Jozef Siroka

Jozef Siroka - Auteur
  • Le blogue de Jozef Siroka

    Jozef Siroka est journaliste au pupitre à LaPresse.ca et blogueur cinéma à temps partiel.
  • Lire la suite »

    Partage

    Lundi 16 décembre 2013 | Mise en ligne à 16h00 | Commenter Commentaires (6)

    Les critiques, ces êtres de chair et de sang…

    nymphomaniac-danish-critics-poster

    Initiative absolument délicieuse de la part de l’association nationale des critiques danois, qui se sont récemment amusés à parodier les affiches «orgasmiques» de Nymphomaniac, film-évènement de leur compatriote Lars Von Trier qui aura sa première mondiale au Danemark le jour de Noël.

    Un concept ingénieux et gentiment provoquant pour faire la promo des Bodil, récompenses de cinéma décernées annuellement par un jury composé de journalistes de Copenhague, dont le prochain gala aura lieu le 1er février. Il y est aussi question de montrer le côté humain d’une profession de plus en plus méprisée par le public.

    Voici la déclaration de l’association :

    Certains peuvent penser que nous nous asseyons dans nos tours d’ivoire, regardant de haut le paysage cinématographique avec des yeux critiques, en n’ayant aucun plaisir. Mais comme tout le monde, nous pouvons aussi être excités par de grandes expériences de cinéma – et nous n’avons pas peur de partager cet enthousiasme avec vous!

    L’affiche en meilleure résolution à voir ici.

    À lire aussi :

    > Nymphomaniac : en terrain inconnu…

    20131119164645-SRCHM005_RE_CannesPressPass_1980

    Parlant des critiques ayant un côté humain, difficile de trouver un meilleur exemple que Roger Ebert, qui a malheureusement perdu sa bataille contre le cancer en avril dernier à l’âge de 70 ans. Un documentaire basé sur ses mémoires, Life Itself, entamé 4 mois avant sa mort, est pratiquement terminé. Il manque cependant 150 000$ afin de combler certains frais de post-production, montant qui est recueilli à l’instant même via le site de financement collectif Indigogo. Pour une contribution de 25$ et plus, vous pourrez voir le film sur votre ordinateur simultanément à sa projection au Festival de Sundance, le 19 janvier.

    Le documentaire a été réalisé par Steve James, auteur de Hoop Dreams (1994), que Ebert a couronné comme le meilleur film des années 1990 lors d’une émission spéciale co-animée par Martin Scorsese, qui est incidemment co-producteur de Life Itself.

    Jeudi dernier, Steve James a profité d’une tribune sur The Daily Beast afin de présenter son projet, qui sera une biographie exhaustive du légendaire critique, cet homme «de chair et de sang, dont la vie était pleine d’humour, d’orgueil, et aussi de chagrin».

    De ses jours à l’Université de l’Illinois ; à Chicago, où il a été le premier critique de cinéma à gagner un prix Pulitzer ; à la télévision, où il est devenu une star emblématique avec Gene Siskel ; et enfin à ce que Roger nous a dit qui était “son troisième acte” : comment il a surmonté un handicap provoqué par le cancer pour devenir une voix importante sur Internet et dans les médias sociaux.

    Deux douzaines de personnes ont été interviewées pour le film, incluant ses amis, ses collègues, la femme de Siskel – qui brise le silence devant la caméra – et de nombreux cinéastes qu’Ebert a marqués, dont Errol Morris, Ramin Bahrani, Ava duVernay, Werner Herzog, Scorsese et Steven Zaillian, scénariste entre autres de Schindler’s List et de Gangs of New York, qui agit également à titre de producteur sur Life Itself.

    Un mot de Steve James :

    À lire aussi :

    > Roger Ebert : sa dernière critique


    • Génial le truc des critiques!

    • Oui. Je veux bien croire que, comme vous dites, les critiques sont «êtres de chair et de sang…» mais malheureusement, certains d’entre eux ont tendance à oublier que ceux et celles qu’ils passent à la moulinette sont aussi des êtres de chair et de sang.

