Jozef Siroka

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    Jozef Siroka est journaliste au pupitre à LaPresse.ca et blogueur cinéma à temps partiel.
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    Mardi 9 septembre 2014 | Mise en ligne à 17h00 | Commenter Commentaires (72)

    Le malaise Forrest Gump

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    Ma première rencontre avec Forrest Gump date du secondaire, je devais avoir 14 ou 15 ans. Le professeur était absent pour la semaine et, pour combler le temps, on a eu droit à un «spécial cinéma», divisé en deux ou trois cours. Quelqu’un a réussi à traîner un encombrant chariot de télé de peine et de misère dans la classe, mais avait de la difficulté à brancher le lecteur VHS. Je suis venu à sa rescousse avant de me rassoir au fond de la salle, où je dois admettre que je n’ai pas vu grand chose (les rideaux à peine tirés n’aidaient pas non plus).

    Mes camarades étaient exaltés. Après la dernière séance, chacun à son tour se remémorait avec fébrilité des scènes ou répliques marquantes. Les jambes de métal qui brisent! Le match de ping-pong! L’envie de pisser aux côtés de JFK! Les recettes innombrables de plats aux crevettes! La course contre les bombes au Viêt Nam! Les effets visuels pour les jambes de Lt. Dan!… Victime consentante du peer pressure à l’époque, je n’en avais pas besoin plus pour me convaincre: Forrest Gump est clairement un excellent film!

    Lorsque je l’ai revu dans de meilleures conditions, j’ai ressenti un certain malaise. Mais je ne pouvais exactement mettre le doigt dessus. Était-ce parce qu’on présente comme héros vertueux un inconscient qui ne laisse que de la souffrance dans son sillage? En effet, tous ses proches, ses amis et même les célébrités qu’il rencontre finissent par mourir. Et d’ailleurs, ne m’avait-on pas dit que les hippies étaient censés être cool? Pas dans ce film en tout cas, où la contre-culture représente le cancer de la société.

    Pour célébrer le 20e anniversaire de Forrest Gump, les studios Warner Bros. et Paramount se sont associés à IMAX pour une réédition en salle entre le 5 et le 12 septembre. Sur le site de AMC, la chaîne de cinémas qui diffuse la copie restaurée, on soutient que le film «a volé les coeurs et les esprits des spectateurs partout dans le monde». Difficile de les contredire: Forrest Gump est un des films les plus intouchables de l’histoire contemporaine. En ce qui me concerne, cependant, j’y vois plutôt une inquiétante métaphore réactionnaire savamment enfouie sous un vernis de bons sentiments. Heureusement, je ne suis pas le seul.

    Dans une critique acide publiée la semaine dernière dans LA Weekly, judicieusement intitulée «We Need to Talk About Forrest Gump» – en référence au roman prisé de Lionel Shriver qui montre un jeune Kevin adoré de tous, sauf par sa mère, qui voit en lui le psychopathe réel qu’il est malgré sa mignonne façade – Amy Nicholson parle des «films alternatifs» que lui inspire l’oeuvre de Robert Zemeckis :

    Pour chaque bénédiction qui tombe à ses pieds comme une plume du ciel, le karma punit ses êtres chers, sans toutefois qu’il s’en rende compte. (Et le film non plus n’est pas capable de les regarder dans les yeux). Ils vivent des vies compliquées et grandioses que l’on entre-aperçoit seulement dans les marges, au-delà de la myopie de Forrest.

    Sa mère délaissée se prostitue pour placer son garçon dans une meilleure école. Son amour de jeunesse couche avec tout le monde à travers une ère où la misogynie se drapait dans le peace and love, tout en étant traquée avec un acharnement digne de Jason Voorhees par son ami d’enfance. Son collègue pendant la guerre se noie dans la boisson afin d’oublier sa culpabilité du survivant, et crie sa colère d’avoir perdu ses jambes en protégeant ses hommes, tandis que le crétin qui s’en est tiré a remporté la Médaille d’honneur.

    Forrest ne tue personne. Il ne souffre pas du trouble de stress post-traumatique. Il n’a même pas la moindre idée de pourquoi il est au Viêt Nam. Le film a tellement peur de faire ressortir le débat que, lorsque Abbie Hoffman remet le microphone à Forrest lors d’un rassemblement anti-guerre, quelqu’un débranche les haut-parleurs afin que nous ne puissions pas l’entendre – adéquat pour un film qui n’a rien à dire.

    Sans surprise, Amy Nicholson s’est fait condamner dans la section des commentaires. On peut y lire par exemple: «Qui déteste Forrest Gump? Vous n’avez pas d’âme». Ou, mieux encore: «Haïr Forrest est tout simplement anti-américain!». Parce que, oui, pour un certain segment de la population chez nos voisins du sud, Forrest est l’incarnation de la pureté de leurs valeurs. Ce simplet au grand coeur tient lieu d’une apologie absolue de l’Amérique, si ce n’est d’un révisionnisme historique qui réconforte les chauvins, avec un raisonnement du style: «Oui, nous avons fait peut-être du mal aux autres avec notre politique étrangère et la promotion de notre hégémonie culturelle, mais tout cela a été fait avec de bonnes intentions. Et c’est ce qui importe le plus».

    Peu de temps après sa sortie, Forrest Gump a été réclamé par le parti républicain. Le conseiller politique de Richard Nixon, Pat Buchanan, en a fait sa mascotte à l’émission de CNN Crossfire, rapporte Entertainment Weekly dans un article datant de 1995, qui dresse un parallèle entre le succès du film et la reprise du pouvoir au Congrès par le GOP. William F. Buckley, parrain de la nouvelle mouvance conservatrice, et fondateur de l’influent magazine National Review, l’a nommé «Meilleur Film Inculpant la Contre-Culture des Années Soixante». Une quinzaine d’années plus tard, cette même publication allait sacrer Forrest Gump comme le 4e «meilleur film conservateur» du dernier quart de siècle.

    L’adulation de Forrest Gump dans la culture populaire a, à un certain degré, facilité l’émergence d’un certain type de politiciens populistes. Dans une chronique publiée en 2008, portant sur la frénésie entourant Sarah Palin alors qu’elle venait d’être nommée colistière de John McCain, Alain Dubuc faisait part de son inconfort vis-à-vis ce qu’il qualifiait de «syndrome Forrest Gump» :

    Cette valorisation de la non-intelligence est une forme avancée du populisme, qui semble unique à la société américaine. Un populisme qui ne se contente pas de souhaiter que les dirigeants soient proches des gens ordinaires, ou encore qu’ils reflètent les aspirations des gens ordinaires, mais un désir profond que les leaders soient eux-mêmes des gens parfaitement ordinaires. Le rejet des élites, la logique du plus petit dénominateur commun.

    La «valorisation de la non-intelligence» est parfaitement (et ironiquement) résumée dans cet Honest Trailer du film qui «nous apprend qu’on peut réussir sa vie aux États-Unis si l’on est assez stupide pour faire aveuglément ce que les autres nous disent de faire».

    Nonobstant son message politique déplaisant, ce qui m’irrite le plus chez Forrest Gump c’est son traitement complètement déplacé des femmes. Dans un article humoristique mis en ligne par Vice, l’auteur frappe dans le mille avec une observation en particulier: «C’est censé être drôle que la mère de Forrest couche avec le directeur de l’école afin d’y placer son fils (l’implication étant que c’est un peu son truc), mais c’est censé être triste que Jenny est un esprit libre qui a de nombreux partenaires sexuels non nommés Forrest Gump? N’est-ce pas un peu cruel de déshonorer Jenny pour ses choix de vie?»

    Cette apparente contradiction n’est pas cruelle mais plutôt calculée – et hypocrite – et se conforme à la stratégie narcissique du récit. Forrest est présenté comme une sorte de fou béni (holy fool), d’après ces figures mythiques touchées par le seigneur qui étaient vénérées par leurs communautés malgré leur impossibilité de s’y conformer. Ainsi, tous les sacrifices et transgressions commis pour combler ses aspirations sont perçus comme nobles dans la logique du film. En contrepartie, les personnages qui font l’erreur de s’éloigner ne serait-ce que momentanément de son aura divine et, par extension, des «vraies valeurs», en paient le prix. Et celui qui est le plus malmené dans Forrest Gump est celui de Jenny. Comme l’explique le toujours pertinent Wesley Morris dans un post datant de juillet dernier :

    Le roman de Winston Groom qui a inspiré le film a été entièrement remodelé par [le scénariste Eric] Roth afin que Jenny devienne le dépositaire pour les péchés et les poisons du pays. Elle joue Blowin ‘in the Wind en portant une guitare et rien d’autre dans un club de danse exotique. Elle se transforme en une junkie en chaleur qui, dans une stupeur droguée, suicidaire, monte sur le rebord d’un balcon et songe à se lancer en bas, mais de la façon dont Tawny Kitaen apparaissait dans les vidéos de Whitesnake. À un moment donné, elle joue de la musique sur le Hollywood Walk of Fame, en face à la fois de l’étoile de Jean Harlow (morte à 26 ans) et d’une affiche de Rosemary’s Baby. Son amant pacifiste se met à la gifler tandis que des Black Panthers se tiennent là à rien faire. [...] Elle vient d’un foyer violent et passe donc sa vie à rechercher encore plus de mal. Heureusement, chaque fois qu’il y a un homme prêt à l’avilir, Forrest est là pour passer de Gomer Pyle à l’incroyable Hulk.

    À propos de Groom et de son roman, l’auteur s’est fait escroquer par le studio, qui ne lui a jamais versé le 3% des profits nets qui lui avaient été promis, affirmant outrageusement que le film n’a jamais récupéré son investissement (Forrest Gump a empoché 678 millions $ au box-office, sur un budget de 55 millions $). Mais au-delà des problèmes d’ordre monétaire, Groom a été déçu par l’adaptation, disant que la version cinématographique ignorait les aspérités de son personnage. Il a aussi critiqué le casting: il aurait préféré un John Goodman ou un John Candy au lieu du frêle Tom Hanks.

    Comme acte de «vengeance», il a écrit une suite à Forrest Gump, intitulée Gump & Co., que décrit ainsi Amy Nicholson : «Le livre commence par : “Ne laissez jamais personne faire un film sur l’histoire de votre vie”, avant de plonger dans une comédie sombre sur l’échec cuisant. Forrest perd sa fortune, rate la recette pour le New Coke, devient impliqué dans l’affaire Iran-Contra et provoque le naufrage de l’Exxon Valdez».

