Jozef Siroka

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    Jozef Siroka est journaliste au pupitre à LaPresse.ca et blogueur cinéma à temps partiel.
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    Jeudi 13 février 2014 | Mise en ligne à 0h30 | Commenter Commentaires (5)

    La citation du jour

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    Bien que je dise que je ne suis pas aussi cérébral que par le passé, je suis toujours totalement obsédé par la forme. Je me dois d’être en accord avec ceux qui disent que mon approche de la narration est «froide». Je ne suis pas un bon conteur, et je n’aime pas le cinéma pour sa valeur de divertissement. Je n’ai pas besoin d’être diverti quand je vais voir un film. Pour moi, le divertissement est tout ce qui se trouve à l’extérieur: la réalité est un divertissement.

    C’est pourquoi mes films sont un peu secs et froids et tout semble avoir été assemblé avec une machette. Je suis désolé de dire qu’il n’y a pas assez de cœur dans ce que je fais – mais il y a tant de cinéastes dans le monde qui font tout avec leur cœur, alors pourquoi devrais-je me sentir obligé de le faire?

    vicfl

    Pour Vic + Flo, je me suis principalement demandé :

    «Puis-je raconter une histoire allant dans cette direction – une histoire d’amour intime – et puis bang, aller dans cette autre direction et faire un film de vengeance? Ai-je le droit de faire ça? Et pourquoi devrais-je même l’essayer?»

    J’aime le fait que je ne peux pas plaire à tout le monde, parce que cela signifie que j’ai essayé quelque chose. Le langage cinématographique sera toujours plus important pour moi que le divertissement.

    - Denis Côté, en entrevue à Hammer To Nail la semaine dernière (le site semble malheureusement défectueux ; le lien est indisponible depuis quelques jours. J’ai glané l’extrait sur l’agrégat Movie City News).


    • Quelque peu hors sujet mais tout de même avec un certain lien avec la phrase “J’aime le fait que je ne peux pas plaire à tout le monde, parce que cela signifie que j’ai essayé quelque chose” de Côté et faisant suite à mon commentaire sur The Counselor.

      J’ai regardé le film de Scott et il faut croire que je fais partie de la minorité puisque j’ai beaucoup apprécié ce film. Clairement, le scénariste (McCarthy) n’a pas respecté les règles scénaristiques de bases, ce qui en a dérangé beaucoup, ce qui pour moi était un point très positif et interessant. Les dialogues eux-même entretiennent de nombreux sous-entendu et laisse beaucoup de place au non-dit et aux zones d’ombres. La construction séquentielle du film est également hors normes, ce qui demande un effort supplémentaire que plusieurs n’étaient pas prêt à faire il faut croire. Un point fort du film est que, malgré le fait que les scènes font partie d’un ensemble, chaque scène est son propre écosystème qui pourrait être regardé en dehors du tout sans vraiment perdre de son efficacité.

      Alors voilà un film qui mérite d’être vû!

    • Il a tout à fait le droit de miser sur une approche plus cérébrale qu’émotionnelle.

      Il a tout à fait le droit de rejeter d’emblée le côté divertissement du cinéma, pour présenter des films plus moraux.

      Là où je n’achète pas ce qu’il prétend, c’est lorsqu’il avance que pour lui le langage cinématographique sera toujours plus important que le divertissement.

      Le maître du langage cinématographique est Hitchcock et il n’a jamais levé les yeux sur le cinéma de divertissement.

      Steven Spielberg offre une leçon de langage cinématographique à chaque nouveau film qu’il réalise. Chaque plan, chaque séquence et chacune des mises en scène sont conçus pour dire quelques choses chez Spielberg. Et, à ce que je sache, le divertissement n’est jamais regardé de haut dans son cas.

      Non, à mon sens, c’est davantage une question de sujet et de comment aborder ces sujets. Chaque film a un potentiel populaire qui lui est propre, l’approche et l’angle des cinéastes déterminent bien souvent de sa qualité, mais aussi de son accessibilité.

    • Justement, Hitchcock représente l’aboutissement ultime d’un certain cinéma qui demande à être, qui doit être, dépassé; et ce pour des raisons esthétiques, artistiques (non industrielles). Le sujet est de dernière importance depuis les néo-réalistes; même chez Hitch où les relations mentales dominent l’expérience cinématographique bien plus qu’un supposé divertissement. Côté a raison de voir le divertissement partout sauf sur l’écran de cinéma qui justement nous force à s’attarder au monde. Mort au sujet, vive le langage.

      (Vic + Flo, pour faire suite au post précédent, nous montre le personnage féminin le plus noir et sans scrupule du cinéma québécois)

    • Cette citation aurait pu être de Kubrick. “Sec et froid”. C’est pas ce que plusieurs critiques reprochaient à Kubrick, c’est-à-dire tout dans la tête, rien dans le coeur?

    • Pour un regard privilégié sur le tournage de Vic + Flo, voir le court métrage/docu “L’Ours” de Dan Karo (Metafilms & La maison de prod).

      Présenté à Locarno en 2013 et en sélection à la 32e édition des Rendez-vous du cinéma québécois (http://www.rvcq.com/festival-32e/programmation/films/1664/ours-l).

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