Jozef Siroka

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    Jozef Siroka est journaliste au pupitre à LaPresse.ca et blogueur cinéma à temps partiel.
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    Lundi 10 mars 2014 | Mise en ligne à 19h15 | Commenter Commentaires (22)

    Villeneuve : Hollywood a beaucoup à nous apprendre

    PRISONERS

    L’entrevue de Denis Villeneuve à Tout le monde en parle dimanche m’a fait penser à tous ces «récits merveilleux» que les aristocrates téméraires racontaient à la cour du roi de retour d’un long voyage (en Amérique, en Asie, en Afrique), tout en captivant une audience conquise d’avance avec leurs anecdotes inédites.

    Relatant son aventure américaine, le cinéaste québécois a parlé avec bonheur de la production de Prisoners, son excellent et angoissant thriller policier qui a conquis le box-office et la critique. Et puis, il m’a personnellement conquis avec un peu de tough love bienvenu, entremêlé avec un rejet rafraîchissant du cynisme de mise dans le milieu culturel d’ici par rapport à Hollywood :

    Chez les Américains, faire du cinéma c’est très très sérieux, il y a quelque chose de vraiment engagé. […] Par rapport aux Américains, on n’a rien à leur envier techniquement… mais, au niveau de la scénarisation, honnêtement, moi je trouve qu’ils ont une plus grande culture de la scénarisation, ils ont plus de connaissances, ils ont plus d’expérience que nous; on a beaucoup à apprendre d’eux autres au niveau de l’écriture scénaristique.

    La discussion s’annonçait fort intéressante, mais a étrangement coupé court. Le fou du roi a balayé du revers de la main les préoccupations de Villeneuve en sortant l’argument économique, avant que l’animateur ne change de sujet, au lieu de le relancer avec un logique : «Mais qu’est-ce que Hollywood peut bien apprendre aux scénaristes québécois?»

    Je me garde de présumer de la réponse de l’invité-vedette à cette question hypothétique. Sa déclaration quelque peu inconfortable, mais nécessaire, m’a toutefois motivé à fouiller dans mes tiroirs à la recherche de documentations sur le métier de scénariste hollywoodien, et ainsi poursuivre la discussion, de manière aussi tangentielle soit-elle. Voici ce que j’ai retrouvé :

    DAMON LINDELOF (Lost, Prometheus, World War Z)

    Autant que l’oeuvre de Lindelof est synonyme d’excès à l’hollywoodienne, de surenchère d’effets spéciaux, et de pénibles acrobaties scénaristiques, force est de constater que celui avec qui les fanboys entretiennent une passionnante relation d’amour-haine sait s’exprimer avec intelligence sur l’état de son industrie. Pour preuve, cette fascinante entrevue qu’il a accordée l’année dernière à Vulture sur les «nouvelles règles» de la scénarisation.

    Lindelof s’est prêté à l’exercice d’improviser le scénario d’un blockbuster estival au potentiel peu commercial : adapter pour le grand écran la ballade du héros folklorique John Henry, selon WikiPedia «l’un des plus grands “pousseurs d’acier” dans l’effort entrepris au milieu du siècle pour prolonger le chemin de fer vers l’Ouest à travers les montagnes.»

    «L’histoire raconte comment, la machine supplantant de plus en plus la force humaine, le propriétaire du chemin de fer achète un marteau à vapeur pour effectuer le travail de ses équipes, en majorité des Noirs. Dans un pari destiné à sauvegarder son emploi et celui de ses équipiers, John Henry défie l’inventeur : John Henry contre le marteau à vapeur. Il gagne, mais, à l’issue du pari, sujet à une crise cardiaque, il décède.»

