Jozef Siroka

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    Jozef Siroka est journaliste au pupitre à LaPresse.ca et blogueur cinéma à temps partiel.
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    Samedi 18 janvier 2014 | Mise en ligne à 13h35 | Commenter Un commentaire

    Le court du week-end : Aningaaq de Jonás Cuarón

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    Dans une des scènes les plus mémorables de Gravity, l’astronaute Ryan Stone (Sandra Bullock) est en train de se démener dans un Soyouz dysfonctionnel, et tente désespérément de reprendre le contact radio avec Houston. Par un curieux coup du sort, son SOS finit par être capté par la radio-amateur d’un Inuit du nom d’Aningaaq qui, incidemment, se trouve lui aussi isolé dans un vaste espace hostile.

    «Sans le savoir», nous indique le synopsis, les deux interlocuteurs «partagent leurs pensées sur la vie et la mort, l’amour et la perte, et les choix qui sont aussi marquants qu’inévitables».

    Le court métrage a été réalisé par Jonás Cuarón, fils d’Alfonso Cuarón, qui a co-signé le scénario de Gravity avec son père. L’idée d’Aningaaq a été lancée tôt dans le processus d’écriture, et fut influencée par les voyages des deux hommes au Groenland. Alfonso y a entendu parler d’un Inuit ivre qui pêchait au milieu de nulle part, muni seulement d’un émetteur-récepteur. Jonás, quant à lui, a découvert pendant le tournage de son film la «très belle relation» qu’entretenaient les Inuits avec leurs chiens, apprend-on dans cette entrevue avec HitFix.

    Tourné avec un budget de 100 000$, qui a surtout servi au déplacement de l’équipement et du personnel, Aningaaq était prévu comme ni plus ni moins un supplément au Blu-ray de Gravity. Le court a finalement été projeté dans divers festivals internationaux (Venise, Toronto, Telluride), récoltant de nombreuses réactions positives, avant d’être soumis dans la course à l’Oscar.

    Sans être une grande oeuvre, Aningaaq remplit à merveille sa fonction de contrechamp narratif, philosophique et émotionnel à son grand frère cinématographique. Jonás, à propos de la cohésion thématique :

    Gravity est un film sur un personnage qui est littéralement et métaphoriquement déconnecté. Elle s’est fermée en tant que personne avant même que l’action n’ait commencé. Nous avons aimé cette idée qu’elle entre finalement en contact avec quelqu’un sur Terre. C’est ce moment où le public et le personnage ont cet espoir que Ryan va enfin être OK. Mais c’est ce type qui, non seulement ne parle pas un mot d’anglais, mais est ivre!

    Bullock de son côté a qualifié Aningaaq de «morceau de solitude absolument magnifique. J’en ai encore la chair de poule rien que d’y penser».

    À lire aussi :

    > Gravity : il y a du son dans l’espace après tout…


    • En voyant ce film on peut se prendre à imaginer que l’inut peut être le petit fils
      de Nanook ! Plus sérieusement, vu l’actualité des derniers jours (haut taux de
      suicide au Nunavut), j’en vient à me demander si on a pas crée nos propres
      camps par rapport aux gens du nord (en lien avec votre sujet de hier). Désolé
      de plomber l’ambiance en étant un peu hors sujet…

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