Jozef Siroka

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    Jozef Siroka est journaliste au pupitre à LaPresse.ca et blogueur cinéma à temps partiel.
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    Mercredi 20 août 2014 | Mise en ligne à 15h30 | Commenter Commentaires (26)

    Le flop des Expendables : au-delà du piratage

    The-Expendables-3

    La vaillante équipe de gros bras mous s’est héroïquement défendue lors des deux premiers rounds, mais n’a pas été de taille lors du troisième engagement. The Expendables 3 s’est cassé la gueule solide au box-office lors de sa récente sortie en salle. Le coup a été si dur qu’on parle déjà de la mort de la franchise (du moins, son pendant masculin; gare aux ExpendaBelles!).

    L’internet s’est empressé de décortiquer le flop de ce troisième chapitre, d’autant plus que les deux premiers films de la série avaient pourtant connu un joli succès. Mise en contexte du Los Angeles Times :

    Le film a rapporté environ 16,2 millions $, en deçà de la somme de 20 à 25 millions $ prévue par Lionsgate, tout en se classant en quatrième position pour le week-end. The Expendables 3 a également été surpassé par les deux films précédents, qui ont débuté à 34,8 millions $ et 28,8 millions $, tous deux bons pour la première place.

    Alors, qui est le coupable? La plupart des médias ont vite fait de pointer du doigt le piratage dont a été victime The Expendables 3. Une copie de qualité DVD a trouvé son chemin sur le web trois semaines avant la sortie en salles nord-américaine, et a été téléchargée par 2,2 millions de personnes.

    Pour creuser plus loin, Variety s’est entretenu avec le professeur d’informatique et de marketing Michael D. Smith. L’expert a publié une étude en 2011 qui stipule que les films piratés avant leur sortie peuvent perdre en moyenne 19,2% de leurs revenus. Il n’a cependant pas fourni une explication réellement convaincante quand on lui a demandé pourquoi la fuite de X-Men Origins: Wolverine n’avait pas eu d’impact adverse au box-office…

    Les pirates ne sont pas les seuls à blâmer, avance Brooks Barnes du New York Times, qui a examiné les chiffres de plus près :

    La plupart des visionnements illicites se sont produits à l’étranger. Les experts estiment que le film, qui a coûté au moins 90 millions $ à faire, en plus de 30 millions $ en marketing, a été téléchargé 500 000 fois aux États-Unis et au Canada. Si chaque téléchargement correspond à la perte d’un billet acheté lors du week-end d’ouverture, la fuite aurait coûté à Lionsgate environ 4 millions $.

    À noter que le «si» dans l’extrait ci-dessus représente l’information la plus significative de l’argument… Comme bien d’autres journalistes, Barnes voit plutôt la «fatigue» du public comme principal coupable. En effet, trois Expendables en quatre ans, ça fait beaucoup de minutes qui tournent en rond. Et, peu importe les nouvelles ex-vedettes d’action qu’on rajoute (Snipes! Gibson! Han Solo! Banderas!?), il est difficile de donner de l’envergure à une formule aussi prémâchée et superficielle.

    Mais je crois en même temps que les gens qui ont apprécié les deux premiers Expendables, tous ceux qui ont grandi en regardant des 80s Action, de manière ironique ou pas, ne se tanneraient pas aussi vite : voir ces reliques macho résister à la fatigue de leur propre raison d’être constitue le principal plaisir de ce concept. Cette série de films simplistes et légers est une sorte d’antidote au cinéma d’action post 11-Septembre qui est défini par la confusion morale et le style paranoïaque.