    Ça, c’est un film! Je verrai bien un Todd Solondz, ou un Terry Zwigoff ou même un Bobcat Goldthwait prendre les rênes d’une telle entreprise. On parle certes ici de trois spécialistes du malaise, mais il s’agit pour moi d’un malaise infiniment plus stimulant que la guimauve boostée à l’arrière goût rance qu’est Forrest Gump.

    > Avis aux intéressés, vous pouvez maintenant me suivre sur Twitter


    • Et si, en fait, il ne fallait pas interpréter le film en se centrant sur Gump, mais plutôt sur les “side stories”, comme vous le démontrez bien en début de texte. En ce sens, les aventures de Gump seraient plaisantes en elle-même, mais la force du film serait de dénoncer différents aspects de la culture de l’époque (et d’aujourd’hui, à certains égards). Il ne faudrait pas à cet égard récriminer le film lui-même, même s’il est plus souvent qu’autrement interprété au “premier degré”, mais éduquer le public et apprécier l’oeuvre en fonction de ce “deuxième degré”. Le réalisateur a déjà discuté de cet aspect?

    • Heureux d’apprendre que je ne suis pas le seul à désapprouver ce film. Pratiquement tous les aspects du film me laissent ennuyé, à commencer par son scénario insipide sans aspérité aucune.

      Même Star Trek Generations (une abomination incohérente) et Junior (une comédie sans rires aucun) sortis la même année m’ont laissé plus amusés et songeur.

      Enfin, cet anniversaire fera un bon coup d’argent pour quiconque a eu cette chance d’être lié au projet cinématographique ;)

    • Il y a quelques années sur ce blogue, un commentateur (astyanax si je ne m’abuse) avait avancé l’idée que tout ce discours réactionnaire était sarcastique. À lire cet article aujourd’hui, et à me rappeler tout ce qu’il y a de détestable dans ce film, je me demande si ce commentateur n’avait pas raison tant je ne peux pas croire qu’un réalisateur puisse défendre sérieusement une telle apologie de l’idiotie, tant le traitement du personnage de Jenny est trop caricatural pour être pris au premier degré. Et il faut bien compléter le cycle: d’abord adulé, le film a subit un backslash de plus en plus prononcé avec les années (il y avait quelques voix dissidentes à l’époque, mais aujourd’hui la critique a pas mal désavoué le film), alors nous sommes dû pour une réévaluation par la hausse.

      En même temps, c’est le propre de tout bon film hollywoodien : cultiver l’ambiguïté pour plaire à tout le monde. Les républicains sont contents d’y voir une représentation de leurs valeurs, les démocrates une critique. Même chose avec Cast Away d’ailleurs: gigantesque pub pour Fedex nous montrant que cette compagnie assure la survie de l’homme même dans les conditions les plus désespérées (ce que laisse penser le début), ou détournement des objets de la société de consommation pour les faire voir autrement, les détacher, justement, de leur aspect mercantile (ce que laisse penser la fin). Impossible de trancher, tout le monde est content.

      Zemeckis, maître de l’ambiguïté tellement ambigue qu’elle ne veut plus rien dire?

    • c’est donc pour cela que j’interpelle les joggers en leurs criant: court Forrest Court :)

    • Forest Gump rerésente l’américain moyen ,plutot simplet, inconscient mais déterminé
      qui traverse une partie de l’histoire des Etats-Unis.
      Malgré son faible niveau d’intelligence,il réussit tant par chance que par talent a réaliser
      des exploit tous plus incroyables les uns que les autres.
      Il passe a travers l’histoire et l’Histoire avec un grand H,a travers toutes les laideurs de la vie et des gens,sans les juger,sans presque les voir…
      Il réussit malgré tout ses défauts,mais grace a ses qualités,souvent si méprisées,la bonté,la naiveté,il réussit meme a faire un enfant a l’amour de sa vie…
      C’est une fable comico-tragique que moi j’ai toujours beaucoup aimé revoir.

    • Quand on a un problème sérieux dans la vie, qu’on est victime d’une injustice ou qu’une personne nous attaque, il est souvent préférable d’avoir Homer Simpson de son bord.

      Les Homer Simpson de ce monde ont leurs défauts, mais quand vient le temps de considérer une injustice, ils se cachent rarement sous de beaux principes.

    • À suranalyser ainsi un film, on peut démolir n’importe quel film.

      Le passage de l’article sur Jenny est du gros n’importe quoi. Jenny n’est pas une pécheresse, c’est une âme tourmentée par des années de sévices physiques, psychologiques et sexuels subis aux mains de son propre père. On ne peut pas porter un jugement de valeur sur sa consommation drogue ou son rapport à la sexualité.

      Le film culte de l’un est le navet ou le film ultra sur-évalué de l’autre. L’appréciation d’un film est des plus subjective. Certains aiment Forrest Gump pour sa comédie, ses bons clin d’œil, ses répliques cultes et son thème musical d’autres comme vous semblent le trouver vide de contenu et vous laisse indifférent.

    • Non, ce n’est pas censé être drôle que la mère de Forrest couche avec le directeur de l’école.

      Sérieusement, j’ai déjà vu des gens qui étaient trop aveuglés par leurs idéologies politiques insignifiantes pour comprendre quoi que ce soit, mais là c’est quand même un comble!

      Forrest Gump n’est pas une comédie légère et superficielle et ce n’est pas non plus un film politique. C’est un film très sombre qui montre notre propre stupidité et qui nous fait comprendre indirectement que le rire est la seule façon d’accepter la misère de la vie.

      Je peux comprendre qu’un adolescent n’ait pas la faculté de le comprendre, mais qu’un critique de cinéma ne parviennent pas à n’apercevoir ne serait-ce qu’une partie du message d’un film me laisse pantois!

    • Oublions la politique, intelligence, les moeurs, la guerre et tous les complots et misères du monde.
      Ce film nous parle tout simplement de inexplicable force qui est l’Amour.

    • Je pense que les critiques surannalisent Forest Gump et beaucoup trop sérieusement .
      J ai vu ce film comme du pur et simple divertissement , tres léger et sans aucun message .
      Peut-etre que certains critiques veulent se donner de l importance et de l intellect en y voyant un reflet de la société , de la politique et de la psychologie alors qu il ne contient que du bonbon.
      On aime pas tous les memes bonbons .

    • À propos de la politique et Forrest Gump, on pourrait aussi argumenter que c’est un film démocrate puisqu’il donne une mauvaise image de la guerre( seul Forrest et Lt. Dan s’en sortent.

      L’apposition d’une étiquette démocrate ou républicaine à un film ou un livre dépend souvent de se que l’on veut voir et ne pas voir comme l’a bien démontré l’épisode hilarant de South Park sur le livre le plus scandaleux de tous les temps écrit par les garçons.

    • Je n’aime pas vraiment cela que les gauchistes démonisent ce film comme j’aime pas tellement plus que les conservateurs se l’approprient.

      Forrest Gump est né en quelle année ? Le personnage ? Puis j’avais un peu de difficulté à croire à son histoire mais paraît-il que cela est arrivé dans cette fiction.

      Et ce n’est pas la première fois dans un film américain qu’un simplet se retrouve à faire des choses extraordinaires.

      Pour la contre-culture ? Voyons donc… Il faut pas croire cela parce que c,est à travers les yeux de forrest et puis oui il y avait des salauds parmi eux. Cela n’a rien à voir en fait. tu peux militer pour une bonne cause mais être un parfait salaud dans la vie privée.

      La même chose aussi pour un artiste qui peut être un très grand mais néanmoins avoir fait des choses ignobles dans sa vie.

      Pour le film et pendant le premier visionnement pour moi c’était quelqu’un qui s’inventait une vie… Car la réalité est trop déprimante… Puis obéir et tout ? Bien pour l’époque et si tu es vraiment simplet et handicapé.

      Pour moi c’était cela au départ… Un type handicapé assis sur un banc et qui raconte sa vie à d’autres mais qui peut raconter une histoire différente à des personnes différentes… Ou qui change d’histoire à tous les jours… Qui est un bon raconteur…

      Mais le film montre que c’est pas cela que cela lui serait vraiment arrivé… Sauf que cela reste une fiction,une fantaisie alors cela lui est arrivé.

      Mais le roman original était différent. Le personnage d’origine est plutôt un idiot intelligent, un surdoué mais avec une intelligence mal adaptée.

      Alors qu’ici on a plus un simplet .

      C’est pas le premier film comme on dit… C’est quoi le film ou le personnage plus intelligent que celui-là se retrouve président mais invente le hula-hoop ?

      Le livre pour Forrest Gump était pas réaliste mais plus crédible. à la limite des choses extraordinaires pourraient être réalisées par un type comme cela… mais pas autant.

      Par un simple d’esprit ? La personne peut avoir une vie extraordinaire pareille mais elle doit être protégée.

    • J’suis d’accord avec ceux qui disent que l’on analyse trop ce film.

      C’est plaisant d’analysé des films, mais à trop vouloir creuser…

      « Sometimes a Cigar is just a Cigar » aurait dit Sigmund Freud ;o)

    • J’ai une lointaine cousine décédée et on raconte sa vie dans un album de famille, elle était handicapée. Ils racontent qu’elle a eu de nombreux chums dans sa vie et qu’elle avait une grande passion pour eux. En même temps, elle a vécu avec ses parents la plus grande partie de sa vie. Pour elle, elle devait vraiment être amoureuse. pour les autres bien ils devaient la trouver attachante. Mais ce n’était qu’une amie.

      Alors si on y va avec les bons sentiments… Nan ce n,est pas possible cela reste une fantaisie… Une métaphore réactionnaire ? Bien le gars est handicapé… C’est une vie qu’il s’invente, et il a dû passer beaucoup de temps à écouter la radio et la télévision.

      Pour Jenny, il devait être amoureux d’elle mais pas elle de lui et elle a sûrement pas eu d’enfant avec lui… Encore son rêve à lui qu’on réalise.