    Voici comment Lindelof s’imagine le pitch pour un tel projet (il développe le récit avec une habileté redoutable plus loin dans l’entrevue) :

    Eh bien, je pense que la première chose qui se passerait, c’est que vous vous dites que la partie fondamentale, la plus importante de l’histoire, est qu’il meurt – mais aussi qu’il est victorieux; il bat la machine. C’est le triomphe de l’esprit humain sur la technologie. Mais qui vient à un prix. Et tous les dirigeants de studio diraient: «Absolument. C’est ce que nous aimons au sujet de cette histoire». Deux ébauches de scénario plus tard, quelqu’un dirait: «Doit-il mourir»?

    BRIAN KOPPELMAN (Rounders, The Girlfriend Experience, Ocean’s Thirteen)

    Allergique aux gourous du scénario, et autres séminaires sur la scénarisation, Koppelman a lancé une réplique via l’application mobile Vine, intitulée Six Second Screenwriting Lesson. Une appellation qui se veut ironique, une «déclaration sur l’absurdité de toute personne qui enseigne à quiconque d’écrire un scénario», a-t-il dit en entrevue à IndieWire en janvier.

    Plus qu’un conseil, le premier épisode de sa série sur Vine a pour objectif de jeter les bases de sa mission éducative moderne et anticonformiste : «All screenwriting books are bullshit. All. Watch movies. Read screenplays. Let them be your guide». Parmi les autres astuces (on en dénombre 189 à ce jour), on retient :

    11. You don’t need any expert’s opinion to write your story your way. Repeat that.

    27. Know this: Whatever your favorite movie is, at some point during the writing of it, the screenwriter felt completely lost.

    43. Hey, if you love giant, commercial blockbusters, then that’s what you should try to write. But if you love small, personal films, write those.

    65. All the emtions you think you have to suppress to get along in civilized life you can work from when you write.

    94. But what if I sit down today and have absolutely nothing to write? Think of the last huge argument you had with someone and write it as a scene.

    104. So what’s more important? Inspiration or discipline? Honestly? You need to use 100 percent of both.

    119. I love the blue of the sky tonight and the way the yellow is kicking off the streetlamps. And I’m gonna remember it so I can use it sometime when I write a scene

    131:

    TONY GILROY (MIchael Clayton, State of Play, The Bourne Legacy)

    Gilroy reflète le Vine initial de Koppelman dans le premier de ses «10 conseils pour écrire un blockbuster», publié en octobre dernier sur le site de la BBC :

    ALLEZ AU CINÉMA : «Je ne crois pas qu’il y a quoi que ce soit que vous pouvez apprendre dans des cours ou dans des livres [de scénarisation]. Vous avez regardé des films depuis que vous êtes né. Vous avez rempli votre vie avec des récits… et de la nourriture. C’est déjà solidement ancré en vous.»

    J’aime bien aussi le conseil no. 7, qui a particulièrement retenti chez l’ancien busboy en moi:

    TROUVEZ UNE JOB : «J’ai passé six ans à travailler dans un bar, tandis que j’essayais d’apprendre à écrire des scénarios. Si vous voulez écrire, si vous êtes un jeune écrivain et personne ne vous connaît, trouvez une job qui vous paie un le plus d’argent pour le moins d’heures, de sorte que vous avez le plus de temps pour écrire.»

    LEM DOBBS (Dark City, The Limey, Haywire)

    «Edward Ford» est un titre sacré dans le milieu. Le premier scénario de Dobbs, qu’il a écrit en 1979 à l’âge de 19 ans, est largement considéré comme le meilleur scénario à n’avoir jamais été porté à l’écran. Dans ce reportage de Slate, on compare le légendaire projet maudit à rien de moins que The Great Gatsby, «cette autre grande oeuvre américaine sur le désir et l’échec».

    Le récit tourne autour d’un cinéphile obsessif compulsif – il rédige des tonnes de fiches sur les films qu’il a vus, et sur son expérience en salle; il est une sorte de «IMDb analogue» – qui débarque à Los Angeles dans l’espoir de devenir acteur. Après 30 ans de tentatives, Edward Ford – tout comme Edward Ford – voit toutes les portes se refermer devant lui.

