Jozef Siroka

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    Jozef Siroka est journaliste au pupitre à LaPresse.ca et blogueur cinéma à temps partiel.
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    Lundi 23 décembre 2013 | Mise en ligne à 13h15 | Commenter Commentaires (9)

    Johnny Depp est un superordinateur lucide

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    Une semaine après la bande-annonce d’Interstellar, le nouveau projet-mystère de Christopher Nolan, c’est au tour du fidèle directeur photo de ce dernier de dévoiler la sienne. Avec Transcendance, son premier long métrage en tant que réalisateur, Wally Pfister se lance dans le thriller technologique ambitieux.

    Johnny Depp – qu’il est bon de voir accoutré d’un complet cravate ordinaire – interprète le docteur Will Caster, un scientifique réputé dans le domaine de l’intelligence artificielle qui tente «de concevoir un ordinateur révolutionnaire, muni d’une conscience et capable de réfléchir». Mais voilà que des terroristes anti-technologie, sans doute traumatisés dans leur enfance par The Lawnmower Man, vont tâcher de mettre un frein à ce plan qu’ils jugent dangereux pour le sort de l’humanité.

    Transcendance est un projet qui s’est fait remarquer en 2012 alors qu’il a été inclus sur The Black List, le recensement annuel de référence des meilleurs scénarios non produits. L’intrigue se base sur un concept assez obscur nommé Singularité, dont vous pouvez vous faire une idée via le premier paragraphe de son entrée sur WikiPedia :

    La singularité technologique (ou simplement la Singularité) est un concept, selon lequel, à partir d’un point hypothétique de son évolution technologique, la civilisation humaine connaîtra une croissance technologique d’un ordre supérieur. Pour beaucoup, il est question d’intelligence artificielle, quelle que soit la méthode pour la créer. Au-delà de ce point, le progrès ne serait plus l’œuvre que d’intelligences artificielles, elles-mêmes en constante progression. Il induit des changements tels sur la société humaine que l’individu humain d’avant la singularité ne peut ni les appréhender ni les prédire de manière fiable. Le risque en est la perte de pouvoir humain, politique, sur son destin.

    Plutôt intrigant, mais il faut admettre que dramatiser efficacement la Singularité n’est pas une mince tâche. Et on s’inquiète d’autant plus en constatant que le scénario original, signé Jack Paglen, et qui semble jusqu’à maintenant la seule véritable valeur sûre du film, a subi de nombreuses révisions. En effet, le script a été récrit par Jordan Goldberg et Alex Paraskevas, deux relatifs inconnus peu testés dans le domaine créatif, et a finalement été re-récrit par Pfister lui-même. Quand la production s’engage à réparer ce qui n’est pas cassé, on est en droit de se préoccuper. (À noter que Paglen a été recruté pour scénariser la suite de Prometheus).

    Produit notamment par Nolan, Transcendance compte à son casting quelques uns de ses acteurs habituels, comme Morgan Freeman et Cillian Murphy. À la direction photo, Pfister a fait confiance au Britannique Jess Hall (Hot Fuzz, The Spectacular Now) qui, peut-on facilement présumer, n’a pas été seul maître à bord…

    C’est le 18 avril qu’on saura si Pfister a réussi la transition pas toujours évidente du siège du D.O.P. à celui de réalisateur. Et on espère pour lui qu’il saura susciter des parallèles avec Nicolas Roeg, Barry Sonnenfeld ou Jack Cardiff, plutôt qu’avec Andrzej Bartkowiak, Gordon Willis ou Janusz Kaminsky…


    • “La suite de Prometheus” n’est pas une référence très encourageante.

      J’vais retourner lire “Accelerando”, le livre-fleuve-bordel-pastiche-prospectif de Charles Stross sur la Singularité.

    • En plein le genre de scénario/univers qui me fascine! Espérons que ce sera bien fait car ce genre de film démarre habituellement très bien pour terminer sur une note très décevante…

    • Le sujet est très intéressant : L’avèenement de l’intéligence artificielle et ses possibles (mais très réelles) conséquences pour l’humanité.

