Jozef Siroka

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    Jozef Siroka est journaliste au pupitre à LaPresse.ca et blogueur cinéma à temps partiel.
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    Jeudi 27 février 2014 | Mise en ligne à 16h00 | Commenter Commentaires (31)

    Des Oscars au goût amer

    US-ENTERTAINMENT-OSCARS-PREPARATIONS

    «Nous nous devons de croire que ce truc a de l’importance, qu’il y a une valeur monétaire réelle à la chasse aux prix. Mais il y a un sentiment rampant que les consommateurs s’en soucient de moins en moins». Ainsi s’exprimait un directeur de studio (qui a requis l’anonymat) dans une entrevue au New York Times la semaine dernière, à propos d’une institution qui semble perdre de son influence année après année.

    L’objectif premier d’une nomination à l’Oscar, du moins en ce qui concerne les films dits «d’art», est d’attirer un maximum de spectateurs en salle. Mais quatre des neuf films se disputant le prix suprême cette année – Dallas Buyers Club, Her, Nebraska et Philomena – n’ont pas su vraiment bénéficier de la reconnaissance que leur a octroyé l’Académie en terme de retombées au box-office, selon l’article du NYT.

    Aux dires d’un expert de l’industrie, Joe Quenqua de DKC Public Relations, l’augmentation du nombre de nominés dans la catégorie du Meilleur film a produit l’inverse de l’effet escompté : au lieu d’intéresser les gens à une plus grande variété de films, tout ce «bruit» a plutôt eu pour effet de «diluer» l’importance des prix. «On peut se demander à quel point le spectateur moyen se confond, avant de faire la sourde oreille», se demande Quenqua.

    L’expert voit un autre paradoxe dans le déroulement des Oscars cette année – l’Académie a retardé son gala pour ne pas se buter à la couverture olympique. «Tandis que la saison est plus longue que jamais, la culture s’accélère. Au moment où Focus Features a été en mesure de commercialiser Dallas Buyers Club en tant que candidat au Meilleur film, il avait déjà été dans en salle depuis 10 semaines – une relative éternité.»

    ***

    «En ce moment, plus que dans toute autre année récente, une sorte d’amertume s’est installée sur la cérémonie des Oscars», a noté le toujours perspicace Mark Harris de Grantland, qui regrette que la conversation se soit trop étirée, engendrant une négativité inévitable lorsqu’un si grand groupe de personnes attend une résolution pendant si longtemps (Exemple notable : les chances de Cate Blanchett sont-elles, ou devraient-elles être, compromises par «son association professionnelle avec un homme qui a maintenant re-nié avoir fait quelque chose qu’il a nié 20 ans auparavant»).

    «Les plus grands combats au sujet des prétendants aux Oscars de 2014 ne portent pas tant sur leur esthétique, que sur leur politique et leur morale», affirme Harris, avant d’y aller d’une analyse fouillé et nuancée du débat opposant ce que j’appellerais les «objectivistes», ceux qui requièrent d’un film qu’il illustre le monde tel qu’il est, avec un discours éthique responsable, et les «subjectivistes», qui croient essentiellement qu’un cinéaste peut mettre sur l’écran pas mal ce qu’il veut, au diable l’intégrité historique et l’impartialité factuelle; si le film est bon, c’est tout ce qui compte.

    Oscarologie

    Tandis que bon nombre de professionnels à Hollywood broie du noir ces temps-ci, un autre groupe étroitement lié à l’industrie prospère comme jamais : les pronostiqueurs, qu’on surnomme dans le jargon Oscarologistes. Ces Nate Silver du 7e art, qui ont pour la plupart peaufiné leurs talents dans le proverbial sous-sol de leurs parents, subsistant grâce à des jobines ingrates, figurent aujourd’hui parmi les journalistes les plus soudoyés et reconnus dans le milieu, empochant un salaire se situant des les six chiffres.

    Un reportage fort divertissant sur ces statisticiens nouveau genre, qui «opèrent dans un nouveau monde étrange qui existait à peine il ya dix ans», est à lire sur le site de Vulture. Un des passages qui m’a le plus accroché est une réflexion de la part des Oscarologistes-vedette Tom O’Neil (Gold Derby) et Sasha Stone (Awards Daily), qui croient qu’un bon pronostiqueur est forcément cynique. Cette dernière dit avoir commencé son site pour répondre à la question existentielle: Pourquoi Citizen Kane a-t-il perdu contre How Green Was My Valley? Leur réponse: Citizen Kane était le meilleur des deux films.