    Non, ce qui a tué la franchise, c’est paradoxalement une stratégie qui a été mise en place afin d’élargir le public: remplacer la cote R, qui avait été apposée aux deux premiers, par le PG-13. En voulant faire un film «pour tous», les producteurs ont trahi leurs principes ainsi que leur adeptes les plus fidèles, tout en ruinant leur propre produit. Analyse fort à propos de Vulture :

    Pouvez-vous m’indiquer une scène d’action décente dans un récent film américain à gros budget? De l’action qui ne ressemble pas à un tas de bras et de jambes floues qui volent à travers l’écran dans un tourbillon de mouvement spasmodique? Supporter ce qui se prend pour un film d’action grand public aujourd’hui c’est d’être soumis à un charabia visuel maladroitement rythmé, spatialement illogique, ridiculement non sanglant, tout cela marqué par des bruits assourdissants et des grognements énergiques qui aident à dénoter l’envoi d’un coup de poing ou l’écrasement d’un corps contre quelque chose…

    Ce style délibéré de mise en scène inintelligible est connu sous le nom «cinéma du chaos», et a été un initié au cours des 20 dernières années par Michael Bay et ses disciples. Alors que le cinéma du chaos est le sous-produit de nombreuses forces, son avancement est aussi la conséquence directe d’une culture qui veut son action à la fois assez intense pour être «super cool», mais néanmoins assez édentée pour être jugée acceptable pour les adolescents par une MPAA pourtant indulgente envers la violence.

    C’est ce qui a engendré The Expendables 3, qui livre un flux incessant de coups de poing, de fusillades, de cascades de véhicules qui impliquent la mort de centaines de méchants sans visage, mais qui ne montre pas un seul coup de feu fatal, une seule trace de sang réaliste ou toute véritable souffrance humaine.

    Ainsi, The Expendables 3 propose sa collection de héros âgés et leurs complices freluquets qui cassent des cous, poignardent des poitrines, tranchent des gorges, et abattent des méchants de toutes sortes d’autres façons horribles. Dans chacun des cas, cependant, la caméra, déterminée à atténuer sa présentation de ce contenu manifestement ultraviolent, se déplace si vite et coupe d’une image à l’autre si rapidement que nous n’avons pas une idée claire de ce qui se passe. Au lieu de cela, nous obtenons simplement l’impression d’un combat, ou d’une mort.

    mc3s0pSi vous voulez mon avis totalement non scientifique, ce qui a coûté cher à The Expendables 3 c’est de ne pas avoir réussi à recruter le seul et unique Steven Seagal. L’invincible senseï a expliqué son refus en entrevue à The Big Issue, clamant qu’il «n’aimait tout simplement pas certaines des personnes impliquées» et que «la vie est trop courte pour travailler avec des personnes drôles [funny people]». Que voulait-il dire par là? Drôles comme dans comiques, bizarres? Une chose est certaine, le bon ami de Vladimir Poutine n’aurait pas apprécié de partager l’écran avec un Arnold Schwarzenegger et un Jet Li qui tombent amoureux à la fin de leurs aventures. En même temps, force est d’admettre qu’il s’agit là de l’aboutissement logique de l’homoérotisme fortement suggéré dans tout un tas de 80s Action, caractéristique qui donnait d’ailleurs une saveur si spéciale à tant de nos plaisirs coupables préférés.

    ***

    Pour ceux qui n’ont vu aucun film de la série, et qui ne comptent pas le faire de sitôt mais qui aimeraient tout de même savoir de quoi il en retourne, voici un résumé absolument impartial du premier Expendables, fourni par les chics types de Honest Trailers:

    Et enfin, pour les fans d’action gériatrique, qui pleurent la mort probable et prématurée de leur franchise préférée, vous pourrez vous rabattre sur la suite du fort divertissant Bad Ass, mettant en vedette Danny «Machete» Trejo ainsi que son nouveau complice Danny «I’m too old for this shit» Glover :

    À lire aussi :

    > L’éternel retour de Steven Seagal
    > Le cinéma d’auteur «vulgaire», théorie fragile
    > Frénésie du mouvement, cinéma du «chaos»
    > Le parrain des films de gros bras n’est plus

    > Avis aux intéressés, vous pouvez maintenant me suivre sur Twitter


    • Connaissez vous quelqu un qui vous en a parlé en se frottant les mains et en s exclamant que ca ca va être écoeurant ? Déja que le concept original est faible, en faire un sequel et un re-sequel c est de prendre le cinéphile pour un cave. Mais pourtant c est ce qu ils ont fait !Un gars s est dit que ca valait la peine de le financer, un autre de le réaliser et voila !