      On dit que c,est une comédie dramatique moi je vous dis que c’est une comédie fantaisiste. Peut-être avec desvaleurs conservatrices et chrétiennes mais ce n’est pas Les Routes du Paradis ( Highway to Heaven) avec Michael Landon et Victor French.

      Pour moi c,est cela, on lui invente une vie de héros mais ce n,est pas vrai, il devait être placé en institution et sa mère être loin d’une sainte… Jenny qu’une amie…

      Le gars aurait été un vrai premier de classe et génie qu’il n’aurait pas pu faire le quart du tiers que Forrest Gump a pu accomplir dans sa vie… Vous voyez bien que ce n’est qu’une fiction…

      Un fil gogauche, lamentard dirait Guzzo nous le montrerait de manière très réaliste et il y aurait peu d,espoir…

      ici, pour moi même si le film le confirme pas, c’est un rêve. Et c’est distrayant.

      Donnez le pouvoir pour une journée à un déficient intellectuel… Pas sûr que ce serait une bonne chose mais dans une fantaisie on pourrait toujours le montrer faire des miracles…

    • 100% d’accord avec le vrai connaisseur: c’est de la sur analyse tout ça. Difficile de sérieusement croire qu’on puisse penser que “ce qui m’irrite le plus chez Forrest Gump c’est son traitement complètement déplacé des femmes.”

    • @ cinematographe

      Ta mémoire ne te trompe pas, c’est bien moi qui avais parlé d’ironie à propos de ce film et mon avis n’a pas changé à son sujet. Comme tu le dis, le personnage de Forrest Gump est une caricature de l’idiot. Il est IMPOSSIBLE qu’un type comme Zemeckis, aussi mauvais réalisateur soit-il, ait pu en faire un héros. Bon sang, comment peut-on sérieusement envisager ce film au premier degré? Ça ne tient pas debout! D’autant que le personnage de Jenny est l’incarnation même de la lucidité, elle qui ne manque pas de se trouver au coeur des grands enjeux de l’histoire américaine. Comment un cinéaste suffisamment futé pour avoir une carrière enviable à Hollywood pourrait-il faire d’un personnage aussi sensible et intelligent un repoussoir, un contre-modèle? C’est absurde.

      Pour moi, le constat du film est sans équivoque: en Amérique, mieux vaut cultiver son propre jardin sans trop se poser de questions. Celui qui, au contraire, cherchera dans la réflexion et l’engagement politique un sens plus grand à donner à son existence sera fatalement broyé par une puissante et omniprésente bêtise généralisée. En fait, il s’agit d’un constat tellement juste que je ne vois pas comment Zemeckis aurait pu en avoir été dupe.

    • Mais c’est un simple d’esprit… Alors la candeur il n’a pas le choix…

      Un meilleur portrait d’un simple d’esprit est plus celui de Lennie Small dans ”Des souris et des hommes”.

      Mais allons-y avec une autre histoire, ce serait celle d’un déficient intellectuel et qui a un travail dans une chaîne de restauration rapide et par moment semble le plus heureux des hommes et avec sa petite paye se croit millionnaire…

      Pourquoi une personne limitée aurait pas le droit de s’inventer une vie et d’être un peu crédule ou même très crédule avec un bas Q.I. et être heureux dans la vie ?

      Vous pouviez avoir des soldats ayant participé à la Deuxième Guerre Mondiale et à travers leur récit ils avaient vécu des choses extraordinaires ou pas… je m’en souviens plus, je sais juste qu’il y en avait un qui racontait ses souvenirs à un parent dans les années ‘80. Et en répétant souvent, c’est vérédict ce que je raconte là… Bien il fallait en prendre et en laisser et il buvait un peu trop. Il était vraiment intéressant à écouter pendant plusieurs minutes mais après…

      Vous pourriez avoir des mendiants ou encore des personnes âgées en institution ou des handicapés mentaux vous racontant leur vie mais de manière mythomane… On s’en fout… Tant qu’ils sont intéressants ou drôles.

    • @lecteur_curieux C’est pas une histoire inventée http://www.yourprops.com/Fortune-Magazine-replica-movie-prop-Forrest-Gump-1994-YP73198.html .

      Le magazine Fortune ne fait pas des unes sur des fabulations.

      Time non plus d’ailleurs. http://www.alancastillo.com/sitebuilder/images/Fgump-774×670.jpg

    • ..J’ai un bon ami qui, voyant la chance qui vole invariablement au secours de gens comme ce bon Forrest, a coutume de dire, «Y’a vraiment un Bon Dieu pour les innocents».

      Mon petit côté «premier degré» n’a rien vu d’autre dans ce film qu’un «innocent» au pays des hippies et de la guerre du Vietnam, avec tout ce que les acteurs de ladite période ont pu générer comme utopies et haines des différences, le tout gravitant autour de ce cher Forrest qui lui, ne voyait pas grand chose, protégé qu’il était par le «Bon Dieu des innocents».

    • On voit bien que vous faites mouche avec cette entrée de blogue quand on lit les commentaires de gens blessés par l’exposition limpide de la vision conservatrice de ce film. C’est ce qui arrive quand on permet à des gens réfléchis, qui ont étudié la pensée critique, d’écrire dans un média de masse. On attitre toutes sortes de lecteurs: ceux qu’ont voudrait avoir, et ceux qui sont là, et qui forment la majorité silencieuse qui n’a pas eu a patience de lire Adorno. C’est devenu une espèce de spécialité chez vous: dénoncer la simplicité bête du “good old american spirit”. Vous m’aviez vilipendé il y a quelque temps lorsque j’étais intervenu dans un billet où vous discutiez des “mauvais films” d’Adam Sandler. Eh bien cette entrée-ci est dans le même esprit selon moi: vous avez très bien cerné l’apologie du conservatisme américain drapé dans une poétique léchée de bons sentiments. Évidemment que la contre-culture à la Bob Dylan y est dénoncée. Mais elle l’était aussi dans “Fear and Loathing in Las Vegas”…

      Forrest Gump est un film important dans la mesure où il cristallise une poétique simpliste et super efficace qui purge notre culpabilité d’occidentaux privilégiés. Dire c’est un mauvais film, c’est tomber dans un dogmatisme criticiste. C’est aussi diminuer la portée de textes comme le vôtre, qui vont peut-être permettre à ceux qui sont offensés par l’hérésie d’une telle critique – pas à chaud, certes, mais plus tard, quand ils auront évacué leur bile réactionnaire – de prendre une distance face à ces symboles sacrés de leur plaisir passif de spectateur.

    • C’est un conte de fées à la sauce américaine… Un feel good movie. Cela veut pas dire que c’est mauvais ou qu’il y a réellement cette morale là dite réactionnaire. Le personnage est le personnage.

      Le vilain petit canard ? Cendrillon ?

      Je suis un peu d’accord avec l’analyse du Larousse mais ils sont trop négatifs eux aussi ou critiques.

      http://www.larousse.fr/encyclopedie/film/Forrest_Gump/3064

      Comme si les pauvres étaient encore une fois entrain de se faire manipuler. Remarquez qu’ils le sont souvent. Mais prenons les contes populaires… Les histoires ne proviennent pas de gens pauvres mais peut-être ensuite mieux écrites par des auteurs ?

      Il y a de la magie, du fantastique, le Bon Dieu et le Diable…

      Pour les politiciens populistes ils existent depuis fort longtemps.

      Mais rien de mal à analyser un film et à travers sa propre lorgnette… Pour les tendances politiques… J’aurais plus l’impression que l’auteur du scénario Eric Roth et le réalisateur Robert Zemeckis penchent à gauche, la gauche américaine et sont donc plutôt démocrates.

      Alors qu’il faudrait fouiller plus… Mais je tenderais à dire que l’auteur de l’histoire originale Winstom Groom lui est plus à droite et ne voulait pas écrire un scénario pour un feel good movie ou un conte de fées.

      Je dis cela mais j’en suis pas sûr du tout… Cela pourrait être une personne avec un profil d’abord qui tenderait à être conservateur mais qui ensuite devient critique de ces choses là et de la société.

      http://fr.wikipedia.org/wiki/Winston_Groom

      http://en.wikipedia.org/wiki/Forrest_Gump_(novel)

      Le livre semble plus crédible moins conte de fées et le personnage principal pas nécessairemet un héros. Peut-être une victime et un peu cynique ? Quelqu’un qui au départ croit à toute la morale populaire et aux croyances traditionnelles mais qui se sent en même temps floué ? Et on fait de lui, un animal de cirque ? Je ne sais pas mais cela tend plus vers une certaine vision critique et peut-être cynique et humoristique. Alors que notre histoire revient plus au conte populaire.

      Certains aimeraient mieux que des histoires de simples jouant les héros fassent comme le films avec Jim Varney et son personnage de Ernest P. Worrell et que ce genre là ne soit vendu qu’en vidéos et ne soit donc pas du vrai cinéma…

    • J’ai eu la même impression dernièrement en ragardant à nouveau Benjamin Button. Je me suis dis que ce film était vraiment le Forrest Gump moderne.

      En effet, il s’agit du même scénariste. -js

    • Ma perception de Groom et de son histoire peut ne pas être la bonne, une bio plus complète ici :

      http://biography.jrank.org/pages/4380/Groom-Winston.html

      ” Forrest Gump chronicles the life of the title character, a slow-thinking individual with an I.Q. of 75. Despite what many would see as drawbacks, Forrest becomes an All-American football hero with a knack for being in the right place at the right time. It is obvious that Groom likes Forrest Gump. The author insists that the novel is about dignity. He argues that Forrest was not a symbol of conservatism and had no political agenda. Not everyone liked Forrest Gump. He was perceived by some critics as too simplistic, too unrealistic, and too predictable. It has been said that Southerners celebrate their eccentrics rather than hiding them. It follows, then, that Forrest Gump is a celebration of Southern eccentricities. ”

      Non mais… Il faudrait revoir encore le film, lire le livre… Lire plusieurs livres de l’auteur et revenir aussi au réalisateur et à l’auteur du scénario adapté et à la machine hollywoodienne…

    • @Lecteur_curieux

      Parfaitement aligné sur votre commentaire précédent : «C’est un conte de fées à la sauce américaine… Un feel good movie. Cela veut pas dire que c’est mauvais ou qu’il y a réellement cette morale là dite réactionnaire. Le personnage est le personnage. »

      Je n’arrivais pas à mettre le mot juste sur la cause de ma déception, et je crois maintenant que l’expression «feel good movie» résume tout à fait le style de scénario qui me laisse de marbre.

