Jozef Siroka

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    Jozef Siroka est journaliste au pupitre à LaPresse.ca et blogueur cinéma à temps partiel.
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    Mardi 24 décembre 2013 | Mise en ligne à 13h00 | Commenter Commentaires (11)

    Entracte – lectures pour le temps des Fêtes

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    Si, comme moi, vous comptez profiter du congé du temps des fêtes pour faire du rattrapage en salle ou en vidéo, vous apprécierez peut-être la possibilité de bonifier votre expérience en lisant les scénarios, dans leur intégralité, de certains des films majeurs de l’année. Le site Rope of Silicon a mis en ligne plus d’une trentaine de scripts issus d’une dizaine de studios. Certains titres importants comme Captain Phillips, American Hustle et Inside Llewyn Davis manquent à l’appel pour le moment, mais l’essentiel des productions les plus en vue est représenté.

    C’est il y a une dizaine d’années, lorsque j’étudiais au New York Film Academy à Londres (bon, «étudier» est un grand mot, il s’agissait davantage d’un séminaire intensif de cinq semaines) que j’ai eu la piqûre pour la lecture de scénarios, alors que l’établissement scolaire regorgeait de cartables colorés à la disponibilité de tous. J’ai appris à mieux apprécier le métier de scénariste mais, surtout, celui de réalisateur.

    En effet, on se met dans la peau d’un metteur en scène qui ne dispose que de mots écrits noir sur blanc et de son imagination afin de concevoir un long métrage en bonne et due forme. On constate l’étendue des décisions qu’il doit prendre pour chacune des pages. Un exercice de lecture bien plus inspirant qu’on ne se l’imagine d’entrée de jeu, et qui renforce l’idée – assez contestée il est vrai – qu’un scénario est davantage un outil de travail malléable que le fondement brut d’une oeuvre cinématographique.

    Voici les titres qui ont retenu mon attention sur le site de RoS :

    SCÉNARIO ORIGINAL

    > Nebraska, par Robert T. Nelson ; réal.: Alexander Payne

    > All is Lost, par J.C. Chandor ; réal. J.C. Chandor

    > Spring Breakers, par Harmony Korine ; réal. Harmony Korine

    > Before Midnight, par Richard Linklater, Ethan Hawke et Julie Delpy ; réal. Richard Linklater

    > Mud, par Jeff Nichols ; réal. Jeff Nichols

    > The Past, par Asghar Farhadi ; réal. Asghar Farhadi

    > Rush, par Peter Morgan, réal. Ron Howard

    > Prisoners, par Aaron Guzikowski ; réal. Denis Villeneuve

    > Lee Daniels’ The Butler, par Danny Strong ; réal. Lee Daniels

    SCÉNARIO ADAPTÉ

    > 12 Years A Slave, par John Ridley ; réal. Steve McQueen

    > The Wolf of Wall Street, par Terence Winter ; réal. Martin Scorsese

    > Philomena, par Steve Coogan et Jeff Pope ; réal. Stephen Frears

    > The Bling Ring, par Sofia Coppola ; réal. Sofia Coppola

    > August : Osage County, par Tracy Letts ; réal. John Wells

    > Lone Survivor, par Peter Berg ; réal. Peter Berg

    > The Spectacular Now, par Scott Neustadter et Michael H. Weber ; réal. James Ponsoldt

    - Les autres scénarios se trouvent ici.

    - Pour en savoir plus sur le métier, une table ronde de scénaristes modérée par le Hollywood Reporter, qui compte notamment George Clooney (The Monuments Men), Jonas Cuaron (Gravity), Julie Delpy (Before Midnight) et John Ridley (12 Years a Slave), à consulter ici.

    La section commentaires restera ouverte pendant mon congé. J’y ferai un tour sporadiquement jusqu’à mon retour, le 6 janvier. D’ici là, je vous souhaite bon cinéma, et bonne lecture!


    • Ça c’est un beau cadeau des Fêtes….MERCI Gilles Roy

    • Un très bon livre Replay ferait une série incroyable. La bd Y le dernier homme écrit par un des auteurs de Lost. Série pour ado pour tous Démons est du solide . Il y a aussi les 4 livres Danné d’un auteur québecois, un vrai cours d’histoire sur les cathares

    • M. Siroka, c’est pour ça qu’on vous paye. Pas assez.
      Malgré cela, je vous hais.
      Encore moins de temps avec mes neveux. Je vais être en train de lire. M. Siroka, mes neveux vous haïssent.
      Je vous tolère.

