Jozef Siroka

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    Jozef Siroka est journaliste au pupitre à LaPresse.ca et blogueur cinéma à temps partiel.
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    Lundi 9 juin 2014 | Mise en ligne à 20h00 | Commenter Commentaires (6)

    Le prestige sans cesse grandissant du 8e art

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    Il y a cinq ans, le créateur d’Arrested Development Mitchell Hurwitz annonçait qu’il préparait une adaptation cinématographique de sa série télévisée, qui avait été larguée par Fox en 2006, après seulement trois saisons. De nombreux fans dévoués du sitcom culte ont vite crié victoire, mais le projet a malheureusement pris la direction des limbes. La joie a laissé place à l’inquiétude, puis à l’impatience, et finalement à l’indifférence. En effet, à quoi bon s’extasier aujourd’hui d’une migration de la télé au cinéma? Le chemin vers le prestige a soudainement changé de cap.

    Arrested Development a finalement été aspiré par le vortex Netflix, en 2013. Et si le résultat de la nouvelle saison s’est révélé en deçà des attentes, il est difficile de croire que le film aurait été meilleur, tant le rendu et le concept de la série (humour absurde forgé par un vif timing, l’importance du faux-semblant) se marient bien avec les fondements classiques de la télévision (épisodes de 23 minutes, direction artistique sommaire), et se seraient noyés dans l’opulence d’une production cinématographique.

    Précisons cependant que l’exemple d’Arrested Development est un cas d’exception; l’opulence, tant au niveau des idées que du style (et des budgets), est devenue une caractéristique prisée qui a permis de définir le succès du petit écran à l’ère moderne.

    Il serait malsain de citer ici tous les grands talents du 7e art qui cultivent avec enthousiasme des projets télévisuels. Une constatation d’autant plus frappante lorsqu’on réalise que ce phénomène aurait pratiquement été impensable il n’y a pas dix ans… Mais on va quand même tenter de faire un survol des productions télé majeures, récentes ou à venir, pilotées par des stars du grand écran.

    SÉRIES TÉLÉVISÉES

    - La première saison du thriller de vampires The Strain de Guillermo del Toro s’entamera le 13 juillet sur les ondes de FX. La série est basée d’après la trilogie de romans que le cinéaste mexicain a co-signée avec Chuck Hogan. «Lorsqu’un Boeing 777 atterrit à l’aéroport JFK sans qu’aucun signe de vie n’en émane, un scientifique spécialisé dans les épidémies et les attaques biologiques est dépêché sur les lieux. À l’intérieur de l’avion, il découvre que tous les passagers sont morts, probablement tués par un étrange virus ou… un monstre non identifié».

    - Darren Aronofsky adaptera pour HBO la trilogie romanesque MaddAddam de l’écrivaine canadienne Margaret Atwood. Le récit se déroule au milieu du 21e siècle, dans un monde «où les entreprises ont pris le relais des gouvernements et la modification génétique des organismes est perversement omniprésente. L’intrigue est centrée sur les événements avant et après une inondation sèche qui a éliminé la quasi-totalité de la population mondiale», décrit Deadline.

    - Ridley Scott est en train de développer pour HBO Pharaoh, une «explication alternative de la fondation et de l’ascension de l’Ancien Empire égyptien», rapporte Variety. La série se penchera notamment sur la théorie des anciens astronautes.

    MINI-SÉRIES

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    - Après avoir remporté un Tony Award, dimanche, pour son interprétation du président Lyndon Johnson dans la pièce de théâtre All The Way, Bryan Cranston (photo ci-dessus) a été approché par nul autre que Steven Spielberg pour reprendre son rôle dans une adaptation au petit écran de l’oeuvre de Robert Schenkkan.

    - Peter Bogdanovich (The Last Picture Show) adaptera le livre The Inventor And The Tycoon: A Gilded Age Murder And The Birth Of Moving Pictures, l’histoire de la relation entre le pionnier du cinéma Eadweard Muybridge et l’homme d’affaires et politicien Leland Stanford, a rapporté Screen Daily jeudi dernier.

    - Le récemment oscarisé Paolo Sorrentino (La grande beauté) va écrire et réaliser pour Sky Italia une mini-série de huit épisodes intitulée The Young Pope, le récit d’un «pontife imaginaire qui est le premier pape italo-américain de l’histoire».

    - Le retraité Steven Soderbergh – qui est pas mal occupé depuis qu’il a annoncé qu’il abandonnait le cinéma – a produit et réalisé le drame médical en dix épisodes The Knick, qui sera diffusé à partir du mois d’août sur Cinemax. Clive Owen y incarne un chirurgien qui «repousse les limites de la médecine» dans le New York du début du 20e siècle.