      Par contre, je ne crois pas que «revoir encore le film, lire le livre» soit d’aucune utilité à moins de chercher à écrire l’analyse objective «ultime» de ce film. La quantité de films et d’ouvrages (fiction, essais) passionnants à méditer est si grande, je ne crois pas qu’il soit particulièrement opportun d’accorder plus d’un visionnement à quelque fable superficielle XD

    • Le syndrome de Forrest Gump, est maintenant bien présent au Canada et au Québec. On n’a qu’à lire les commentaires sur ce blogue, d’écouter la radio poubelle de Montréal/Québec ou d’observer les tactiques du gouvernement Conservateur envers les média et les partis d’opposition.

    • À partir de quand tombe-t-on dans la suranalyse? Gump est le personnage principal d’un film. En général, on s’identifie au personnage principal. En général, un film classique transmet des valeurs, un “message”, par un personnage principal qui défend celles-ci, par ses actions, même s’il n’en est pas conscient. Il me semble que c’est le cas ici, on n’est pas supposé de rire de Gump ou de le détester, on doit pleurer avec lui. Or, le personnage principal est un idiot. Il réussit dans la vie, succès populaire, monétaire. S’il n’était pas idiot, il n’aurait jamais réussi. D’ailleurs, tous les personnages autour de lui qui ne sont pas idiots se font écraser par la vie, la société. Pourquoi dire que Forrest Gump est une apologie de l’idiotie est une suranalyse? Ce n’est même pas une analyse; c’est le texte explicite du film! C’est pas comme si on disait que les fleurs rouges dans le coin de l’image à la 66e minute était un symbole des républicains ou que l’adresse de l’école de Gump renvoyait à l’année d’élection de Nixon…

    • Wow… je pense que certaines personnes se questionnent peut-être un peu trop sur ce film et sur ces intentions. En général, j’adore vos interventions et vos réflexions mais cette fois-ci, je ne peux qu’être en désaccord. Citer un Honest Trailer est un bien faible argument pour démontrer un point. J’adore les Honest Trailers mais, je les prend pour ce qu’ils sont, une parodie même si certains points sont valides par moment. Tous les films peuvent être détruit de la sorte.

      Ce que je vois en Forest Gump? Je vois l’histoire d’un simplet qui ne comprend pas tout-à-fait le monde qui l’entoure. Est-ce que le mauvais sort s’acharne plus sur les gens de sont entourages que de n’importe qui d’autres? Je ne crois pas. La différence ici est que Forest Gump y réagit différemment car, il ne vit que pour le moment présent. On lui indique d’aller par là, il va par là… car son esprit ne peut lui dicter autrement quoi faire. De dire que le film fait l’apologie de l’ignorance, voilà qui est selon moi un commentaire douteux. Est-ce qu’un film nous présentant une personne atteinte du cancer vivant ses derniers jours de façon heureuse avec sa famille ferait l’apologie du cancer? Je ne crois pas. Moi je pense que Forest Gump traverse les épreuves de sa vie de la seule façon qu’il est capable de le faire, sans malice et sans se questionner sur ce qui arrivera après. Quant à Jenny, comme j’ai vu d’autres le mentionner ici, elle ne fait que vivre les conséquences de la maltraitance qu’elle a subi durant son enfance, c’est une âme perdue qui cherche une direction, l’antithèse de Forest qui lui, suit le chemin comme il se présente.

      Bref, toutes cette mode de critiquer Forest Gump semble dans la même veine que l’on voit souvent de prendre des films qui ont connu le succès et d’essayer de les écraser… Une tendance qu’on voit particulièrement en Amérique du Nord et au Québec notamment où le succès est mal vu. De plus, il faut toujours faire très attention d’aller critiquer des films d’une autre époque car souvent, la société a changé et il peut être difficile de comprendre ce que le film exprimait à l’époque et ce que les gens en ont retiré!

    • Personnellement il s’agit d’un de mes films préférés et je crois que tout dépend de l’interprétation que l’on en fait. Je crois que Forrest Gump est une fable moderne. Son personnage caricaturé n’est que prétexte pour nous montrer les histoires des gens gravitant autours de lui et les troubles de l’époque.

      Je crois que l’auteur essaie de nous enseigner deux leçons au travers de son personnage :

      1) Par son manque d’intelligence, Forrest vit dans le moment présent. Il ne peut pas faire autrement parce qu’il ne comprend pas ce qu’il se passe autours de lui. Il n’est pas meilleur, ça lui arrive c’est tout. Par exemple, lorsqu’il termine son université, il ne se questionne pas sur ce qu’il va faire de sa vie : il reçoit un pamphlet qui lui vend les mérites de l’armée alors il y va tout simplement. Ici on cherche à montrer que de nos jours les gens suranalysent beaucoup trop leurs choix. Il n’y a qu’à regarder le mouvement du développement personnel. On vante les mérites de la simplicité. Forrest est en partie heureux parce qu’il a gardé sa vision d’enfant et peut se concentrer sur des choses simples comme apprécier de la crème glacée, ce que combien d’adultes de nos jours sont tout simplement incapables de faire tant ils sont perdus dans leurs problèmes. Encore une fois ce n’est pas l’apologie de la stupidité mais celle d’une simplicité souvent négligée.

      2) Forrest n’a pas d’autres objectifs dans la vie que de rendre heureux les gens autours de lui. On le voit tout le long du film, il n’accepte jamais de reculer sur ses valeurs. En autre quand il recherche Bubba, il dit : “Bubba était mon meilleur ami. Même moi je sais que ça ne se trouve pas à tous les coins de rue.”. Là c’est carrément un clin d’oeil à tous les gens “intelligents” qui n’ont pas peur de sacrifier leurs amitié au dépend de leur carrière, de la gloire, … Dans un sens, l’auteur essaie de nous montrer que l’intelligence a de multiples facettes et que peut-être au niveau émotif, Forrest est plus intelligent qu’une bonne majorité de la population. Il est peut-être un peu moins con qu’on le croit.

      Bref, Forrest Gump est un film présentant un message simple mais de manière efficace sur la condition humaine. Il ne faut pas se concentrer sur le personnage principal mais sur les nombreuses histoires traversant sa vie ainsi que sur les moments marquants d’une époque très chargée en termes d’émotions. On arose le tout de moments cocasses qui s’entrecoisent avec l’histoire comme Forrest qui attrape la bande à Nixon et cause l’incident du Watergate et de phrases mémorables comme “La vie est comme une boîte de chocolats” et on obtient un film à grand succès.

    • Je me rappelle d’une bande annonce montrant Mary Poppins comme un film d’horreur et une où Shining est une comédie.

    • Aye, boys & girls (d’ailleurs où sont-elles, les filles?), on est à Hollywood ici!

      Un idiot n’est pas nécessairement un républicain, il peut être juste idiot. Mais pas à Hollywood!

      En lisant l’article, j’entendais en sourdine « Don’t worry, be happy (dummy)! » de Boby McFerrin. Chaplin a fait une énorme carrière en idiot du village… au cinéma. Mais dans la vraie vie, un idiot du village végète sur un parvis d’église ou dans le parc Lafontaine, et ne vas pas pisser en compagnie de Philippe Couillard.

      Forrest Gump est un film « americana ». On prend une époque un peu intense (Viet Nam, LSD, flower power, Apocalypse Now, etc…) et on y jette un électron fou et inconséquent là-dedans, comme un chien dans un jeu de quille.

      On est pas dans la recherche de sens comme dans les films de Malick, on est dans le non-sens.

    • C’est une question de ciné-club… Il faudrait tous voir le film au même moment et ensuite avoir des questions à répondre et un débat.

      Autre chose qui me vient en tête ? J’aime Forrest Gump mais je n’aime pas Amélie Poulain. Un autre film débattu.

      Pour les bons sentiments ? Écoutez, c’est normal de vouloir qu’un plus petit, un plus faible ait une belle vie et il peut en avoir une.

      Il réussit parce qu’il es tun idiot et se conforme ? Non… Parce qu’il court vite… Mais aussi parce qu’on a décidé de le faire réussir. cela arrive pareil des personnes handicapées qui réussissent de grandes choses, mais d’habitude elles ont un Q.I. plus élevé que la moyenne.

      Un peu plus faible ? Toujours possible dans le sport mais pas trop faible quand même. Et je crois qu’ils connaissent une carrière moins longue. C’est quand même un Q.I. supérieur à celui de Forrest Gump.

      Non il ne réussit pas parce qu’il est idiot et qu,est-ce que la réussite ? Et est-ce vraiment cela qui est le plus important ?

      Cela peut être un message chrétien aussi comme une béatitude mais qui a été détournée pour répondre aux valeurs des hommes. Il faut qu’il devienne un milliardaire et un héros pour être quelqu’un.

      Les socialistes sont jaloux et les conservateurs y voient la réalisation du rêve américain.

      Pour réussir, il faut quand même aussi un peu de naïveté, avoir confiance ou la foi et pour être heureux souvent aussi.

      La naïveté de chacun est différente…

    • Forest Gump ce n’est pas l’histoire du personnage titulaire, c’est 50 ans d’histoire américaine. Forest n’est qu’un véhicule pour nous y emmener.

    • Heureux les pauvres… Heureux les affligés… voilà le message chrétien…

      Alors que le message américain ou capitaliste c’est l’argent et la réussite matérielle qui rendent heureux ou avec le rêve américain qui peut être accessible à tous ou presque en travaillant fort. Ce qui est criticable.

      Encore sur ce film, on aurait une histoire complètement différente en changeant de narrateur. Il faudrait l’avoir avec la mère de Forrest, avec Jenny et avec le Lieutenant Dan. Là, on aurait une meilleure idée de ce qui aurait pu se passer vraiment.

      Le fou béni a peut-être réellement réussi mais cela ne veut pas dire que les choses sont arrivées comme il les raconte.

    • Il y a quelque chose dont personne ne parle à propos du film.
      Forest n’est pas complètement idiot.
      À Washington, il fait un discours, mais on ne l’entend pas.
      Et, il ne peut y avoir qu’une seule raison si on ne l’entend pas.
      C’est que ce que son discours n’est pas idiot.