    Un raisonnement qu’on peut appliquer à la plupart des palmarès des Oscars. Je vous laisse y aller de vos indignations personnelles, mais en ce qui me concerne, quand j’ai vu Shakespeare in Love battre The Thin Red Line, j’ai compris que la notion de «Meilleur film» en était une des plus malléables. Et que l’attitude la plus saine à adopter vis-à-vis tout ce cirque est d’en rire, et d’essayer de passer du bon temps avec ce qui est bien davantage un gros show de télévision, qu’un sérieux hommage au cinéma.

    Pour ce qui est des prédictions, vous pouvez toujours vous amuser en visitant les sites présentés dans le reportage de Vulture, mais si je peux me permettre une suggestion de lecture, j’aimerais revenir à Mark Harris, qui a passé toute la semaine à publier des textes en prévision du gala de dimanche. Il a divisé la liste des catégories en six parties, la plus récente entrée se trouvant ici. Et ci-dessous, on peut le voir jaser Oscars avec son génial collègue Wesley Morris.

    > Pour une perspective historique, The Playlist a classé les 85 lauréats des Oscars du pire au meilleur, dans un post assez épique merci.

    P.S.: Je vous invite à me joindre au clavardage sur le gala des Oscars dimanche à partir de 20h sur lapresse.ca


    • Encore plus amer depuis le documentaire sur Rhythm & Hues, la compagnie d’effets visuels derrière Life Of Pi
      https://www.youtube.com/watch?v=9lcB9u-9mVE

    • Rocky à la place de Taxi Driver (bon je n’étais pas offusqué à l’époque étant encore très jeune…

      Crash plutôt que tout les autres en nomination cette année là.

      Forrest Gump plutôt que Pulp Fiction, Quiz Show ou Shawshank.

      Chicago plutôt que tout les autres en nomination.

      The King’s speech plutôt que les 9 autres films en nomination!

      Et je pourrais continuer longtemps, incluant le Shakespeare in Love!

      Il vaut mieux en rire!!

    • Argo plutôt qu’Amour…

    • Honnêtement, Crash ne fesait pas partie d’une très grande cuvée…

      Pour la perspective historique, je dois dire que certains films sont beaucoup trop haut (Rocky par exemple). Et que dire de West Side Story, à part le fait que je suis incapable d’en écouter plus de 5 minutes.

    • Je ne suis pas si cynique et désillusionné. L’Académie est là pour célébrer quoi, 24 catégories? Voyons AUSSI ce qu’on dira dans 10 ans sur 2013:

      -oscar de la meilleure photo: Gravity
      -oscars de la meilleure actrice: Kate Blanchet

      Pas si mal comme choix pour ces 2 là. La photo, ca compte non. Les acteurs, ca compte. Et puis les oscars nous font découvrir des documentaires, des courts, nous force à nous intéresser au côté technique (Arts & Science) du cinéma, ce que la majorité des gens ne feraient jamais sinon.

      Faut décrochez du prix final, voilà tout. On le voit bien que c’est souvent le film familial préfabriqué qui l’emporte. Moi je vois les oscars comme un moment rassembleur pour tous les amoureux de cinéma qui aiment décortiquer chaque facette de la production d’un film.

    • “On le voit bien que c’est souvent le film familial préfabriqué qui l’emporte. ”

      En même temps, je peux pas dire ca. Oui c’est vrai pour Shakespeare, Argo, King’s speech, ou Slumdog, mais c’est faux pour beaucoup, beaucoup de films. En réalité, à parcourir la liste que j’ai en ce moment sous les yeux, je trouve qu’ils ont frappé dans le mille souvent. En tout cas, c’est pas la honte à chaque année, comme on le sous-entend.

      Sinon, j’admets que moi non plus encore cette année je ne suis pas fou d’emballement de la cuvée en général. Mais remarquez que si on me demandait de fournir une contre-liste, je reviendrais les mains vides. J’ai presque rien vu.

    • Parlant des JO, l’évolution des Oscars a justement beaucoup en commun avec celle des Jeux olympiques:

      - Multiplication des catégories (et des gagnants)
      - Enflure cérémonielle
      - Modification de la structure de l’événement pour cadrer avec la télé
      - Utilisation croissante comme plateforme commerciale
      - Moteur du vedettariat
      - Dopage (offensive marketing)

      De là à dire que c’est un signe de décadence, il n’y a qu’un pas, que je franchis.