    - Tom Hardy retrouve le réalisateur Steven Knight, qui l’a récemment dirigé dans le thriller en huis-clos Locke, pour Taboo, une mini-série en huit épisodes que produira Ridley Scott. L’intrigue, qui se déroule en 1813, porte sur les tribulations d’un aventurier voyou qui a volé des diamants en Afrique pour venger la mort de son père. Hardy a par ailleurs affirmé la semaine dernière que désormais «la télévision dépasse le cinéma (indépendant)».

    - Bruno Dumont (L’Humanité, Camille Claudel 1915) a dévoilé à Cannes le mois dernier, sous forme de long métrage, sa mini-série en quatre épisodes qui sera diffusée sur Arte au mois de septembre. «P’tit Quinquin, c’est du tragique-comique. Je pense qu’il y a les deux genres, et que l’un est le ressort de l’autre. Il y a des moments très dramatiques, et pourtant on a ri trois secondes avant», a illustré Dumont en entrevue aux Inrocks.

    DU GRAND AU PETIT ÉCRAN

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    - Spike Lee transpose son premier long métrage She’s Gotta Have It (1985) chez Showtime, avec l’intention de poser un «regard contemporain sur ses personnages». Le synopsis du film original : «Nola Darling a trois amants […] Nola a également une voisine lesbienne qui ne désespère pas de lui faire goûter d’autres plaisirs. Comme tous prétendent à l’exclusivité, Nola les convoque à un diner!» À noter que Lee, réputé pour ses relations orageuses avec les studios, est devenu un adepte du petit écran : Qu’on pense à son indispensable documentaire sur l’ouragan Katrina When the Levees Broke, diffusé par HBO en 2006, ou à ses plus récents exercices télé dont M.O.N.Y., Kobe Doin’ Work, Da Brick, Mike Tyson: Undisputed Truth et bientôt le portrait d’un humoriste controversé, Katt Williams: Priceless. Son prochain long métrage sera la comédie d’horreur crowdsourcée Da Sweet Blood of Jesus.

    - Rosemary’s Baby est une mini-série en deux épisodes de 85 minutes qui a été diffusée sur NBC en mai dernier. L’adaptation au petit écran du classique de Roman Polanski, avec Zoe Saldana reprenant le rôle de Mia Farrow, a obtenu des critiques mitigées. La nouvelle version reprend sensiblement le même propos que le film original: «Un jeune couple s’installe à Paris pour prendre un nouveau départ après un drame douloureux. Leur rencontre avec un couple de notables va faire basculer leur vie. Si en apparence la chance semble leur sourire, une série d’évènements inquiétants commencent à attirer leur attention. Rosemary devient suspicieuse envers ces voisins bien trop gentils et serviables. Perd-t-elle la tête ou ces nouvelles fréquentations ont un je-ne-sais-quoi de diabolique?» (La bande-annonce à voir ici).

    - Willaim Friedkin (The Exorcist, French Connection) va superviser une série basée d’après son excellent polar To Live and Die in L.A. (1985). «Ça ne sera pas la même histoire mais ça va être la même vibe», a-til dit en entrevue à movies.com. Il affirme également qu’un de ses films plus récents, Killer Joe, avec Matthew McConaughey dans le rôle d’un policier psychopathe, intéresse la filiale télé de MGM. «Ça ne sera pas la même histoire, mais ce sera edgy, un peu comme Fargo.» À noter enfin que Friedkin mettra en scène un biopic sur la légendaire sex-symbol hollywoodienne Mae West pour le compte de HBO.

    - Les frères Coen agissent à titre de producteurs exécutifs pour la série télé basée d’après leur chef-d’oeuvre sorti en 1996. Fargo a eu sa première sur la chaîne FX le 15 avril dernier, et a joui d’une réception critique très positive. Le synopsis : «En 2006, Lorne Malvo (Billy Bob Thornton ) arrive dans la ville de Bemidji, dans le Minnesota. Il influence alors la population locale, de par sa violence et sa malice, et notamment le courtier d’assurances Lester Nygaard (Martin «Bilbo» Freeman).»

    > Voir les 7 premières minutes du premier épisode.


    • Merci d’avoir mentionné la série de Bruno Dumont dont j’ai entendu beaucoup
      de bien. Une série dont je pensais voir une adaptation américaine c’est « Real
      Humains » (série suédoise) mais d’après ce que j’ai lu ça serait les anglais qui
      en feraient une version…
      Godard a dit « Quand on va au cinéma, on lève la tête. Quand on regarde la
      télévision, on la baisse. »
      Y a pas de honte à avoir quand c’est de la bonne télé ! :-)

    • Je crois qu’un des élément qui joue énormément c’est la multiplication des projets de mini séries ou du moins des séries télé avec moins d’épisodes par saisons et qui ont éventuellement un fin claire.

