et entre deux partis politiques au même niveau, ce qui est dit et montré sur l’angle personnel résonnant autant pour l’angle politique et vice-versa. Et je n’aborde même pas le brio technique de docu-fiction. L’un de mes films préférés de l’année.

    • zaclock

      C’est ben môdit, mais vous avez raison!

      http://www.lapresse.ca/actualites/dossiers/conflit-etudiant/201204/28/01-4519943-greve-etudiante-les-demandes-dinjonction-pleuvent.php

      http://www.justice.gc.ca/fra/nouv-news/nj-ja/2014/doc_33064.html

    • 1) @Jozef:
      Je sens la confusion de deux genres qui m’apparaissent distinct dans votre propos; d’un coté le film politique (qui nous parle d’histoires politiques) et de l’autre le film de guerre. Si on parle du film politique au sens le plus pure et on se demande quels sont les grand films politiques des dernières années, j’aurais plutôt fournis comme exemple; Recount, House of Cards, Game Change ou Fair Game.

      Alors que vos exemples vont plutôt explorer des thèmes militaires (vécu psy du soldat dans Hurt Locker, Traque techno d’un individu dans l’autre Bigelow)… etc.

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