    Slate révèle que des réalisateurs de la trempe de David Lynch, Terry Zwigoff et Steven Soderbergh, et des acteurs comme Woody Harrelson, John Lithgow, John Ritter, William Hurt, Crispin Glover et, tout récemment, Michael Shannon, ont tous déjà démontré leur intérêt par le passé. Mais le destin persiste dans son intransigeance : Edward Ford semble bel et bien condamné à croupir dans les limbes de la pré-production pour l’éternité.

    > Le scénario à lire dans son intégralité

    BEN HECHT (Notorious, His Girl Friday, Scarface)

    Surnommé le «Shakespeare de Hollywood», Hecht (1894–1964) est néanmoins mort «frustré et morose», apprend-on dans ce post du New Yorker publié en octobre dernier. Il fut peut-être le scénariste le plus prolifique et le mieux payé de son époque, il n’a jamais approuvé le système qui le faisait vivre.

    Dans son mémoire A Child of the Century, Hecht ne cache pas sa vive amertume pas rapport à l’industrie (sentiment partagé par Lem Dobbs, d’ailleurs, dans cette entrevue-fleuve) y allant de quelques flèches bien acérées, comme : «Un film n’est jamais meilleur que l’homme le plus stupide qui s’y rattache».

    Ou : «Sur les mille écrivains se démenant dans l’industrie, il y a à peine une cinquantaine d’hommes et femmes d’esprit et de talent… Pourtant, curieusement, il n’y a pas beaucoup de différence entre le produit d’un bon écrivain et celui d’un mauvais. Ils doivent tous se mettre au pas.»

    Hecht a connu le succès en 1927, vers la fin de la période du muet, dès son premier scénario officiel. Il s’agissait d’un traitement de 18 pages inspiré de son travail de journaliste aux faits divers, et qui ne présentait aucun héros vertueux, juste des méchants.

    Lorsque Hecht a vu le résultat final, un long métrage de 80 minutes intitulé Underworld, il a été consterné d’apprendre que le réalisateur Josef von Sternberg «avait injecté une dose de sentimentalité en montrant un gangster donner la charité à un mendiant après avoir volé une banque». Il a demandé à ce que l’on retire son nom du générique, requête qui lui fut refusée. Quelques mois plus tard, il devint le premier récipiendaire de l’Oscar du Meilleur scénario.


    • ”moi je trouve qu’ils ont une plus grande culture de la scénarisation, ils ont plus de connaissances, ils ont plus d’expérience que nous; on a beaucoup à apprendre d’eux autres au niveau de l’écriture scénaristique.

      La discussion s’annonçait fort intéressante, mais a étrangement coupé court.”

      Damn!

      J’aimerais connaitre la suite.

      En tout cas, je prend beaucoup de notes avec les séries télé. Surtout au niveau des dialogues. Encore une fois, je trouve que le ”facteur franco” est un handicap, au niveau rythme et punch.

    • H.S.

      Jozef, allez-vous un jour écrire et/ou réaliser un film un jour ?

      :-)

      Il ne faut jamais dire jamais, mais laissez-moi vous répondre… jamais. Du moins, en ce qui concerne réaliser un film. Il faut un caractère particulier pour ce genre d’épreuve très exigeante, tant au niveau physique que psychologique. Je ne détiens pas ces attributs. -js

    • M. Siroka,

      Vous êtes journaliste alors qu’est-ce qui vous empêche de contacter M. Villeneuve pour connaître le fond de sa pensée? Ne blâmez pas les ti-clins de TLMEP, prenez le téléphone puis écrivez-nous un super blogue là-dessus!

      Merci.

    • Pour avoir étudié la scénarisation à l’UQÀM, je peux affirmer qu’il y a des tonnes et des tonnes de scénarios magnifiques qui s’y créent. Que ce soit des drames, des comédies ou des films de genres. Est-ce qu’ils seront un jour produits et financés par les grandes institutions? Évidemment que non!