      Mais comme vous le soulignez, le cinephile est effectivement fêlé . Personellement je n aurais pas mis un traitre sous sur une copie piratée même pas la valeur du disque dvd.

    • On ne sait pas trop. Voilà le problème! On nage dans le flou. Mais pourquoi hein pourquoi? Le supplice ultime pour les amateurs de ce genre de film…

      De quessé, c-tu moé le méchant parce que je n’y ait pas été. Genre enfer, j’ai une pensée. Pire, je réfléchis!

    • Je n’ai vu qu’un petit bout du premier “Expendables” il y a environ 2 semaines à la télé. Le début se déroulait dans la noirceur et il fallait deviner qu’il y avait des combats selon les bruits car on ne distinguait absolument rien. Si vous voulez m’écoeurer, tournez un film à la noirceur ! La suite n’était pas meilleure avec tout ce tas de sexagénaires qui se prennent pour des super-héros alors que les capacités physiques de l’homme diminuent ordinairement à partir d’environ 25 ans. J’ai pensé que les acteurs n’étaient qu’une bande d’ados attardés… et j’ai fermé la télé pour aller lire un livre intelligent. Quel contraste.

    • Oh que je suis intelligent, je lis des livres intelligents au lieu de regarder des films de vieux monsieurs musclé.

      Je répond rarement a ce genre de post, mais voila, aujourd’hui je le fais.

      Regarder ce genre de film ne fait pas de vous un retardé mental. Je suis capable de regarder et d’apprécier expendables autant que fitzcarraldo et persona. Les films du genre de expendables sont de pure divertissement. Peut importe si c’est réaliste ou pas. Et ne regarde pas ce genre de film pour la profondeur de personnage, mais juste pour le plaisir de la chose. Certains sont meilleur que d’autre. Mais même bergman a fait des daube dans sa carrière.

      Mon appréciacion? Le 1er laissait a désirer, le 2e est beaucoup meilleur. Le 3e souffre du PG13.

      Merci hermit d’avoir pris la peine de répondre, j’hésitais de mon bord… -js

    • Utiliser les chiffres de piratage pour évaluer les pertes est un peu comme se fier aux chiffres des cotes d’écoute au Québec: les deux sont des indicateurs peu fiables et grossièrement exagérés.

      Comme si chaque fois qu’un quidam téléchargeait un blockbuster cheap, il l’aurait regardé quand même s’il avait dû payer!

      Par ailleurs, je dois admettre que j’ai eu beaucoup plus de plaisir à revoir pour la 5e fois Rambo ou Predator qu’à visionner n’importe quel des très mauvais Expendables. Je n’ai pas aimé du tout: j’ai trouvé que ça ne faisait qu’édulcorer le souvenir que j’avais de cette période faste pour un ti-gars dans sa période post-GI-Joe.

    • @kermit
      il y a divertissement et divertissement. Quand c’est du pur délire c’est un type de divertissement que je n’apprécie pas surtout si c’est mal fait. J’aime autant regarder un film pour enfant de Walt Disney avec mes petits enfants.
      Bonne soirée au cinéma pour PG13…

    • @richard2135,

      c’est hermit en passant :)

      je comprend que ce n’est pas votre genre, mais de la facon dont vous avez formulez votre commentaire, ca fait sentir aux autres, moi en tout cas, que nous ne sommes pas de vrais cinéphile et que nous n’avons aucun gout.

      ma réponse ne visait pas seulement vous, mais la généralisation que je lis souvent ici que: moi je regarde du bergman ou du truffaut, alors j’ai des meilleur gout que les autres. je suis au dessus des films d’action.