      Toutefois, ce sujet, plus philosophique que cinématographique, ne sera probablement pas exploité et exploré dans ce film sinon très superficiellement. Ce sera un récit d’action (cinéma oblige) qui sera centré sur la tentative de destruction du projet, canevas interchangeable vu et revu 100 fois : voler le diamant, empècher la contamination du virus, stopper la bombe, etc.

      Je ne m’attend à rien de bien profond dans ce film. La seule manière qu’un film puisse en 2 heures toucher un peu de substance est si cette intelligence est déjà existante au moment du récit et qu’on en explore les conséquences ou dénouements (exemple : Blade Runner. Roy refuse de mourir et le conte devient très philosophique).

      Plusieurs bons romans sur le sujet :

      La série Hyperion Cantos (Simmons) (Sera adapté au cinéma, malheureusement)
      L’incontournable Asimov (I, Robot et suites)
      Destination Void, The Jesus Incident, etc (cycle de 5 romans) (Frank Herbert)

    • ”La seule manière qu’un film puisse en 2 heures toucher un peu de substance est si cette intelligence est déjà existante au moment du récit et qu’on en explore les conséquences ou dénouements (exemple : Blade Runner. Roy refuse de mourir et le conte devient très philosophique).”

      Très bien dit, snooze.

    • Ce qui me fait penser que d’un point de vue purement ”contenu” (et non pas cinématographique) le meilleur de la Sci-Fi ever launched on screen c’est la dernière mouture de Battlestar Gallactica et dans une moindre mesure sa ‘’suite”, Caprica.

      Près d’une centaine d’heures d’exploration audio-visuelle où les mécanismes sociaux sont examinés à la loupe avec une fulgurante efficacité.

    • On aurait pu ajouter Jan DeBont, mais de quel côté ?

    • @hdufort

      Charles Stross: toujours excellent. Je vient de terminer son Rule 34. mais Accelerando, c’est sublime.

      Pfister m’intrigue, et le fait que Johnny Depp ne fait pas un autre rôle de zazouin à accent bizarre (soit, Jakc Sparrow et Tonto) est une qualité en soit.

      @jon8
      Battlestar Galactica? Vraiment? Les 2-1/2 premières saisons, sans hésitations, mais après, c’est errible, avec quelques bons épisodes vers la fin (la mutinerie). L’aspect mystique vient scrapper le tout. Caprica était ambitieux, mais un peu raté en exécution.

      Coté sci-fi, je vous relance: Orphan Black, avec son actrice principale extraordinaire, et Continuum (time travel done right), viennent sauver la mise. Et en plus, c’est des séries Canadiennes!

    • @dusk

      ”L’aspect mystique vient scrapper le tout.”

      à mon humble avis, l’aspect mystique (ou lol-jesus, disons…) vient scrapper beaucoup de choses tout court. À commencer par des films dits ‘’sérieux”… Ceci dit, dans BG il ne faut pas le voir au premier degré mais bien comme un des aspects (obligés) de l’évolution (humaine… ou autre). Oui, c’est irritant par moment mais c’est représentatif de l’espace que prend la religion dans la réalité. Je trouve que l’ensemble à peu ou pas d’équivalent. Ne me parlez pas de Star Trek, pitié!

    • @jon8

      Et je vais passez par dessus Starbuck aka Space Angel.

      Mais bon, je ne vais pas mentionner Star Trek, c’est faible, qu’importe la variation. C’est vrai que BSG était cool, surtout lors des 3 premières saisons (quelles belles critiques du terrorisme).

      Mais tentez le coup avec Continuum et Orphan Black. Ca vaut au minimum le coup d’oeil. Et j’ai recement découvert l’hallucinante mini-série britannique Utopia, qui a probablement le meilleur épisode pilote jamais tourné. On est dans la science-fiction, mais c’est plus du “alternate réality”.

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