      Je crois que Téléfilm Canada et la Sodec se montrent souvent très frilleux à l’idée d’explorer de nouveaux horizons cinématographiques quand ils en financent un, c’est remanié pour devenir très conventionnel, très plat. En même temps, c’est vrai que nous n’avons pas la même culture du récit et nous avons encore des croûtes à manger avant d’accoter les scénarios américains, autant dans le cinéma «pour adultes» (All is lost, Gravity, 12 years a Slave) que dans certains films «pour enfants» (Up, Toy Story 3, The Lego Movie…)

      Si on cherche cependant des bons scénarios, au Québec, il faut dorénavant se tourner vers la bande-dessinée. Aucun film québécois des dernières années ne m’a remué autant qu’une aventure de Paul (que ce soit à Québec ou au Parc), aucun texte ne m’a montré des personnages aussi attachants que ceux dans L’Ostie d’chat de Zviane et Iris et aucune comédie n’égale les sommets d’humours qu’atteint Vil et misérable de Samuel Cantin.

      En même temps, la télévision québécois présente Série Noire, une scénario brillant et bien ficelé et à Télé-Québec il y a le groupe d’humoristes Les Appendices qui bricolent des sketchs bourrés de génies . Ce que ces deux émissions ont en commun avec les bd mentionnées plus haut, c’est que quelqu’un, quelque part, a décidé de prendre un risque en allant de l’avant. Est-ce que ça rapporte? Peut-être pas, mais qui a dit que l’art devait absolument s’adresser et plaire à tout le monde? Ah oui! Celui qui trouve qu’il n’y a aucune différence entre la vente d’un hot dog à 12$ servi par une commis obligée de travailler en mini jupe et le récit bouleversant d’un homme à qui on enlève sa liberté pour l’enchaîner aux maillons de l’esclavagisme.

    • Super blogue, merci, très intéressant. J’ai peu à rajouter. C’est déjà pas mal complet!

      Sur une autre note, il semble que de plus en plus de gens réalise la piètre qualité de TLMEP et dénonce le massacre des entrevues, soit par édition post-production, soit par intervention insignifiante.

      Vivement une nouvelle émission de variété qui mettrait l’emphase sur les invités et leurs idées, plutôt que sur les producteurs et ce qu’ils veulent véhiculer.

    • Après avoir lu le texte de JS, je me suis demandé qui étaient les scénaristes de référence au Qc? Vu la petitesse du marché, est-ce qu’un scénariste ne peut faire que ça, écrire, diriger une équipe de scénaristes ou s’il doit avoir plein d’à côté pour arriver?

      J’ai parfois l’impression qu’au Qc, celui qui écrit le film doit aussi le tourner. Est-ce une fausse impression? Est-ce une bonne idée? Est-ce la norme dans l’industrie?

      Vrai que la bande dessinée est en train de prendre de la place au Qc. En Europe, et peut-être aux É-U, des scénarios d’abord proposés pour faire un film deviennent une bd, des bd deviennent des séries télé… Karine Vanasse, il me semble, a acheté les droits pour produire Paul à Québec. D’un autre côté, un film serait produit pour la série Les Nombrils. Ce qui me donne l’impression que le travail des scénaristes de bd est reconnu. Je me demande ce que donnerait Red Ketchup sur grand écran, mais bon!

      La question que je me pose à propos de ces problèmes de scénario, c’est comment se fait-il qu’un peuple de porteur d’eau pouvait envoyer des cinéastes à Cannes dans les années 60 et 70 et que 40 à 50 ans plus tard, la situation semble s’être détériorée? Avec les écoles spécialisées, les subventions et toutes les patentes, ce devrait être le contraire, non?

    • J’aurais aussi apprécié entendre Villeneuve s’expliquer mais bon, c’est TLMEP….

      Encore hors sujet, Nymphomaniac Vol. 1 est disponible en location sur Illico alors qu’on annonce une sortie en salle dans environ une semaine. Quelle est la logique derrière cette manoeuvre? Je planifiais aller le voir en salle mais lorsque je l’ai vû sur Illico, je n’ai pû résister à la tentation et heureusement, je n’ai été aucunement déçu d’avoir cédé.