      Pour le tsunami néo-libéral qui a suivi, c’est donner un peu beaucoup trop d’importance au cinéma. La vague initiale du tsunami était enclenchée depuis longtemps.

    • Il y a un parallèle évident à faire avec “Candide” de Voltaire.

      Bien que le premier niveau soit emplis de mièvrerie, le second niveau est beaucoup plus critique (socialement parlant). Et si on ajoute à tout ça un niveau trois (psychologie des personnages), en effet, nous avons droit à de la propagande morale. Pareil comme dans le classique de Voltaire.

      Et en effet, l’esprit du livre (Forest Gump)a été traficoté. Les personnages secondaires n’ont pas le même espace.

      Le fait est: C’est un grand film. On pourra le critiquer tant qu’on voudra, n’en demeure pas moins qu’il mérite amplement sa place dans la liste des classiques incontournable.

      Cela dit, super analyse de Josef…

    • Une boîte de chocolats, une mère, un idiot sympathique, un amour platonique (ou presque), une guerre, des manifs et des crevettes.

    • Il est amusant de constater à quel point certains vont creuser la sémantique d’un film américain grand public. Comme si on pouvait expliquer les grands courants de pensée modernes en creusant dans un objet de fiction inspiré de l’air du temps.

      Ça me rappelle une époque où nous écoutions de la musique électronique, et nous prenions parfois à penser que le DJ avait composé cette musique précisément pour la soirée où nous faisions la fête.

      Honnêtement, Forrest Gump est tout simplement un film qui nous montre à travers l’innocence d’un pauvre d’esprit toute la tristesse derrière une époque et le faux de plusieurs événements historiques.

      À force de rajouter des étages de pseudo-sens à des analyses, on finit par boucler et revenir au point de départ.

      Vous pouvez essayer d’expliquer l’Univers en entier dans un film, vous faites juste vous perdre en cours de route.

      Vous mangez du popcorn des fois? Moi je demande extra-beurre.

    • L’analyse de Jenny voulant qu’elle serait harcelée par Gump tout au long du film,est d’un ridicule consommé.

      Jenny est une femme victime:abusée par son père dans son enfance et incapable de vivre avec ce passé,sa vie ne sera qu’une lente chute douloureuse dans laquelle elle se collera aux hommes de mauvaise volonté(en psychanalyse,son père).Gump dans son rôle,joue le type qui n’arrête pas de la sauver des griffes du mal:son père,son copain violent,sa carrière de danseuse nue,etc.Et à la fin,comme tout bon film américain dégoulinant de bonne volonté,Gump et Jenny se marient…

      Parce que vous êtes supposé comprendre à un moment donné dans le film que Jenny aime réellement Gump,mais qu’elle ne veut rien savoir de lui parce que premièrement elle ne s’aime pas elle-même,et deuxièmement parce que Gump est un hancicapé(préjugés).

      Si je serais un peu décadant,j’accuserais ceux qui disent que Gump harcèlent Jenny,d’être des gens incapables d’admettre qu’une belle femme intelligente pourrait aimer un handicapé taré…

      Il est pas un peu là,le malaise?

      Parce que pour moi les analyses trop poussés de ce film…me laisse hautement perplexe.

      Gump aime Jenny et Jenny aime Gump.Gump est le sauveur du lieutenant Dan.La mère de Gump couche avec le directeur parce qu’elle refuse que son fils soit condamné à fréquenter une école “spéciale”…et non,cette scène n’est pas particulièrement drôle…???!!!

    • Quant à moi, le message du film est à l’image de sa séquence d’introduction et de conclusion, celle de la plume qui virevolte dans le vent: c’est-à-dire que notre existence est en grande partie guidée par le hasard, que nous sommes tous des plumes qui virevoltent dans le vent. Gump se fait l’archétype de cette idée: il est l’homme-plume. Un peu à la manière de Cast Away, le film nous enseigne à faire confiance à ce vent qui anime la vie, et à se laisser porter par la vie. Les personnages malheureux de Forrest Gump sont ceux qui tentent de forcer leur destinée, par attachement au passé: Jenny qui tente de noyer ses chagrins d’enfance dans les excès de la contre-culture des années 60, le lieutenant Dan qui est possédé par son idée fixe selon laquelle il était fait pour mourir au Viet-Nam.

      Gump est stupide mais il a une grande qualité: il est présent et il a cette faculté de se laisser glisser sur les ailes de la vie. Si bien qu’il en devient même un maître spirituel, au cours de cette séquence où il court d’un bout à l’autre des États-Unis: des coureurs le suivent, médusés par la détermination de Gump, et se massent autour de lui lorsqu’il décide de s’arrêter, croyant qu’il va parler, afin d’entendre la Parole. Mais la parole ne vient pas, tout comme elle ne vient pas lors de la séquence du discours d’ancien combattant du Viet-Nam; elle ne vient pas parce que la parole n’est pas une parole, c’est plutôt un abandon, celui qui consiste à être une plume. Lorsqu’il arrête de courir, Gump lance tout simplement qu’il va désormais retourner chez lui.

      Est-ce que le film fait une apologie de la stupidité ? J’ai plutôt l’impression que l’idée était de faire ressortir la valeur de la faculté d’abandon, de présence, par rapport à celle d’intelligence. Au bout du compte, Gump doit beaucoup de son succès aux personnes intelligentes de son entourange: à sa mère qui lui donne de quoi se débrouiller dans le monde, à Jenny qui lui donne l’amour ainsi qu’un enfant, au Lieutenant Dan qui lui donne la fortune, etc.

    • @orangemecanique: Bravo… Probablement la meilleure analyse du film. Je suis tout-à-fait en accord avec votre commentaire! C’est exactement la vision que j’avais mais, moins bien exprimé que la vôtre!

    • Je crois bien que c’est cette année là que j’ai vraiment débarqué du train des Oscars. Je n’en revenais tout simplement pas que ce petit feel-good movie, bien fait mais non marquant, puisse l’emporter devant ses compétiteurs, comme Pulp Fiction ou Quiz Show. Je n’en revenais pas que son réalisateur “correct” passe devant les Tarantino, Allen, Kieslowsi et Redford.

      Si je me souviens bien, il est sorti la même année que Speed et, après mon visionnement de Forrest Gump, je me suis dit que, finalement, Speed n’était pas si exagéré que ça!

    • Quand Forrest dit qu’il s’est senti comme un poisson dans l’eau lorsqu’il est rentré dans l’armée, je crois que déjà là le ton était donné et qu’il ne fallait pas prendre ce film au premier degré.

      Disons que j’ai un peu de misère à comprendre la suranalyse de ce film et aussi le fait qu’il soit de plus en plus vilipendé, 20 ans après sa sortie. Disons que c’est aussi étonnant que certains éprouvent un malaise en le regardant.

      Je me souviens que je suis allée voir ce film avec ma cousine qui l’avait choisi mais que je n’étais pas très chaude à l’idée car il ne m’inspirait pas trop au départ. Évidemment, je l’ai aimé comme la plupart du monde.

      Je crois que Forrest est seulement un personnage qui nous fait traverser l’histoire contemporaine des États-Unis, le vrai but du film selon moi, et c’est tout. Et si les gens autour de lui finissent tous par mourir, hé bien c’est la vie!

      Comme plusieurs l’ont souligné, Jenny a eu une vie de poquée à cause de sa jeunesse auprès d’un père abuseur et le contraire aurait été étonnant. Je ne vois pas non plus la misogynie là-dedans.

      Bref, c’est pousser le bouchon un peu loin mais je suis contente de lire des commentaires sensés et respectueux sur ce blogue et non des insultes et des condamnations sans appel. Quand même une belle discussion.

    • L’analyse de orangemecanique à 12h44 est ce qui se rapproche le plus de ce que je pense du film.

      J’ajouterais un tout petit point. Forrest a vécu une vie pleine d’aventures, il est riche, tout le monde l’aime, il a tout pour être heureux. Pourtant, ce qu’il désire le plus au monde, c’est que son fils soit “normal”. J’y vois là une belle ironie. Pour Forrest, tout ce qu’il possède ne compense pas le fait d’avoir été stigmatisé pendant une bonne partie de sa vie. À ce moment, il apparaît aussi finalement bien moins naïf que l’on pouvait croire.

    • Film réactionnaire? Pas tant que ça. J’aime bien la scène ou d’authentiques rednecks du sud des USA lui lancent des pierres depuis une camionnette. Le Pick up a une plaque sur le pare choc montrant un “dixie flag”, symbole, parmi d’autres de l’intolérance du sud. Forrest, être différent et handicapé intellectuel est donc la cible parfaite d’une Amérique ou celui qui est différent doit être ostracisée. “Only the strong survive” le motto par excellence véhiculé dans une société ou le succès est glorifié et la marginalité rejetée. Or, en fuyant ces mêmes rednecks, sans transition, il échoue sur un terrain de football, mettant à mal cette expression en devenant star de ce sport, “réussissant” son université simplement en jouant à ce sport. Fiction? On sait que dans la réalité, des tas de parfaits demeurés ont fréquentés l’université seulement sur ces bases.

      Tant qu’a faire de la surranalyse…

    • @orangemécanique

      Oui, mais justement, se laisser porter par le vent, c’est ne pas penser, ne pas agir, être passif, etc. Une plume dans le vent est tout le contraire de ce que j’espère de l’homme, qui devrait au contraire offrir une résistance contre le vent, être actif, s’affirmer, etc. Une plume n’est pas consciente d’être portée par le vent – elle n’a pas de conscience du tout! C’est ce qui représente Forrest : il n’est pas présent dans le moment parce qu’il n’a même pas conscience d’être dans un moment, il ne saurait pas c’est quoi un moment, encore moins “être présent”.

      Jenny, elle, est consciente, c’est pourquoi elle est malheureuse; elle est consciente de la violence de son père (Gump ne le serait pas); elle est consciente de répéter un schéma avec ses amants; elle est consciente de ne pas être capable de s’en sortir parce que c’est pas mal plus difficile vivre avec tes problèmes quand tu sais que tu en as; elle est consciente de repousser Forrest parce qu’elle l’aime trop… Mais maudit que sa vie pourrait être belle si elle n’était pas consciente de tout cela, si elle n’essayait pas d’agir pour régler ses problèmes!