    • Le doublé Matthew McConaughey et de Jared Leto aux Golden Globes a permis à Dallas Buyers Club d’obtenir de la visibilité.

      Les films indépendants comme celui de Jean-Marc Vallée peuvent trouver leur public pourvu qu’il rayonne sur le circuit des festivals et cérémonies majeurs.

      Alors que la multitude de prix des syndicats des acteurs, des producteurs, des réalisateurs et des scénaristes, en passant par l’équivalent britannique des Oscars, les BAFTA, n’obtient que très peu d’influence dans la sphère publique.

      L’attraction des vedettes comme McConaughey et Leto ne suffit pas en soi à attirer un vaste public.

      Dans le créneau des films indépendants, la diffusion en salle en Amérique du Nord est assez limitée. Une nomination aux Oscars peut par contre faire changer bien des choses. Aussitôt, la vision des distributeurs s’amplifie.

      À l’évidence, cette visibilité inespérée dans certains cas peut parvenir à des films, disons, moins accessibles, mais tout de même conventionnels dans la forme. Des films expérimentaux, d’art et d’essai ou encore des films queer ne rentrent évidemment pas dans cette catégorie.

      Par exemple, des films moins conventionnels comme ceux de Lars Von Trier ne réussissent pratiquement jamais à être rentable, nomination ou pas et même s’ils comportent leur lot de vedettes.

      Autrement, une nomination au Festival de Cannes ou encore aux Oscars peut faire en sorte d’ouvrir les yeux et les oreilles de la masse. Un sacre à ces mêmes galas et là, tout le monde voudra voir le film. Dans ces cas précis, ce n’est pas rare de voir le chiffre d’affaires par salle doubler.

      Ce n’est pas unique aux Américains. Lorsque l’on regarde combien ont obtenu d’entrer en salle des films comme Monsieur Lazhar et Rebelle, on constate assez vite que c’est pareil dans notre propre cour.

      Quoiqu’on veuille nous faire croire, l’effet Oscars est notable à Hollywood. Des exemples probants : Crash, Slumdog Millionaire, 127 Hours, The Artist, etc.

      Ces films ont tous engrangé de multiples millions une fois qu’ils ont rayonné par l’effet Oscars.

    • La course aux récompenses est elle-même une industrie en soi.

      De véritables stratégies dignes des meilleures campagnes électorales sont déployées afin de vendre un film aux jurys de nomination et s’il y a lieu, à ceux qui auront la lourde de tâches d’élire les gagnants.

      De My Left Foot, en passant par Shakespeare in Lovejusqu’à The Silver Linings Playbook l’an dernier, le puissant producteur Harvey Weinstein est passé maître dans l’art de mousser un de ses candidats. Certains l’ont même surnommé « l’empereur des Oscars » pour ses campagnes de promotions salutaires.

      Cela rappelle toutefois que cette course aux récompenses n’a souvent rien à voir avec la qualité pure des œuvres filmiques, mais plutôt d’un jeu de coulisse ingénieux !

      Trop de politique et pas assez de cinéma !

    • “Pourquoi Citizen Kane a-t-il perdu contre How Green Was My Valley? ”

      Cette question revient souvent, mais c’est tellement pas un bon exemple. Je m’imagine en 1941, avec ces deux chef d’oeuvre tout frais devant mes yeux, et difficile de décider ce que j’aurais préféré. Avec la perspective historique, c’est certain qu’on dit Citizen Kane, mais sans cela la réponse n’a rien d’évidente.

      On ne peut pas faire pire que l’année Shakespeare in Love.

    • J’allais dire la même chose concernant Citizen Kane. Ca a quand même pris 15-20 ans au monde entier avant de le reconnaitre à sa juste valeur; pas juste à l’Academie, qui a le dos trop large ici. Le gagnant de l’année suivante fesse pas mal plus: Mrs. Miniver (d’ailleurs encore devant un Orson Welles: Magnificient Ambersons).