    • Je suis d’accord avec Villeneuve sur l’expertise américaine, mais j’aimerais moi aussi qu’il précise sa pensée.

      À mon sens, il ne faudrait pas confondre la qualité de l’écriture scénaristique et la qualité de la structure narrative.

      Un réalisateur comme Villeneuve a probablement des critères très spécialisés et de nature professionnelle pour juger de la qualité d’une écriture scénaristique. (faisabilité , clarté, indication sur le jeu des acteurs, atmosphère, etc.) J’ai eu l’impression que son commentaire portait surtout là-dessus.

      Par contre, n’importe qui peut se prononcer sur la structure narrative d’un scénario et sur ce point, je trouve les étasuniens particulièrement banals, puérils et conservateurs et je ne vois pas trop en quoi on peut apprendre de cette industrie dans son ensemble sur cet aspect précis. Cela ne veut pas dire que certains individus hors normes ne produisent pas une trame narrative intéressante, bien sûr…

      Les Allemands ou les asiatiques sont selon moi bien en avance, plus subtil au niveau de la narration.

    • Subtilité, peut-être. Mais diable, les Américains savent ficeler la chose serrée.
      En train de finir “Breaking Bad”. Un vrai wet-dream de scénariste. Structure, dialogues, silences…

    • «Un film n’est jamais meilleur que l’homme le plus stupide qui s’y rattache»

      Trop fort :)!

      Merci Mr Sikora votre super texte…. Vous êtes un des rares journalistes qui fait encore sa job et semble aimer cela en plus :)!

    • Bravo Jozef! J’aime beaucoup votre franchise quant à l’idée de réaliser un film!! Vous avez tellement raison !

    • @ teamstef

      Donc tu as vu Nymphomaniac et tu as aimé ? Un des film (part 1 et 2) que j’ai le plus hâte de découvrir en 2014 !! Mais je vais résister à la tentation de le voir sur Illico, Loll Vivement la salle obscur !!

    • @stef27

      Je suis d’accord que l’idéal aurait été d’attendre la salle obscure mais, comme un enfant, j’ai déballé mon cadeau avant Noël. Par contre, je veux le revoir, ce qui fait que je pourrais tout de même me retrouver dans une salle obscure pour tenter d’éclaircir plusieurs points.

      Quant au film, j’ai aimé, sans toutefois être renversé. En fait, il m’a parfois donné l’impression d’une entrée qui m’a donné envie de voir le volume 2. Par contre, lorsque je le regarde pour le film qu’il est, j’ai eu une légère déception. J’ai l’impression que c’est un film qui devrait être regardé d’un seul coup au lieu d’être divisé en 2 volumes.

      Sans trop en divulguer, on sombre souvent dans une étrange comédie qui laisse pantois pour ensuite retomber dans la mélacholie et le côté sombre de l’histoire. On sent le Von Trier et sa relation avec la société et le milieu du cinéma à un point tel que j’en suis ressorti avec l’impression d’une confession de Von Trier davantage qu’à une confession du personnage de Gainsbourg. Du côté de la forme, Von Trier est encore un virtuose de la composition et de la beauté de la mise en scène. Un des acte du film est particulièrement génial. Quant aux fameuses scènes de sexe, il n’y a rien d’excitant là, ce qui parfait dans le contexte du personnage de Gainsbourg.

      Comme je l’ai mentionné, je veux le revoir et idéalement en enfilant immédiatement le volume 2 car, malgré ses nombreuses qualités, j’ai senti qu’il ne faisait que mettre la table, ce qui n’est pas souhaitable selon moi. Un film doit pouvoir se tenir par lui-même.

    • ”Il faut un caractère particulier pour ce genre d’épreuve très exigeante, tant au niveau physique que psychologique. Je ne détiens pas ces attributs.”

      Au moins vous semblez connaitre vos propres limites.