      Si vous voulez des films qui parlent vraiment bien de ce que veut dire “vivre dans le moment”, allez revoir les Linklater, les Before et Boyhood en particulier, mais Forrest Gump…

    • @dderome Il dit: “Sometimes when people go to Vietnam, they go home to their mommas without any legs. Sometimes they don’t go home at all. That’s a bad thing. That’s all I have to say about that.” http://www.imdb.com/title/tt0109830/trivia

    • À la tombe de Jenny:

      “Jenny, I don’t know if Momma was right or if, if it’s Lieutenant Dan. I don’t know if we each have a destiny, or if we’re all just floating around accidental-like on a breeze, but I, I think maybe it’s both. Maybe both is happening at the same time.”

      Destinée ou flotter par le vent, aucune différence, on se laisse porter par une volonté autre que la sienne. Et c’est un speech particulièrement dégueulasse à tenir au-dessus de la tombe de Jenny, comme si de mourir de sa maladie innomable était sa “destinée”.

    • «Cette valorisation de la non-intelligence est une forme avancée du populisme, qui semble unique à la société américaine… Le rejet des élites, la logique du plus petit dénominateur commun.» Alain Dubuc.

      Malheureusement,ce n’est plus unique à la société américaine.
      La société canadienne, et même la société québécoise ont pris ce tournant dangereux.

    • Ou encore, la superbe conclusion de la critique de Jonathan Rosenbaum (publiée, celle-ci, à la sortie du f ilm) :

      “It often suits our vanity to say that the wind blows us this way and that way, that life is ineffably absurd and loaded with ironic twists: it’s a philosophical escape hatch, freeing us of all responsibility. But Forrest Gump is actually predicated less on arbitrary fate than on the pleasure of two forms of redemptive innocence. There’s the innocence of Forrest Gump toward American life and history: we’re asked to be charmed by yet feel superior to his fool’s progress. Then there’s the innocent nostalgia of our own more “sophisticated” (i.e., jaded) view of American life and history, which is assumed and imposed by the moviem — a cornucopia of received media ideas, images, and artifacts — and which we’re not supposed to question. Eventually these two levels of innocence — which might be more rudely defined as two levels of stupidity — merge, so that by the film’s end Forrest Gump’s innocence is felt to be a higher form of wisdom: our own. It’s a classic American myth, the celebration of stupidity as redemption, and the “whims of fate” idea is little more than a smokescreen for the highly orchestrated marketing campaign that puts it across.”

      http://www.jonathanrosenbaum.net/1994/07/stupidity-as-redemption/

    • À propos de la valorisation de la non-intelligence, j’ai aucune idée où vous aller chercher ça.

      Forrest réussi dans la vie parce qu’il a un talent exceptionnel soit celui de courir vite. Je pense que personne regarde Forrest Gump et se dit qu’il devrait accepter n’importe quel ordre ou proposition d’affaire venant de n’importe qui. Donner un peu plus de crédit à l’audience.

      J’encourage n’importe qui qui a un talent exceptionnel à en profiter au maximum. Forrest est un privilégié de la vie avec son talent exceptionnel. Tant mieux pour lui. C’est quoi le problème ? Selon vous aucun handicapé devrait pouvoir exceller dans la vie ? Vous trouvez ça injuste pour Jenny qui a une vie difficile ? Eh bien, c’est triste à dire, mais la vie est injuste. Certains naissent millionnaires pendant que d’autres enfants naissent en Afrique.

    • La critique à l’époque de Roger Ebert ne correspond pas nécessairement à ce que je recherche mais elle me semble juste :

      http://www.rogerebert.com/reviews/forrest-gump-1994

      Une revue du New York Times nous cite une différence majeure entre le livre et le film…

      http://www.nytimes.com/movie/review?res=9F02EFDB1F3CF935A35754C0A962958260

      Le Forrest du livre :

      “Let me say this: bein a idiot is no box of chocolates,”

      Alors que celui du film cite sa mère : “you never know what you’re gonna get.”

      Méchante différence de point de vue.

      Pourtant dans les deux scénarios, le personnage accomplit des exploits.

      tiens une petite réflexion quand il se met à courir et sans trop savoir pourquoi et sans arrêt… C’est qui qui est stupide ? Lui ou ceux qui le suivent et sans savoir pourquoi ?

      Donc ce n’est pas vrai qu’il ne faut pas réfléchir…

    • Je suis très d’accord avec levraiconnaisseur «À suranalyser ainsi un film, on peut démolir n’importe quel film.» J’adore votre blogue et vous apportez toujours des sujets très intéressant. Mais là c’est un peu exagéré comme analyse. Je suis un passionné de cinéma et le premier à analyser un film et à me poser des questions. Pourtant, pour avoir lu beaucoup de biographie musical et cinématographique, je lis souvent que les artistes trouvent que nous analysons parfois trop en profondeur. exemple Lucy in the sky with diamond n’a rien à voir avec le LSD. Mais merci quand même pour cette chronique

      Je ne suis pas convaincu qu’une oeuvre d’art se limite à l’interprétation personnelle de l’artiste. Les meilleurs d’entre eux créent beaucoup de manière instinctive, et aiment laisser aux autres le soin d’y apporter leur propres interprétations. Souvent j’ai entendu des cinéastes dire que, lorsqu’ils regardent leurs films en compagnie d’autre monde, ils se considèrent comme un simple spectateur au même titre que tous les autres qui l’entourent. Et que leur opinion de l’oeuvre vaut la même chose que celle des autres. Affirmer : «Tel artiste a voulu dire cela, et si vous pensez le contraire vous êtes dans le champ», c’est une façon très limitée et utilitaire d’approcher l’art en général. Surtout en ce qui concerne les oeuvres qui exercent un impact culturel aussi significatif comme Forrest Gump. On ne peut pas l’analyser comme un objet désincarné, qui n’exerce aucune influence dans la réalité, si ce n’est «divertir», comme la plupart de mes détracteurs le soutiennent. Le divertissement n’est d’ailleurs pas une intention à nécessairement prendre à la légère. Je veux dire, vous pouvez contredire mon analyse, mais apportez au moins des contre-arguments, au lieu de remettre en question mon intégrité. -js

    • Bonjour M. Siroka et amis lecteurs de ce blogue. Pour moi, Forrest Gump a été et est toujours le meilleur film de tous les temps. Pas tant pour les aspects techniques, le scénario ou l’interprétation par les acteurs, mais bien parce que, à chaque fois que je le regarde, je comprends une leçon de vie de plus. L’analyse fournie par M. Siroka et ses références sont pertinents, puisque c’est vrai que si on prend le temps d’analyser objectivement le film, on peut faire les liens décrits dans ce blogue. Je suis d’accord avec ces liens, mais comme plusieurs autres internautes l’ont mentionné, il ne faut pas tomber dans la suranalyse. Forrest Gump est unique en son genre dans le sens où l’interprétation des leçons de vie présentes tout au long de l’histoire reflète les valeurs de l’individu qui le regarde. Je m’explique. Nous suivons le parcours de vie d’un homme intellectuellement ralenti qui accomplit de grandes choses sans s’en apercevoir et tout ça, dans une trame de fond historique qui dépeint les États-Unis entre les années 50 et 90. Il ne faut pas oublier qu’il est originaire du fond de l’Alabama, un État du sud de “l’Amérique Profonde”. Les références au Ku Klux Klan, le traitement des gens d’origine afro-américaine et les valeurs ultra-conservatrices si chères au Parti Républicain tapissent mur à mur son éducation et ses croyances. Il est erroné à mon avis de mêler le message politique au message de Forrest Gump ou les événements qui arrivent à tel ou tel personnage. Oui Jenny peut souffrir du syndrome “Marie Madeleine” des chrétiens, mais en fait, ce n’est qu’un prétexte pour appuyer le message du film, qui en est un d’amour. Le message central du film, Forrest Gump lui même le livre sur la tombe de Jenny lorsqu’il se demande: Est-ce que notre avenir est décidé d’avance, on a un destin écrit quelque part et on ne peut y échapper, comme le croit le lieutenant Dan? Ou est-ce que comme Mama le dit, c’est à chacun de nous de faire sa propre chance, tracer son propre chemin dans la vie? Ça c’est le thème principal du film, cette question existentielle, que tout le monde finit par se poser. Et il ajoute: Peut-être que c’est un peu des 2…. Et TOUS les éléments du film, toutes les scènes se veulent un argumentaire en ce sens. Jenny a vécu une enfance difficile marqué par l’abus et la souffrance. Elle a essayé du mieux qu’elle a pu d’y échapper, d’y tracer sa voie. Elle a posé pour playboy, chanté nue dans un cabaret, s’est jointe au mouvement de contestation anti-guerre, a vécu le style de vie hippie, a eu une période de drogues et de débauche puis est tombé enceinte et s’est assagie. Même si ce n’est pas dit clairement dans le film, on a toutes les chances de croire qu’elle est morte du sida, alors qu’on est dans les années 80 et elle annonce a Forrest qu’elle est malade. Forrest est assez intelligent pour croire que le destin de Jenny n’était pas écrit d’avance, hormis le fait que le hasard fera qu’ils reviennent toujours l’un vers l’autre. Et le fait qu’un “simplet” accomplisse tant de grandes choses puisse refléter le fondement de la société américaine, c’est NORMAL. La leçon de Forrest Gump, c’est que t’as pas besoin d’être une personnalité importante pour changer le cours de la vie. L’individu en apparence le plus banal et ordinaire peut causer l’effet papillon. C’est un rappel que même nous, on fait une différence sur cette terre. Que tous les êtres humains sont capables d’accomplir le bien et le mal, mais aussi qu’ils sont capables d’amour, de loyauté, d’amitié, etc. C’est un message porteur d’espoir pour tous. Même si tu te sens insignifiant, comme un grain dans le désert, tu peux être le grain qui engendrera la tempête de sable. Mais pour y arriver, il ne faut pas craindre le changement. Combien de fois Forrest sort-il de sa zone de confort et se lance aveuglément dans une nouvelle péripétie, sans attente? Cette attitude illustre un idéal à atteindre. Saisis chaque opportunité, dis oui au lieu de dire non et ta vie deviendra une belle aventure (même leçon que Tolkien livre dans Bilbo le Hobbit) Son aspect simplet est une métaphore pour illustrer que ce sont les gestes simples et gratuits qui entrainent un sourire, du bonheur, de l’amitié. L’Amérique est une terre promise depuis 1492. Les États-Unis se sont construits une identité propre un “land of opportunities”. Où tous les rêves sont possibles et tout le monde est présumé avoir le potentiel pour réussir dans la vie (lire les self-made men et women). Si ce film est coupable de reproduire cette philosophie de vie, bien moi j’embarque, car j’aime mieux savoir que j’ai les rênes de mon destin et que je peux faire des libres choix, saisir mes opportunités et accomplir au quotidien des gestes simples et gratuits pour changer la vie de mon prochain que de me laisser asservir par la culture de GI Joe, nombril du monde et faites ce que je dis et non ce que je fais que nous servent les politiciens américains depuis trop longtemps…. Merci à tous.