    • @hermit ce n’est pas ce que je voulais dire. Je disais simplement expliquer que Expendables ne me plaisait pas du tout. J’ai beaucoup aimé certains “Rambo”, “Rocky”,”Prédateur” et autres. Mais “Expendables” me semble être uniquement un artifice pour me soutirer de l’argent sans m’offrir le plaisir du cinéma pour le prix que j’ai payé. Quand je regarde la bande annonce du film je ne peux m’empêcher de penser que c’est comme avec les Hells Angels: plus grosse motocyclette, plus petite quéquette. Ici, c’est plus plus grosse mitraillette, …

    • J’allais réagir aussi: que de mépris ici pour nos bons vieux gros bras! Pour moi, il ne s’agit même pas de “plaisir coupable”, expression que je déteste par ailleurs, mais de plaisir tout court, tout aussi valable, oui, que n’importe quelle grande littérature; il suffit d’être conscient de ce qui procure (ou non) le dit plaisir. Dans mon cas, ce sont les acteurs, en particulier Sly, Statham dans les un peu plus jeunes et oui, l’unique Seagal; loin d’ados attardés, on parle d’acteurs qui défendent une éthique, une manière d’être qu’ils développent de film en film, ce qui n’est pas rien.

      the Expendables, c’est avant tout un projet de Sly sur Sly (surtout le premier, moins le deuxième, je grossirai le box-office du troisième éventuellement), et pour quelqu’un comme Seagal, je ne pense pas que c’est compatible, il est habitué à tenir un contrôle sur les projets auxquels il participe, depuis son premier film. Quoique Sly, à mon avis, aurait honoré son confrère, comme il l’a fait pour les autres, mais bon, Seagal a son égo…

      En tout cas, si quelqu’un mérite un come-back, c’est bien Seagal (je dis ça, mais je n’ai rien vu de ce qu’il a fait depuis Under Siege 2, excepté Machete, on m’indiquera s’il est déjà revenu sans que je le sache).

    • Sans doute que l’adaptation en PG-13 n’aide pas à rejoindre le public cible.

      Mais le problème des films d’action comme Expendables est surtout de ne pas avoir saisi deux des principaux éléments qui rendent ce genre intéressant: 1) le réalisme (oui, le réalisme) et 2) le temps consacré à créer un climat (anglicisme pour “climax”), une atmosphère.

      Prenez l’un des meilleurs films d’action réalisés dans les années 80: Predator (1987). Sauf pour le raid pour secourir des otages, qui n’est pas l’élément central du film, il n’y a pas de sensationnalisme inutile. Le réalisateur (McTiernan, sortez-le de prison quelqu’un!) prend le temps de créer l’ambiance, de développer les personnages.

      Les réactions des personnages face à l’adversité sont réalistes, on sent leur peur et leur désarroi face au prédateur, et le scénario exploite bien la psychologie humaine. C’est ça qui rend un film d’action intéressant, qui nous tient au bout du siège. Les scènes sont immersives. Bref, par son réalisme, le film réussit à nous faire oublier les aspects invraisemblables.

      Die Hard avait plus d’humour, mais en exploitant l’isolement et le désarroi psychologique du personnage principal interprété par Bruce Willis, on en venait encore une fois à partager ses émotions. Les scènes d’action n’en étaient que plus intenses. Idem pour le premier Rambo, True Blood, qui exploitait l’isolement et la détresse d’un soldat rentré de la guerre.

      En comparaison, la franchise Expendables ne fait que reprendre les côtés les plus mauvais des films d’action de ces années. Tout comme la franchise de James Bond, on combine l’humour simpliste et les séquences invraisemblables sans effort pour maintenir le réalisme ou créer une ambiance. C’est du divertissement pop-corn. Et les spectateurs se tanneront si la même formule revient à chaque année.