      Oui j’imagine sans difficulté que la pression est grande dans la réalisation d’un film, surtout si on l’écrit en plus. Ceci dit, ça reste de ” l’art d’équipe ”, il ne faut pas s’en mettre trop sur les épaules au niveau individuel.

    • @ jon8

      “art d’équipe” : je pense que c’est justement cela qui est parfois éreintant! Être à la fois créateur et leader!

    • @ kurtz

      Probablement, oui. J’ai toujours vu l’exercice de faire un film comme celui de bâtir une business mais en accéléré. Sauf que n’importe quel entrepreneur d’expérience va vous confirmer qu’il est très important de savoir déléguer, de savoir s’entourer d’une bonne équipe et… de laisser aller. Pour cela, il faut aussi apprendre à faire confiance.

    • Parlant d’apprendre, votre collègue Lussier a lancé un billet il y a quelques jours:

      http://blogues.lapresse.ca/moncinema/lussier/2014/03/06/j-m-vallee-commente-une-scene-de-dallas-buyers-club/

      Fort intéressant. Je me demandais si quelqu’un sur ce blogue avait d’autres de ces ”Anatomy of a scene” à conseiller ? J’ai surfé rapidement et celle de J-M Vallée est vraiment la seule qui m’a soufflé à terre. Mais j’adore le concept :)

      Anatomy of A Scene est un feature du NYT qui existe depuis plus de 5 ans. On peut toutes les voir ici (y ont participé des représentants du cinéma québécois comme Villeneuve et Dolan). -js

    • Moi le chef d’oeuvre de scénarisation américain qui m’impressionne le plus, c’est The Wire. Je suis en train de la terminer pour une seconde fois. Cette série est un O.V.N.I., je comprends même pas comment elle a pu être produite. Une série aussi intellingente et avec autant d’envergure n’aurait jamais du être approuvée, même par une chaine courageuse comme HBO. C’était voué à l’échec commercial dès le départ. Heureusement, des années plus tard, elle a obtenu une certaine attention et est aujourd’hui une série culte.

    • Je suis un peu en retard sur ce billet, mais il faut que je vous dise merci de l’avoir posté. Évidemment, vous ne pouviez pas savoir, mais le sujet et les liens m’aideront grandement pour ma maîtrise en création littéraire. Je m’intéresse à l’espace laissé à l’originalité dans dans une approche scénaristique hyper codifiée comme à Hollywood, et ce à partir de l’analyse de différents guides de scénarisation. Je vous laisserai savoir mes conclusions quand elles seront connues! Merci encore.

    • M. Villeneuve devrait lire Ray Carney, et notamment ses 10 anti-règles du cinéaste, et cesser de dire des inepties :

      http://people.bu.edu/rcarney/indievision/open.shtml

      Il n’y a absolument aucun rapport entre la citation de Villeneuve et le lien que vous proposez. -js

    • Prisoners était effectivement excellent du début à la fin!

      Excellent article Jozef; fort intéressant comme lecture! J’adore les 189 astuces de Koppelman!

    • @ Siroka

      Le rapport est évident pourtant :

      « It’s a truism that most American feature films and the performances in them are indistinguishable from cartoons… There are enough movies for teenagers. It’s high time we had some genuine adult films–movies made by adults, about adults, for adults, where there is more on the characters’ minds than getting laid or stoned or shot. »

      Tout à fait le genre de cinéma dont M. Villeneuve voudrait que nos auteurs s’inspirent. Comme s’ils ne le faisaient pas déjà trop. Et M. Carney de proposer justement la solution inverse à celle de M. Villeneuve :

      « One way to go about making adult movies would simply be to leave out everything that is there strictly to suck in teenage boys (the nudity, sex, car chases, tough-guy theatrics, shootouts, thriller plots) or girls (the lovey-dovey romance stuff, dating game comedy, mood-music melodrama, and soap operatics). »

      Désolé tapis, il n’y a strictement aucun lien entre la citation de Villeneuve sur les scénarios, qui est très générale, et les arguments du fameusement amer Carney. -js

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