    • Quelques points sur le cas Forrest Gump

      Tout d’abord, je ne crois pas qu’il est futile d’analyser un profondeur un film qui ne l’est pas vraiment lui-même. Les simples films de divertissement en disent souvent long sur l’esprit d’une époque ou sur les valeurs qu’on pense être celles du grand public. Rocky IV est assez intéressant pour toute la symbolique reaganienne qu’il exprime, même si le scénario est loin d’être complexe.

      Ensuite, le fait que Forrest Gump parle d’amour ou soit “la simple histoire d’un homme moins intelligent etc…” n’empêche pas qu’il est aussi un film ultra moralisant et conservateur. D’ailleurs, les gens qui croient savoir ce qu’est le bien ont souvent aussi tendance à avoir une idée bien claire de ce qu’est le mal, ce qui en fait d’emblée des conservateurs pour moi, voire pire. J’ai donc une méfiance naturelle pour la fable de M. Gump, malgré les belles leçons qu’elle donne.

      Enfin, d’un point de vue esthétique, j’aurais pu écouter le film à la radio en regardant le storyboard et je n’aurais pas vu de différence avec le film en lui-même. Je ne vois aucune proposition cinématographique dans ce film. Ce n’est même pas que je n’aime pas l’esthétique du film, c’est qu’il n’y a pas d’esthétique dans Forrest Gump.

    • Je trouve très pertinente la référence à la chronique d’Alain Dubuc. Il y est question de populisme. La plupart du temps j’aime bien les films de Robert Zemeckis. J’y vois plutôt un cinéma populaire dans le bon sens du terme. C’est de qualité et ça rejoint plein de monde.

      Mais, et c’est tant mieux, c’est un peu plus que ça! “Forrest Gump”, à la base, je trouvais ça drôle, et là c’est correct, on rit pu! Pourquoi je riais? Parce qu’un simple d’esprit c’est universel. C’est moins drôle quand on cible l’Amérique.

      Pour rester dans l’esprit “simple”, genre ne pas se compliquer la vie je m’inspire de Woody Allen:
      -C’est le fou du village qui revient fou de joie du congrès des fous du village
      -Tout le monde du village est surpris
      -Fou, c’est correct
      -Mais, de joie, pourquoi?
      -Eh ben, parce qu’il a été élu président des fous du village…

    • Chacun y voit bien ce qu’il veut y voir et s’aopproprie le film selon ses prismes…

      Allez lire Serge Dussault à l’époque qui y voit plus une critique de l’Amérique et de la candeur et du conformisme que l’inverse.

      http://www.banq.qc.ca/HighlightPdfWithJavascript/HighlightPdfWithJavascript?pdf=http://collections.banq.qc.ca/retrieve/4481597&page=21#navpanes=0&search=%22forrest%20gump%22

      Et s’il y avait un peu des deux à la fois ? Les conservateurs réactionnaires ne sont pas assez intelligents pour voir que l’on se moque d’eux ?

      Du populisme aussi mais pas du peuple.

      Puis certains aspects de la contre-culture sont également critiqués.

      Il faut en prendre et en laisser du point de vue du personnage. Je n’aurais pas courru avec lui ou pas longtemps surtout en ne sachant pas pour quelle raison. Participer à une course populaire oui. Ramasser des fonds, oui peut-être. Mais sans raison et en faire un héros ?

      Vous voyez pas que c’est absurde ?

      La même chose quand il dit que c’est lui qui a appris les mouvements de jambe et du pelvis à Elvis, ça ne tient pasdebout sauf que l’anecdote est savoureuse. Et voyez en même temps le clin d’oeil à Back to the Future… Où c’est Michael J. Fox qui fait découvrir le rock and roll à Chuck Berry.

      Bonne critique aussi de Martin Girard sur Mediafilm.

      http://www.mediafilm.ca/fr/films-detail.sn?code=6943997949769896

      Bonne parce que je suis plus prêt à endosser son point de vue ? Bien oui… LOL

    • Dans un autre commentaire plus haut, le film auquel je faisais référence était The Hudsucker Proxy des frères Cohen…

      Il y a encore un naïf qui réussit contre le système établi par les méchants. L’humour est différent et plus mordant. Je pense pas que lui on peut l’accuser d’être cucul. Alors que Forrest bien il ya ce côté là oui dans la version pour Hollywood.

    • Une excellente comédie douce amère. Rien de plus à ajouter :)

    • @Cinematographe

      C’est-à-dire que Gump a donc cette faculté d’être attentif à ce que la vie charrie, mais cette faculté ne se définit pas seulement par l’abandon – en cela mon propos était peut-être réducteur, mais aussi par la faculté de s’agripper à ce que la vie charrie. Ainsi, Gump sait s’abandonner à la vie mais lorsqu’il le faut, il met en oeuvre les rares talents qu’il possède, à savoir courir vite et faire preuve d’amour.

      Affirmer que Gump n’est pas conscient de l’instant est une affirmation trop forte. Seulement, il n’a pas la même conscience que nous. Pour lui, les apparences ont une valeur nulle. Il lui importe autant d’être dans son jardin de l’Alabama que dans la jungle du Viet-Nam, ou d’être en présence d’une vieille dame à un arrêt d’autobus que devant le président des États-Unis.

      Par ailleurs, je ne pense pas que Jenny soit totalement consciente qu’elle noie ses chagrins d’enfance dans les excès de la contre-culture. Elle en prend conscience tout au long du film, mais c’est un cheminement ardu. Cela dit, je ne pense pas pour autant que le film la dépeigne de manière négative. En fait, elle attire plutôt notre sympathie justement, par sa fougue, son courage, parce que nous comprenons la difficulté de vivre dans le monde avec la conscience de toute l’épaisseur du réel et de la valeur que les hommes donnent aux apparences. Gump a aussi conscience de tout ceci, d’une manière ou d’une autre. Et nous sommes attristés par la mort de Jenny, pour toutes ces raisons.

      Pour la destinée, je ne vois pas ce qu’il y a de dégueulasse à considérer que ce qui est irrémédiablement inscrit dans le passé fasse partie d’une sorte de destinée. Ça ne veut pas dire que les choses n’auraient pas pu se passer autrement, mais plutôt qu’elles se sont passées comme ça. Ainsi, il fait l’apprentissage, au travers de la mort de Jenny, de la lourdeur de l’existence. Ses amis apprennent de lui la légèreté, et lui apprend d’eux la lourdeur des choses.

      Cela dit, ça n’empêche pas que le film ait une valeur artistique limitée. C’est au final un film fait pour plaire à un grand public et qui offre une vision du monde qui est souvent simpliste, sinon raccoleuse. C’est une comédie dramatique attachante, sans plus. Je pourrais nommer 50 films plus intéressants quant au thème de la présence dans le monde.

    • @Kurtz

      Je ne vois pas comment vous pouvez dire que Forrest Gump est dénué de proposition cinématographique ou d’esthétique. Au pire, vous pourriez dire que c’est un film qui est sans originalité cinématographique et esthétique, et qu’il réutilise des codes déjà éprouvés. Ce qui ne serait pas faux. C’est un film parfait pour les dimanche avant-midi en famille, juste avant la messe et après le salut au drapeau.

      P.S.: je n’en ai pas encore fini avec vous au sujet d’Apocalypse Now et de Full Metal Jacket. J’y reviens bientôt, le temps de trouver l’argument massue qui vous convaincra hors de tout doute que Full Metal Jacket est le meilleur film de guerre de tous les temps !

    • Un film qui dénonce la stupidité. Sauf que c’est bien beau la dénoncer, cela empêche pas qu’on la voit après…

      J’en reviens à ma première réaction pendant le film, soit d’être amusé et touché par son récit mais de ne pas le croire et les personnes sur le banc avec lui on aussi cette réaction sauf qu’à la fin o s’aperçoit que c’était vrai. Oui, vrai mais jusqu’à quel pourcentage ?

      Démonstration simple qu’un simplet peut être plus intelligent que la presque totalité de la population car il n’a pas de préjugés et d’idéologies sur sa conception de la vie.

      Des naïfs le prennent en exemple et croient qu’il faut vivre une vie comme lui alors que so histoire est tout simplement abracadabrante et il a eu une veine incroyable.

      Des conservateurs disons d’une droite religieuse y voient l’apologie de leurs idées les plus bêtes .

      L’auteur d’origine ne reconnaît plus son personnage outre le conflit sur l’argent. Mais justement le film n’aurait pas fait autant de recettes sinon… Il dénonce quand même la stupidité sauf qu’évidemment bien sûr c’est souvent ce qui est stupide qui fonctionne et fait de l’argent comme de l’eau… car les gens aiment les solutions magiques, le rêve et le triomphe d’une certaine morale.

      Les critiques de cinéma de la bonne gauche qui sont vexés car on montre pas la contre-culture sous le bon angle mais ils oublient qu’on a affaire à un simplet et qui raconte les choses ainsi car il manque la présence de sa meilleure amie dont il est amoureux. Et c’est pas exclut que dans des mouvements de gauche il y ait des hommes qui abusent des femmes ou de leur autorité charismatique.

      Sonc c’est vrai ce qu’il nous raconte à pas plus que 15 ou 20%.

      Il est probablement devenu vraiment millionnaire et il a fait aussi un enfant à son amie qui devait se savoir malade. Le lieutenant Dan existe bien mais les choses n,ont pas dû se passer comme il les raconte.