      Je suis moi-même un grand amateur de film d’action (j’ai même vu tous les James Bond, même si je déplore le manque de réalisme et les noms stupides, qui empêche d’en faire de vrais bons films d’action). Je devrais faire partie du public cible d’Expendables. Mais la franchise me laisse complètement indifférent pour les raisons mentionnées ci-haut. Je suis incapable de ressentir quoi que ce soit en regardant ce film (aucun stress, thrills, peur, etc.).

    • @timmy_m

      21 août 2014
      00h35

      ”Je suis moi-même un grand amateur de film d’action (j’ai même vu tous les James Bond, même si je déplore le manque de réalisme et les noms stupides, qui empêche d’en faire de vrais bons films d’action).”

      Les cinq premiers Bond étaient bon, on se prenait au sérieux un peu, c’est après que ça s’est gâté. Parait que To her Majesty secret service a pas eu le succès escompté aux États Unis, alors il semble qu’après ça, les producteurs ont fait de Bond une comédie d’espionnage, genre Matt Helm avec Dean Martin ou F comme Flint avec James Coburn plutôt qu’un drame d’espionnage afin de reconquérir le marché américain, les James Bond avec Roger Moore confirme ça. Ça s’est replacé un peu depuis le départ de Moore, avec Dalton , Brosnan et Craig, mais j’ai pas aimer du tout le dernier Skyfall, c’est pas un James Bond ça.

    • J’ai rien vu des Expendables encore, il me semble que Staham est encore jeune pour jouer les has been.

    • Bon matin,

      je suis allée le voir au cinema hier.

      J’avoue que j’ai passé un bon moment, j’ai trouvé Antonio hilarant dans le rôle d’un verbo-moteur infatiguable – j’ai bien aimé les petits dialogues des ”vieux” qui plaisantait au sujet de leurs bobos respectifs, hyper-tension et cholesterol. J’ai trouvé Harisson Ford pas mal drôle quand il pilotait son hélicoptère, ce vieil Indiana Jones tout heureux de revenir dans un film d’action.

      J’ai beaucoup aimé de voir tous ces hommes jadis super sexy, super muscles et faisant l’envie de bien des femmes et les voir comme ça, en gros plan avec leurs rides, leurs fausses dents, leurs pores de peau dilates m’a fait plaisir, ces hommes sont toujours vivants et ils aiment joué la comédie sans se prendre au sérieux. Mais ce que j’ai surtout aimé voir c’est ce plaisir qu’ils ont eu à jouer à la guerre ensemble ça transperçait l’écran (enfin c’est mon interprétation)… Ce coup-ci ils avaient invité quelques jeunes dans leur scenario ça m’a plût beaucoup ça aussi. Je ne dirais pas que la chimie entre les vieux et les jeunes était parfaite mais la camaraderie était au rendez-vous.

      Pour ma part j’aime bien que ces films de guerre simulée ne soient pas sanglants, il ne faut pas qu’ils le soient. On ne raconte pas un fait réel humain, on fait un exercise de tir et de prouesses de combat. De mon point de vue, je les crois conçus comme des jeux vidéo de guerre. Et il n’y a pas de réalité dans un jeu video.

      Vous me direz que je manque d’intelligence et de goût, bof. Je n’ai pas de pretention intellectuelle pour le cinéma. Souvent j’ai regardé des films sérieux et intellectuels qui m’ont ennuyés à un point !! Et pas parce que ce qu’on racontait était plate, mais parce que les comédiens se prenaient tellement au sérieux que… ah, misère.

      Bref, les vieux qui s’amusent, m’amusent.

    • Le problème avec les Expendables, en ce qui me concerne, c’est d’avoir voulu en faire une série, une «franchise». Le premier pouvait constituer un clin d’oeil intéressant, divertissant et amusant. Lorsqu’on cherche à répéter le même clin d’oeil, ça finit par lasser très rapidement. Les spectateurs, même ceux qui ont un grand engouement pour ce genre de films, ne sont pas des idiots. Avec des Festivals comme Fantasia, ce public est plus exigeant et sait faire la différence entre un bon film de genre, en particulier les films d’action plus ou moins excessifs et avec ou sans clins d’oeil, et les «navets». Dès le deuxième film et sa baisse de revenus, les «manufacturiers» auraient dû comprendre et s’arrêter là. Ils ont plutôt essayé d’aller chercher un public plus jeune et, pensaient-ils faussement, plus idiot.