      À propos, vous lirez cette récente chronique dans le New York Times qui parle justement du droit, et même du devoir, des critiques à une opinion négative musclée. -js

    • ..@Jozef: J’ai suivi votre conseil et lu ce texte. D’abord, je n’ai jamais dit ni même pensé qu’il fallait «être gentil». En fait, je en suis pas moi-même quelqu’un de «gentil» quand il s’agit de dire la vérité, donner une opinion ou une évaluation. Je ne crois pas à l’enrobage sucré ou aux compliments nécessairement suivis d’un « cependant…..» annonçant le blâme, mais je suis partisan de ce mot d’esprit de M. Caron de Beaumarchais: «Sans la liberté de blâmer, il n’est pas d’éloge flatteur.» Il m’arrive donc aussi de complimenter.

      Je ne puis adhérer à l’opinion émise à la toute fin de cet article et qui se lit comme suit:

      «Not to review books negatively is in essence to subsume book reviewing into advertising, public relations and promotion. Succumbing to uplift, edification and happy talk is basically saying that there’s something more important than telling the truth: not making enemies, not hurting people’s feelings.»

      Pareille opinion suppose qu’il faille à tout prix partir d’un préjugé négatif car toute critique favorable serait nécessairement fautive ou le produit d’un esprit faible cherchant à être gentil et aimé. Comme si le fait de se comporter systématiquement en enfant de ch****e était un gage de qualité et de véracité du propos.

      Je ne vous cacherai pas que tout au long de ma carrière, il m’est arrivé de rencontrer de tels individus et il m’est arrivé aussi de leur donner, parfois publiquement, et avec plaisir la raclée de leur vie.

      La critique? Négative ou positive, d’accord.
      La recherche systématique et parfois malhonnête de l’angle permettant la destruction gratuite juste pour conserver un semblant de crédibilité? Non.

    • Question critique, je pars des postulats suivants:

      1.La perfection artistique est possible, mais exceptionnelle.
      2.L’excellence est rare
      3. La qualité est fréquente.
      4. La médiocrité est au moins aussi fréquente que la qualité, sinon plus.
      5. Quant à la merde, disons qu’il y en a bien assez.
      6. La critique demeure subjective mais est “objectivable”.

      Suivant cela, je trouve qu’il est normal que les critiques soient sévères en général, puisque le meilleur de la création est par définition minoritaire. En même temps, il faut l’amour du cinéma, d’où la chair et le sang: “Qui aime bien châtie bien”. J’aime bien les critiques au ton narquois ou ironique, limite baveux.

      Par contre, je déteste les critiques en forme de procès d’intention, de jugements moralisants et de clichés. Et par dessus tout, je déteste les infopubs et la complaisance.

      On peut trouver les critiques méchants et sans délicatesse, mais ils restent encore les meilleurs conseillers autres que nous-mêmes sur la qualité artistique des oeuvres.

      Si vous en doutez, allez lire les critiques des spectateurs (positives ou négatives) de vos films préférés sur IMDB ou Allociné et vous trouverez soudainement très fine et pondérée toute critique de Cassivi ou autre! ;-P

    • Monsieur Siroka,

      17 décembre, êtes-vous en train de préparer la revue des tops et de votre top de l’année 2013? C’est toujours un exercise amusant!

      Je ne fais jamais de top 10 de fin d’année, pour la simple raison que je n’ai pas vu assez de films. Sinon, il y a The Act of Killing loin devant tous les autres, et après des trucs assez conventionnels, que vous lirez sur plein d’autres Top 10 : Gravity, Captain Philips, Spring Breakers… Il y a aussi Bastards de Claire Denis que, même si j’ai pas vu, je sais qu’il se trouvera sur ma liste hypothétique. -js

    • La critique méchante, baveuse, c’est quand même une faible minorité. Bien au contraire, la très grande majorité de la critique est complaisante, toute gentille et inoffensive. On entend plus parler de la première catégorie parce qu’elle est plus bruyante ou en tout cas elle attire plus d’attention (à tort ou à raison), et parce que c’est un cliché tenace, mais ça ne représente absolument pas la critique en général (au cinéma en tout cas). Et de toute façon, le critique est souvent bitch le temps d’un texte ou deux par année, et c’est tout ce qu’on retient de sa carrière.

    Vous désirez commenter cet article?   Ouvrez une session  |  Inscrivez-vous

    publicité

  • Catégories

  • publicité

  • Calendrier

    décembre 2013
    L Ma Me J V S D
    « nov   jan »
     1
    2345678
    9101112131415
    16171819202122
    23242526272829
    3031  
  • Archives

  • publicité