      Il nous les raconte de manière simpliste et met sa maman sur un pied d’estale et pour un simple d’esprit ce n’est pas nécessairement étonnant.

    • Full Metal Jacket ? J’adore ce film. D’une grande puissance psychologique.

    • La vie d’un idiot biologique n’est pas une boîte de chocolat… C’est pas jojo à tous les jours…

      Mais le gars peut être assez futé quand même pour vous raconter l’histoire de sa vie avec toute la magie pour la rendre truffée de gloire, de réussites et de morale simpliste et vous allez avoir plein de niais pour le croire et qui n’ont pourtant pas un Q.I. diagnostiqué comme inférieur à la normale. Non ils peuvent en avoir un disons au-dessus de 100 facilement et tomber dans le panneau.

    • Je n’aurais jamais cru que Forrest Gump entraîne autant de longues analyses aussi diverses! M’enfin, ça ne fait que prouver ce que je disais dans mon premier commentaire : on cultive l’ambiguïté pour plaire à tout le monde. C’est comme la question destinée/accident : Gump répond un petit peu des deux, Zemeckis ne prend pas vraiment partie, lisez le film comme vous voulez, dit-il, moi je me désengage, tant mieux si vous pleurez…

      Je ne dirais pas absence d’esthétique non plus, c’est du sous-Spielberg maîtrisé; mais c’est maîtrisé en maudit! Peut-être qu’il faudrait dire plutôt absence de point de vue, de vision du monde cohérente, etc.

    • Dans la morale populaire, il ya quand même un fond de vérité Dans le lâcher prise e tl’abandon et l’acceptation de ce qui nous dépasse dans la vie et qui fait partie du destin mais de là à se faire charrier…

      Un enfant peut aussi vous raconter une histoire extraordinaire moins bienet truffée de pensée magique et son récit est tout à fait charmant. Sauf qu’on ne va ps tout croire, on a une pensée critique. On reste attentif à ce qu’il nous dit pareil quand un enfant vous parle c,est qu,ila quelque chose à vous raconter.

      Les adultes ont souvent perdu leur âme d’enfant alors…

      La vrai réussite ce serait d,avoir retrouver une bonne part de cette innoncence de roue qui roule parelle-même comme disait Nietzsche mais en ayant la pleine conscience de soi.

      Sinon c’est sûr que tu peux être heureux comme dans la mythologie… Adam et Eve au Jardin d’Eden ne savaient pas la différence entre le bien et le mal, ils ne savaient même pas qu’ils étaient nus… alors donc ils étaient heureux et le Seigneur veillait sur eux. La vie c’est plus compliqué que cela. Tu peux quand même croire en ta bonne étoile ou au Seigneur mais ce n,est pas par magie au hasard ou par bonté divine que les choses vont se produire. Tout en ayant une part de hasard contre laquelle on ne peut rien.

    • ”on cultive l’ambiguïté pour plaire à tout le monde ” Plus simple que cela. La boîte de chocolat et nous au Canada et dans le populaire disons Laura Secord. Il y a une variété de chocolats et chacun a ses préférés.

      Et c’est pourtant un paradoxe ce que dit sa maman… Car bien sûr, on sait exactement ce qu’il y a dans une boîte de chocolat en l,achetant sauf si c’est la première fois qu’on en achète une.

    • Un narrateur qui est un simple d’esprit. Pour une histoire avec différents narrateurs je pense à Anne Hébert, ”Les fous de Bassan”. Livre qu’on nous faisait lire au Cégep à mon époque.

      Perceval Brown est aussi un narrateur.

      Forrest Gump est plus intelligent que Ti-Coune dans Le Temps d,une paix mais faîtes raconter l’histoire par Ti-Coune… Allez vous prendre tout ce qu’il vous dit au premier degré ?

      Vous êtes parents et votre enfant de 4 ans ou six ans revient de jouer… Allez vous tout prendre pour de l’argent comptant ? Allez-vous être attentif à son récit par contre et s,il lui est arrivé quelque chose de grave bien là il va falloir le trouver et protéger l’enfant…

    • Excellent placement de produit et/ou dénonciation en même temps… Quand Forrest se met à courir et qu’une personne demande à le suivre, il porte un t-shirt de NIKE…

      NIKE dont le slogan est ”Just do it”.

      Ce slogan comme motto c’est bon ou pas ? Rendu à un certain point oui mais autrement tu peux faire n’importe quoi et suivre n,importe qui et n’importe quel gourou… Ici, il n’y avait même pas de gourou mais les moutons étaient pourtant là pareil… Et de plus en plus nombreux.

      Pour la citation de Bubba sur les crevettes mais c’est la recette du succès de toutes les grandes chaînes de fat food. Évidemment, leur succès n’est pas dû qu’à cela mais ce Keep It Simple Stupid est toujours là…

    • Et si au lieu d’une valorisation de la “non-intelligence” le film s’essayait plutôt à une condamnation de l’intelligence? Au diable les gens intelligents qui contruisent le monde à coups de guerres, exploitation, rendement, rhétorique de démonitaion et de possession. On laisse courrir le désoeuvré, celui qui par malchance est bien mal parti dans la vie. Bien de nez à l’élite et aux gens intelligents, aux ambitions, qui ne peuvent que souffir dans un monde déconstruit par Forrest. Le monde autour de Forrest s’active, cours à sa perte, fait des plans pour être heureux. Ce n’est pas l’aura de Forrest qui condamne son environnement: le monde autour de lui fait le boulot tout seul. Au bout du compte, le monde dans ses ambitions philosophiques, métaphysiques, religieuses et scientifiques est peut-être aussi taré que Forrest. L’intelligence n’y fait rien si elle est mal servie.

    • C’est un trope courant au cinéma que de montrer l’histoire en suivant le personnage le plus idiot ou le moins significatif… comme les paysants dans “the hidden fortress”, idée reprise par après dans Star Wars: A new hope; On voit l’histoire de la rebellion en suivant qui? R2D2 et C3P0. Trope poussé a son extrème dans Forest Gump, ou on voit ce qui a marqué 50 ans d’histoire américaine a travers la vie d’un gentil idiot.

    • Honnêtement, je n’ai jamais compris le [plus ou moins] récent backlash contre Forrest Gump!

      C’est un excellent feel-Good Movie qui présente en 1ère couche un tas de blagues et répliques mémorables avec une trame sonore exquise (tiens, ça me rappelle le Fabuleux Destin d’Amélie Poulain…), mais qui en seconde couche critique par l’absurde la société américaine… par le biais du regard d’un simple d’esprit qui ne comprend rien aux enjeux de l’époque. Assez original tout de même! D’ailleurs, petzy_ayheul résume bien le caractère absurde du film.

      Une critique un peu tiède qui laisse place à l’interprétation, vrai, mais quand même une critique originale et cynique de la société qui semble punir les originaux, les marginaux, les altruistes, les whistle-blowers et les changeurs de paradigmes. Moi, je trouve le concept de base génial! De là à dire qu’on fait l’apologie de l’idiotie comme le sous-tendent certains, il y a une méchante marge!

      Comme le mentionne fruitloops, on prend un électron fou/libre et on le propulse dans un système en transmutation; on peut filmer le chaos généré par le biais du drame, de la comédie ou de l’horreur, mais dans tous les cas, c’est ça Forrest Gump : une incongruité, un cygne noir, ce qui fait qu’on peut lui faire vivre n’importe quoi et regarder le chaos généré et l’impact de ce dernier sur la société à travers ses propres yeux!

      C’est très similaire aux Simpsons : on peut voir la célèbre famille américaine de Springfield seulement comme une famille américaine typique amusante, légèrement dysfonctionnelle et tordue, ou comme une sévère – et cynique – critique de la société américaine.

      steadtler a raison : ” Forest Gump ce n’est pas l’histoire du personnage titulaire, c’est 50 ans d’histoire américaine. Forest n’est qu’un véhicule pour nous y emmener.”

      @ cinematographe : le film ne dit pas de vivre sa vie de manière inconsciente afin de ne pas souffrir [comme Jenny]; il montre l’absurdité et la souffrance d’une [des nombreuses] période trouble de la société américaine à travers le regard d’un simple d’esprit, le tout traité dans un style absurde, cynique et un peu mièvre. Un film ne fait pas automatiquement l’apologie de la couardise, de l’inconscience sociale et de l’autruchisme car il est mièvre!

      D’accord avec ceux (levraiconnaisseur notamment) qui critiquent la sur-analyse de Jenny. Je ne crois pas qu’elle soit l’incarnation de tous les péchés; elle ne l’a tout simplement pas eu facile dans la vie. Promenez-vous dans le Village, St-Henri ou HoMa quelques jours durant une année et vous allez en voir des tas de Jenny (j’y habite depuis 6 ans et j’adore; je ne bitche pas les quartiers, je dis juste qu’ils sont hétéroclites et que plusieurs qui y habitent/gravitent en ont bavé!).

      D’accord aussi avec ceux qui disent que la critique de la société américaine puritaniste passe mieux (uniquement?) par le rire. L’attitude de la mère de Gump est donc en phase avec l’ensemble de la perspective du film.

      Un “Feel-Good” movie ne sera jamais un chef-d’oeuvre, on s’entend. Mais de tous les Feel-Good movie qui ont plusieurs couches à leur oignon et plusieurs cordes à leur arc, je trouve personnellement que Forrest Gump se classe très très haut, probablement dans le top 10, peut-être dans le Top 5 des films du genre [que j'ai vus].

      Ça demeure “juste” un feel-good movie, mais c’est un des meilleurs du genre!

      Je ne comprendrai jamais la haine des cinéphiles envers Forrest Gump (et Amélie Poulain) qui, d’une main encensent (ou du moins apprécient) des Hudsucker Proxy et autres films similaires mais, de l’autre, démonisent (ou du moins détestent) Forrest Gump. Pourtant, même scénario/perspective : on se sert de l’absurde (et d’un simple d’esprit) pour critique la société ou du moins une certaine franche de celle-ci.

      Bref, j’ai vu le film 3-4 fois dans les années 90, mais je ne l’ai pas vu depuis au moins 10 ans. N’empêche, je persiste et signe : Forrest Gump mérite un très solide 8 / 10!

      @ tabarly Curieux de vous lire davantage sur le lien entre Benjamin Button et Forrest Gump.

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