      Pour ce qui est des James Bond, dont je suis un grand fan et que je suis depuis les tout débuts, j’admets qu’ils ne sont pas tous de la même qualité, mais ils demeurent toujours un bon divertissement. Pour qu’une telle série se perpétue, les films, et en particulier le personnage principal, doivent évoluer et s’adapter aux époques. J’aime bien l’évolution du personnage avec Daniel Craig, et je considère Skyfall comme étant l’un des meilleurs de la série.

    • @timmy_m

      Je ne pense pas que le réalisme soit important, Predator n’est pas plus réaliste que Rambo 2, c’est plutôt une question de croyance en la réalité de ce qui se passe à l’écran. Le scénario de Die Hard est pour le moins improbable, mais pourtant je reste toujours bien accroché à McClane parce que lui croit en ce qu’il vit, ce qu’il fait. Ce que vit McClane est extraordinaire, mais ses réactions à lui demeurent crédibles, il réagit de manière compréhensible à des événements débiles, ce qui nous permet de croire au film. Dans le dernier (et très mauvais) Die Hard, il n’y croit plus, il tombe d’un immeuble et rit en disant avec un clin d’oeil complice wow, c’est cool cette cascade, non? On n’essaie plus de nous faire croire en la réalité de l’action, mais de nous épater par un spectacle désincarné.

      Et à mon avis, la plupart des film 80s faisaient très bien cela, il n’y a rien de réaliste dans Rambo 2, certes, pourtant j’embarque dans le film avec Stallone, je crois en ce qu’il fait.

      Pour la question du climat, je dirais que c’est surtout du temps passé à préparer à l’action: dans les Rambo 2-3, Sly ne fait pas grand-chose avant la moitié du film, dans les deux cas il y a d’abord une séquence d’infiltration qui nous permet de rendre compte des lieux avec le personnage, de découvrir l’espace avec lui et de nous préparer ainsi à l’action qui s’en vient. Même chose dans Predator, on prend beaucoup de temps à installer la jungle comme un lieu physique réel avant d’introduire le Prédateur, être fantastique qui brise notre compréhension établie de la jungle. L’action est préparée, on nous laisse le temps de la désirer, alors qu’aujourd’hui elle survient au milieu de nulle part.

      J’ai vu Expendables 3 hier finalement et la première scène est ratée pour cette raison: on ne sait pas pourquoi un hélicoptère attaque un train, on ne sait pas ce que représente le personnage de Snipes pour Sly, pourquoi il faut le sauver, alors on ne sait pas trop pourquoi on devrait s’intéresser à ce qu’on regarde (le reste du film est pas si mal ceci dit). D’ailleurs, dans nos classiques, il y avait aussi un enjeu clair et défini dans la violence, on sait pourquoi les personnages se battent et en général ils défendent une croyance, des valeurs (même si je ne suis pas nécessairement d’accord avec ce qu’ils défendent).

      L’autre chose, perdue encore aujourd’hui, c’est que les films 80’s étaient taillés à la mesure de leurs vedettes. Impossible d’imaginer Stallone jouer Terminator ou Schwarzie Rambo, ça ne marche pas, encore moins les mettre dans un film de Seagal. En plus, ils ont un physique de star improbable, personne aujourd’hui, avec la gueule de Stallone, pourrait percer à Hollywood. Mais toutes nos nouvelles vedettes sont interchangeables, Chris Pine, Chris Evans, Henry Cavill, Chris Hemsworth, ils sont tous pareils, on pourrait échanger leurs rôles que ça n’y changerait rien.