    • L’exercice de comparaison est intéressant, entre le scénario de départ et ce
      qui se retrouvera à l’écran. Je pense que je vais attendre de voir le dernier
      Scorsese avant de lire le scénario. (Étant une personne « visuel » j’aime bien
      quand les « storyboards » sont aussi disponibles.)

      Cela dit intéressante table ronde (ou carrée:-) avec les scénaristes. Étonnant
      de voir Clooney dans le rôle très modeste de scénariste et vrai plaisir de voir
      Julie Delpy. Après avoir vu la discussion on se dit que le métier de scénariste
      est bien ingrat; il faut vraiement aimé ce métier !

    • J’oubliais. Hors sujet.

      Je sais que son décès va un peu passé dans l’oubli (étant donné la période de
      l’année) mais je tiens à rendre un petit hommage à Frédéric Back qui vient de nous
      quitter. Merci M.Back pour vos superbes films et votre grand talent d’illustrateur !

    • Suggestion pertinente comme toujours monsieur Siroka. Cela dit, bravo à M. Back pour son immense contribution au 7e art . J’en profite également pour souhaiter un joyeux temps des Fêtes à vous Jozef ainsi qu’à tous les cinéphiles pour qui le grand écran est synonyme de passion.

    • Joyeuses Fêtes et Bonne Année Jozef! Merci pour tous ces sujets intéressants, et longue vie à ce blogue!

    • Question pour combler l’entracte: qui a vu les deux grosses sorties du moment, Wolf of Wall Street et Inside Llewyn Davis? Réaction plutôt ambigüe pour ma part, dans les deux cas, il me faudra revoir pour trancher, il y autant de trucs qui me plaît et me déplaît… J’ai plus d’enthousiasme pour le Scorsese, mais je me demande s’il y a quelque chose à creuser au-delà de l’évident discours de surface. Il y a au moins deux ou trois scènes d’anthologie, ça, pas de doute. Et les Coen sont aussi méprisant qu’à l’ordinaire, mais il y a cette fois un plus grand humanisme (surprise!) qui élève le tout, peut-être parce que le sujet leur est plus personnel (en gros, c’est une vision de la vie de Joel sans Ethan ou d’Ethan sans Joel). Mais en même temps, ils s’amusent tellement à souiller toute trace de beauté que ça devient vite pénible ce cynisme.

    • J’ai, pour ma part, été assez emballé par le Scorsese. La substance du film n’est probablement pas à aller chercher sous la surface mais bien dans le rythme qu’il déploie. Quelle riche et subtile déclinaison des pulsations modernes et de leur choc ou rencontre. L’argent, la drogue et le cul ne sont que des tickets d’adoration et de soumission au grand Dieu du rythme effréné. « I don’t want to die sober »; on est loin de Titanic où l’amour transcendait les tragédies. Nul amour ou compassion chez Wolf, seulement cette dépossession opérée par le Rythme et tout son spectre illusoire. Très beau travelling ralenti à la fin d’un discours de Jordan, où la caméra survole la salle d’appel au son de Hey Leroy! de Jimmy Castor, transformant la ronde criminelle en un twist endiablée. La scène du Country Club restera d’anthologie, mais elle arrive surtout à symboliser tout l’aveuglement et l’assourdissement de Jordan. J’aime beaucoup aussi la petite scène où le policier entre chez lui en métro; ça aurait pu être racoleur mais rendu à ce point de la fête, on a besoin d’un ancrage après avoir virevolté dans ces cieux amoraux.
      Il me reste les Coen…

    • Et la sentence a changé depuis Goodfellas. Ce n’est plus le conformisme anonyme du banlieusard mais bien la sobre et rampante imbécillité des pairs environnants.

    • @rafc

      On retient les mêmes scènes, alors! Le travelling est superbe, c’est l’un des premiers renversements, si je me rappelle bien, de la perspective de Jordan, où tout d’un coup la débauche apparaît véritablement infernale. Le policier en métro, oui, et le dernier plan… D’ailleurs, les lumières dans la salle se sont allumées durant ce plan sur les spectateurs, avant le générique, je ne sais pas si c’était prévu, mais l’effet-miroir s’en trouvait amplifié, très fort comme coïncidence, si c’en est une!

      J’aime le film un peu plus à chaque jour, je vais finir par l’aimer avec un vrai enthousiasme. Et peu importe mes doutes, ça demeure un des meilleurs films de l’année.

      Wesley Morris sur le travelling : «It’s rare that a tracking shot brings a tear to my eye.» – js

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