    • “j’appellerais les «objectivistes», ceux qui requièrent d’un film qu’il illustre le monde tel qu’il est, avec un discours éthique responsable, et les «subjectivistes», qui croient essentiellement qu’un cinéaste peut mettre sur l’écran pas mal ce qu’il veut, au diable l’intégrité historique et l’impartialité factuelle”

      En fait, c’est exactement le contraire, pour avoir un discours éthique responsable il faut que le cinéaste engage sa subjectivité dans l’oeuvre, ce qui lui permet justement de déformer la réalité pour servir un propos, sa vision. Alors que l’objectiviste n’a rien à dire, il se contente de montrer ce qui s’est passé en se détachant de son oeuvre, et il peut se permettre de filmer n’importe quoi, n’importe comment, puisqu’il se défendra en disant: “Mais ce n’est pas ma faute si mon film est violent, c’est la réalité, je ne fais que la filmer”. Pas de discours, il ne fait que représenter des “faits”, “objectivement” (Dallas Buyers Club est un bon exemple).

      Artistic responsibility, comme dit Harris, ça c’est la question que nos cinéastes contemporains ignorent largement, aidés par une critique qui crie à la censure dès qu’on ose questionner la représentation. Il n’y a pourtant pas d’art sans engagement, sans responsabilité.

    • Faut admettre que les Palme d’or, elles, paraissent toujours aussi fraiches, 20-30 ans après. Faut le faire.

      Sinon, histoire d’être celui qui recense les bons coups des oscars, je prends une année comme 1971, et je regarde les 5 nominés: French connection, clockwork orange, Fiddler on the roof, last picture show, Nicholas and Alexandra. Au moins 3 films qui sont passés à l’histoire!

    • Eturgeon, je n’ai pas vu Mrs. Miniver mais je suis en train de découvrir le cinéma de William Wyler avec un réel plaisir, connaissais rien. On est en pleine guerre en 42, et le film semble important à ce niveau, et ceci explique probablement cela. Reste que Amberson est le pur joyau de Welles. (cinémathèque à partir du 12 mars…).

    • @rafc

      Oui exact, la période a eu un impact important sur les films qu’on produisaient. Comme Casablanca, Foreign Correspondant, ou Mrs. Miniver. Ce dernier me parait dater.

    • Ah, les Oscars… À chaque année, je me les tape avec ma blonde, Glenfarclas 12 ans à la main, dans l’espoir de voir apparaître, comme par magie, de derrière un rideau cramoisi, la belle silhouette longiligne de James Stewart marchant vers un lutrin ou Gene Kelly faire quelques pas aux côtés de Cyd Charisse, Humphrey Bogart et Lauren Bacall remettre un prix à Orson Welles… Bref, à chaque année, je rêve. Et puis les heures passent et rien ne se passe, ou si peu. Je râle quand les films de m… sont honorés (soit à peu près tout le temps) et puis, à vrai dire, je m’en fout pas mal. La soirée se termine et je me dis qu’au moins, il y avait Jack Nicholson, bien crampé en première rangée. En règle générale, ça fait pas mal ma soirée.

    • En fait, il me semble que ça fait quelques années qu’on ne voit plus Jack Nicholson aux Oscars, je me trompe?

      On peut quand même apprécier, cette année, que le suspense demeure pour l’Oscar du meilleur film même à quelques jours de la remise.

    • Je gage sur la victoire de *12 Years A Slave* comme meilleur film cette année ainsi que sur le déplaisir non étonné de cinématographe.

    • @zaclock

      En fait, il n’y était pas il y a deux ans (sa seule absence à ma connaissance) mais il a repris du service l’année dernière.

    • @la_roy

      Ahah, 12 Years a Slave est pas mal une certitude mais je ne gagerais pas trop sur mon déplaisir, je suis passé au stade de l’indifférence depuis un an ou deux (ça m’a pris du temps, quand même, réussir à m’en foutre)!

    • @la_roy hahaha bien vu

      Indifférence même pour un doublé Act of Killing/12 Years ?

      Personnellement mon meilleur intérêt face aux oscars est de fouiller dans les nominations du “foreign language” pour trouver des films intéressants à voir dans l’année. Les gagnants, on s’en fout pas mal. Quoique la journée ou un film québécois va remporter un oscar, ce sera soudainement comme au hockey, “nous” aurons gagné (pt même Guzzo se permettra la formule). ;)

    • @sim_sénéchal

      Ces films ont déjà eu tous les éloges possibles de la part de la critique, alors un prix de plus ou de moins, bof… (d’ailleurs, ce que dit la critique m’importe bien plus que ce que célèbre l’industrie).