      Enfin, pour les Expendables, les scènes d’action ne sont pas très réussies en général, l’intérêt est ailleurs, dans la manière que Sly se met en scène et qu’il présente ces copains de guerre.

    • Il y avait une belle place pour les Expendables puisque les films d’action, qui ne sont pas des films de super-héros, de robots, de monstres ou des adaptations de romans d’ados, se font drôlement rares de nos jours. Je n’ai pas vû le troisième mais les 2 premiers, même si l’écriture est mauvaise et que la réalisation est très très moyenne, ont apportés un plaisirs de revoir du simple film d’action, sans spandex!

      A l’exception des Mission Impossible, The raid, les fast and furious et les Tom Cruise, il devient de plus en en plus difficile d’aller se régaler devant un bon film d’action.

    • Je n’ai vu que le premier de la série, mais celui-ci était raté. Peu après, j’allais voir Machete et je me disais “voilà à quoi aurait dû ressembler The Expendables”. Cependant, les recettes ont été bonnes à cause de l’effet de nouveauté.

      Les critiques du 2e étaient meilleures, ce qui explique probablement que les recettes aient encore une fois été à la hauteur, mais mon intérêt s’était déjà évaporé. Pour le 3e, ces 2 éléments (nouveauté, bonne critiques) n’étaient pas au rendez-vous.

      Pour ce qui est de Seagal, votre commentaire (”Que voulait-il dire par là? Drôles comme dans comiques, bizarres?”) me fait beaucoup penser à la célèbre réplique de Joe Pesci dans Goodfellas, je ne sais pas si c’était voulu :)

    • pour moi le torrent est un test de passage , si j’aime le film en torrent je vais aller le voir en ecran geant au cinema , le probleme , c’est que ces denieres annees y’en a pas mal dont je ne fini meme pas le vionement et qui sont efface avant le generique

    • @cinematographe
      Seagal a joué dans 22 films “direct to DVD” entre 1998 et 2009 et son dernier à avoir eu une vie en salle était Half past dead en 2002. C’est pour ça que vous ne l’avez pas vû…moi non plus d’ailleurs. Je sais que ces films ne coûtent pas grand chose à produire mais ils doivent générer des profits pour en justifier 22. Je serais curieux de voir ces chiffres.

      Seagal mérite effectivement un retour, en tout cas beaucoup plus que Dolph Lundgren ou Kelsey Grammer. J’aurais aussi aimé un Michael Biehn plutôt que plusieurs autres qui sont dans ce dernier volet de la franchise mais bon…

    • la série expendables vise les amateurs de die hard, predator et rambo. films avec beaucoup de profondeur je vous l’accorde, mais qui ne sont qu’une petite sélection parmis tout les films d’actions gros bras des années 80-90.

      n’oublions pas les dizaine de norris, segal, van damme et autre shwarzy qui ne volait pas très haut a plusieurs niveau. en ce sens, expendable remplis entièrement son mandat en tant que films d’action pur.

      pour statham, il a déja une filmographie bien remplis, et je crois qu’ils voulaient un visage plus jeune dans le film puor attirer la nouvelle génération, alors son casting n’est pas trop farfelue.

    • J’avais beaucoup aimé Expendables 1; le 2 est sur ma liste de films à voir dans un futur plus ou moins lointain car il a reçu de bonnes critiques, selon ce que j’apprends ici, et le 3… je pense que je tarderai un peu plus encore…

    • J’aime aussi les films de gros bras mais tant qu’à exagérer je préfère les HULK dont j’ai vu tous les épisodes au cinéma et à la TV et les Advengers. C’est vrai.

    • Ne ne crois pas que la franchise va disparaitre.

      Sly pourrait le produire tout seul. Et aucune série actuelle (Red ?) ne fait ce que Expendables offre : Une caméra pour les ex vedettes d’action qui ne tournent presque plus. J’aime beaucoup le concept, le ton et le titre très à propos de cette série.

