Jozef Siroka

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    Jozef Siroka est journaliste au pupitre à LaPresse.ca et blogueur cinéma à temps partiel.
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    Mercredi 4 décembre 2013 | Mise en ligne à 13h00 | Commenter Commentaires (10)

    Satellite Awards : un manque flagrant de crédibilité

    satellite-awards

    Une polémique assez gênante vient de secouer quelque peu l’appareil médiatique hollywoodien, en pleine saison des prix. L’International Press Academy (IPA), qui remet annuellement les Satellite Awards lors d’un gala début mars, a récemment sélectionné The Wolf of Wall Street dans cinq catégories, dont Meilleur film, Meilleur réalisateur et Meilleur acteur. Seul petit hic : aucun membre de l’IPA n’a vu le film de Martin Scorsese…

    La fraude a été dévoilée lundi par le journaliste Kristopher Tapley de HitFix qui, lui, a bel et bien vu The Wolf of Wall Street. Il a fait partie d’une courte liste de +1 – neuf en tout – qui ont eu droit d’entrée à une projection très sélect organisée par le syndicat professionnel des acteurs (SAG-AFTRA), samedi midi à Los Angeles. Le même évènement auquel prétend avoir assisté la fondatrice de l’IPA, Mirjana Van Blaricom, en compagnie de pas moins de 27 de ses membres. Une assertion catégoriquement démentie par Paramount, qui a organisé ladite projection.

    THE WOLF OF WALL STREET

    Le problème avec les Satellite Awards est que, depuis leur instauration, en 1997, ils ont toujours été les parents pauvres des Golden Globes, dont les prix sont décernés par la concurrence, la Hollywood Foreign Press Association (HFPA). Cette institution fondée en 1943 – et qui fut un temps dirigée par Van Blaricom – jouit d’une réputation bien plus favorable dans l’industrie que l’IPA, dont les membres se doivent d’user de d’imagination et d’ingéniosité afin d’être dans le coup, d’être les premiers sur la nouvelle, comme on dit par chez nous. Pas sûr cependant que la fabulation fasse partie des stratégies gagnantes.

    On peut dire que le loup a pris une grosse bouchée de la crédibilité des Satellite Awards, qui ont désormais la même légitimité que le pool d’Oscars de votre bureau. Van Blaricom a désespérément tenté de se défendre depuis lundi; elle prétend avoir été «mal citée», qu’en fait elle et sa cohorte de 27 journalistes ont vu le film dimanche, pas samedi. «Je ne suis pas sûr pourquoi quelqu’un continuerait de creuser ainsi son propre trou», pour reprendre le constat de Tapley. La raison de la supercherie est évidente : l’IPA a présumé que The Wolf of Wall Street serait un film incontournable de la saison des prix, et que toutes ces nominations pourraient attirer des stars du calibre de Leonardo DiCaprio à leur gala du 9 mars. Le fait de voir le film en question, c’est secondaire.

    Le Scorsese le plus long (et le plus cochon)

    wolf-of-wall-street-posterSi les studios majeurs ne se montrent pas cléments à l’égard de l’IPA, il en est ainsi pour de nombreux projets de films, même ceux qui se présentent comme particulièrement prometteurs.

    Ce fut le cas avec de The Wolf of Wall Street, une comédie noire traitant d’un brûlant sujet d’actualité, la crise financière, qui a été refusé par Warner Bros. en 2008. Et ce, malgré l’implication d’un cinéaste et d’une vedette qui figurent parmi les plus réputés à Hollywood. Le projet de 100 millions $ a finalement été pris sous l’aile d’une boîte indépendante, Red Granite Pictures, avec Paramount assurant la distribution. C’est ce qu’on apprend d’entrée de jeu dans un reportage fort intéressant publié dans New York Magazine en août dernier.

    L’intrigue se penche sur Jordan Belfort (DiCaprio), une sorte de Tony Montana du monde de la finance qui a mené une vie d’excès et de vices, alimentée par des montagnes d’argent, de coke et de belles femmes, dans le Wall Street déréglementé des années 1990, avant de se faire pincer par le FBI pour avoir participé à une gigantesque arnaque. Le scénario a été écrit par Terence Winter, producteur des Sopranos, créateur de Boardwalk Empire, et lui-même ancien loup de Wall Street (chez Merrill Lynch), d’après les mémoires de Belfort.