    • Petite erreur à la fin de l’article: bienq ue Mark Harris ait écrit plusieurs textes sur les Oscars pour Grantland, il ne se trouve pas dans les vidéos. Wesley Morris discute des prédictions avec Chris Connelly.

    • C’est du côté du meilleur film d’animation que mon attention se porte… Si Miyazaki ne gagne pas, ont saura que les voteurs sont encore pris au temps de la 2è Guerre.

    • Ca reste un party de bureau dont la valeur est diluée par un paquet de facteurs extérieurs à l`idée premiere du gala.

      Au fil des années c`est devenu un automatisme tant pour l`industrie que pour les amateurs qui finalement ne votent plus avec la même neutralité qu`avant ayant perdu une naiveté et un émerveillement que seul le cinéma savait nous offrir.

    • @mendell

      J’anticipe que the wind rises sera mon film préféré de 2013.

    • @M. Siroka
      “opposant ce que j’appellerais les «objectivistes», ceux qui requièrent d’un film qu’il illustre le monde tel qu’il est, avec un discours éthique responsable, et les «subjectivistes», qui croient essentiellement qu’un cinéaste peut mettre sur l’écran pas mal ce qu’il veut, au diable l’intégrité historique et l’impartialité factuelle; si le film est bon, c’est tout ce qui compte.”

      Ce passage est le plus intéressant de votre texte. C’est une manière assez bizarre de poser les choses au regard de la pensée esthétique traditionnelle, hégélienne, etc. Mais ça représente bien à quel point le discours sur les productions culturelles – notamment le cinéma – ne repose plus sur les présupposés d’antan, que pas mal tout le monde acceptait à l’époque.

      Hegel n’aurait jamais dit qu’une oeuvre est objective, ou peut tendre vers l’objectivité. Pour lui, seule la philo logique pouvait faire cela. Je sais qu’il n’a pas connu le cinéma, mais son paradigme est encore enseigné aujourd’hui, quoique très mal compris, par les profs de cinéma qui cherchent à tout prix à former des docteurs en épistémologie du 7e art.

      Ce que Hegel dit, par contre, c’est que l’art est une manière de penser à sa subjectivité. Si on accepte l’idée que la plupart des cinéastes qui vivent du métier se voient comme des “sujets”, ils sont tous “subjectivistes”. La question est de savoir si ce subjectivisme essaie ou pas de comprendre “objectivement” un phénomène au travers le discours cinématographique. S’il essaie de faire autre chose que de se flatter l’Ego, on peut discuter du degré “d’objectivité” de sa présentation du phénomène. C’est ce qui me fait tiquer avec l’association, dans le texte, entre la morale et l’objectivité. La morale n’a pas grand chose d’objectif au sens que l’on donne à ce concept de nos jours. Au contraire, c’est en créant des films subjectifs qui font autre chose que de se branler l’ego ou racoler son public qu’on s’approche tant soit peu d’une connaissance objective de la réalité.

    • Un mot: Argo! Je ne suis pas amer pour autant et je préfère en rire. De toute façon j’écoute les Oscars pour la représentation québécoise.

      Je vais jeter un coup d’oeil pour le nominations du film de Vallée et pour le documentaire avec Alice.

      Pour ça on a bien été représentés aux Oscars ces dernières années.

    • J’aime bien la liste de Playlist. Jamais compris que Titanic décroche autant de prix, que le Patient anglais soit préféré a Fargo, bon c’est vrai qu’aux Oscars quand c’est une comédie, c’est déjà rayée de la carte. Gouinet Parletrop meilleure actrice pour Shakespear in love ? C’est pas sérieux .Etk, fait longtemps que je crois plus a ça les prix. Une fois j’avais visionner Le vieux fusil de Robert Enrico, 1964 Palme d’or, avec Phillipe Noiret, j’ai trouver ça ordinaire. Bonne chance a Jean Marc Vallée pour demain ;)

    • @ M. Siroka

      Vous n’avez à ce point pas aimé Saving Private Ryan pour ne pas l’inclure avec The Thin Red Line contre Shakespeare in Love? ;)… Mais on s’entend sans doute à l’unanimité : ce dernier ne méritait pas L’Honneur utime!

    • Voilà! Frozen (un quasi remake de Tangled) qui gagne à la place du maître…

      Les voteurs de l’académie sont donc bien plus proche de ce personnage que je ne le croyais.
      http://www.youtube.com/watch?v=VbQWO22pprk

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