      Revoir un fly kick de Van Damme était tout à fait excellent. Non, pour la quantité de mauvais films qui se produisent, que des vieux joueurs refassent des films sans trop de CGI et des vrais cascades, je n’ai aucun problème avec ça.

      Le 3ième film était trop éparpillé, trop de nouveaux personnages et leur “caractérisations” étaient un peu bâclées. Banderas était excellent. Ronda Rousey également (et dans la vraie vie elle vous explose tous un après l’autre, championne UFC). Mais trop personnages à caser ont donné comme résultat un gros patchwork de cameos et de catch phrases. Je crois plus ou moins au pg13.

    • Et que Steven Seagal a des problèmes d’ego et trouve “funny” d’autres gros egos ne devrait surprendre personne. Il m’a l’air d’être un gars qui se prend très sérieux malgré sa filmographie et son âge.

    • S’il faut faire une hiérarchie avec ces films (en restant aux américains), au top il y a ceux réalisés par des auteurs (pas des vulgaires, des vrais), les McTiernan, Verhoeven et Cameron, et après il faut commencer à trier par acteurs, Schwarzenegger (le seul qui a joué avec les trois grands d’ailleurs), Stallone et Seagal (qui tous deux travaillent de près sur la majorité des scénarios auxquels ils participent, on pourrait peut-être même les mettre dans les auteurs), puis en bas il y a les autres, Van Damme (ses films sont plus inégaux mais lui il est bien), Norris, Lundgren, Bronson période Death Wish, j’en oublie sûrement.

      Et je ne comprendrai jamais pourquoi on associe encore Michael Bay au “cinéma du chaos”, ses scènes d’action sont toujours limpides malgré leur complexité visuelle (il travaille souvent sur plusieurs plans, des robots à l’arrière et des hommes à l’avant par exemple). Dans le pur spectacle, on ne peut pas faire mieux que les finales des deux derniers Transformers!

    • J’étais assez excité par le concept avant la sortie du 1er Expendables; après tout, j’ai toujours été un fan de Stallone (Rocky 1 et 4 sont des classiques!) et j’aurais salivé étant petit à la seule possibilité que Arnie, Sly et JCVD jouent dans le même film!

      Mais je me doutais bien avant même d’avoir vu le 1er volet que l’histoire et les personnages seraient plutôt poches. Ce n’est ni réaliste (Predator, Alien, Die Hard, etc.), ni drôle (Machete, Planet Terror, etc.), ni épeurant (Terminator 1), ni futuriste (Total Recall, Robocop, T2, etc.), ni assez cheesy pour devenir un classique (Commando, Blood Sport, etc.), ni réellement cool (Desperado, Fight Club, etc.), ni révolutionnaire (Pulp Fiction), ni assez “petit budget” pour susciter une certaine admiration (Cyborg, Mad Max, etc.), ni original (Shoot them up!, From Dusk Till Dawn, etc.), ni caricatural et théatral (Kill Bill), ni inspirant (Rocky).

      Bref, au-delà du concept de réunir essentiellement tous mes acteurs favoris quand j’avais 12 ans, les deux 1er films eux étaient assez poche (je n’ai pas vu le 3e).

      Comme kurtz l’a dit, je préfère me retapper occasionnellement T1, Rambo 1, 2 et 3, Predator et quelques autres classiques que de regarder les Expendables qui sont, somme toute, plutôt mauvais.

      Je vais regarder le 3e c’est certain, mais je me vois déjà dire après 15 min. que c’est poche et que ça n’arrive pas à la cheville de Rambo, Total Recall, Rocky 6… et même le tout récent Escape (Mikael Håfström – 2013).

      Mais n’ayez crainte : selon IMDB, The Expendables 4, Rambo 5 et même l’intriguant Creed figurent parmi les plans à moyen terme de mon acteur fétiche des années 80 : Sly

      N.S. Je n’ai jamais aimé les films de Steven Seagal et de Bronson…

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