    The Wolf of Wall Street devait initialement prendre l’affiche le 15 novembre de cette année, mais le montage n’était pas encore à point. Le film durait bien au-delà de trois heures, ce qui était inacceptable aux yeux du distributeur. Scorsese et sa fidèle monteuse Thelma Schoonmaker sont finalement parvenus à une version de 2h59, soit une minute de plus que Casino (1995), qui était jusqu’à récemment le film le plus long de la carrière du cinéaste de 71 ans.

    On apprenait par ailleurs la semaine dernière via The Hollywood Reporter que The Wolf of Wall Street a réussi a éviter l’infâme cote NC-17 (j’en parle en détail ici) en retirant certaines scènes de nudité. Si la violence a toujours rimé avec l’univers de Scorsese, on ne peut pas en dire autant avec le sexe, un sujet que n’a jamais vraiment été exploité de manière explicite dans ses films. Pas cette fois-ci cependant! Comme l’illustre DiCaprio dans le reportage de NY Mag : «C’est le sommet de la débauche […] un Caligula des temps modernes».

    Avec également Matthew McConaughey, Jonah Hill, Jean Dujardin, ainsi qu’un trio de réalisateurs que j’ai bien hâte de voir devant la caméra: Jon Favreau, Rob Reiner et Spike Jonze.

    Une table ronde «candide» organisée par le Hollywood Reporter autour du film avec Scorsese, DiCaprio, Hill et Winter.


    • Ouf que ca va pas aider au prestige des galas et des prix, qui sont déjà soupconnés d’être truqués, élitistes, déconnectés, par la majorité de la population. Je suis mieux de pas en parler à personne autour de moi, sinon j’vais en entendre parler pour les 10 prochaines années à chaque fois que je ferai référence à Cannes ou aux oscars.

    • Quant au film de Scorsese, ca me fait penser au film “Le capital” de Gravras. Un film sur le même sujet, par un grand et vieux réalisateur. Celui de Gavras était décevant. Tout était trop gros.

    • Je ne connaissais même pas les Satellite awards….ils ont peut-être optés pour la stratégie du “parlez-en en bien ou parlez-en en mal”. Sinon, on nage dans l’incompétence.

      Quant au film de Scorsese, je l’attend avec impatience. La scène qui coiffe d’ailleurs ce billet semble savoureuse. La séductrice dans une chambre de fillette qui demande, sur un ton hyper sensuel, “what’s wrong daddy?”. Prometteur!

    • Je n’avais jamais ententdu parler des Satellite awards moi non plus. Pour une première impression, ce n’est pas très réussi!

    • La sortie d’un nouveau Scorsese c’est toujours un événement!! Bien bien hâte de voir ce Wolf of Wall Street!!

    • Pour ce qui est de Jon Favreau, on l’a déjà vu plusieurs fois devant la caméra. Dans ses propres Iron Man, dans Friends, plusieurs années avant et même dans Rudy, au Moyen-Âge.

    • Reste que depuis Casino, je suis toujours resté sur ma faim avec Scorsese. Peut-être Hugo qui rachète la mise, mais rien d’aussi significatif que lors de son âge d’or.

    • @sim_senechal

      “Reste que depuis Casino, je suis toujours resté sur ma faim avec Scorsese. Peut-être Hugo qui rachète la mise, mais rien d’aussi significatif que lors de son âge d’or.”

      Plusieurs ex-fans ou encore fan du cinéaste pensent de même. Les films du duo Scorsese/Deniro sont différents du duo Scorsese/Dicaprio, qui sont plus hollywoodiens. Personnellement, je suis passé d’admirateur à je m’en fiche de ses films depuis que Dicaprio est rentré dans le portrait.
      C’est fini ce genre de films pour Scorsese: Mean Street, Raging Bull, Taxi Driver, Goodfellas et Casino.

    • Les Scoresese/Dicaprio, même s’ils ne sont pas le meilleur de Scorsese, demeurent meilleur que 98% des films qui sortent la même année.

    • Bien dit teamstef. Et Hugo reste peut-être le film grand public le plus émouvant des dernières années. J’aime bien la B.A. du prochain et la perspective de le voir retravailler ses thèmes chers par l’entremise du milieu des boursiers contemporains est assez emballante. Le rythme à la Diable, propre au marché comme au cinéaste, semble y être.

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