      Il y a quelques années, la série dramatique “type” était un Lost, avec 24 épisodes de 1h par saison, pour une durée indéterminée. 24 fois 1h, il faut se commettre énormément et pour une longue période à un seul personnage. Aujourd’hui une saison est plutôt de 10-12 épisodes, on voit des miniséries de 6-8 épisodes. Je crois que ça devient alors intéressants pour les artisants du cinéma parce que ça leur permet toujours d’explorer le format télévisuel qui offre énormément plus de temps pour développer des idées et des personnages, tout en ne les obligeant pas à se commettre pendants des années à la même série télé.

      Le format télé est devenus beaucoup plus flexible, et ça paraît énormément dans la qualité des séries. Les réseaux ne cherchent plus une émission pour remplir une case horaire pour toute une année entière et sont ouvert à des plus courtes séries, quitte à en développer plus. (aussi je crois que le simple fait d’avoir moins d’épisodes permet des séries avec beaucoup moins de “remplissage” inutile.)

    • Je suis loin d’être un expert en téléséries mais je n’en ai pas encore vû une qui m’a renversée par son utilisation de l’image comme peuvent le faire les grands réalisateurs au cinéma. J’avais trouvé The Pacific bien réussi et True detective semblait se soucier de l’image mais je n’ai vû que quelques scènes de cette série. Par contre, pas encore été secoué par l’image d’une série comme ont pû me secouer les PTA, Spielberg, Scorsese, Coen, Malick et compagnie.

    • @remington

      En fait, la serie télé AMÉRICAINE type était du 24 épisodes de 60 minutes, mais jamais une n’a eu 24 épisodes de qualité. Il y avait au moins 8-10 épisodes de “filler”. Il a fallu que les réseaux tel HBO adopte le format brittanique de 10-13 épisodes, qui est de loin le meilleur coté “storytelling”. Si il y en a 16, mais de qualité, tel Breaking Bad, tant mieux, mais le format de devrait jamais empieter sur la qualité, ce qui est le cas.

      Et ne parlons même pas de la diffusion erratique des grands réseaux, qui vont cesser pendant 1 ou 2 semaines la diffusion, mais pour mieux se reprendre pour les ” Sweeps” de Novembre, Février et Mai où les cote Nielsen sont prémoriales. De la grosse merde. Autant le cinema de salle est en déclin que la télé dite “normale”.

      Lavenir, c’st le streaming, et c’set pour ca que Netflix défonce la barraque.

    • Pharao de Ridley Scott: Et merde, les ‘Ancient Aliens’ vont avoir leur minisérie. Pas content! Je ne sais pas ce qui m’agace plus dans cette théorie farfelu que dans n’importe quel autre iotiotie nouvel-âge. Peut-être que c’est parce que le show ‘Ancient Aliens’ est le clou définitif dans le cercueil de History Channel. Le déclin n’a pas commencé avec Ancient Alien, mais il s’est terminé avec Ancient Alien. Tu ne peux pas allé plus bas.

      Quand j’étais jeune, History Channel, c’était des documentaires historiques. Bon, surtout WW2 mais quand même, j’aimais ça! Aujourd’hui c’est surtout Pawn Star comme flag ship et une ribambelle d’autres téléréalités. Mais parfois, si tu syntonises History Channel, tu va tomber sur des images des Pyramides ou de Stonehenge. Un moment d’espoir! Ah, non, c’est juste pour nous dire que les extraterrestres ont bâti ça. Ils ont tout bâti en fait. Nos ancêtres étaient ineptes et il n’y a pas un seul gros caillou qu’ils auraient pu déplacer sans l’aide de technologies extra-terrestres. Et tous les dieux de l’antiquité étaient en fait des aliens. Et tous les mythes sont essentiellement vrais car nos ancêtres expliquaient simplement du mieux qu’ils pouvaient ce que faisaient les extra-terrestres. Nos ancêtre ne faisait jamais dans la fiction, selon les ‘expert’ de Ancient Aliens. Non, ils racontaient seulement ce qu’ils voyaient. Inventer des sornettes sans preuve, on a commencé ça au XXIe siècle. Si j’étais vous, je commencerais à me préparer pour le retour de Sauron. *soupir*

      Désolé pour le hors sujet.

    • Excellent billet! Vous devriez en écrire un sur les séries blockbusters comme Game of Thrones, House of Cards et quelques autres.

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